Notes d'Existence

Noces de froment.

Aujourd’hui, c’est une belle journée pour parler d’amour.

Cette année, nous fêtons nos trois ans de mariage, mais surtout nos cinq ans d’amour et de vie commune. Si j’avais oublié que notre anniversaire de mariage, c’est aujourd’hui, je réalise chaque jour que nous attaquons notre sixième année. Cela me paraît fou.

Avant, je comptais les jours d’une relation. Je me demandais comment faire pour tenir un mois. Six mois. Un an. Deux ans ? Voilà le stade qui m’angoissait. Celui que je n’arrivais pas à passer … Comment on-t-on pu en passer cinq ?

Il y a toujours eu cette somme d’évidences entre nous. Est-ce parce que nous savions déjà, avant de nous rencontrer, que nous n’accepterions que l’amour pour une vie entière ? Cette chance incroyable d’être mus par la même envie, par le même profond désir de garder l’autre près de soi jusqu’à la fin ?

A y regarder de plus près, nous sommes si différents ! Lorsque je t’ai rencontré, j’avais le choix. Je pouvais me jeter dans tes bras, ou me détourner de toi au profit d’un autre garçon. J’avais cette chance inouïe de rencontrer deux âmes soeurs au même moment. La deuxième me ressemblait beaucoup plus. Elle était une promesse d’amour tout aussi pérenne.

J’étais à un carrefour de mon existence, et comme si quelque part, j’avais déjà expérimenté le premier chemin, mon coeur n’a pas hésité une seule seconde. J’allais te suivre. Te suivre les yeux fermés sans hésitations, malgré l’échec violent de la première fois. J’allais recommencer, me jeter dans le vide une seconde fois, en espérant que cette fois, l’homme que j’avais choisi serait en bas pour amortir ma chute.

Tu y étais. Tu étais là quand j’ai parlé pour la première fois de ce qu’il m’avait fait. Tu as vu mon visage se transformer en grimace toute mouillée devant le petit déjeuner. Tu as vécu avec sa présence dans ma tête, son impact sur mon corps et son fantôme dans l’appartement. Tu as tout encaissé. Tout ce que j’avais besoin de faire sortir, tu l’as réceptionné. A l’époque, je ne me rendais pas compte à quel point cela pouvait être douloureux pour toi. Je t’ai livré ce paquet de merdes et n’ai pas cherché à savoir comment tu t’en étais débarrassé.

Tu m’as sortie de ça.

Nous avons enchaîné les moments de joie. Nous avons construit notre édifice comme si nous étions pressés par le temps. Vite, vite, ça pourrait s’arrêter demain ! Si ça s’arrête demain, au moins, on aura vécu des fiançailles. Si ça s’arrête demain, au moins on aura célébré notre amour avec un mariage. Si ça s’arrête demain, au moins on aura trouvé le domaine de notre amour.

On n’arrête pas d’y penser. Si l’un de nous meurt demain ? Moi, je revendrais tout ce qu’on a, et que je partirai avec Indiana faire le tour du monde. Parce qu’il n’y a que la beauté époustouflante de la Vie qui saura me régénérer après une épreuve pareille. Toi, tu me dis que tu me rejoindras. Je déteste quand tu dis ça. Je prône la vie envers et contre tout et toi tu jettes la tienne par la fenêtre.

J’aimerais qu’un jour on n’aie plus peur, parce qu’on aura vécu assez longtemps ensemble, ici bas. J’aurais 100 ans, toi 105 et demi. On se regardera et on dira : « On peut mourir demain, notre amour a tout vécu ici. »

Dans trois semaines on part en vacances. 7 jours en camping près de la Méditerranée. Tout ce qu’il y a de plus banal. Un couple avec un chien dans un mobil-home de 20 mètres carrés. On fait plus glorieux. Toi et moi, on attend ces vacances avec impatience. Les plus beaux moments que nous avons passés ne se trouvent ni en Chine, ni au Mexique. Il y avait les 5 jours à Arcachon, volés au temps. 5 jours improvisés, sous une tente, à traverser la moitié du camping à chaque fois qu’on veut faire pipi. Et il y a notre quotidien.

Tout a changé autour de nous. Toi, tu as changé. D’abord physiquement (moi, je suis plus jeune, ça viendra plus tard, hahaha !!! Je sais que tu es entrain de me maudire en lisant cette phrase ! <3). Tu ressembles de plus en plus à ton père. Heureusement que je l’adore !

Moi, j’ai beaucoup changé. Dans ma tête. Je n’ai plus grand chose à voir avec la petite nana d’avant. Bien sûr, le fond est resté le même. Mais je suis passée de la coquette petite citadine à … Une version simplifiée (ou pas ?) et plus réfléchie de moi. Je te noie sous un flot d’informations nouvelles. Je m’arme de convictions. Tu acceptes ça. Tu apprends à aimer ce que j’aime, à t’y intéresser. Tu ne comprends pas toujours, tu trouves parfois que ça va trop loin, mais tu m’encourages et me respecte.

Je me prends la tête avec toi quand tu n’utilises pas le bon mot. Non, ce n’est pas qu’un mot, c’est important, il faut être précis dans le langage ! « Mais on s’en fout Rozie, on n’est même pas concernés ! » Tu en as marre que je remarque les détails. Tous les détails. Tu as l’impression que je montre les défauts. Je ne supporte plus que tu laisses tes miettes de petit-dèj sur le bar. Je te maudis en silence quand tu relances les débats sur la théorie de l’évolution ou Dieudonné en société. On a découvert nos défauts et on ne s’aime pas moins. On en profite pour se taquiner un peu plus.

On continue de s’apprendre. On apprend encore à faire l’amour ensemble. Ca ne s’arrêtera sans doute jamais. Nous n’en sommes qu’au début. Il n’y a que la pointe de l’iceberg que nous connaissons. Reste toutes les profondeurs à découvrir. L’inconnu.

L’inconnu avec toi ne m’effraie pas. Je ne crains plus l’avenir. J’ai trouvé une paix et une sécurité. D’abord en toi, ensuite en nous, enfin en moi. Je suis assise sur un socle solide. Tu m’aides à investir en moi. Tu y crois toi, que je suis intelligente, géniale, originale. Tu sais que je peux faire de très grandes choses. Tu me fais confiance, tu sais que je suis une partenaire de choc. Quand je doute, toi tu sais. Si je réussis, ce sera toujours grâce à toi.

Je veux que tu réussisses. Je veux que tu sois heureux. Et quand tu me le dis, que tu es heureux et qu’en plus, j’y suis pour quelque chose, ça m’emplit de fierté. C’est comme si tu me disais « Rozie, tu as réussi ta mission. » 

Je t’aime de tout mon coeur, de toute mon âme. Si demain je meurs, j’aurais au moins réussi ça.

Semer un peu de magie et de poésie dans le quotidien.

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