Violence psychologique et conjugale

Etre victime de violence conjugale, ça ne s’arrête pas aux coups. Parfois on n’est pas frappé(e). Mais souvent, on subit une emprise, une manipulation terrible. Victime de cette violence psychologique, je décide de témoigner au travers de tous les articles que vous trouverez ici.

Je vous raconte au travers de mes billets comment mon conjoint m’a progressivement isolée, dévalorisée, humiliée, annihilée. Sous le joue de ce Pervers Narcissique, je n’avais plus d’estime pour moi et pensais être la cause de tous nos problèmes. Je n’existais plus.

Le cas du Pervers Narcissique :

Toutes les personnes violentes ne sont pas des PN.

Les PN sont toxiques, ils vampirisent leurs victimes et absorbant jusqu’à la dernière goutte de joie, de force, de vie qu’elles contiennent et s’en assouvissent. Souvent, le PN est un bon comédien : seule la victime aperçoit son côté noir. Le PN isole sa proie, la manipule, la dénigre, la harcèle, lui en demande toujours plus. Il peut être un conjoint, un parent, un collègue, un patron.

Les PN ont souvent un ego surdimensionné. Ils pensent sincèrement être au dessus du reste du monde et croient être persécutés par la communauté. Ils sont sans cesse en train de se placer en victime et rejettent toujours la faute sur l’autre. C’est une façon, pour eux, d’éviter de souffrir et de se protéger.

Avoir le contrôle sur la vie de quelqu’un semble les apaiser. Les PN ne sont pas conscients de ce qu’ils infligent à leurs victimes. Ils sont persuadés d’être dans leur bon droit, il est quasiment impossible de leur faire entendre raison.

Vivre avec un Pervers Narcissique.

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« … Tout ce qu’il me disait était contradictoire. Un jour oui et l’autre non, je ne savais plus sur quel pied danser. Et face à mon incertitude ou à ma prise, rare, de position, il usait d’humiliation … »   => Lire l’article.

L’addiction, facteur de violences :

Il n’est pas rare que les couples atteints de violence conjugale fassent, en réalité, ménage à trois : lui, « moi », et son addiction. On retrouve, en tête de gondole, des drogues dites « douces » : la cigarette, le shit et l’alcool.

Ces addictions ne sont pourtant pas à prendre à la légère car symptomatiques d’un malaise plus important. Souvent, la personne violente sort de ses gonds après s’être perdue dans le méandres d’une fausse réalité. Difficile, pour la victime, de ne pas en vouloir plus à la bouteille ou à l’herbe qu’à son conjoint qui est « si bon et si différent habituellement ».

Le bourreau s’excuse ensuite, promet qu’il ne recommencera plus et traite sa victime comme une princesse. Un moment d’accalmie avant la prochaine crise. Crise de manque, crise d’angoisse ou de jalousie, peut importe, le cercle vicieux finit toujours par reprendre son cours en l’absence de prise en charge.

Sa dépendance à la drogue et moi. 

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« … Notre relation se détériorait. Il commençait à se droguer dès le réveil, ça l’aidait à supporter ses collègues. Il retrouvait son fournisseur aux pieds de l’immeuble deux fois par semaine. Des centaines d’euros y passaient chaque mois … »  => Lire l’article.

Atteinte du syndrome de l’infirmière :

Le syndrome de l’infirmière, c’est ce besoin irrépressible de vouloir soigner et sauver l’autre. C’est cette façon étrange et incroyable de ne tomber amoureux que des personnes qui semblent avoir besoin d’aide : les blessés par la vie, les aigris, les malades, les malheureux …

Le syndrome de l’infirmière, c’est espérer se rendre utile à quelqu’un, être important, se donner un but. C’est se comporter en maman, en soignant(e), et prendre à sa charge toutes les blessures physiques et psychologiques de l’autre pour les cicatriser et les effacer. « Je vais le rendre heureux, je peux y arriver. »

Souvent, c’est un échec cuisant. « Pourquoi je tombe toujours sur des cas ? » On a beau faire tout ce qui est en notre pouvoir, on n’arrive pas à le faire guérir. On s’épuise en vain. On ne comprend pas. On perd pied et on se dévalorise.

Le syndrome de l’infirmière.

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« … Il semblait attendre de moi une réparation, et cette idée est devenue un leitmotiv martelé dans mon esprit. J’avais un défi à relever : rendre cet homme heureux, panser toutes ses blessures, lui prouver que la vie vaut la peine d’être vécue … »  => Lire l’article.

Un profil vierge, sans expériences amoureuses significatives :

Il arrive régulièrement que les victimes soient des personnes au passé amoureux vierge. Elles connaissent leurs premiers émois avec leur bourreau, ou ne jouissent que de quelques batifolages à leur actif, voire d’une seule relation stable.

Elles ne connaissent pas l’amour et imaginent que ce qu’elles vivent au quotidien, tous les couples le vivent à un moment donné. Elles pensent que les disputes sont normales, même les plus violentes, et croient leur conjoint sur parole quand il dit que « c’est comme ça qu’on fait ».

Elles sont facilement manipulables, enfermées dans une bulle de verre, et en viennent à penser que le problème vient d’elles : « je n’y comprends rien », « je n’ai pas les codes », « je ne suis pas fait(e) pour vivre en couple ».

Vierge et sans expérience : la cible idéale.

Il m’apprenait à faire l’amour. Son rituel sexuel était précis et je devais m’y plier. Je n’avais aucune notion de consentement. Assez souvent, j’avais des douleurs, mais elles ne devaient pas impacter sa libido.  => Lire l’article.

Comment s’installe la violence ?

Evidemment, la violence n’est pas là dès les premiers jours, elle s’installe après plusieurs mois de relation, plusieurs mois de vie commune. Il y a souvent un élément déclencheur, une mésentente entre le violent et la victime : un salaire trop élevé, un refus de se marier ou d’enfanter tout de suite, une famille jugée trop envahissante, une histoire de religion, de la jalousie …

Parfois, ça « part » pour des choses plus futiles et ça augmente crescendo, au fur et à mesure des mois, des années et des griefs. Le violent a un besoin de contrôle, il souhaite que tout fonctionne comme il l’entend. Il ne supporte pas de ne pas être le « chef de famille ».

Il arrive que le violent soit handicapé : il n’arrive pas à communiquer d’une autre façon qu’en frappant. Contre les murs, contres les meubles, contre son conjoint. Il n’arrive pas à se contenir, est conscient du mal qu’il inflige et s’en veut sincèrement après.

« Tu me castres en gagnant plus que moi : Démissionne. »

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« … tous les moyens étaient bons pour que je démissionne voire mieux, que je me fasse virer. J’étais obligée de garder mon téléphone sur moi et de répondre à tous les messages qu’il m’envoyait sans relâche durant mes heures de travail … »  => Lire l’article.

Les manifestations de la violence :

La violence au quotidien c’est, bien sûr, des disputes arasantes, écrasantes et pernicieuses, durant lesquelles le bourreau lâche les chiens et où la victime a peur de ne pas s’en sortir, de ne pas arriver à le calmer une nouvelle fois.

Mais c’est aussi l’interdiction de sortir, le harcèlement, l’impossibilité d’accéder  à son argent et de s’en servir, les papiers d’identité confisqués, le dénigrement, la manipulation, la famille et les amis qu’on n’a pas pu voir depuis plusieurs semaines, la vérification systématique du contenu du smartphone, l’obligation de faire l’amour …

C’est également ne pas pouvoir dormir assez, être obligé de manger tous les jours la même chose, ne jamais réussir à se doucher seul(e), se justifier sans arrêt, toujours devoir laisser les volets fermés, ne pas avoir le droit de pleurer et mentir à tous le monde.

Tu me fais peur.

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« … Tu saisis mon bras, me retourne, et ton poing vient s’abattre à quelques centimètres de mon visage. Ca veut dire « Je peux te frapper si je veux. » Un avertissement horrible et pernicieux … »  => Lire la suite. 

Le traumatisme et la reconstruction :

Quand les victimes réussissent à s’en aller, à sortir de l’emprise et à se mettre en sécurité, elles passent par une phase difficile : celle de la compréhension et de l’acceptation. Comment réussir à se regarder encore dans une glace après ça ? Comment savoir qui on est quand tout ce qui constituait notre personnalité a été détruit puis effacé ? Comment survivre ?

On est victime pendant, mais on reste victime après. Le traumatisme est là, profond. On ne sait plus comment se comporter, faire confiance, être soi-même. On y pense sans arrêt, on se demande pourquoi, on se trouve stupide. On en rêve la nuit.

Il semble nécessaire d’accepter de l’aide pour pardonner et se pardonner. Il faudra vivre avec ça, apprivoiser les souvenirs, ré-apprendre à vivre. Il faudra passer par la colère, le besoin de vengeance, l’apitoiement, les sanglots, pour doucement remonter la pente et guérir.

Et après ? La difficile reconstruction.

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« … Il fait partie des tous mes cauchemars. Je rêve qu’il me contraint à l’aimer, qu’il me séquestre, qu’il me poursuit. Je rêve qu’il me tabasse en pleine rue, ou qu’il me viole. Je rêve que je suis obligée de vivre avec lui, qu’il a une emprise sur moi dont je ne peux me débarrasser … »  => Lire l’article.

Et la justice, dans tout ça ?

Pourquoi les victimes ne portent-elles pas plainte ?

Je n’ai pas porté plainte parce que je ne pouvais pas prouver ce que j’avais subi. Dans un désir de table rase, j’avais supprimé tous les sms culpabilisants, toutes les traces de harcèlement. Je n’avais pas non plus de traces de coups sur le corps. Alors quoi ?

Je sais que mon bourreau fera du mal à beaucoup d’autres personnes, exactement de la même façon. Et j’ai peur qu’un jour il en tue une.

Je pourrais demander à mes amis de témoigner, mais c’est tout ce que j’ai. Et égoïstement, je n’ai pas envie de prendre le risque de le revoir, de reprendre contact. Je n’ai pas envie de l’entendre encore me calomnier.

Voilà pourquoi nous ne portons pas plainte : nous ne nous sentons malheureusement pas légitimes et après, c’est trop tard. Nous nous sentons démunies, sans preuves concrètes. Nous n’obtenons jamais justice.

Les prochaines victimes.

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« … J’avais peur qu’un jour une femme frappe à ma porte pour m’annoncer qu’elle avait pris ma place et qu’elle avait besoin d’aide. Je culpabilisais. N’aurais-je pas dû porter plainte pour prévenir les prochaines ? … »  => Lire l’article.

D'autres articles

Il m’isole, il règne sur ma vie. 

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« … J’avais 18 ans, je ne connaissais rien à la vie de couple. Bien sûr, il s’est souvent servi de mon ignorance comme d’un argument qui fait mouche, et a entreprit de m’enseigner la vie à deux. Sa vie à deux … »  => Lire l’article.

Une obligation insidieuse : déménager.

Il fallait absolument qu’il déménage, Il devint donc insistant et culpabilisant. « Bon, c’est oui ou non ? Parce que je ne peux rien lancer tant que je ne sais pas. Ca devient urgent là Rozie, dans trois semaines je suis à la rue ! »  => Lire l’article.

La rupture : réussir à quitter un Pervers Narcissique.

« … Il m’a fallu de longues semaines et d’horribles disputes, mais j’ai réussi à lui faire accepter la rupture sans lui parler de mon béguin. Surtout, ne pas jeter de l’huile sur le feu. Je jouais un jeu dangereux. A l’époque, il me semblait vraiment que ma vie en dépendait. … »  => Lire l’article.

Ces signes qui auraient dû m’alerter.

« …J’aurais dû le quitter ces semaines durant lesquelles il ne m’a pas adressé un mot, sous prétexte qu’il broyait du noir. Je faisais tout pour lui remonter le moral. Il m’a remerciée en me demandant de le laisser en paix et j’ai vécu chaque journée dans l’espoir qu’il ne m’envoie ne serait-ce qu’un seul message … »  => Lire l’article.

Vous avez été victime et avez besoin d’en parler ? Vous souhaitez témoigner ?

Vous cherchez peut-être un espace pour vous exprimer, comme j’en ai jadis cherché un. Vous pouvez, si vous le souhaitez, témoigner sur ce blog en me contactant à l’adresse contact@rozieetcolibri.com. Proposez-moi votre témoignage par mail avec, en objet, la mention « A vous la parole ». Si vous souhaitez rester anonyme, indiquez-le moi.

Vous êtes victime et ne savez pas comment vous en sortir ? Vous avez besoin d’aide ?

Je n’ai pas les moyens de vous aider, mais d’autres le peuvent :

  • Appelez le 3919 : VIOLENCE FEMMES INFO, appel ANONYME et GRATUIT (l’appel ne laissera aucune trace sur les relevés et autres factures)
  • Rendez-vous sur : www.stop-violences-femmes.gouv.fr (grâce à un bouton qui vous est toujours accessible, sur chaque page, vous pouvez quitter le site à tout moment et effacer rapidement toute trace de votre passage)
  • Rendez-vous sur : solidaritefemmes.org
Vous pouvez vous en sortir.