Ode aux contrats aidés, bientôt disparus.

Il est une nouvelle dont personne ne parle, une nouvelle que les médias se gardent bien d’aborder, alors même qu’elle est d’une importance capitale et nationale. Une très mauvaise nouvelle : les contrats aidés ont été gelés en juillet 2017, pour probablement disparaître dans la glace ensuite.

Mon expérience :

Je suis actuellement en poste grâce à un contrat d’avenir, qui n’est autre qu’un contrat aidé. Le principe est simple : mon employeur m’emploie alors que je n’ai pas les qualifications requises pour le poste, et se charge de me former dans le but de m’embaucher ensuite, au mieux en CDI, au pire en CDD de six mois ou plus. En contrepartie, l’Etat lui reverse 75% de mon salaire pour ne pas le pénaliser.

Autant dire que pour moi, c’est une aubaine de taille ! J’ai réussi à intégrer un poste que même dans mes rêves les plus fous, je n’aurais jamais dû avoir. Je ne gagne pas grand chose de plus que le SMIC, je ne bosse pas dans une super entreprise à renommée mondiale, je n’ai pas à gérer une équipe de collaborateurs monumentale. Je suis chargée de communication pour une association.

Chargée de communication, voilà bien un titre que je n’espérais pas. En effet, rien ne le justifie : pas d’études dans le domaine, aucune expérience, aucun parallèle possible avec mes précédents travaux. En poste depuis dix mois à présent, j’apprends au jour le jour.

Ce gel des contrats aidés n’aura aucun impact direct sur moi. L’Etat ne peut pas revenir sur sa signature et est obligé de continuer de l’honorer jusqu’à la fin. Enfin, j’espère !

Le cas des chantiers d’insertion et autres associations :

Je vous ai raconté que je travaille dans un chantier d’insertion, structure qui emploie et aide les « cas sociaux » – encore une fois, je ne mets aucun a priori négatif derrière ce terme, c’est juste plus simple que d’énumérer toutes les catégories de populations que nous essayons de sortir de la misère, dont j’ai fait partie – grâce aux contrats aidés.

Les chantiers d’insertion ont droit à un certain nombre d’ETP (Equivalent Temps Plein) en contrats aidés par an. Pour faire simple, c’est la région, donc l’Etat, qui décide combien.

En temps normal, les chantiers d’insertion ayant le meilleur taux de réussite – comprendre : le meilleur pourcentage de personnes ayant quitté la structure avec un CCD de plus de 6 mois ou un CDI en poche – qui récoltent le plus d’ETP. Mais ce nombre varie énormément en fonction des élus du département (puis de la région) aux commandes, des périodes d’élection et, surtout, du gouvernement mis en place.

2017 est donc une année complexe pour les associations. Du 1er janvier jusqu’à l’élection du nouveau président, personne n’a voulu prendre de risque, ce qui signifie que les élus n’ont pris AUCUNE décision, laissant les associations dans le flou le plus total. Tout ça, pour qu’à la fin on nous annonce un gel des contrats aidés – plus personne ne peut donc y prétendre en France – et qu’on ne les dégèlera sûrement jamais.

C’est une catastrophe.

C’est une catastrophe pour toutes les populations défavorisées, qui trimaient déjà bien assez pour trouver une place dans la société. C’est une catastrophe pour tout le personnel associatif qui n’aura à terme plus de travail, car plus de moyens, et sera donc licencié. C’est une catastrophe pour le pays tout entier : attendez-vous à voir le taux de chômage remonter en flèche, les disparités sociales se creuser, avec toutes les conséquences néfastes que cela engendre.

Les contrats aidés sont une perte d’argent injustifiée pour l’Etat ? Je n’en crois pas un mot. En fait, je SAIS que c’est faux. Chaque personne embauchée grâce à ces contrats retrouve un semblant de vie. Je sais que tout n’est pas rose et que certaines entreprises en profitent grassement (en ne formant pas les personnes, en les employant à moindre coût, en ne les embauchant pas derrière, en profitant tout simplement d’elles …). L’une de mes cousines, elle aussi embauchée en contrat d’avenir, en a subi les conséquences. Mais ne vaudrait-il mieux pas cloisonner cela plutôt que de pénaliser tout le monde ?

Prenons un exemple type :

Avant de signer son contrat aidé avec la Mission Locale/Pôle Emploi et son employeur, Mr A. était au chômage depuis plus de six mois. Il coûtait donc à l’Etat : l’allocation chômage, les aides de la CAF (allocations familiales, APL …), le RSA, le salaire de l’assistante sociale, les impôts dont il était exonéré, le salaire de son conseiller Pôle Emploi/Mission Locale, et sans doute d’autres frais encore.

Le temps de son contrat, Mr A. travaille et coûte à l’Etat entre 50 et 75% de son salaire. Mais à côté de ça, Mr A. recommence à payer ses impôts. Mr A. retrouve un pouvoir d’achat. Mr A. ne bénéficie plus des autres aides. Mr A., à chaque fois qu’il achète quelque chose, paie la TVA. Mr A. reverse alors environ 50% de ses revenus en impôts (tous confondus) à l’Etat, comme chacun d’entre nous.

Mr A. termine ensuite son contrat. Normalement, il est définitivement embauché par la structure. Si ce n’est pas le cas, il aura au moins de nouvelles expériences et compétences à rajouter à son CV. En toute logique, il aura moins de difficultés à retrouver un poste.

Mr A. travaillera. Il ne coûtera plus grand chose à l’Etat. Au contraire, il lui reversera de l’argent. Et ce, sans parler des liens sociaux qu’il aura créé, de sa qualité de vie largement améliorée au fil de temps, de son estime personnelle et de sa confiance en soi. Sans parler de la re-dynamisation du territoire,  de l’économie locale et nationale, des bénéfices divers et variés engendrés …

Tous ces aspects que nous, membres associatifs, manipulons au quotidien et tentons de pousser vers le haut. Supprimer les contrats aidés, c’est tuer les associations. Tuer les associations, et c’est comme la mort des loups en pleine nature. Tout un écosystème qui sombre à la défaveur du reste du pays. L’effet papillon. Un désastre social et économique.

Je terminerai cet article avec les vidéos très bien ficelées du Fil d’Actu – superbe chaîne Youtube sur l’actualité, que je vous recommande chaudement – sur cette problématique. Je suis frustrée de ne pouvoir vous expliquer mieux que ça l’impact réel qu’aura cette malheureuse décision politique. Vous comprendrez sans doute mieux en visionnant ces vidéos.

J’aimerais que vous puissiez voir ce que je vois chaque jour, entendre ce que j’entends chaque jour. Travailler au sein d’un chantier d’insertion me permet d’aiguiser mes choix politiques, me permet de me confronter à la réalité des autres, de ceux qui n’ont rien ou pas grand chose. Je suis indignée. Révoltée. En colère. Bref, j’ai peur.

Si vous aussi êtes préoccupé.e.s par ces décisions, si vous aussi pressentez les difficultés qu’un tel choix fera émerger, si vous aussi vous sentez concerné.e.s (parce que vous l’êtes, c’est sûr ;)) par cette question : partagez les vidéos du Fil d’Actu. Je précise qu’il ne s’agit pas là de partenariat (ils ne me connaissent pas !) mais d’un réel élan de solidarité. D’avance, un grand merci !

Et vous, qu’en pensez-vous ? Travaillez-vous dans un milieu concerné ? Etes-vous en difficulté à cause de cela ?

Edit : Les pourcentages donnés dans l’article ne sont sans doute pas exacts, mais ils s’en rapprochent. Je n’ai jamais eu une excellente mémoire pour les chiffres ! S’il vous semble que je dis quelque chose d’erroné, ou que certains aspects sont manquants, n’hésitez-pas ! Je serai heureuse que vous m’en appreniez davantage :).


16 thoughts on “Ode aux contrats aidés, bientôt disparus.

  1. Céline Répondre

    Je viens de lire ton article et par la même d’apprendre cette mauvaise nouvelle. Je ne suis pas dans ce cas de figure mais je suis indignée face à cette absurdité. Je peux très bien comprendre que cette décision est une très mauvaise nouvelle pour les collectivités et les associations qui en étaient bénéficiaires. Comment feront-elles pour faire face à cette nouvelle charge financière qui n’était pas prévue dans leur budget ? Il existe une pétition sur le web que nous pouvons tous signer. Nous ne pouvons malheureusement pas faire grand chose de plus face à cette situation mais il nous reste toujours la parole pour nous faire entendre et pour montrer notre désaccord.
    Voici le lien : https://www.petitions24.net/cae

    1. Rozie Répondre

      Nous ne pourrons rien faire Céline, si ce n’est mourir.
      L’Etat peut très bien décider l’année prochaine de supprimer la moitié des chantiers d’insertion de France, par exemple.

      Leur but, c’est de baisser le taux de chômage, mais pas d’améliorer la condition des pauvres. C’est très finement joué. Il y aura peut-être moins de chômeurs enregistrés, mais ces gens-là seront ailleurs, dans les statistiques du RSA d’abord (la porte suivante) puis nulle part ensuite. Enfin, nulle part de comptabilisable. Ca donnera l’illusion que ça marche, mais les assistantes sociales et les plus démunis connaitront bien la vérité. Malheureusement, ils seront les seuls !

      Merci pour la pétition que je m’en vais signer de ce pas :).

  2. Anne-So Répondre

    Hello Rozie,

    En même temps, à quoi pouvait-on s’attendre d’autre avec un extrême libéral comme Macron et sa clique ? Sûr que pour un banquier qui s’est fait financer l’ENA par les impôts des français sans payer son dû derrière, les petits contrats aidés, ça coûte cher !

    Je comprends ton désarroi ; moi aussi, mon premier vrai boulot, je l’avais eu grâce à un contrat aidé (je ne sais plus comment ça s’appelait à l’époque). C’était le seul moyen pour s’insérer dans la vie active avec un diplôme aussi généraliste (et, de fait, « inutile ») que celui que j’avais alors. J’avais été embauchée en contrat aidé par la Mission Locale. Ce n’était pas tout à fait le même dispositif que celui dont tu bénéficies : c’était un contrat de 26h je crois, financé par l’Etat si ma mémoire est bonne, dont 4H par semaine pouvaient être utilisées pour la recherche d’un autre emploi. Ce même contrat aidé nous permettait de bénéficier d’un mois d’immersion (pour le même nombre d’heures hebdomadaires) chez un autre employeur, toujours financé par l’Etat. Un peu comme une période d’essai gratuite. Et grâce à ce mois d’immersion, j’ai décroché mon tout premier CDI – c’était un peu comme la gloire, à l’époque :P. Mais je me rappelle aussi que le temps que j’ai passé en Mission Locale m’a permis de voir qu’un nombre certain de structures abusaient de ce genre de dispositifs et profitaient – comme d’autres profitent de l’apprentissage ou de l’alternance – de la main d’œuvre à bas coût. Cela dit, et comme tu le dis, il y aura toujours des tricheurs (notre bon président en est l’exemple même), est-ce alors une raison suffisante pour pénaliser le plus grand nombre ? Évidemment pas. Mais ce gouvernement que la France a élu se fiche du plus grand nombre. Pour lui, seuls comptent les Grands Nombres, ceux qui tintent, qui font gonfler le tiroir caisse, alimentent les comptes en Suisse et autres paradis fiscaux. Cette décision est aussi désolante que beaucoup d’autres (l’obligation vaccinale pour ne citer que celle-là) déjà prises et à venir. Elle est toutefois très logique et en accord parfait avec la ligne du gouvernement. On ne pouvait pas s’attendre à autre chose en élisant un banquier.
    Le tissus social, l’écologie, la santé, tout ça, ils s’en cognent ; ils sont en dehors de ces choses-là. Ils ne vivent pas dans la vraie vie. Ils ne savent pas ce que c’est que de vivre dans le monde qu’ils jouent à détruire.
    Combien de temps de contrat te reste-t-il ? Je te souhaite de pouvoir en profiter jusqu’au bout et d’obtenir un poste suite à ça 🙂

    1. Rozie Répondre

      Anne-So,

      Honnêtement, je ne savais pas à quoi m’attendre … Je ne m’intéresse à la politique que depuis quelques mois, ce n’est pas un sujet qui me passionne des masses, mais par la force des choses, j’apprends. Il est sûr qu’en travaillant dans le social, mon point de vue prend drastiquement forme ! Ce qu’on en dit ici, quand j’écoute mes collègues, c’est en effet que Macron ne connait pas la pauvreté, et que même s’il l’imagine, il n’est pas dans le concret donc … Les contrats aidés ? Ca coûte cher !! …

      Comme diplôme, je n’ai que le BAC (inutile donc). Et un équivalent BAC + 2 que j’ai décroché il y a quelques mois grâce à une formation. Dans un département qui comptabilise environ 9000 chômeurs, je te laisse imaginer ma galère, et celles de tous ceux qui n’ont pas la chance d’avoir, comme moi, au moins le BAC, une éducation qui m’a permis de savoir me « tenir » face à un recruteur, et une « gueule » qui revient bien aux employeurs (je crois que la majorité des fois où j’ai réussi un entretien d’embauche, c’était grâce à ma tête, pas un canon de beauté, mais qui rentre bien dans les codes).

      Il me reste plus de deux ans de contrat, de quoi me laisser voir large. Et j’ai une promesse d’embauche pour la suite, je suis vraiment bien dans cette association. Sauf que si elle périclite avant qu’on ai eu le temps et les moyens de réagir (c’est en cours depuis des mois, mais il faut du temps pour bâtir une structure nouvelle), je subirai un licenciement économique, contrat d’avenir ou pas. Ca ne me fait pas peur dans l’immédiat, mais c’est une éventualité à prendre en compte !

      Merci pour ton soutien ! Et .. Advienne que pourra pour la suite !

      1. Christelle Répondre

        Je ne pense pas que le but de Macron soit de faire baisser le taux de chômage. Il joue à réduire les dépenses les premières années sachant pertinemment qu’il fera des mécontents. Dans deux ans, alors que la Cour des comptes attestera un « un regain budgétaire », lui, Jupiter nous fera la grâce de contrats aidés qui auront un autre nom, cuvée Macron. Puis, quand il battra campagne pour un second mandat, il mettra en valeur « la réussite de la coupe budgétaire » et « le coup de pouce social donné » après. C’est très finement joué stratégiquement, il est plus dangereux que les présidents précédents car son seul ego est de « briller » (avec 26 000 de maquillage), il laisse aux grands pontes énarquiens et aux lobbystes type Trump à la française (gattaz, dassault) diriger, lui, n’est qu’un pion. Et il sera ré-élu, voilà la politique. Il faudrait changer tout le système, que ce dernier soit purement citoyen, tant qu’on restera dans ce paradigme, de gauche comme de droite, nous sommes manipulés par des nantis qui font mumuse à la gagne au pouvoir et à l’argent. Les gens, la planète, ils en ont rien à cirer !

        1. Rozie Répondre

          Disons que c’est l’un des buts pour l’opinion publique. Je ne le connais pas personnellement donc … Je ne vais pas m’avancer sur ce qu’il pense, je ne peux que voir et comprendre les actes, tenter d’apercevoir ce qu’il y a derrière.

          Sarkozy avait un peu fait la même chose si j’écoute ce qu’on dit autour de moi. Il avait coupé les contrats aidés et quelques mois plus tard, à la vue d’un chômage en forte hausse et d’une opinion publique dégringolante, il les avait remis au goût du jour … !

          Je trouve ça dingue que pour eux, ces histoires d’emplois ne soient qu’une arme. Je me souviens qu’à l’entrée de ma formation, c’était la fête : contrats aidés à n’en plus finir, on disait oui à toutes les formations demandées par les sans emplois, pour tout le monde, partout ! Et oui, Hollande avait lâché les rennes pour faire baisser artificiellement le taux de chômage. Tant mieux pour moi. Tant mieux pour tous ceux qui ont pu en bénéficier. Mais le principe me débecte profondément.

          Je ne sais pas ce qu’il faut faire pour changer ça, malheureusement. Je ne pense, ni ne vois aussi loin … Que faire ?

          1. Christelle

            Trouver une alternative indépendante 🙂

          2. Rozie

            Effectivement ! 😉

  3. l0uanne Répondre

    Moi je dois être une des rares personnes qui voient ça comme une bonne chose. Comme toi, j’ai bénéficié d’un contrat avenir, j’ai fait mes 3 ans et je suis ressortit avec un CAP Petite enfance et le BAFA. Seulement après ça, plus rien. J’ai vu un contrat pour une crèche me passer sous le nez car c’était justement un contrat avenir, et comme j’en avait déjà bénéficié, j’étais plus éligible, alors que j’étais largement qualifié.

    Maintenant, tout est une question d’éligibilité, si tu rentres pas dans les critères bah ils cherchent même pas à te rencontrer et il se peut que tu passes à côté de bons nombres d’opportunité.
    Combien d’employeur jouent le jeu, et finissent par t’embaucher à la fin du contrat ? Pratiquement aucun, ils prennent un nouvel employé, et toi tu repasses par la cases chômage…. encore, et probablement que c’est le cas de beaucoup de personnes.

    Et puis le jour ou tu recommences un nouveau boulot, tu te retrouves dans une entreprise ou les employés ont plus de patience, car t’es le xéme petit nouveau qu’il faut ENCORE formé.

    Je pense que les contrats aidés devraient être réservés aux entreprises qui ont de réelles difficultés financière, un peu comme les aides sociales, qui sont soumises à revenus.

    1. Rozie Répondre

      Malheureusement, beaucoup d’entreprises en profitent, c’est un fait, et, on est d’accord, c’est dégueulasse. Je suis plutôt d’accord avec toi sur ce point : toutes les entreprises ne devraient pas y avoir droit et les règles devraient être plus strictes pour elles.
      L’association qui m’emploie par exemple n’aurait vraiment pas eu les moyens sans ça. Et j’apprends vraiment des trucs ! Et, en plus, ils ont fait un effort sur mon salaire, en l’élevant à 110% (ou 120, je ne sais plus ^^) du SMIC, ce qui est louable vu la trésorerie. Que demander de plus ?

      Donc oui, il faut cloisonner tout ça. Mais pas enterrer les autres.

      Je comprends que ce soit horrible d’être qualifiée et pas prise parce que tu n’es pas/plus éligible. Ca fait râler, et penser « au nom de quoi une personne moins qualifiée devrait être embauchée à ma place ? » Honnêtement, je comprends.

      Mais dans le milieu associatif en particulier, supprimer les contrats aidés, c’est refuser de donner une chance aux gens qui sont SDF, qui pointent aux resto du coeur, qui n’ont même pas un vélo pour se déplacer, et les laisser pourrir dans leur misère. C’est un scandale !

      (je précise que je ne t’en veux pas de penser ce que tu penses, hein, et que je n’ai aucun ressentiment contre toi :))

      1. Christelle Répondre

        Je suis tout à fait d’accord avec ton com Rozie (je suis moi aussi employée à 110%). Comme pour tout (y compris les transactions financières impunément frauduleuses), il aurait fallu fixer des règles et demander des bilans (je n’aime pas le mot « contrôle »), appuyer sur la valorisation des compétences (délivrer une attestation), bref, beaucoup de choses à élaborer autour. Mais de là à les enterrer ??? Emmaus a « sauvé » des gens en leur redonnant de la fierté grâce à ce type d’emploi ! Comment peut-on régresser de la sorte ? Comme pour tout, lors de dispositifs qui impliquent des « dons » d’état, se pose la question du « contrôle ou évaluation » légitime. Quelqu’un à qui on donne des sous pour faire des courses et va au ciné à la place perd sa crédibilité ! Mais excusez-moi : où est passé l’argent alloué au CICE dans ce « pacte de la responsabilité » pour ne citer que çà ? Ce n’est pas en supprimant qu’on améliore le système. Hitler avait testé déjà de manière extrême. J’extrapole énormément, je sais, mais le principe est le même : ce n’est pas en éludant et supprimant qu’on gouverne. Derrière chaque contrat, il y a une vie, une histoire. Le citoyen n’est pas un pion. C’est ce principe de responsabilité non respectée qui est intolérable après 4 mois de gouvernance seulement !

        1. Rozie Répondre

          Le terme « sauver » n’est pas trop fort, pas besoin de le mettre entre parenthèses. Oui, notre mission est clairement de sauver des gens. En leur redonnant un emploi, un rythme de vie, un but chaque jour, une utilité sociale, une valeur, une confiance en soi, un plaisir, un salaire, de la nourriture et j’en passe. Ca sauve des gens, ça sauve leurs enfants, leurs parents parfois, la société en général.

          « C’est ce principe de responsabilité non respectée qui est intolérable après 4 mois de gouvernance seulement ! » … Rien à redire 😉 !

  4. Christelle Répondre

    çà alors, quelle synchronicité ! En même temps, c’est tristement d’actualité !! Je suis dans la même situation que vous, mon CUI finit le 13/09, mon boss m’a dit qu’il me fera un CDD jusqu’à fin décembre sur les subventions de 2017 mais après rien de sûr. Je travaille dans une association de quartier, j’y suis référente du programme de réussite éducative, de l’emploi et chargée de com (je m’occupe du site web entre autres). A peine le smic aussi, mais j’y suis tellement bien.. Oui, c’est la catastrophe ! dans une semaine, reprise du travail, on ne sait pas à quelle sauce on va être « mangés » ! et pour nos employeurs, c’est aussi la cata !!! oui, c’est l’effet papillon, 120 contrats aidés non renouvelés dans notre commune de 70 000 habs, 4 conseillers de pôle emploi non renouvelés, autant en mission locale. Ce sont des projets sociaux et culturels à vaux l’eau etc.. Ce mépris est méprisable, j’ai un CAFERUIS (niveau Master) et aime ce travail associatif !! Je suis le fil d’actu (ll’altermondialiste que je suis) J’en ai fait un article aussi, bien moins étayé que le vôtre, plus un cri du coeur. Il faudrait relayer tous ces témoignages aux décideurs…. Ils sont tellement HORS REALITE. Bon courage à NOUS et merci pour votre indignation, un plus un tel le colibri qui fait sa part, qui sait… : https://lacapacitedemerveillement.wordpress.com/2017/08/25/les-contrats-aides/

    1. Rozie Répondre

      Ca me fait mal au coeur de lire ça. A-t-on une chance de s’en sortir ? J’ose espérer qu’ils ont prévu un « palliatif » ! Au moins ça …

      Je suis embauchée pour deux ans encore. On est entrain de voir pour créer une entreprise qui soutiendrait l’association (notre directeur le sentait venir depuis longtemps et avait prévu le coup !). Pour nous, c’est la seule solution pour ne pas tomber. Espérons que ça fonctionne !

      Je suis allée te lire ! Ta détresse et ta colère me parlent évidemment.

      1. Christelle Répondre

        Nous allons aussi essayer de trouver des alternatives, l’association où je travaille existe depuis 20 ans. On verra bien… Bon courage et merci 🙂

        1. Rozie Répondre

          Merci, à toi aussi ! 🙂

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