La rupture : réussir à quitter un Pervers Narcissique.

Etoles

Dès l’arrivée de mon béguin dans l’équipe, D. s’est méfié. Il sentait au son de ma voix que cet homme ne me laissait pas indifférente. « On dirait qu’il te plaît. Tu en parles comme de ton futur petit-copain. »

Sa jalousie pointait et l’idée de me perdre face à un adversaire qu’il ne pouvait pas combattre l’obsédait à raison. Ca le blessait beaucoup. M’aimait-il finalement, ou n’était-ce que le cri de l’ego ? Je travaillais avec ce garçon, je passais des heures à ses côtés quand je n’offrais plus qu’un baiser mécanique par jour à D. Il regardait de loin cette relation naître et s’efforçait tout d’un coup de devenir le petit-ami idéal. Il tentait de rallumer la flamme, après six mois de torture.

Je recevais pour la première fois un bouquet de fleurs assorti d’une boîte de chocolats. Cette attention inattendue aurait dû m’exalter, or je trouvais pathétique ce revirement de situation. Ses lettres d’amour enflammées, parfois rédigées avec son propre sang, m’effrayaient plutôt que de m’amadouer. Il décidait soudain de venir me chercher en voiture à la sortie du travail et je n’y voyais qu’une énième tentative d’isolement. Tout ce qu’il faisait me semblait pathétique, il avait perdu toute sa verve et n’était plus qu’un gamin paumé, apeuré à l’idée d’être abandonné. J’avais repris le dessus.

Le temps s’écoulait et je  passais mes soirées à ses côtés sur le canapé, à tchatter avec ce nouveau collègue. Il me faisait rire. Je prenais plaisir à échanger avec lui et n’y voyais aucun mal : j’avais bien le droit de me faire de nouveaux amis ! En vérité je n’osais pas croire que je me laissais séduire et ne pensais sincèrement pas jouer double jeu (*musique*). Je me voilais la face. Face à mes rires répétés, D. prenait la mouche. « Qu’est-ce qu’il te dit ? T’as jamais ri comme ça avec moi.Rien de spécial, on papote, c’est tout … Il te drague.Mais non, c’est un collègue, on est ami ! Et puis je lui ai dit qu’on était ensemble.Il y en a que ça n’arrête pas. »

Je prenais toujours soin d’effacer nos conversations. Non pas qu’elles contenaient des éléments à charge prouvant mon infidélité virtuelle, mais je craignais que D. ne les inspecte et ne trouve encore le moyen de les retourner contre moi. J’avais tellement peur des disputes que je supprimais systématiquement tout ce qui venait de quelqu’un d’autre, du message que mon père m’adressait au mail que m’envoyait mon directeur.

Petit à petit, je l’avoue, nos conversations devinrent un flirt et j’en prenais conscience. Face à cette évidence, j’ai choisi de tout cacher à D. : tant qu’il n’y avait pas tromperie et que je n’étais pas sûre de moi, je pouvais me regarder dans la glace. A dire vrai, je craignais qu’il me tue s’il l’apprenait. La dispute éclaterait bien un jour mais à choisir, je préférais mûrement la préparer et ne pas y faire face seule. Si ce garçon m’aimait vraiment, il m’accompagnerait pour ne pas que je fasse la couverture des prochains faits divers.

Les soupçons de D. étaient de plus en plus pesants. Je refusais qu’il me voie nue, je ne supportais plus qu’il utilise mes affaires et l’idée même qu’il me touche me débectait. Un soir, alors qu’il posait la main sur mon épaule et que je me dégageais vivement, il me dit : « Si tu ne supportes plus que je te touche, c’est que tu appartiens à quelqu’un d’autre … »

Il m’a fallu de longues semaines et d’horribles disputes, mais j’ai réussi à lui faire accepter la rupture sans lui parler de mon béguin. Surtout, ne pas jeter de l’huile sur le feu. Je jouais un jeu dangereux : nous travaillions pour la même firme, nos collègues se connaissaient tous et les potins circulaient. Certaines personnes se doutaient de la liaison que l’amoureux et moi entamions malgré notre discrétion. A l’époque, il me semblait vraiment que ma vie en dépendait.

Je dormais donc dans le lit et D. sur le canapé. Vivre une rupture dans cinquante-cinq mètres carrés n’est pas facile. Et une nuit, je me suis réveillée à cause d’un tourbillon de bruits épars. Il me semblait que quelqu’un mettait l’appartement à sac. Je me suis levée et ai trouvé D., les yeux fous, entrain de jeter toutes mes affaires par terre. « Qu’est-ce que tu fais ?Je cherche mes lettres.Mais pourquoi ?RENDS-MOI MES LETTRES !! »

Il souhaitait déchirer sous mes yeux les lettres d’amour qu’il m’avait adressées mais je refusais. « Elles m’appartiennent. » Ces lettres avaient encore de l’importance pour moi, j’en avais besoin pour construire le deuil de cette relation horrible. « Tu n’as pas le droit de fouiller comme ça dans mes affaires !J’en ai rien à foutre, j’ai lu tes conversations ! Tu veux baiser avec lui ?!Ca ne te regarde pas, on n’est plus ensemble !T’as pas le droit de baiser avec lui alors que je suis encore là ! J’ai droit à un peu de respect, non ?! »

Avant notre rupture, j’avais parfois l’habitude de me connecter sur les réseaux sociaux via son ordinateur, et ce soir-là, j’avais omis de supprimer la conversation sur le mien .. Il avait pu la retrouver et la lire. Nous avions effectivement planifié notre première soirée en amoureux et notre première nuit ensemble.

La dispute devint folle. Je me disais « Je vais mourir ce soir, ou demain. Il va m’étouffer avec l’oreiller ou m’empaler sur un couteau de cuisine. » Selon lui, je n’avais pas le droit de faire l’amour avec quelqu’un d’autre, moi qui n’avait appartenu qu’à lui, de commencer une relation ailleurs alors que nous vivions encore ensemble. « Même après notre séparation tu m’humilies !Mais ça fait un mois qu’on n’est plus ensemble, et des mois qu’on ne se supporte plus !C’est pas une raison ! T’as pas de morale ! » Il connaissait le jour et l’heure, il savait tout.

Je devais chanter à un concert le lendemain. J’ai annulé, prétextant une angine. En réalité, je n’avais pas fermé l’oeil de la nuit et les larmes trempaient mon oreiller. Mal au coeur. Pourquoi n’avais-je pas changé ces putains de mots de passe ?

J’ai envoyé des messages paranoïaques à mon nouvel amoureux qui savait me rassurer. Les jours qui suivirent, D. fit grise mine mais cessa de me martyriser. Notre dernière crise était passée, il avait compris que je ne retomberais pas dans ses bras. Il me supplia à plusieurs reprises d’annuler ma soirée et de ne rien amorcer tant qu’il était là, pour que je sois encore un peu à lui. Comme si j’avais des comptes à rendre à celui qui m’avait maltraitée si durement !

J’ai décidé de ne pas annuler et de lui faire croire que j’allais dormir chez une amie. Plus c’est gros, plus ça passe … Il finit par me laisser tranquille et se résigna enfin à trouver un autre appartement. Quelques jours plus tard, il ne vivait plus chez moi. Battu et humilié, il fallait en arriver là pour que, par ego, il lâche l’affaire.

Difficile de passer d’une relation à une autre, de quitter l’un pour l’autre sans être malmenée. J’ai pourtant mis un point d’honneur à ne pas embrasser ni papillonner avant la fin officielle de notre histoire. Il m’a fallu du temps pour arrêter de m’en vouloir et pour enfin penser qu’il avait un peu mérité sa déconvenue. On ne change pas comme ça, n’est-ce pas ?


20 thoughts on “La rupture : réussir à quitter un Pervers Narcissique.

  1. Maman délire Répondre

    Tu as été très forte rosie ! Cette force est en toi et ne te quittera pas !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci !
      C’est l’amour qui m’a rendue forte, tu sais.
      Il me fallait vraiment une bonne raison pour oser dire « non », et pour oser dire « je te quitte ». C’était éprouvant !

  2. MissTexas Répondre

    Quel courage tu as eu de quitter cette relation ! J’espère que d’autres suivront ton exemple…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup !
      Je l’espère aussi de tout mon coeur, mais je sais à quel point ça n’a rien d’évident .. Il faut du temps !

  3. Birdy Répondre

    Je comprends ton ressenti, je « vis » un peu la même chose que toi mais en moins violent puisque je ne vis pas avec lui et que je n’entretiens aucune relation avec un autre homme donc il n’y a pas de crise de jalousie de sa part.
    Le fait est qu’il est très envahissant, il veut que l’on se voie tout le temps, et il me le demande toujours avec tellement d’acharnement que j’ai l’impression que « non » n’est même pas envisageable. Je sens qu’il ne me fait pas confiance (comme pour toi, il a lu mes messages, je m’en suis doutée même s’il ne m’a rien dit donc j’ai changé le mdp de FB et what’s app)….. pourant je ne l’ai jamais trompé et je n’ai jamas eu de relation ambiguë avec d’autres hommes. Si ça avait été le cas j’aurais fait comme toi, j’aurais attendu la rupture officielle pour commencer une nouvelle relation.
    Il n’est pas méchant mais quelqu’un d’envahissant, c’est pas épanouissant pour moi.

    J’espère que ça se passe bien avec ton nouveau collègue et que le premier n’a pas cherché à te faire du mal.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Tu as l’impression que le « non » n’est pas envisageable ?
      Sa jalousie compulsive ne doit pas être un frein pour toi, et tu n’as pas à t’obliger à le voir si tu n’en as pas une franche envie. Je ne connais pas ta relation, mais si tu sens qu’elle n’est pas épanouissante pour toi et qu’elle est un peu enfermante, réfléchis bien. Dis-lui :).

      Tout s’est très bien passé pour moi par la suite, je suis dorénavant mariée à mon « collègue »!
      Je te remercie !

  4. Marie Kléber Répondre

    Quand le manipulateur sent qu’il perd sa main mise sur l’autre, il perd aussi tout contrôle. Le point positif de cette histoire c »‘est que tu as pu, su dire « non » au bout d’un moment. Personne ne change si facilement.
    Quand je l’ai quitté, d’une manière plus délicate, n’a eu de cesse que de m’envoyer des messages d’amour puis des menaces. Il a tenu bon pendant pas mal de temps, quelques années. Pour ma part c’est la distance qui m’a sauvée. Et l’énergie avec laquelle mes amies et ma famille m’ont soutenue.
    La première fois qu’on s’est retrouvé au tribunal, nous étions séparés depuis près d’un an et il est venu avec un bouquet de fleurs! C’est là que je me suis dis qu’il n’avait décidément pas les pieds sur terre!

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est vraiment ce que j’ai ressenti, qu’il perdait le contrôle. Et une fois que je m’en suis rendue compte, je l’ai vraiment trouvé pitoyable. C’est triste à dire, mais c’est la vérité …
      Un bouquet de fleur au tribunal ? Ca a dû être très déstabilisant. Pour toi et ta famille. C’est complètement malsain.
      Je crois que la distance est le meilleur des remèdes. Je suis soulagée de vivre à des centaines de kilomètres de lui. Je me dis que même si je devais passer par un moment de faiblesse, il est loin, alors je ne pourrais pas retomber dans son piège.
      Parce que malgré tout, je ne suis pas certaine d’être capable de rester droite, s’il devait revenir dans ma vie. c’est pour ça que je te trouve très forte. Tu as encore un lien avec lui, et tu arrives à gérer ça. C’est vraiment fort.

  5. fibiel76 Répondre

    Je trouve ton message très touchant, je suis contente pour toi que tout ce soit bien terminé. J’espère que ta nouvelle relation te permet d’être heureuse et épanouie 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup, c’est particulièrement réconfortant de recevoir des mots « doux » d’inconnus. Ca me fait beaucoup de bien.
      Ma nouvelle relation est … Idéale. Mon mari (cette rupture date de trois ans aujourd’hui) est exceptionnel ! Il me rend plus heureuse que je ne l’aurais imaginé.

  6. Illyria Répondre

    C’est une sacrée histoire ta rupture!
    Le comportement de D. qui essaie de te rattraper me fait penser à mon dernier ex. Il voyait que je m’éloignais, donc pour me reséduire, il faisait plein d’attentions comme ça… Mais ils comprennent pas que ce n’est pas qu’on veut avant tout et que ce n’est pas forcément comme ça qu’on reséduit qqn… Je voulais de la compréhension et du soutien, c’est pas une attention qui va changer quelque chose…
    Et oui reste loin de D., je ne suis pas encore neutre vis à vis de N. malgré le fait qu’on a arrêté de se parler (et tout le négatif de notre histoire), donc c’est fort possible que tu retombes si tu lui reparles 😀 Donc profite bien de ton mari surtout 😉
    Et tu as vraiment bien fait de quitter D. et de tourner vers ton mari, félicitations à toi (et à lui)!

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, ils essaient de rattraper les pots cassés mais ça ne fonctionne pas comme ça … Ce n’est pas aussi simple. D’un côté, quand ça vient d’une personne « normale » ça montre quand-même qu’elle tient à nous, qu’elle fait des efforts. Mais généralement c’est trop tard. Ou on veut autre chose de plus profond, comme toi, et c’est désespérant.
      Ne t’inquiète pas, je profite de mon mari à chaque seconde ! Et je me tiens aussi éloignée de D. que possible. J’ai même supprimé de ma vie toutes les connaissances que nous avions en commun. Certaines n’ont sans doute pas compris, ou l’ont mal vécu, mais c’était un mal nécessaire. Il faut savoir être égoïste parfois, c’est une question de survie !
      Merci pour lui, il sera ravi d’être félicité ^^!

  7. Sarah Répondre

    Bonjour Rozie,

    Je suis tombée par hasard sur ton article qui m’a, je dois avouer que’il m’a vraient beaucoup touché.
    Il m’a touché car il n’y pas si longtemps, j’ai vécu une expérience similaire à la tienne.

    En couple depuis 5 ans avec A., j’ai fais la connaissance d’un homme merveilleux qui m’a aidé à ouvrir les yeux et à prendre conscience que tout dans une relation n’est pas acceptable et qu’il fallait que je dégage de celle dans laquelle j’étais!
    Pourtant ça faisait quelques temps que ma famille bataillait pour me faire comprendre que non, il n’y avait plus rien à faire pour ce couple et que ça devenait même vitale que je le quitte!
    Malheureusement, je suis une brain têtue et la manipulation était tellement bien habile que la culpabilité de partir était très difficile à accepter et que j’ai mis longtemps à comprendre que j’avais été manipulée.

    C’était aussi mon collègue.
    Malheureusement (je dis malheureusement mais finalement je ne changerais rien à ce qu’il s’est passé) je n’ai pas réussi à quitté le précédent et ma nouvelle histoire à débutée sur une sorte de « flou ».

    Nous habitions ensemble avec A. et lors d’une enième dispute j’avais pris la décision de prendre mon propre petit appartement car je refusais de me retrouver encore une fois à la rue sans rien comme de nombreuses fois avant celà. Pour éviter les discutions je lui avais dit que je souhaitais prendre un peu de recule.

    Durant plusieurs semaines les disputes se sont enchaînées de manières très violentes et je rentrais systématiquement dormir chez moi.
    Puis un soir, mes collègues me proposent d’aller boire un verre. A l’époque je devais prendre mon ordinateur personnel avec moi au boulot et comme je devais renjoindre une amie plus tard, nous avons convenu avec mon futur amoureux que je lui laisse mon ordinateur car il n’habitait pas loins de chez moi et que je viendrais le récupérer le lendemain.

    Au fil du temps de la journée du lendemain, je me suis rendue compte que le courant passait réellement bien entre nous. Jusque là je le trouvais très agréable mais ce jour là nous avons franchis une étape. Nous avons fini par nous embrasser.
    A. ayant le double de mes clefs, a décidé ce jour là de passer faire un tour dans mon appartement. Il nous a donc trouvé tous les deux entrain de discuter chez moi. Il a très vite compris qu’il se passait quelque chose. S’en est suivit un dimanche d’harcèlement par téléphone et une salve de messages remplis d’insultes,…

    Ce jour là, j’ai senti aussi la main mise qui tombait. C’est étrange comme sensation.
    Je te trouve très courageuse d’avoir réussi à mettre fin à ta relation. C’est un peu la seule chose que je regrette. C’est de lui avoir donner ce pouvoir de se faire passer pour une victime (sa grande spécialité soit dit en passant) qui s’est fait tromper par son horrible copine à qui il a donner les meilleures années de sa vie. Mais je préfère mille fois endosser ce costume que d’être toujours avec lui.

    Bientôt ça fera un an. Nous sommes toujours ensemble avec mon ancien collègue et tout les jours je le remercie d’avoir été là.

    Merci pour ton article et bravo pour ton courage!

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Wahou, effectivement, tu as vécu quelque chose de très proche !
      Tu regrettes un peu de ne pas l’avoir « vraiment » quitté mais tu sais, moi c’est pareil. J’ai mis des semaines à le lui faire comprendre et à le lui dire. Je n’y arrivais pas. Ce « Je te quitte » ne voulait pas sortir de ma bouche alors que tout me disait « Fais-le ! ».
      Pourquoi ? Comme tu le dis, la culpabilité. Etre la nana qui quitte parce qu’elle est tombée amoureuse d’un autre. Parce que ce serait encore lui la victime. Alors que NON, je voulais que cette fois, on considère mon statut de victime.
      Je te rassure, au début, c’était flou aussi pour nous.
      J’ai attendu que D. quitte l’appartement pour quelques jours (qu’il allait passer chez ses parents) pour enfin réussir, la distance aidant, à le quitter. A lui dire. J’avais moins peur, il ne pourrait rien faire, il n’était plus dans la même ville que moi.
      Alors tu vois, je ne suis pas aussi courageuse que ça. Mais c’est la manipulation qui le veut.

      Je te souhaite beaucoup de bonheur avec ton nouveau compagnon. Nous, on va fêter nos quatre ans, et ce sont les plus belles années de ma vie. Je t’en souhaite tout autant !

      Si tu as besoin d’en parler, si tu veux te délivrer un peu de tout ça, ou aider à la prévention, saches que je publie aussi des témoignages anonymes d’autres victimes de manipulateurs.

      Bon courage pour la suite, et merci d’avoir partagé ton expérience avec moi. Ca fait toujours du bien, de voir qu’on est pas seul.

  8. Harmonye Répondre

    Bonjour
    J’ai moi aussi vécu avec ce genre d’individu. Cela fait 2 ans que nous sommes séparés mais il me harcèle toujours… Pour se rappeler à mon bon souvenir…
    Le problème est que je travaille dans un lieu publique donc je ne peux l’interdire de passer. Il vient jusqu’à chez moi car il a découvert ma nouvelle adresse.

    Avec les pervers narcissiques, on en finit jamais réellement. Ma psy m’avait prévenu mais je me disais je suis avec qqun d’autre lui il papillonne donc je suis tranquille mais non pas du tout.

    Bon courage il faut tenir bon. Ne rien leur montrer ils seront trop contents

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, il en faut beaucoup pour qu’ils lâchent prise, c’est terrible.
      Une fois que D. est parti, il a pris soin de louer un appartement à une centaine de mètres à peine du mien … Alors qu’il avait le choix. Je sais très bien pourquoi. Heureusement, ça s’est arrêté là.
      Il faut dire aussi que je l’avais dévoilé, mais j’en parlerai dans un autre article.

      Il te harcèle toujours ? Sur ton lieu de travail ?
      Tu ne peux pas l’empêcher de venir, mais tu peux prendre tes propres dispositions, « au cas où ». Par exemple, j’avais pris l’habitude d’écrire sur un carnet à chaque fois qu’il venait me voir ou qu’il tentait un harcèlement quelconque.
      Tu peux poser des mains courantes s’il va plus loin que ça (détournement de courrier, si tu le croises dans ton immeuble, s’il parle à tes collègues ou à ton patron .. C’est du vécu !).

      Ne te laisse pas faire et fais attention à toi. Oui, il faut tenir bon et ne rien leur montrer mais c’est loin d’être évident.
      Si tu souhaite en parler, je publie ici aussi des témoignages anonymes. Ca aide les autres et ça soulage.

      Je te souhaite beaucoup de bonheur pour la suite :).

  9. Harmonye Répondre

    J’en suis à ma 2ème main courante et je note le moindre de ses passages. Le policier m’a dit de continuer ainsi que c’était très bien.
    Le problème est que le dépôt de plainte ne fonctionne pas il y en a très peu qui vont en face d’un juge et surtout que le juge aille d’en notre sens. Le harcèlement moral est le plus difficile à prouver. Dans mes souvenirs je crois que c’est 1 cas sur 10000 qui est condamné. Malheureusement…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est effectivement ce qu’il y a de mieux à faire.
      1 cas sur 10 000 c’est incroyable. Je comprends bien que c’est difficile à prouver mais quand-même .. Une de mes collègues faisait face à un harcèlement terrible. Il avait infesté son logement de micros, volé son argent via son compte, coupé sa ligne téléphonique … Et les mains courantes n’y faisaient rien. C’est effrayant.
      Si la justice ne peut rien, je crois que malheureusement, la meilleure défense, c’est la distance.

  10. Peanuts Répondre

    Ma situation était différente. Je n’avais personne d’autre que ma famille. Mais surtout, il y avait mon fils… si je suis partie au bout de deux ans et demi de déni et d’un an de souffrances à peser le pour et le contre, de tout ce dégoût que j’avais à devoir partager son lit six mois encore avant que je ne décide que c’en était trop et qu’il parte dormir dans la chambre avec le petit, c’est pour sauver mon bébé et moi avec, avant qu’il ne nous tue à petit feu à coups de dénigrement tous les deux.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      … C’est très lourd, et ça me parle. « Tout ce dégoût que j’avais à devoir partager son lit », c’est exactement ce que j’ai ressenti. Je souffrais littéralement de devoir être proche de lui de quelque manière que ce soit. J’allais imploser.
      Tu avais la vie et l’avenir de ton fils entre les mains, et tu as fait le choix courageux de ne pas rester dans cette situation, auprès d’une personne toxique. C’est dur. Mais c’est génial que tu y soies parvenue ! Des centaines de victimes n’en sont tout simplement pas/plus capables.

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