Quand l’émotion fatigue.

« Je suis fatiguée. »

Voilà une phrase que je dis plusieurs fois par jour. Je vis toujours le même paradoxe que cet été. Je suis heureuse, j’adore tout ce que je vis au quotidien, mais je suis épuisée et j’ai des symptômes qui pourraient faire penser que je suis malade.

La fatigue, surtout elle. Cette immense fatigue qui n’en finit jamais, même après une sieste, même après une nuit de douze heures, même après trois semaines de vacances.

J’ai d’abord cru que l’origine de cet épuisement était physique. Une carence, une malnutrition. La conséquence d’une maladie, peut-être celle des blocages de mon corps (ça arrive, parfois). Mais rien ne se voit, et rien n’y fait.

Ce n’est pas le physique qui m’épuise. Une longue promenade ne m’éreinte pas. Je peux bouger autant que je veux, ça ne me fera rien.

J’ai remarqué par contre qu’une conversation, le flux de mes pensées, les émotions que je ressens me volent une énergie folle. Je me suis mise à penser : « Et si c’était ce changement là, qui me fatiguait ? L’éveil. »

Je n’aime pas trop parler d’éveil parce que ça suggère qu’avant je ne l’étais pas, éveillée. Ca suggère aussi qu’il y a des stades, des gens plus éveillés que d’autres, et je trouve ça assez présomptueux. Mais d’un autre côté, ce mot « éveil », décrit parfaitement le processus qui est en marche chez moi, depuis plus d’un an maintenant.

Que se passe-t-il alors ? Difficile à décrire. Je crois que je peux dire une chose : je ressens tout. Tout très fort. D’un coup, chaque seconde de la vie est pleine. Chaque instant bat. J’imagine que pour vous, tout ça ne veut pas dire grand-chose, des lieux communs tout au plus.

Mais je ne peux pas, je crois, dire. Je vis. Je vibre. Tout le temps. Et ces vibrations prennent de l’énergie. La résonance avec l’autre, avec le temps.

Ce soir, en rentrant du travail, le soleil se couchait à ma droite. Il y avait des nuages fins dans tout le ciel au dessus de moi. A ma gauche, les monts. Les monts étaient d’or, illuminés, des géants scintillants. C’était incroyable.

J’avançais sur la route, les monts avaient disparu. Je voyais alors ces nuages fins. Oranges, roses, violets qui côtoyaient le ciel bleu. C’était complètement fou toute cette beauté offerte aux yeux de tous, lovée dans le quotidien des petites gens. J’étais là, enveloppée par le parme des nuages, les arbres roussis. On aurait cru vivre dans un film aux images filtrées pour l’esthétique, l’espace de 45 minutes dans ma peugeot 107.

Tout cet amour dans l’univers m’a épuisée. C’est épuisant de s’extasierDe reconnaître la magnificence des matières. D’avoir le coeur si ouvert que tout te touche infiniment. Couler des larmes de joie ou de tristesse devant les scènes redondantes de la vie. C’est épuisant parce qu’on est plus tranquille une seule seconde. On est concentré, tout le temps. Chaque personne qu’on rencontre, c’est comme le coeur d’un volcan dans lequel on plonge la main.

C’est épuisant d’être soi. De ne plus rien cacher. De palper. De comprendre. De sortir les antennes. J’aime bien la métaphore des antennes. J’avais 12 ans, je crois, la première fois que ma professeure de danse contemporaine m’en a parlé.

« Quand tu danses, tu dois avoir conscience des mouvements prochains de l’autre pour trouver l’harmonie. » Je me demandais comment c’était possible de savoir ça intuitivement. Ce qu’allait faire la personne à l’autre bout de la scène. « Tu sors tes antennes pour te connecter aux siennes. »

Les antennes sont invisibles, mais on en a partout sur le corps. Elles se connectent à tout ce qu’il y a autour de soi si on les laisse faire. On peut danser les yeux fermés, on ne se fera jamais mal, on ne heurtera jamais rien. J’ai compris et je l’ai fait. Ca a fonctionné, tout de suite. Incroyable, les pouvoirs de l’humain. Je donnerai tout aujourd’hui pour pouvoir à nouveau danser si intimement et en si parfaite harmonie avec des inconnus. C’était magique. Faire l’amour, à côté, c’est presque moins bien.

Tout ça pour dire qu’aujourd’hui, je ressens ça tout le temps. J’ai l’impression que je me suis réveillée. Toute cette nature au fond de moi explose. Toutes ces remises en question et ces apprentissages me fatiguent, oui. Drastiquement. Mais j’ai compris une chose. Je ne dois pas lutter contre elle. Je dois l’accepter. Je sais que je trouverais bientôt le moyen de créer ma propre énergie autrement qu’en dormant.

Pour l’instant, je ne sais que la dépenser, mais ça changera. Il me faut de grands instants de solitude. Ils sont trop rares, malheureusement. J’aime quand mon amoureux est là, mais il vit donc il crée des sons. Tous ces sons me parasitent énormément. Je ne suis pas tranquille et je me fatigue encore, et encore, et encore. Même si je ne fais rien à côté. Le simple fait d’entendre ces sons, le bruit de la vie d’un autre, c’est éreintant.

J’imagine que ce n’est pas simple à comprendre pour qui ne le vit pas. Là, par exemple, il fait à manger pour nous, ce dont je le remercie. Mais j’ai l’impression que c’est un boucan d’enfer (je sais que ça n’est pas le cas, pourtant, objectivement). Ma tête dit : « Par pitié, stop ! Je veux du silence, du silence ! Je donnerais tout pour une 24 heures de silence complet. De solitude. Tout ! »

Ces derniers temps, je me ressource dans le silence de mes trajets en voiture, et dans celui des cours de yoga. Ils sont mes seuls moments de parfaite solitude. De tranquillité absolue. Ils sont tout à fait insuffisants pour constituer un repos. Je ne suis pas reposée.

C’est un grand paradoxe parce que comme je le disais au début de cet article, je suis heureuse. J’aime mon mari, j’adore qu’il soit à mes côtés. Je voudrais qu’il soit là, et qu’il ne soit pas là en même temps. Pas parce qu’il m’énerve ou qu’il m’irrite. Juste pour que je puisse pleinement me ressourcer dans les confins du calme. Comme si ma tête et mon corps ne pouvaient s’éteindre qu’en étant plus du tout sollicités. Or, le son, on ne peut pas y couper. Il est là même la nuit.

Alors … Je suis fatiguée. Mais c’est, je crois, une fatigue initiatique.

Si quelqu’un parmi vous voit de quoi je parle … Je serai très heureuse d’en discuter ! Alors, avez-vous vécu une fatigue similaire ? Qui découle d’une ouverture complète de soi, d’une transition, d’une renaissance, quelque part ?


28 thoughts on “Quand l’émotion fatigue.

  1. Pétale Répondre

    Bonjour Rozie,

    Je vais être terre-à-terre : peut-être que c’est « simplement » à cause du fait d’aimer être seule ou du stress ou de la pression ou les 3.

    L’image de cet article est très jolie.
    cela dit j’ai remarqué que pleurer chez moi me fatiguait un peu.

    Je t’envoie des ondes positives

    Bises

    Pétale.

    1. Rozie Répondre

      Bonjour Pétale !

      Pleurer, c’est toujours fatiguant pour moi aussi. Mais j’aime bien parce que ça me soulage toujours et ça remet les choses à plat. Ce n’est jamais un échec pour moi, contrairement à mon mari qui déteste pleurer et voir des gens pleurer. Pour lui, ça ne sert à rien ! Je suis fondamentalement en désaccord avec lui sur ce point. Mais ça ne l’empêche pas de me consoler :).

      Merci pour ton compliment et tes ondes positives !

  2. Illyria Répondre

    Je me retrouve assez dans ton article, surtout la fin où tu dis que tu aimerais que ton mari soit là et pas là à la fois… Je suis en couple depuis pas longtemps (et oui ^^) et c’est pareil pour moi aussi, j’apprécie grandement ce moment de solitude où je peux me ressourcer, mais de l’autre j’aimerais qu’il soit là aussi, donc je ne suis pas satisfaite dans les deux cas x) Je me suis rendue compte que je ne pouvais vraiment me ressourcer que quand je suis SEULE, parce que quand quelqu’un est là, ça attire mon attention, et donc ça épuise mon énergie. Les bruits sont usants aussi oui. Quand je suis seule je peux être vraiment moi même sans devoir prendre l’autre en considération (ma musique va le gêner, il va pas aimer ce que j’écoute, il faut pas que je fasse trop de bruit, je peux pas l’ignorer trop longtemps, ou autre pensée du style et donc je ne peux pas relâcher la pression complètement…) (c’est l’introversion qui me fait être comme ça)

    Par contre je trouve que contempler la nature restaure mon énergie. Quand je sors du travail et qu’il y a (avait puisqu’il fait nuit maintenant), je suis heureuse de pouvoir regarder les belles couleurs du soleil couchant, et ça me fait du bien. Pareil quand je me promène seule dans la nature et que j’écoute les bruits de la nature, ça me fait vraiment du bien.
    Mais de manière générale, porter son attention sur quelque chose, être en pleine conscience épuise aussi. C’est usant de mobiliser son attention.

    Je ne sais pas trop quoi penser de ton article, du pourquoi tu es aussi fatiguée que ça, mais essaie le plus possible de t’accorder des moments pour toi seule où tu peux te ressourcer le plus 🙂

    1. Rozie Répondre

      C’est EXACTEMENT ça ! Je n’aurais pas pu dire mieux ! Ah, et ça me rassure, je ne suis pas seule !

      Les pensées que tu as, qui prennent l’autre en considération, se sont largement calmées chez moi. Avec D. c’était là tout le temps (logique !). Avec mon amoureux, j’avais ça au début (logique aussi) et quand j’ai compris qu’on était vraiment bien ensemble, j’ai pu lâcher et arrêter de penser à « Est-ce que je le gêne ? » – « Est-ce qu’il trouve que je ne m’occupe pas assez de lui ? » … etc.

      Cependant, ça ne change rien au fait que la présence de l’autre parasite absolument tous mes moments sensés être tranquilles. Les petits sons de son jeu, la cuisine (ça, c’est le pire !), le chien qui gratte un truc … Ca ne s’arrête jamais. Il n’y a que quand je suis vraiment seule que c’est ok, puisque du coup, il n’y a plus d’autres vies que la mienne. Ca n’attire plus mon attention, donc ça ne me prend plus mon énergie, c’est tout à fait ça !

      C’est ce que je fais Illyria, je m’écoute au plus possible et fais en sorte de m’accorder ce répit.

      Je suis super contente de te lire, et d’avoir un peu de tes nouvelles ! Et, si je peux me permettre, félicitations pour l’amour venu frapper à ta porte 🙂 !!

  3. Ornella Répondre

    Je pense qu’il serait bon que tu vois un bioénergéticien. Je suis prête à parier que ton chakra couronne est trop ouvert. Ce qui expliquerait que ton « cerveau », ta conscience plutôt, mouline tout le temps à plein régime et que cela t’épuise. Parfois, il suffit juste d’un petit rééquilibrage et tout semble plus facile à gérer, sans pour autant perdre la sensation « d’éveil ».

    1. Rozie Répondre

      C’est drôle, j’y ai pensé !

      Je vais vivre une séance de shiastu dans quelques jours. J’ai aussi pris contact avec un énergéticien, mais je préfère tester le shiatsu d’abord parce que la praticienne est ma prof de yoga, et j’ai toute confiance !

      N’ayant jamais mis les pieds dans le milieu de la guérison par les énergies, j’ai des relents de scepticisme qui se battent avec mes nouvelles visions du monde. Donc j’essaie de ne pas en attendre trop pour ne pas être déçue et je me dis qu’au pire des cas, j’aurais juste perdu un peu d’argent ! Et encore, j’aurais quand-même passé un bon moment avec une personne qui prend soin de moi alors … Ca se tente :).

  4. Myriametre Répondre

    Bonjour Rozie,
    Je suis désolée d’être moins optimiste que tes autres commentatrices, mais pour moi l’éveil ne fatigue pas. Quand il y a fatigue, selon moi (si on exclue comme tu l’as fait les causes physiques), c’est qu’il y a un travail intérieur. Quelque chose te gêne, te tracasse, te reste incompréhensible, et alors la digestion te cause de la fatigue. Mais ce n’est pas, selon moi, la beauté du monde qui te cause cela. L’éveil, c’est une réception, et quand on reçoit, on en a toujours plus à dépenser.
    Bien sûr, si tu fais attention à tout et si tu ressens tout, et que cela te coute de l’énergie de l’avaler, c’est normal que tu en ressortes fatiguée. Mais l’éveil, en lui même, ne te coûte rien.
    Comme d’être avec les autres. Tu parles de ton mari, ce pourrait être aussi tes collègues de travail, les gens que tu croises sur ta route, ou ton chien. S’ils te fatiguent, c’est que tu ne reçois pas chacun de leur bruit, chacune de leur bêtise, de leur vie à eux, avec éveil mais avec attention.
    Je suis d’accord avec Maman Délire, tu pourrais trouver un moyen pour te générer. Tu pourrais aussi attendre que les choses se passent. Mais alors l’éveil dans tout ça ? Comment le différencier de tout le reste ? La méditation n’a pas fini de montrer tout ses bienfaits !
    Je suis désolée de ne pas aller dans ton sens cette fois, mais il me paraissait important d’être honnête. Parce que je suis persuadée que si tu es si fatiguée, c’est qu’il y a autre chose, forcément. Je préférais que tu entendes un autre son de cloche pour peut-être y réfléchir autrement.
    Belle journée à toi.

    1. Rozie Répondre

      Ne sois pas désolée d’avoir un avis différent !

      En fait, je pourrais effectivement distinguer trois choses : l’éveil en tant que tel, la concentration continue qui en découle, et le travail qui s’opère en moi (et qui en découle aussi).

      A mon avis, tu as raison quand tu parles d’un travail. Je le ressens complètement ! Cette année,de nombreux déblocages ont eu lieu et d’autres sont toujours en cours. J’ai passé de nombreux mois à avoir les intestins en vrac sans en comprendre la source, j’ai cherché partout (ça et d’autres symptômes). Et là, depuis quelques semaines, ça a disparu ! C’était simplement que la digestion n’avait pas terminé. La digestion de nombreuses choses différentes.
      Il s’est passé la même chose au niveau des tensions que je ressentais dans le dos et les épaules, qui se sont comme envolées, quand j’ai mis des mots sur un traumatisme physique. C’était dingue ! Et admirable. Alors oui, sans doute que la fatigue vient aussi de là.

      Cela dit, ça reste pour moi très positif ! Ca veut dire que des choses se passent, que mon corps et ma tête font la « vidange ». J’aime beaucoup cette idée.

      Je pourrais le distinguer de l’éveil mais je ne le fais pas parce que selon moi, ça en fait intimement partie. L’éveil, c’est comme un escalier, et ça, ce sont les premières marches à gravir.

      Comme le dit Illirya plus haut, la beauté du monde me ressource et me fait du bien, mais je ressens aussi qu’elle me fatigue. C’est très ambivalent et pas évident à expliquer … C’est comme si je prenais une drogue (je n’en ai jamais pris donc je n’en sais rien, mais dans ce que les autres décrivent, je trouve que ça correspond ! ^^). Je la prends, je reçois un shoot de bien-être, de ressourcement. Et après, je ressens une immense fatigue, mais pas parce que je « tombe de mon nuage » comme c’est le cas pour la drogue. Parce que … Ca prend tout simplement plus d’énergie que ça en donne. Je ne sais pas si c’est clair !

      Attendre que ça passe oui. Et me rapprocher de thérapies énergétiques. Je n’y croyais pas tellement jusque là (disons, pas assez pour le tester moi-même) mais avec ce qui se passe à l’intérieur de moi, ça me donne envie d’essayer. Et d’y croire, du coup !

  5. Sweetie Julie Répondre

    Oh Rozie…
    Merci de poser ces mots sur ce que personnellement je ressens depuis quelques mois maintenant sans pouvoir en parler, sans réussir à exprimer et à me faire entendre.
    Je croyais exagérer mais je me reconnais dans ce que tu décris, cette fatigue qui ne s’arrête pas, qui ne dépend pas de la qualité du sommeil ou du niveau d’activité physique au quotidien.
    Parfois, j’ai comme l’impression d’entendre la terre bourdonner. Je pose mes mains sur mes yeux, sur mes oreilles, dans l’espoir de m’isoler… et chaque bruit, chaque sensation me fait me sentir pressurisée, comme serrée par du verre…
    Et pourtant, dans cette « souffrance », dans ces « émotions exagérées », il y a tant de beauté. Le yoga, la méditation, les moments passées en solitude sont des choses qui aident à tenir je trouve.

    Je t’embrasse et pense à toi ❤

    1. Rozie Répondre

      Exagérer. J’ai souvent aussi l’impression que j’exagère … ! Et pourtant non, elle est là et elle m’épuise. Mon amoureux m’a dit il y a quelques jours que quand il pense à moi, depuis plusieurs semaines, la paramètre « fatigue » est toujours enclenché. Il voit bien que je ne fais pas semblant et que je suis vraiment crevée.

      Ca le frustre un peu je crois, mais que faire ?

      Tout ce que tu cites m’est d’une aide précieuse, effectivement. Ils me ressourcent, mais il m’en faudrait plus ! J’apprends à respecter ce besoin d’isolement pour ne pas « éclater » plus tard.

      Je t’embrasse aussi Julie, et me réjouis de ce que tu vis. <3

  6. Marie Répondre

    Je comprends tellement ce besoin de solitude dont tu parles. C’est absolument vital pour moi d’avoir ces moments de silence au quotidien, ces moments où je me ressource en moi-même, sans personne. Pourtant j’ai aussi besoin d’être entourée, l’un n’empêche pas l’autre. C’est un équilibre à trouver et ce n’est pas toujours facile dans la vie de tous les jours. Prends soin de toi 🙂

    1. Rozie Répondre

      Tu as tout à fait raison !

      L’un n’empêche pas l’autre, et il faut trouver l’équilibre, qui est propre à chacun. C’est justement cet équilibre sur lequel je tâtonne. Il faut croire alors que je ne l’ai toujours pas trouvé !

      Je pense aussi que tout ça fluctue en fonction des moments de vie. Je suis clairement dans une période où je dois me recentrer sur moi sur moi pour avancer. Je n’ai plus d’énergie pour les autres choses de la vie. Pour le moment 😉 !

      Merci pour tes mots, j’apprécie la marque de ton passage !

  7. Marie Kléber Répondre

    Ca ne doit pas être facile à vivre au quotidien Rozie. J’avoue que ça m’arrive par phase. Dans ces moments là j’ai besoin de m’isoler, de silence, de calme. Ce n’est pas toujours possible. Alors j’écris.
    Prends soin de toi.

    1. Rozie Répondre

      Pourtant, écrire n’est pas plus reposant, ça prend de l’énergie ! Mais je vois ce que tu veux dire. Quelque part, si, ça repose complètement. Ca isole, ça canalise les pensées, ça entoure d’une bulle de calme.

  8. Nadège Répondre

    Même si ton expérience de la fatigue est un peu différente de la mienne, je me reconnais dans ton texte. Ce trop-plein de tout, cette sensibilité au moindre son, ce brouillard mental… Sortir ses antennes n’est pas confortable, mais je crois que ça vaut le coup. Préserve-toi, prends soin de toi et n’oublie pas de garder les pieds sur terre (c’est fondamental, crois-en mon expérience) !

    1. Rozie Répondre

      J’en crois ton expérience sans soucis ! Mais comment gardes-tu les pieds sur terre ? Parce que finalement, c’est dur de mettre des actions concrètes derrière cette phrase !

      J’essaie de me préserver. Disons que je m’écoute à fond en ce moment. Je ne fais que ce que je sens que je peux et veux faire, pour tout. Je suis ma priorité.

      1. Nadège Répondre

        Je me rends compte que ma phrase sur « mon expérience » peut paraître prétentieuse 🙁
        Quoi qu’il en soit, je souhaitais juste te dire de faire attention où tu mets les pieds, car quand on cherche des réponses à certaines questions en rapport avec l’éveil, on peut parfois mal tomber. On peut facilement se monter la tête avec des idées farfelues et perdre contact avec la « vraie » réalité. On peut aussi laisser de côté des pans entiers de notre vie, en préférant ignorer, par exemple, certains problèmes ou certains malaises, sous prétexte que l’univers s’occupe de tout… Et ça, c’est du vécu 😉
        Je n’ai (hélas) pas toujours les pieds sur terre, donc je ne peux pas me vanter d’être une experte dans ce domaine, mais j’essaie de faire régulièrement des exercices d’ancrage (j’ai parlé d’un livre sur ce sujet sur mon blog, si tu te rappelles) et de garder ma capacité de discernement pour ne pas « dériver ».
        C’est un peu rabat-joie, mais j’espère que ça te sera utile !

        1. Rozie Répondre

          Je ne l’ai pas du tout prise avec prétention, ne t’inquiète pas !

          Je pense que c’est utile, comme piqûre de rappel, oui. D’autant plus que grâce/à cause de internet, on tombe sur des choses des fois c’est … Complètement hors de tout. C’est justement là que le bat blesse avec toutes ces histoires d’éveil et de développement personnel, je trouve. Pour peu qu’on soit à fond dedans, ça devient très difficile de se tenir éloigné.e de ces idées farfelues et de vraiment les distinguer des « bons conseils ».

          Il y a eu des fois où je me suis dit « Mais comment je peux faire ? Si je crois en un truc qui semble irrationnel, ça veut dire que je pourrais croire n’importe quoi ! » Et je comprends mieux pourquoi les gens partent si loin, parfois. A mon avis, de nombreuses personnes penseraient que je suis déjà partie très loin et que je pense n’importe quoi …

          « L’Univers s’occupe de tout. » Je crois que tu as raison, c’est un vrai danger auquel il est difficile d’échapper !!

          Oui, je me souviens de ton article sur l’ancrage ! Je me faisais d’ailleurs la réflexion hier que mon problème de fatigue devait aussi venir du fait que je suis souvent partout sauf (autant physiquement que mentalement). Bon, ça s’améliore grandement, heureusement.

          Quand je faisais de la danse, on m’avait fait remarquer que je n’étais pas du tout ancrée (j’avais 12 ans). « Tes pieds touchent à peine le sol ! » Cette même réflexion est revenue plus tard avec ma prof de chant. « On dirait que tu es attirée par le ciel, il faut que tu ancres tes pieds dans le sol, tu ne peux pas vivre comme ça !! » … J’y arrive pas ! C’est très compliqué pour moi de laisser mon poids peser sur le sol.

          Il faudrait peut-être que je m’intéresse de plus près à tes petits exercices !

  9. Suny Répondre

    Encore une fois, je me retrouve beaucoup dans ton texte, et ça fait plutôt bizarre, parce que si j’en avais vaguement conscience, je n’avais jamais pensé à mettre des mots et des pensées dessus.
    Je n’ai pas grand chose à apporter avec ce commentaire en fait, tu as déjà tout dit ! ^^
    C’était juste pour te dire que tu n’es pas seule… 🙂

    1. Rozie Répondre

      Ca me fait plaisir :).

      Alors tu es fatiguée aussi ? C’est complètement étonnant pour moi, cette fatigue. Jusque là, j’avais l’habitude d’être fatiguée par des jobs crevants physiquement et mentalement. Ou alors d’être fatiguée parce que je n’avais pas le moral (quand rien ne va dans ma vie, mon corps et ma tête font l’autruche et me plongent dans un sommeil sans fin … !). Mais être fatiguée alors que tout va bien et que physiquement, ce n’est pas difficile, c’est assez inédit !

  10. christelle Répondre

    Très joli texte 🙂 Oui, cela fatigue, et comme tu l’as si bien dit, au fur et à mesure, le voyage initiatique ne perd pas en intensité mais garde son émerveillement tout en s’apaisant. Cela se gère en se concentrant sur chaque instant qui épuise moins dans sa douceur. Bonne journée 🙂

    1. Rozie Répondre

      Merci Christelle !

      C’est ce que j’ai lu ça et là, oui. Car après avoir songé à cette piste, j’ai cherché des témoignages similaires et évidemment, j’ai trouvé. Ca m’a soulagée de n’être pas la seule que tout cela fatiguait, cette ambivalence … Et j’ai lu aussi qu’après, la fatigue passe et laisse place à beaucoup de sérénité et d’apprentissages nouveaux.

      Bon, il y a toujours ce quelque chose qui me dit que je ne devrais pas trop croire des articles lus deci delà sur le net, et sur des sites qui se veulent ésotériques et qui font VRAIMENT dans le cliché ! Mais bon, je me dis que derrière, il y a aussi des gens qui l’ont vécu donc … Je prends ce qu’il y a à prendre tout en tentant de garder un esprit critique, on va dire ^^.

      Je verrais bien !

      Mais donc, toi, tu en es passée par là aussi ?

  11. Maman délire Répondre

    Je n’ai jamais vécu ça, mais ça me fait penser à un livre que j’ai lu récemment. Voyage au delà de mon cerveau. C’est une américaine spécialiste du cerveau qui a fait un AVC. Elle parle de son cerveau droit qui a pris le dessus à ce moment-là. Je crois que ton cerveau droit est très fort chez toi ! Moi j’aimerais bien que le gauche me lache un peu et laisse de la place au droit !! Bref… tu as raison, je pense qu’il faut que tu trouve le moyen de te régénérer. Plus de silence, de méditation peut être ?

    1. Rozie Répondre

      Je n’ai pas lu le livre mais j’ai vu un reportage sur cette femme ! C’était absolument fascinant la façon dont elle décrivait son changement de personnalité à cause d’un « renversement de pouvoir » d’hémisphère dans le cerveau.

      S’il y a une chose dont je suis sûre oui, c’est que mon cerveau droit prend carrément le dessus. Ca, c’est clair et net !

      Le yoga que je pratique est méditatif, c’est à dire qu’on fait le deux en même temps, et ça me fait beaucoup de bien. Je vais donc continuer dans cette voie. Je fais aussi des séances d’hypnose (grâce à une super appli qui en propose quelques unes de très bonne qualité) et ça me régénère vraiment bien. Je devrais recommencer, tiens.

      Au début, je n’y croyais pas vraiment, surtout venant d’une application … J’ai mis le casque sur mes oreilles, j’ai écouté, et instantanément, j’ai senti des choses se passer. Comme quoi, je dois y être très sensible !

      1. Myriametre Répondre

        Quelle est cette application d’hypnose ? J’aimerais bien essayer moi aussi. 🙂

        1. Rozie Répondre

          C’est « Hypnose » tout simplement. Sur Androïd en tout cas. Le logo est blanc, avec un cercle au milieu et des rayons colorés qui donne une impression de mouvement.

          Il y a des séances pour pratiquer l’auto-hypnose, des séances pour mieux dormir, pour guérir aussi quand on tombe malade (celle-là, je la fait régulièrement et ça marche ! Effet placebo ou pas, c’est top !) et d’autres choses. J’aime beaucoup.

          1. Myriametre

            Il s’agit de celle faite avec les papas du code ?

          2. Rozie

            Oui, c’est celle-là ! Tu as essayé ?

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