L’amour d’un père pour sa fille, trop intense.

Qui pourrait se plaindre que ses parents l’aiment trop ? L’amour d’un parent, c’est forcément plein et intense, incommensurable, instinctif, primaire … C’est forcément trop, non ? En tout cas, c’est le modèle que j’en ai eu, et c’est comme ça que je l’imagine. Entier. Sacrificiel.

Ce Noël, l’une de mes tantes me l’a dit. « Ton père est fou de toi. » Elle m’a dit : « Je sais pourquoi tu es partie vivre si loin. Pour respirer … »

Je ne me le suis jamais avoué. 350 kilomètres, est-ce si loin ? Trois heures et demi de route ? C’est assez pour espacer les visites, à raison d’une par mois. Durant les semaines qui ont précédé notre grand départ, je me suis levée quelques fois la nuit. Les larmes coulaient toutes seules. Je pleurais de prendre cette décision dont j’avais besoin. Déménager. Ailleurs. Je pleurais aussi parce que je le savais. En partant, je ferais du mal à mon père.

Pourquoi mon père et pas ma mère ? Ma famille se sépare en deux blocs distincts. Il y a ma mère et ma soeur, fusionnelles. Et mon père et moi, étroitement liés. Ma mère vit bien mon départ et notre distance. Je lui manque, bien sûr. Mais ce n’est pas pareil. Mon père, il pleure à chaque fois que je le quitte. Et ça me tue.

Lorsque je me suis mariée, dans l’allée à son bras, je l’ai lâché sans un regard, les yeux perdus dans les pupilles de mon amoureux qui m’attendait. Je m’en suis voulue après, en y repensant. Il me tenait fort. Je l’ai lâché d’un coup.

Depuis, mon père déprime. Le mariage a cassé quelque chose. Ma mère me raconte ses crises d’angoisse terribles, ses sautes d’humeurs intempestives qui lui bouffent la vie, et c’est fâcheuse manie de ne voir que le verre à moitié vide. Il a pris des anti-dépresseurs pour survivre. Il est bancal. Euphorique quand je reviens pour quelques jours, et malheureux comme la pierre quand je le quitte. Encore.

Bien sûr, je culpabilise. Il voulait nous offrir la grange de la ferme familiale. On aurait pu en faire un palace. Mais voilà. C’était accepter de vivre à dix mètres de mes parents, avec eux. La joie pour lui, l’angoisse pour moi. Alors j’ai dit non et je suis partie à 350 kilomètres de là. Pour vivre ma vie. Indépendante.

La dernière fois, alors que nous nous étions dit « Au revoir », mon père à couru vers moi. Il m’a serrée si fort contre lui que j’ai dû me retenir vaillamment pour rester droite. Surtout, ne pas vaciller. Ses larmes ont mouillé mon écharpe. « Pardonne-moi, je pleure parce que je suis heureux. » C’était un souffle court. Comme un enfant qui essaie de te rassurer. Comment y croire ?

Mon père m’aime beaucoup trop. Il souffre le martyr de cet amour. Il est amoureux de ses filles. Il voit sa vie dans la mienne, puis dans celle de ma soeur. Cette façon de vivre qu’il n’a pas choisie. Il nous trouve formidables, géniales, magnifiques, intelligentes, fortes et censées. Et moi, il m’idéalise. Il voit en moi la fille parfaite, l’amie parfaite, la femme parfaite. C’est très oedipien, mais pas non plus malsain. C’est inconscient. Il voit comme je suis heureuse. Sans lui. Et il ne s’en remet pas.

Je lui ai écrit pour qu’il me parle. Il ne m’a jamais répondu. Il se contente de me dire que ça ne va pas trop mais que ça passera. Bientôt deux ans, Papa. J’aimerais lui dire : « Papa, tu sais comme je t’aime. Tu sais comme ta souffrance engendre la mienne. Mais il faut que tu saches aussi que je ne peux pas vivre pour toi. »

Alors je fais ce choix égoïste de vivre ma vie en l’en écartant un peu. Mon père est le dommage collatéral de mon bonheur. Mon éternel renoncement, mon regret. Il dit à ma mère qu’il aimerait déménager. Quand on fait le tour de mon quartier, il voit des maisons vides. « Tiens, elle est à vendre, celle-là. Et si on s’installait là ? » Elle dit non. Elle dit qu’elle est bien chez elle et que toute la famille s’y trouve. Je suis la seule à être partie si loin. La première, et ça me va bien.

Peut-être que cette relation intense que nous entretenons, faite de silences et de compréhension instinctive, conditionne mon non-désir d’enfant. Je ne veux aimer personne comme ça. Je ne veux souffrir personne comme ça. Je ne veux pas de ce lien-là. C’est trop douloureux. Et ce n’est pas épanouissant.

Que va devenir mon père en vieillissant ? Quelles décisions vais-je devoir prendre pour lui ? J’espère secrètement qu’il mourra avant Maman, pour que je n’aie pas cette charge émotionnelle, lourde, sur mes épaules. Pourtant, j’en crèverai de sa mort. Comme il crève de notre séparation.

Pourquoi je ne lui dis pas tout ça ? Je crois qu’il ne veut pas l’entendre. Je le trouve trop fragile. J’ai peur de l’achever. Mais j’ai fait le premier pas, plusieurs fois.

On marche sur un fil, tels des funambules. Face à face, on se rapproche. Je pose un pied devant l’autre avec calme et assurance. Mais lui perd souvent l’équilibre et je dois jouer avec la corde pour qu’elle cesse de trembler. Un jour, on se touchera. Et ce jour-là, il faudra choisir. Faire tomber l’un de nous deux, ou nous soutenir face à l’immensité de l’amour qui nous entoure, nous unit et nous déchire.

Ca ne laisse pas beaucoup de place à ma soeur tout ça, ni à ma mère. Je sais qu’elles souffrent de son état. Elles aimeraient l’aider, le remettre sur pieds, mais c’est pas facile, une dépression. Je les trouve courageuses. Moi, j’ai fui. J’ai fui son amour et je fuis sa tristesse. Parce que je ne peux pas lui apporter ce qu’il désire, parce que je ne veux pas que la pluie tombe sur moi (*musique*).

On dit que l’amour d’un père pour sa fille n’a rien de comparable. C’est vrai. Parfois, cet amour puissant écrase tout sur son passage et devient un poids. On ne sait plus comment le gérer, comment vivre avec, comment en faire une force plutôt qu’une faiblesse. C’est mon cas. Et vous, quelles relations entretenez-vous avec votre père, vos proches ?


12 thoughts on “L’amour d’un père pour sa fille, trop intense.

  1. Pétale Répondre

    Bonjour Rozie,

    @Ornella : je suis d’accord avec ton 2e paragraphe :). Bises à toi.

    @Rozie : Je pense que tu n’as pas à te sentir « coupable » de partir. Les enfants partent un jour de leur famille même s’ils aiment toujours leurs parents. Ce n’est pas égoïste de penser à soi avant les autres, car selon moi si une personne ne va bien et ou ne s’occupe pas assez d’elle-même elle ne pourra peut-être pas éventuellement aider de façon adaptée et « bien’ les autres personnes.

    Je ne trouve pas très « sain » qu’un père ou qu’une mère aime trop son enfant (fille ou garçon) car autant dans ton cas il me semble que ça reste « normal ». (Même si je pense que l’amour ne fait pas souffrir et qu’il n’est ni sain ni normal de souffrir ou et de se sacrifier par amour.) Mais je me dis que dans certains cas ça pourrait virer à l’inceste.

    Bref, dans la situation que tu décris cependant on dirait plutôt que ton père est « dépendant » de toi. Que sans toi il meurt…
    Par rapport au fait que ça « tombe » sur toi je me demande pourquoi ça ne « tombe » pas sur ta mère car ça aurai pu aussi.
    Je me demande aussi quelle est l’histoire de ton père par rapport à ses parents, car peut-être que ça viendrait un peu de là.?

    Je lis dans une réponse à un commentaire que ton père ne veut pas entendre parler des psys. Il veut dire des psychologues ou des psychiatres ? En tout cas pour prendre des antidépresseurs, le psychiatre ou médecin généraliste au moins est « nécessaire ».
    Les antidépresseurs ne « guérissent » pas il me semble, pour aller mieux une psychothérapie avec un(e) psychologue est conseillée.
    En fait, les antidépresseurs empêchent de ressentir des émotions négatives et aident à passer des caps difficiles dans l’avancée d’une psychothérapie lors d’une dépression je crois. La dose d’antidépresseurs est diminué au fur et à mesure que la personne va mieux je crois. J’avais lu ça sur le site « vergiberation.wordpress.com » article : « les antidépresseurs  » ainsi que les commentaires.

    Je pense que c’est dommage qu’il ne veuille pas en entendre parler car cela pourrait peut-être l’aider (une psychothérapie avec un(e) psychologue).

    Je pense néanmoins, que lorsque ton père sera prêt et « motivé » il pourra surmonter ses problèmes. Parfois je crois, et je parle de ma très petite expérience, (parce que je ne suis pas très vieille et n’ai rien vécu quasiment) qu’on repousse toujours les sujets un peu durs ou qu’on essaie de ne pas parler des expériences un peu difficiles pour ne pas avoir à les résoudre car fonctionner comme on l’a toujours fait est rassurant et on ne veut pas changer, car on croit que nos problèmes = nous. Chaque pas me fait peur, vider mon cœur est impossible. Chaque pas me fait douter de tout ce que je suis, déjà que j’ai une nature qui doute facilement. Je me sens si faible.

    Je t’envoie des ondes positives et de l’amour ainsi qu’à ton père, ta mère et ta sœur.

    Bises

    Pétale

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Bonjour Pétale ! Merci pour ton aide et ta contribution.

      Concernant les psy (-chologues, -chiatres), je me suis évidemment posée la question. Il prend des antidépresseurs, qui les lui a fournis ? Alors, comme je l’ai répondu ailleurs, il est possible que mon père soit suivi, mais qu’il nous le cache par honte, parce que justement, toute sa vie, il a tenu un discours très dur envers les psy, et envers les personnes qui en avaient besoin.
      Soit, il est resté sur ses positions, et c’est un généraliste qui lui les a prescrits !

      Je ne dois pas me sentir coupable c’est vrai. Mais face à son malheur, comment réfréner ça ? Je sais que ce n’est pas de ma faute, et que j’ai le droit de faire ce que je fais (partir loin, vivre ..). Mais je suis la première de la famille à m’être « exhilée » (et on ne parle que de 350 km, tu imagines si j’avais changé de pays !).

      Je sais aussi que c’est amour n’est pas sain. Il n’y a pas eu d’inceste, et je sais qu’il n’y en aurait jamais eu. La barrière est là quand-même.

      Sauf que .. Il m’aime beaucoup trop. Depuis le début d’ailleurs. Et ma soeur, c’est pareil. Juste en un peu moins fort. Mais depuis qu’elle est partie (il y a quelques semaines) loin, elle aussi … C’est terrible pour mon père. Il pleure aussi quand il doit la quitter. Il passe tous les week-ends chez elle. Il ne la laisse pas tranquille.

      Pour quoi ce n’est pas tombé sur ma mère ? Je pense que c’est tombé sur elle, le jour où ils sont tombés amoureux. Je sais que ça a été la fusion, la passion l’amour fou. Et puis ça s’est reporté sur nous quand nous sommes nées. Ma mère ne le quittera pas, mais nous, c’est notre destin de nous envoler. Il en est conscient, mais il n’arrive pas à faire avec.

      Ce qui s’est passé avec ses propres parents ? Je suis justement entrain de gratter de ce côté-là. Mon père ne me dit pas grand-chose. Mon grand-père est mort. Et ma grand-mère, je compte bien lui poser la question la prochaine fois.
      Tout ce que je sais c’est, je cite, qu' »à l’époque, on ne montrait pas ses sentiments ».
      Ca doit jouer, c’est certain. Mon père est sensible, et je l’imagine en enfant en manque d’amour. Et d’un autre côté, il a été très choyé, parce que le seul garçon et le cadet. Alors … Je sais pas. Mais ça vient bien de quelque part, on est d’accord !

      Oui, tu as raison, on repousse toujours ce dont on ne veut pas s’occuper. Mais il le faut. Mon père est dans l’obligation de s’occuper de lui. Il le fera quand vraiment, il n’aura plus le choix. J’en suis persuadée.

      Merci pour tes ondes positives, que je reçois avec beaucoup de joie. Ca me touche.

      Bises 🙂 <3

  2. Ornella Répondre

    Le timing de ton article est époustouflant. Il résonne complètement avec la lecture de ton thème astral, c’est fou. Je ne m’étends pas pour garder le suspens quand même.

    Je veux juste souligner quelque chose : partir, ça ne fait pas de toi quelqu’un de lâche ou qui manque de courage. Ce n’est pas à toi, ni à ta soeur ou ta mère de régler les soucis de ton père. C’est à lui. Personne ne doit être le fardeau de quelqu’un d’autre. Son chemin de vie à lui, c’est de trouver la paix et la juste mesure, de ne pas fondre à corps perdu dans un amour qui le dépasse. Toi, tu dois t’occuper de tes démons personnels, de tes envies, de Ta Vie. Et puis, s’il n’est pas disposé à évoluer, tu devras simplement l’accepter, mais j-pas essayer de le changer car le changement profond ne résulte que d’un désir et d’une volonté très puissants. C’est pourquoi ceux qui arrêtent de fumer poussés par leur conjoint ou famille auront toutes les chances de reprendre. Ceux qui ressentent le réel besoin physique et l’envie d’arrêter ont plus de chances de réussite. Pour ton papa, c’est sans doute pareil. Quelque part, il n’est peut-être simplement pas prêt à changer.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je sais que tu as raison. Je ne peux rien faire pour lui, si ce n’est lui montrer la voie. Mais je ne peux pas l’obliger à la prendre, ce serait contre-productif.
      Il faut qu’il le veuille profondément. Il faut que quelque chose se passe à l’intérieur de lui. Je crois que c’est ce qui est entrain d’arriver, mais ça prend son temps.
      En fait, je suis persuadée que cette dépression lui sera bénéfique. Elle n’est pas là par hasard. Une fois qu’il l’aura vécue, transpirée, surmontée, de belles choses en ressortiront.
      Tout vient à point à qui sait attendre !

      Ca ne fait pas de moi quelqu’un de lâche. Oui, au fond de moi je le sais bien, mais il reste toujours un zeste de culpabilité. Un remords. Une peine pour lui … Je ne peux pas m’en empêcher.

      Ca colle avec mon thème astral ? Décidément, je sens que je vais être surprise, et très étonnée ! A tout à l’heure 😉 !

  3. Peanuts Répondre

    Que te dire ? Je suis touchée par cet amour que vous vous portez.

    Je pense comme toi que cette relation très forte avec ton père résulte quelque part de ce qu’il a projeté en toi et en ta soeur. Il faut qu’il en parle à quelqu’un, pour pouvoir te laisser enfin partir pour de bon (même si un parent ne laisse jamais totalement son enfant partir en réalité, mais souffre d’un grand vide éternel, qui se rejoue à chaque nouvelle séparation).

    Etant maman, j’ai dû apprendre à laisser partir mon enfant dès son plus jeune âge et crois-moi, ce n’était pas du tout facile. Encore aujourd’hui, alors qu’il est grand déjà, ado, j’ai la mélancolie qui me prend, d’autant plus forte qu’il part longtemps. Alors je comprends ton père. Et je te comprends aussi.

    Mais comme tu le dis, il n’y a que lui qui peut faire ce chemin. Courage !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, je me doute que les parents ont du toute façon toujours du mal à vraiment laisser partir leurs enfants, même si c’est dans l’ordre des choses.
      C’est normal !
      Le hic, c’est que mon père est trop fragile par rapport à ça. Enfin je trouve. Mais oui, il est le seul à pouvoir faire ce chemin. Il n’aura de toute façon pas le choix .. S’il veut vivre en paix et heureux le reste de la (longue) vie !

      1. Peanuts Répondre

        C’est tout le bien que je vous souhaite, à tous les deux. Et surtout, continue à lui dire que tu l’aimes.

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Je le lui dis .. Pas comme ça, sinon il pleurerait de plus belle, mais je trouve d’autres façons de lui témoigner mon amour et ma reconnaissance sans limites.

          1. Peanuts

            Sincèrement, dis lui « je t’aime » parce qu’à mon avis, c’est ce qu’il a besoin d’entendre. Même si ça le fait pleurer, je pense que cela le rend heureux. Je ne l’ai jamais assez dit à mon père et je le regrette beaucoup aujourd’hui ainsi qu’à d’autres personnes aujourd’hui décédées… depuis, je le dis aussi souvent que je le peux à ceux que j’aime et qui sont encore en vie. 😉

          2. Rozie & Colibri

            Comme je comprends ces regrets …
            D’une manière générale, c’est quelque chose que je dis régulièrement aussi. Je lui ai dit, en réponse à voix haute quelque fois, et plus souvent pas message. Mais c’est très rare, c’est vrai.
            J’écouterai ton conseil pour la prochaine fois que je le vois !

  4. Maman délire Répondre

    Moi de ce côté là… rien à voir. J’ai toujours été plus proche de ma mère. Mon père ne montre pas ces sentiments et ne les dit pas non plus. Alors ça ne génère pas de sentiments fort de mon côté.. je sais qu’il m’aime, mais ça reste tabou. Il était orphelin à 16 ans et ça laisse des traces même si bien sûr il n’en a jamais parlé.. c’est triste pour ton père qui devrait se réjouir de ton bonheur ! Et puis surtout vivre le sien avec ta mère, c’est elle son amoureuse, c’est lorsqu’il se sépare d’elle qu’il devrait pleurer .. je reste encore dans mes conseils de psy mais je pense qu’il aurait besoin de confier des choses et de guérir ses blessures de l’âme…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, moi aussi je pense qu’il devrait se confier et guérir ses blessures. Mon père, les psy, il ne veut pas en entendre parler. Soit. Mais il peut en parler à d’autres personnes ! Moi, ma soeur, ma mère ou des copains …
      Je remarque quand-même qu’il essaie des choses. Mais il ne traite pas la cause, il traite la conséquence.
      Alors forcément, ça ne fonctionne pas. Ou ça met beaucoup plus de temps !

      Il y a beaucoup de famille pour lesquelles l’amour est tabou. C’est incroyable, et en même temps, je comprends. C’est juste dommage que ça vous éloigne, toi et ton père.
      Effectivement, son histoire doit y être pour quelque chose, c’est sûr.

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