J’ai dit « Oui » en Ardèche.

Lecture des voeux

Dès le lendemain de la demande en mariage, nous nous sommes attelés à la recherche du lieu parfait. Parmi les différents choix à notre portée, nous craquions complètement pour le Domaine de Sarson situé en Drôme provençale, à Grignan. Cet ancien prieuré rénové, perdu entre champs de lavande et oliveraies me faisait rêver. Le charme de la bâtisse, les voutes minérales de la salle de réception, la cour magistrale et la tranquillité alentour .. C’était parfait. Nous imaginions déjà notre cérémonie laïque en extérieur, notre repas à l’abris des pierres de caractère et le reste de la soirée, suspendue dans les senteurs inoubliables du printemps à la provençale.

Ce que nous ne savions pas, c’est que le prix et les contraintes exigées par ce domaine d’exception le rendrait totalement hors de notre portée. En effet, nous ne pouvions pas choisir notre traiteur : ils assuraient eux-même cette fonction, et bien que je ne doute pas de la qualité de leur prestation, il nous était impossible de débourser une telle somme juste pour le repas. Entendons-nous, en ce qui concerne la nourriture, je suis une épicurienne. Mais ma passion exacerbée pour les orgasmes culinaires dépend clairement de notre budget. Inviter une centaine de personnes à un repas gastronomique, nous n’avions pas les moyens.

Le prix du lieu en lui-même ne nous semblait pas excessif au vue de sa qualité, seulement, il nous faudrait héberger l’intégralité de nos convives. Très vite, nous avons compris qu’il manquerait des places, puisqu’aucun de nos cercles ne vivait dans les parages. Il faudrait aussi pouvoir s’y rendre plusieurs fois dans l’année, notamment pour gouter les menus, décorer, signer les contrats … Et notre emploi du temps d’alors ne nous permettait pas une si grande flexibilité. Enfin, si nous avions choisi ce lieu, il nous aurait fallu dissocier mairie et cérémonie laïque : impossible de faire les deux dans la même journée, trop de kilomètres les séparaient.

C’est avec un terrible pincement au coeur que j’ai dit adieu à mon mariage provençal. C’eut été une folie financière et contracter un crédit pour notre union ne faisait pas partie de la liste de nos envie. Il fallait rebondir. Quels choix nous restaient-ils ? Nous vivions à Villeurbanne mais il était clair que nous quitterions cette cité grouillante un jour. Le béton ne nous faisait pas rêver, plutôt mourir que de s’unir là-bas !

Les parents de mon héros du quotidien vivaient en Provence, à Sisteron. Une ville charmante, dotée d’un bel hôtel de ville et de paysages alentours superbes. Nul doute que nous aurions pu trouver notre bonheur là-bas mais … Notre liste d’invités comptait plus de membres de mon côté que de celui de mon fiancé, et on ne parlait plus d’une route de route, mais de trois heures et demie ! A Sisteron ne siégeaient qu’une quinzaine de nos invités contre une bonne soixantaine coté Drôme-Ardèche.

Il nous restait donc le choix de mes racines, le choix de la raison aussi, mais surtout le choix de mon coeur accroché aux vallées escarpées qu’ont tant escaladé mes aïeuls. Mes parents vivaient à Chantemerle-les-Blés dans la Drôme des collines, comme l’aiment l’appeler les autochtones. Ne vous méprenez pas, ce nom poétique et intemporel cache un village aux moyens limités qui n’a sans doute pas plus de charme que le vôtre. Sa chapelle perchée, datant du 11e siècle, lui offre du cachet mais sa mairie, principal objet de mon attention, ne vaut pas le détour. Heureusement pour moi, la salle des mariages fut rénovée quelques mois avant que nous n’y célébrions le nôtre. Au revoir affreuses odeurs de renfermé, adieu linoléum douteux et peinture défraîchie, bonjour couleurs joviales et parquet flottant ! Le maire n’était autre que le voisin de mes parents. Il m’avait vue grandir et j’avais même travaillé pour lui. Autant le dire : j’étais ravie que l’officiant soit un intime de la famille.

Et la salle alors ? Elle devait se situer à moins d’une heure de route de la mairie, avoir du charme et du caractère, être dotée d’un extérieur agréable et ne pas être trop exigeante au niveau des contraintes imposées au futurs époux. C’est avec tous ces critères en tête que nous nous sommes accordés sur le Domaine de Turzon en Ardèche, à Saint-George les Bains. Là aussi, les bâtisses en pierre, les rosiers fleurissants, le petit étang et les pelouses verdoyantes eurent raison de notre coeur. Le domaine est entourée par les forêts ardéchoises, je m’y sentais .. Chez moi.

Nous pouvions choisir l’emplacement de notre cérémonie laïque en extérieur, nous avions une solution de repli en cas de mauvais temps, le domaine jouissait d’un préau adorable, la salle de réception était à taille humaine et nous disposions même de petits salons pour les convives éreintés. Bien sûr, rien n’est parfait et ici aussi nous devrions jongler avec des règles très strictes.

Le domaine ne comptait que trois chambres. La famille de mon amoureux qui viendrait des quatre coins de France et d’Espagne devrait se trouver un hébergement elle-même. Nous n’avions pas le choix du traiteur non plus, mais celui-ci nous convenait tout à fait. Les prix étaient corrects pour un repas de qualité. Nous devrions nous acquitter d’un droit de bouchon pour toutes les bouteilles extérieures à la petite entreprise (*musique*), nous ne pourrions pas décorer la salle avec des bougies ni balancer des confettis sur les pelouses et, gros point faible, nous devrions stopper les festivités à quatre heures du matin, sans quoi nous payerions cent euros en plus par heure entamée.

Tout est affaire de compromis et nous pourrions facilement trouver des alternatives, sauf pour ce qui était des horaires intransigeantes. Nous avons signé le contrat sans rechigner, ravis de pouvoir enfin choisir les autres prestataires et de se lancer vraiment dans cette grande aventure qu’est le mariage. La date était choisie elle aussi : le 9 mai 2015. Le neuf, mon chiffre fétiche, celui qui m’a vue naître. Son double appartient à mon héros du quotidien. Coïncidence .. Ou oeuvre du destin !

Le choix du lieu de réception est peut-être le plus important. Bien sûr, il faudra être parée d’une robe inoubliable. Bien sûr, le photographe se verra confier la tâche la plus importante de la journée, mais le lieu est ce qui conditionne tout ça. Pas de lieu, pas de mariage, n’est-ce pas ?

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6 thoughts on “J’ai dit « Oui » en Ardèche.

  1. Peanuts Répondre

    Comme ton histoire nous rapproche tout à coup. ^^

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Serais-tu ardéchoise ? 😀

      1. Peanuts Répondre

        Du tout, mais j’y ai laissé une partie de mon âme 😉 après y avoir passé quelques mois et de nombreux we…

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Quand on a connu ces paysages, on y laisse forcément un bout de soi. L’Ardèche fera toujours partie intégrante de moi. Elle a un bout de mon coeur !

  2. Escarpins et Marmelade Répondre

    Vous étiez magnifiques ! Merci de nous faire partager ce doux moment 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup !
      Merci à toi de prendre le temps de le lire :).

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