Mon deuil.

Ma grand-mère, aujourd’hui seule, mais toujours aussi belle.

Il y a quelques semaines, je vous dévoilais comment j’ai vécu mon premier enterrement, du haut de mes 10 ans et demi. Mon Dédé, comme on aimait l’appeler, mon grand-père adoré, s’envolait. Je vous ai parlé de cette journée, sans vous décrire l’avant ni l’après. Aujourd’hui je reviens sur ce deuil, sur cette expérience douloureuse et formatrice, qui m’a blessée autant qu’elle m’a fait grandir.

Je me souviens particulièrement de mes 10 ans. La veille, nous nous étions rendus chez mes grands-parents. La soirée commençait à peine, le temps moite d’août nous enveloppait. J’étais tout sourire. « Demain, j’ai 10 ans ! Si tu m’crois pas hé … » (*musique*). Mes grands-parents m’ont offert mon premier bijou de grande : une bague en or jaune, ornée de deux saphirs, d’une traînée de petits diamants et d’une perle de culture. Un cadeau beaucoup trop onéreux, beaucoup trop adulte, absolument démesuré. Une bague de femme.

J’étais émerveillée.

Les mois qui suivirent, je nageais toujours dans mon grand bonheur d’enfant. Je passais au CM2, et mon enfance merveilleuse continuait sa route, m’apportant chaque jour son lot de bonnes surprises et de découvertes. J’étais la gamine la plus heureuse de la Terre, ma bague magique autour du doigt. Mon papi était à l’hôpital depuis peu, dans une grande ville. Le soir, quand mon père rentrait du travail, il avait besoin de prendre l’air. J’aimais bien l’accompagner.

Il semblait loin de moi. Il me racontait que son père à lui n’allait pas bien. Que mon Dédé était fatigué, mais qu’il avait adoré mes rosaces colorées. « Pourquoi on peut pas aller le voir, nous aussi ?Tu sais, il est très fatigué. Il a besoin de beaucoup se reposer. » Je ne me souviens plus exactement de ses mots, mais je sentais dans son attitude que quelque chose clochait. Il a sans doute tenté de me préparer à l’inévitable, mais sans jamais me parler concrètement de la mort. A 10 ans, je ne savais pas que les hommes aussi pouvaient mourir.

Je voyais ma grand-mère seule, les mois filaient et mon père passait de plus en plus de week-ends loin de nous. Jusqu’à ce fameux samedi après-midi, où une grosse boule d’énergie m’a quittée à l’annonce fatidique, pour revenir m’enserrer plus fort encore, toute chargée qu’elle était de mauvaises ondes. A cet instant précis, mon enfance est partie. Je ne saurais comment l’expliquer mais vraiment, en une seconde, tout un pan de ma vie, le premier, s’est refermé, pour laisser place au chemin tortueux des douleurs adolescentes.

Je l’ai souffert cette mort. Horriblement. Avant l’annonce, j’étais dans un déni euphorique. L’évidence ne venait pas frapper les carreaux de ma maison dorée. Le vent soufflait, mais le dôme de mon innocence résistait bien. Puis la bombe a explosé, et toutes mes certitudes les plus solides ont volé en éclat. Quand j’ai compris que mon grand-père était mort, que c’était irrémédiable et que plus jamais je ne le reverrais, j’ai culpabilisé.

J’ai culpabilisé de ne pas savoir quoi répondre à ses questions quand, seuls sur la table de sa cuisine, alors qu’il sentait que je m’éloignais temporairement de lui, il me demandait « Comment ça se passe à l’école ? » Sérieusement, je n’avais pas mieux à répondre que « Bien » ? Un mot, c’est tout ? C’est tout ce dont j’étais capable de partage pour cet être qui me manquait si atrocement que je m’en griffais les jambes la nuit ?

J’ai culpabilisé d’être repoussée, les derniers temps, par son odeur pastel de vieil homme. J’ai culpabilisé de ne plus apprécier ses étreintes, ni ses baisers trop mouillés sur mes joues lisses de gosse. Je m’essuyais compulsivement après. Idiote. J’aurais tout donné pour ressentir ça une nouvelle fois. J’ai culpabilisé de n’être pas digne de tout l’amour qu’il m’a porté, j’ai culpabilisé de ne pas assez l’aimer, de ne pas assez le considérer.

Puis j’ai culpabilisé d’oublier son visage. Je craignais tellement de perdre ses traits de vue que je dormais avec trois photos de lui au dessus de mon lit. Juste au dessus de ma tête. Chaque soir, j’embrassais les photographies cornées. J’ai pleuré tous les jours de ma vie, jusqu’à mes 14 ans. Un pilier de mon existence était tombé. Une colère sourde me rognait, une tristesse profonde m’envahissait. Des années noires.

Je m’accrochais comme je pouvais aux quelques souvenirs que j’avais de lui. « Surtout, ne pas oublier ça. Rappelle-toi, souviens-toi. » Cet instant où il faisait la sieste sur le canapé, et où on l’observait avec mamie. « Regarde comme il beau. Surtout, ne le réveille pas! » Ce moment où, assise sur ses genoux alors qu’il jouait à la belote, il m’apprenait à faire sauter les pions comme des puces. Le surnom qu’il me donnait. Ses longs ongles de sorcière. Ses tonneaux de vin dans la cave. Quand il ramassait les framboises avec moi. Quand il venait me chercher à la danse, comme j’étais fière !

Et la bague. Je me suis accrochée à cette bague comme à un talisman. Je la portais jour et nuit. Un morceau de mon Dédé. Elle était une part de lui, de son amour pour moi, de mon amour pour lui. Elle était le lien. Je n’ai jamais tant aimé un objet. Même ma bague de fiançailles n’est pas emplie de tant d’attachement. Quand, à force d’être étirée et agrandie, elle a fini par céder, quand le bijoutier m’a annoncé que je ne pouvais plus la porter sans risquer de la perdre, c’était une seconde mort …

Ne plus me souvenir du son de sa voix, c’est terrible. Ca me fend le coeur. Une nuit, j’ai rêvé qu’une voiture arrivait dans la cour. Il faisait beau, c’était un matin de printemps. Il descendait de l’auto et je n’en revenais pas de le voir. Il arborait un sourire radieux. Tout son amour transcendait. « Je vais bien, je te regarde. »

Je me suis réveillée, persuadée que je n’avais pas rêvé. « Il m’a vraiment dit ça. » Subjuguée. Je devais avoir 12 ans, et à l’époque, je faisais tout le temps les mêmes rêves, assez angoissants. Je rêvais que mes parents mouraient, que je devais m’occuper seule de ma soeur, et que le mausolée dans lequel ils reposaient en pleine forêt s’écroulait quand on allait leur rendre visite. Très caractéristique. Mais ce rêve-là, alors que je souhaitais ardemment qu’il revienne, n’est jamais reparu.

Peut-être parce que ce n’était pas un rêve, mais une autre expérience. C’est con, mais cette pensée m’a aidée. Chez moi, on ne croyait en rien. La vie commençait et se terminait, rien n’était dessus ni dessous. Alors, toute seule, je me suis mise à ajouter un peu de magie dans ce quotidien en 2D. Je me suis mise à croire profondément qu’il me regardait, qu’il me guidait, qu’il était là pour moi. Je ne pouvais pas le voir, mais il était là, quelque part. Ma bonne étoile. Il était venu m’apporter un message pour me soulager.

J’y crois toujours. Peut-être que c’est mon inconscient/subconscient qui a édicté cette stratégie pour me soulager. Peut-être que c’est juste un rêve comme un autre. Peu importe, tant qu’il m’aide à vivre mon deuil et à me reconstruire. Tant qu’il comble l’absence.

Petit à petit, mes larmes se sont taries. J’ai pu recommencer à penser à lui avec le sourire, j’ai pu en parler sans trembler. J’ai arrêté de me griffer les jambes et j’ai réussi à retrouver l’envie de me lever le matin. J’ai même réussi à aller le voir sur sa tombe, quand avant, les portes du cimetière m’étaient infranchissables. Mon père a pleuré et rappelé son absence terrible pour mon mariage. Moi, je savais qu’il était là. J’ai arrêté de me détester.

Mon adolescence pourrait se résumer à ce deuil. Ce deuil de lui, ce deuil de mon enfance bénie et protégée. J’étais l’écorchée vive. Je crois que j’ai moins souffert de mes deux ans de violences conjugales que de ça. A ce point-là. J’espère vivre mes prochains deuils différemment, avec beaucoup plus de recul et de philosophie. Avec de la spiritualité. J’espère que cette souffrance n’est pas vaine.

L’enchaînement de réactions qu’a amené cette mort est sans fin. Je me suis détachée de mes parents et de ma grand-mère, par crainte de souffrir encore s’ils mourraient. J’ai tenté de n’être plus atteinte par rien avant de me rendre compte que je prenais le mauvais chemin … Puis je suis revenue à la vie, pleine de nouvelles joies et de nouveaux sentiments. Ca a pris du temps, 15 ans, mais j’y suis parvenue. Et vous, comment avez-vous vécu vos deuils ?


20 thoughts on “Mon deuil.

  1. Ornella Répondre

    Ah c’est génial ce que je lis. Le voyage d’une enfant catapultée au rang d’adulte, balancée dans la souffrance et l’incompréhension, les épreuves, tout ça pour mieux profiter de la vie ensuite.
    J’ai eu ce truc là avec mon grand-père. Le rêve dont tu parles qui n’en était absolument pas un et qui était un message. Mon grand-père maternel, je ne l’ai jamais connu et j’ai toujours ressenti pourtant un amour débordant pour lui. Il aimait les enfants, et je savais qu’il aurait adoré avoir une petite fille. Il est mort avant ma naissance malheureusement. A une époque, j’ai vers 12 ans, j’ai pris l’habitude de lui parler avant de dormir. De lui demander de venir me rencontrer dans mon sommeil et me parler. Qu’il me manquait et que je voulais le voir. Ca a été très très long, ça a mis 2 ans environ avant de vivre ce rêve qui a tout changé. Je te passe les détails, mais il m’a dit par 3 fois dans le rêve, un phrase que je n’oublierai jamais : « Regarde comme je t’aime. » Cette phrase est toute ma vie.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est drôle, après mon « rêve », j’ai demandé exactement la même chose à mon grand-père, mais je n’ai plus eu de signe .. Enfin, plus des signes aussi évidents.

      Mais il m’avait dit qu’il était là pour moi, qu’il me protègerait et j’en suis sûre, il n’a pas manqué à sa parole. A chaque fois que la chance me sourit (90% du temps), c’est lui que je remercie.

      Cette phrase est cruciale. Une teneur, une force .. Qui continuera de fleurir au cours de ta vie. C’est quand-même incroyable quand on y pense. C’est magnifique.

      L’analyse que tu fais de ce bout de ma vie ne m’avait jamais effleurée … J’aime bien. Merci !

  2. l0uanne Répondre

    Je comprend ce que tu veux dire, j’ai perdu mon oncle et mon grand père à 1 ans d’intervalle à peu près au même âge que toi mais j’avais du mal à comprendre ce qu’étais la mort à cette époque, je l’ai réalisé en grandissant et c’est là que le processus de deuil à commencer

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Tu as mis plusieurs années à comprendre le caractère irréversible de la mort, et de la perte de ces personnes ?
      Les deuils sont tellement différents d’une personne à l’autre .. !
      J’espère que tu as pu terminer ce travail sereinement.

  3. Emeline Répondre

    Merci pour ce bel article. Que je comprends ta douleur. Pour ma part l’annonce du décès de ma maman a été un tel choc que j’ai encore du mal a en parler. Et le pire de tout c’est que ce choc a effacé de ma mémoire toutes ces années passées a ses côtés. Pour l’instant j’ai encore du mal a en parler. Bravo pour ce bel article. J’aurai adoré rencontré Dédé.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      La mort d’un parent doit être … Il ne doit pas y avoir de mot pour le décrire.

      J’espère que tu recouvreras la mémoire. Ca doit être difficile pour toi de n’avoir pas de souvenirs auxquels te rattacher alors que tu aimais ta mère si fort, et qu’elle t’aimait aussi avec tant de puissance …

      Le temps t’apaisera. Je te le souhaite sincèrement.

      Merci à toi.

  4. marie kléber Répondre

    Ma chère Rozie, quel bel article encore une fois.
    Je me souviens de cet article que tu avais écrit et qui m’avait beaucoup parlé, puisque j’ai moi même perdu mon grand-père très jeune – j’avais 6 ans et quand je parle de son départ j’ai toujours les larmes aux yeux. Il était une belle personne, quelqu’un de simple, qui avait la foi et que j’aimais énormément (qui m’aimait énormément aussi).
    Un premier deuil ça marque je pense, plus que les suivants peut-être. Je ne sais pas si on s’habitue à perdre des personnes qui nous sont chères ou si on apprend au fil du temps à leur dire aurevoir.
    Je crois que les années qui ont suivi ont été empreintes de cette perte marquante et de tout ce que cela a entrainé dans ma vie familiale de petite et jeune fille.
    Je parle aujourd’hui de lui à mon fils, nous allons sur sa tombe l’été, je lui dis que si il n’est plus là il est quand même avec nous. Je sens sa présence dans mon quotidien. Il vit dans mon coeur pour l’éternité.
    Il y a quelques années, j’ai dis aurevoir à mon autre grand-père. Ca a éte plus simple. Nous avons eu le temps de nous dire les choses et de vivre de bons et beaux moments ensemble. J’ai encore mes deux grands-mères, je profite d’elles aussi le plus possible pour qu’il n’y ai jamais de « trop tard » entre nous.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci Marie.

      Oui, un premier deuil « marque » plus que les suivants, mais les suivants ne sont pas pour autant plus évidents. J’espère qu’avec le temps, on apprend à vivre avec, on s’y prépare mieux, on n’essaie pas de contrer mais « d’accueillir » cet évènement comme il se doit, avec son lot de bouleversements, pour apprendre à le vivre en « harmonie ».

      J’aimerais aussi pouvoir faire en sorte qu’il n’y ai jamais de « trop tard » avec mes trois autres grands-parents et tous ceux qui m’entourent. Je fais tout ce que je peux pour, dès que je suis avec des personnes qui me sont chères. Je combats ma timidité et ose leur dire comme ils sont importants pour moi. J’apprends à partager.

  5. Happy Swallow Répondre

    Coucou !

    Tout d’abord bravo pour ta sélection Hellocoton. Elle est méritée, ton article est tellement beau. J’ai failli pleurer tant les mots résonnaient en moi.
    J’ai perdu mon grand-père il y a 4 ans et demi, j’avais 20 ans. J’ai pleuré, mais pas longtemps. Je me suis sentie vide. La douleur était telle que je ne parvenais plus à évacuer. J’allais au cimetière seule, tous les jours, puis toutes les semaines. C’est un peu morbide, mais j’en avais besoin. J’errais parmi les tombes comme une âme en peine, je lui parlais, il était là et m’écoutait. Lui qui a toujours été beaucoup trop pudique pour accepter mes étreintes et toutes les autres formes d’affection. Alors qu’il était sur son lit d’hôpital, terriblement faible et ne pouvant même plus bouger et parler, il a quand même utilisé l’énergie qui lui restait pour me prendre la main et l’embrasser. Je lui ai dit « Je t’aime ». Et il a marmonné quelque chose qui pouvait sembler incompréhensible tant la parole lui était difficile. Mais il m’a répondu « moi aussi », j’en suis sûre.
    J’ai pris cette mort avec beaucoup de philosophie et de poésie. Une poésie triste, certes, mais c’était la fin d’une belle histoire.
    Deux ans auparavant, en revanche, j’ai pris en pleine face des morts beaucoup plus brutales. Deux camarades de classe décédés à 5 mois d’intervalle. Deux morts subites qui ont été la source de nombreux cauchemars. J’avais 18 ans et mon premier enterrement concernait une jeune fille de mon âge. Fauchée dans un accident de voiture.
    Mais ce sont ces drames qui nous permettent de prendre conscience que la vie tient à un fil tout petit. Ce sont ces drames qui nous font encore plus apprécier les instants auprès des personnes que nous aimons.
    Merci pour cet article !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci pour tes compliments qui me vont droit au coeur.

      Ton histoire est magnifique. Malgré la douleur que ça a du être, vos dernières paroles l’un envers l’autre ont du avoir un impact terriblement positif pour la suite. Il t’aimait, tu l’aimais, et vous vous l’êtes témoigné en toute pudeur, en douceur.

      Je comprends ce sentiment terrible, de prendre la mort en pleine face, une mort jeune et innatendue. J’ai failli le vivre pour mes 17 ans. Mon meilleur ami s’est aussi fait fauché par une voiture. La panique m’avait gagnée. Heureusement, il en a réchappé.

  6. LILOO Répondre

    Ton article est très beau et très bien écrit, je n’ai pu m’empêcher de verser une larme … il m’a beaucoup ému.
    A 26 ans, J’ai eu l’énorme chance d’être préservée de la mort d’un être cher jusqu’à il y a 2 ans où mon grand-père paternel est décédé. A 24 ans j’avais la chance d’avoir tous mes grands-parents ! Mais n’avoir jamais connu la mort ne rend les choses que plus douloureuse adulte il me semble, car forcément on comprend, on ne comprend que trop bien.
    Mon chéri lui, a 27 ans … n’a toujours pas connu cela. Bref, de toute façon il n’y a pas d’âge face au deuil.

    Bravo pour ton joli écrit

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup Liloo. Je ne souhaitais pas te faire pleurer mais je suis touchée par ton émotion face à mes sentiments.

      Il n’y a pas d’âge face au deuil, c’est vrai. Qu’on appréhende la mort à 5, 10, 20 ou 30 ans, la première fois est sans doute toujours aussi forte. Les fois suivantes le sont aussi, mais on a « la chance » de s’en être remis la première fois alors on a moins peur, il me semble. Ne serait-ce qu’un peu …

      Je te souhaite d’être épargnée d’un second deuil encore de longues années. Que tu puisses profiter de tes proches et de la vie sans trop songer à la mort, pourtant irrémédiable.

      A bientôt :).

  7. Nora Répondre

    Coucou Rozie, ton article est vraiment magnifique. Tu as un vrai don pour partager tes émotions d’une manière très fine et très sensible, on ressent tout.
    J’ai grandi dans un univers où la mort, la menace de la mort étaient très présentes, autant te dire que niveau angoisse, j’étais au top. Au fil de mes recherches sur la dépendance affective (suite à mon histoire avec LA personne toxique), j’ai compris que pour moi, les 2 (dépendance et angoisse de la mort de mes proches) étaient liés. Et je suis tombée « par hasard » sur une série d’articles à ce sujet. Au début j’avais du mal à assimiler, et puis, il y a eu cette métaphore de l’océan…ça a eu un effet libérateur incroyable.
    Pour tenter d’expliquer cette métaphore c’est imaginer que la VIE (ou l’univers) est l’océan, et que nos vies, chaque individu est une vague de cet océan. Lorsque qu’une vague « meurt », elle ne meurt pas vraiment en fait puisqu’elle retourne à l’océan, et pour nous c’est pareil…pas simple à expliquer, mais cette image m’a beaucoup aidé à accepter les morts récentes de mon entourage. ça ne m’empêche pas d’être triste bien sûr, c’est normal. C’est un peu bizarre, mais du coup, pour moi ils ne sont pas vraiment morts et il m’arrivent de leur parler (oui c’est BEAUCOUP bizarre lol ). Et chose encore plus étrange qui m’est arrivée récemment, c’est que j’ai pu avoir comme une discussion, je pouvais l’entendre. Je pense que c’est dû au fait qu’en ce moment je travaille beaucoup à développer ma créativité, donc mon intuition. promis, je ne suis pas folle ou illuminée !!
    Ton article, comme quasi tout tes articles, me touche beaucoup.
    Une belle journée Rozie :*

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci Nora !

      Non, ça n’a rien d’étrange, que de leur parler. Nous sommes nombreux à le faire. J’ai moi-même passé beaucoup de temps à parler à mes morts, dans ma tête. Je n’ai jamais vraiment reçu de réponse. Du moins, pas comme on l’entend. Et heureusement, parce que je crois que j’aurais eu peur !

      La métaphore de l’océan est magnifique, et tout aussi représentative de comment je vois le monde. Je te la vole :).

      Passe une belle semaine Nora !

  8. Peanuts Répondre

    Chaque être qui a vraiment compté pour soi, nous apporte son soutien d’une manière ou d’une autre même une fois qu’il n’est plus présent à nos côtés. Mais ce qui est important n’est pas tant comment l’on interprète cela : l’essentiel est que cela nous aide à supporter l’absence physique autant que l’absence du personnage qui fut là pour nous et qui n’est aujourd’hui plus de ce Monde. La force de l’Amour, s’il a été exprimé fortement à un moment donné fort aussi, laisse une empreinte indélébile qui nous porte au-delà de ce que nous sommes aptes à supporter et c’est cette idée que nous nous forgeons qui fait que nous pouvons ou non continuer d’avancer et retirer du positif de ce départ définitif. C’est aussi cela que permet le travail de deuil. Celui-ci peut être plus ou moins long selon les personnes, l’âge où le décès est survenu dans notre vie a aussi une grande importance.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je suis tout à fait d’accord avec toi.

      Mon grand-père m’aimait avec une force indescriptible. Moi, et ses 6 autres petits-enfants. Il nous a choyé comme ses plus précieux trésors. De là où je suis, je suis forte, construite en grande partie grâce à cet amour. Je le ressens toujours aussi profondément.

      Les deuils sont toujours des moments charnières, et les éléments qui l’entourent ont une grande importance quant à notre capacité à le vivre et à l’accueillir.

  9. Maman délire Répondre

    Ma chère rozie, tu sais que ça me parle, il suffit de remplacer le grand père par la mère. Je reviens juste sur ce rêve que tu as fait : j’ai beaucoup rêvé de ma mère moi aussi après son décès. et elle a fini par me faire passer un message elle aussi… j’en parlerai sans doute sur mon blog un jour. Pour moi, ça n’est pas qu’un rêve.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      J’ai hâte de lire ce passage alors (outre la cause dramatique, évidemment …). Que c’est apaisant de recevoir un message ! Le mien restera gravé dans mon coeur. A sa suite, j’ai été à l’affut du moindre indice m’indiquant sa présence, mais je ne l’ai plus jamais « revu ». Sans doute parce que ça n’aurait pas été bon pour moi.

      Non, ce n’est pas qu’un rêve. J’en suis convaincue, mais je laisse toujours l’autre porte ouverte, pour que même ceux qui n’y croient pas puissent comprendre ce que j’essaie d’expliquer.

  10. Sandra Répondre

    Ton article m’a fait réagir de manière instantanée. Comme je partage ce sentiment d’avoir perdu une part de son enfance, de son innocence avec la mort de ma grand-mère j’ai compris que personne n’était immortelle. Comme toi, rien ne me fera plus mal que sa disparition que je pleure encore 10 ans après … C’est en son hommage que ma fille porte son prénom aujourd’hui afin de ne pas oublier … Grâce à sa disparition, j’ai profité de mes proches, de ma mère surtout pour ne pas avoir de regrets. Elle a été présente à tous les événements importants de ma vie et rien que pour cela je suis sereine si elle partait. Contrairement à ma grand-mère qui est partie trop tôt…

    Ton article est si joliment écrit comme toujours avec délicatesse et profondeur comme tu sais si bien le faire. C’est difficile de trouver les bons mots dans une perte si inconsolable qu’aucun mot ne peut traduire et que seul le temps peut apaiser. Comme je le dis souvent : les gens ne partent vraiment que lorsqu’on les oublie et je suis convaincue que tu n’oublieras jamais….

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup.

      Nous partageons ce deuil, difficile, complexe, indéfinissable. C’est un bel hommage que d’avoir offert son prénom à ta fille, un bel héritage. Explique-lui bien pourquoi elle le porte ! Parfois, ça peut être déroutant de porter le prénom d’une personne décédée. Mais je ne me fais pas de soucis là-dessus, tu as l’air de faire les choses bien :).

      Peut-on réellement guérir de ces absences ? Je suis entrain de me rendre compte qu’avec « la spiritualité », c’est possible. Les croyances, fondées ou non, peuvent rendre le quotidien beaucoup plus doux …

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