Ma blessure d’abandon.

Ca fait quelques jours que ça couve. L’élément déclencheur ? Une vidéo. La Carologie, une chaîne youtube que j’adore, s’est appuyée sur le livre « Les 5 blessures de l’âme » de Lise Bourdeau, pour en faire un résumé très enrichissant.

La théorie ? Nous sommes tous régis par 5 grandes blessures : l’abandon, l’injustice, la trahison, le rejet et l’humiliation. Il semblerait que nous soyons généralement constitués de 4 de ces blessures à des degrés variables, mais il y en a toujours une qui prédomine. Elle impacte toute notre vie : nos réactions, nos émotions, notre interprétation des faits, notre inconscient, et même notre physique.

La vidéo ne dure pas plus d’une dizaine de minutes. Je l’avais trouvée intéressante, elle ne m’avait pas touchée outre mesure mais, par curiosité, je m’étais alors demandé à voix haute quelle pourrait être ma blessure prédominante.

La réponse m’est parvenue dans un rêve tout à fait particulier, le lendemain matin. Un rêve si pressant de vérité qu’il m’ordonnait de l’écrire quelque part, pour ne surtout pas l’oublier. Comme je n’avais pas de carnet sous la main et personne à qui en parler sur le moment, j’avais choisi de vous le partager sur Facebook.

Ce matin, j’ai rêvé de ma famille.

Ma soeur et moi devions partir ensemble en voiture. J’avais une entorse à la cheville, elle devait conduire.

Nous étions chez mes grand-parents. Mes parents allaient rentrer chez eux sans nous dire au revoir. « Vous partez ? Oui, on se rejoint à la maison pour manger tous ensemble ! » Il était tard, ma soeur et moi avions beaucoup de route à faire. « Non Papa, nous on s’en va directement, on ne repassera pas par chez vous ! » C’est moi qui le dis.

Mon père accuse le coup et s’en va. Ma soeur décide de partir avec eux, il est convenu que je passerai la prendre.

Il se passe ensuite d’autres choses, et le fait est que je ne récupère jamais ma soeur. Je la retrouve chez nous (dans mon rêve, nous habitons dans le même appartement). Je suis angoissée parce que je ne reçois pas de sms de mes parents, ils ne me répondent pas. Je me demande ce que j’ai mal fait.

J’en parle à ma soeur, et voilà ce qu’elle me répond : « C’est normal, tu casses leurs liens à chaque fois. »

C’est brutal, ça me fait mal. Je me vois lui expliquer que si je fais ça, c’est parce qu’ils m’ont abandonnée pour s’occuper d’elle, à cause de ses phobies qui détruisaient notre vie de famille. Je précise : « Mais je ne t’en veux pas, ce n’est pas de ta faute à toi. »

Là, elle se met à pleurer. Je pleure aussi. Elle s’en va quelques instants puis revient. Elle veut dormir avec moi. Je refuse, je lui dis d’aller dans sa chambre. Et le rêve s’arrête là.

… Je ne sais pas trop pourquoi je vous en parle. Je ressentais l’urgence de l’écrire quelque part. Il y a quelque chose de tellement vrai là-dedans. C’est le mot « abandonnée » qui retient le plus mon attention. Abandonnée.

Si je comprenais pourquoi je disais, pour la première fois, que j’avais eu l’impression d’être abandonnée, je ne comprenais absolument pas le message derrière « C’est normal, tu casses leurs liens à chaque fois. » Comment ça, je casse leurs liens ? Qu’est-ce que ça signifie ? Que je culpabilise de vivre ma vie ? Que je fais quelque chose de mal ? Mystère.

Cet après-midi, je flânais encore sur Youtube dans l’idée de profiter de mon ennui pour apprendre quelque chose d’intéressant, quand je suis tombée sur cette vidéo, proposée par l’algorithme : Les 5 blessures, leur impact sur votre vie – Carole Rinaldi. Ni une, ni deux, je décide tout naturellement d’approfondir le sujet.

Evidemment, la vidéo – qui dure plus d’une heure mais que je vous conseille si le sujet vous interpelle – commençait avec la blessure d’abandon, et une présentation du physique caractéristique des personnes qui en souffrent : épaules voutées, le corps qui ne soutient rien, les bras « de trop ».

… Premier choc : c’est moi. C’est contre cette image de mon physique que je me bats chaque jour. Les ostéopathes, kinésithérapeutes, et praticiens en tous genres n’ont jamais réussi à redresser quoi que ce soit, malgré nos efforts communs. Je me suis toujours demandé « Pourquoi ? » Pourquoi mon corps, jeune et élancé, souffre-t-il comme ça ? Pourquoi ne tient-il jamais la route quand il s’agit de donner dans l’effort ? Pourquoi ne tient-il tout simplement pas droit ?

« Des gens particulièrement lents dans leur démarche. » Cette fois, c’est moi qui accuse le coup. C’est vrai.

Carole explique que les personnes souffrant d’abandon croient qu’elles ne peuvent pas faire les choses toutes seules, qu’elles ne sont pas capables. Cette image d’elles-mêmes se reflète alors sur leur physique qui, en réponse, manque cruellement de soutien. Au fond de moi, ce n’est pourtant pas l’impression que j’ai (au contraire, tout le monde me dit que j’agis toujours la première), mais j’écoute la suite.

D’un coup, tout prend sens.

Ma propension à jeter l’éponge s’il n’y a pas quelqu’un derrière moi pour me pousser ou me soutenir : un professeur, un directeur, un ami …

La solitude qui me paralyse à un point tel que j’ai préféré continuer à vivre avec un Pervers Narcissique plutôt que de partir, au risque de mener la vie de célibataire durant quelques mois.

Etre sans cesse dans la plainte et la manipulation affective – avec mon mari, tout particulièrement – pour attirer l’attention et qu’on s’occupe de moi (beaucoup moins maintenant, je détestais cette partie de moi qui me rappelait beaucoup trop D. ! D’ailleurs, quand j’y pense, c’était le stéréotype même de la blessure d’abandon, cet homme !) …

Je flanche quand elle évoque le fait que ces blessés là demandent souvent si on les aime. Ca fait beaucoup rire mon amoureux, mais c’est une réelle nécessité pour moi. Je le lui demande une dizaine de fois par jour. « Tu m’aimes ? » Sans compter mon exigence accrue en terme de preuves d’amour.

Carole évoque ensuite l’isolement dans lequel se conduisent seules ces personnes. « Elles abandonnent les autres sans s’en rendre compte. Comme ça, elles ne sont pas abandonnées. » La claque. C’est dur à avouer, mais OUI, je fais ça. J’abandonne tout le monde. Mes amis en ne donnant aucun signe de vie, en m’effaçant (mon article précédent prend d’un coup une toute autre mesure). Mes anciens collègues en disparaissant. Et ma famille.

« C’est normal, tu casses leurs liens à chaque fois. » C’était donc ça … Ce qu’essayait de me dire ma soeur dans mon rêve. J’abandonne mes parents en écourtant toujours les « au revoir », comme si j’étais pressée de les quitter, comme s’ils m’agaçaient subitement. Je les abandonne en ne les contactant pas durant des semaines.

La seule personne que je n’ai jamais abandonnée, c’est mon amour. La seule. La seule avec laquelle je n’ai pas ce comportement déviant. Je me promets de ne jamais l’avoir. Je me promets de l’épargner. Je me promets de réparer les relations que j’ai dégradées sans le savoir, sans le vouloir.

Quelle douleur d’entrevoir ces parts d’ombre, et quelle libération aussi. Ce n’est pas vraiment moi, c’est la blessure qui parle. Je ne peux pas m’en débarrasser comme ça, mais je peux conscientiser, je peux évoluer. Je peux observer et rattraper en conséquence.

La solution qui est donnée, pour nous âmes blessées par l’abandon (réel ou perçu), c’est de prendre nos responsabilités. Nous sommes capables. Je suis capable. J’ai les ressources en moi. Je ne suis pas seule, je suis aimée, entourée, chérie. Et quand bien même ça ne se serait pas le cas, je peux tout faire moi-même.

Nous devons, dans un premier temps, observer dans quelles circonstances notre blessure se réveille et réagit à notre place.

Ca peut sembler douloureux. Ca l’est. C’est douloureux de constater que nous blessons à notre tour, que nous nous empêchons de nous exprimer, que c’est « de notre faute. » C’est un mal pour un bien.

Cette semaine, quelque chose de très fort s’est produit pour moi. Une parole, un mot, une question posée à voix haute, a touché la plaie invisible. Je suis reconnaissante, et fière aussi. Fière de faire ce travail de profondeur, fière qu’il m’apporte les réponses et les solutions. Fière de guérir, de grandir et de devenir, au fil des jours, des mois, et des années qui passent, résolument moi.

Et vous ? Y prêtez-vous foi ? Quelle est votre blessure prédominante ? Comment impacte-t-elle votre vie ? Y avez-vous déjà pensé ?

Edit : Plus d’une semaine après, j’ai pris du recul. Je suis consciente que toute une vie n’est pas seulement régie par une blessure, et heureusement. C’est juste un morceau de soi, une part. Ces derniers temps, je mets beaucoup d’énergie à la compréhension de ce que je suis. J’ai besoin de poser des mots sur moi, de me définir, de savoir de quoi je suis faite. Séparer le « profondément moi » du moi créé par mon environnement, du « moi en réaction à … » (ça fait beaucoup de « moi » dans un seul article …)

J’en ai besoin pour avancer, c’est très important. Cette théorie des 5 blessures est un outil de plus pour partir à la conquête de soi. Tout n’est pas à prendre au pied de lettre. Tout n’est pas juste et c’est bien normal, nous sommes tous uniques. Mais c’est une clé qui me permet à un instant T de révéler quelque chose que j’avais longtemps cherché à dissimuler.


25 thoughts on “Ma blessure d’abandon.

  1. Ars Maëlle Répondre

    Bon, je me glisse ici sans raison particulière (sinon en vérité que comme ça, je sais que tu seras probablement la seule à lire) pour te confirmer (après ton commentaire chez moi) qu’il semble y avoir une grande grande ressemblance entre nous deux… je n’ai pas le temps de lire tes archives tout de suite, mais le survol des titres me le confirme, et apparemment tu commences à explorer toutes ces pistes que, comme toi, j’ai mis un temps fou à découvrir ou accepter (hypersensibilité, zébritude) Ça me touche toujours de lire des histoires proches, mais ce que tu dis de ton vécu avec ton corps, tête flottante, griffures, dégoût (même si c’est du passé), ça fait résonner encore plus. Je vois que tu es toi aussi en quête, pour mieux comprendre ce que tu es. Si tu veux en discuter, n’hésite pas à m’écrire (comme tu l’as vu, je suis plutôt bavarde…). Bon chemin !

    1. Rozie Répondre

      Ces pistes sont effectivement une grande découverte et un grand bouleversement pour moi. J’ai encore du mal à y croire, et pourtant, tout semble concorder … J’attends mon rdv avec un « spécialiste » pour confirmer ou infirmer le « diagnostic ». Après quoi … J’aurais ma réponse !

      J’ai bien envie de bavarder avec toi, mais il faut que je trouve le temps. C’est compliqué en ce moment, il y a une foule de gens à qui j’aimerais parler en profondeur mais … L’horloge tourne.

      En tout cas, je te découvre avec beaucoup de plaisir.

      A bientôt !

  2. Pétale Répondre

    Bonjour Rozie,

    Je pense aussi « avoir » cette blessure d’abandon.

    Je t’envoie des ondes positives 🙂

    Bises

    pétale

    1. Rozie Répondre

      Bonjour Pétale,

      Heureuse de te lire :).

      Courage dans ta blessure, rien n’est immuable !

      Je t’en envoie tout autant,

      Bises !

      1. Pétale Répondre

        Bonjour Rozie,

        Merci.

        Bises

        Pétale

  3. Melgane Répondre

    Je suis contente de savoir que tu as trouvé quelque chose pour t’expliquer sur toi, il n’y a rien de mieux comme sentiment, je crois.

    Ceci dit je tenais quand même à te dire que l’autre jour j’ai lu un article de Les Jolis Slims sur ce livre et un long débat s’en est suivi, à partir de deux points principaux : 1, l’autrice du livre a été accusé de mener une secte (je n’ai pas encore cherché le résultat du procès) et 2, cette théorie du corps je la trouve vraiment limite… on avait essayé de faire ça avec le crâne au XIXème (la « bosse des maths ») et on avait tout faux… Mais Les Jolis Slims m’a dit qu’elle se reconnaissait beaucoup dans la théorie, comme toi… tant mieux si vous en retirez quelque chose de bon, mais j’avais trouvé ça vraiment… y compris la longue vidéo dont tu parles et y compris parce que les personnes qui parlent de cette théorie ne sont pas psy…

    1. Rozie Répondre

      Bonjour Melgane !

      J’ai lu cet article aussi, et le débat qui s’en est suivi ! J’ai failli y participer, puis j’ai renoncé par manque de temps.

      1. Je ne savais pas. C’est vraiment fou ! J’irai me renseigner pour le coup. Mais je tenais à rebondir sur le fait que pour moi non plus, ça ne pose pas problème qu’elle n’ait pas étudié la psycho en école et qu’elle n’aie pas de diplôme. Selon moi, elle a pu apprendre d’une autre façon toute aussi valable et légitime. Après, c’est clair que si j’avais à choisir un psy, je me renseignerai évidemment sur ses diplômes.

      Carole, dans la vidéo, je suis allée voir ce qu’elle faisait vraiment à côté, et j’avoue que sa propension à TOUT expliquer sous le prisme des 5 blessures m’a agacée. Ce n’est pas que ça, une personne. Elle est trop sûre d’elle, je te l’accorde cent fois !

      2. Moi, je trouve ça complètement logique ! Pour moi, le corps et l’esprit sont étroitement liés, c’est indéniable. Evidemment, il y a des caractéristiques génétiques indéniable sur lesquelles on n’a pas prise et de ce fait, la théorie de cette dame n’est pas exclusive (un gros n’est pas forcément humilié, un maigre pas nécessairement rejeté, on est d’accord ! C’est beaucoup plus complexe et comme toi, cette façon trop simpliste m’a un peu heurtée, mais je pense quand-même qu’elle porte une vérité).

      La physique quantique à laquelle je m’intéresse beaucoup à un peu prouvé ça. Je n’ai pas les mots scientifiques (je suis nulle pour ça) mais je vais tenter de retranscrire ce que j’ai compris ! En gros, un scientifique a fait l’expérience suivante : d’une même souche, il a séparé les cellules. En toute logique, elles auraient dû devenir la même chose : un muscle (admettons). Il a choisi de les placer dans des environnements différents, et là, surprise, les cellules ont toutes réagit différemment. Elles auraient pu être différentes sur la forme du muscle, ou son épaisseur, ça aurait été logique. Mais là, elles sont vraiment devenues autre chose ! Certaines un muscle, d’autres un os, d’autres de la graisse … Je trouve incroyable, et fascinant.

      Je suis donc persuadée que mon corps ne serait pas le même si je vivais ailleurs où à une autre époque. Je crois que toi aussi ? Mais je suis aussi persuadée que mes pensées et ma construction mentale ont largement influé son mon corps et sa propre construction, son tonus etc … Je pense que si je règle mes problèmes d’ordre « mental », certains de mes problèmes d’ordre physique rentreront tous seuls dans l’ordre. En fait, je l’ai déjà expérimenté.

      J’ai commencé à vraiment souffrir du dos et de la nuque après quelques mois vécu avec D. (violence conjugale, tout ça). J’ai fait tous les tests possibles et imaginables (radios, scanners, médocs, minerve, kiné, osthéo, et j’en passe). Impossible d’en guérir alors que les médecins me disaient que je n’avais rien. Pourtant, une fois par mois, j’étais obligée de me faire débloquer par un ostéo parce que je ne pouvais plus marcher plus de 10 minutes.
      Et il y a 4 mois (soit 4 ans plus tard), j’ai mis les mots sur les violences physiques et sexuelles que j’avais subies. Comme par enchantement, mes muscles se sont détendus, je n’ai plus eu mal à la nuque (hormis quand je dors mal ^^) et je ne suis pas retournée voir un médecin depuis (chose impensable). Et, mieux que ça, depuis, je me redresse un peu. Pour moi, ça n’est pas le fruit du hasard.

      Quand je pense à cette personne dans ma famille que son corps abandonne depuis qu’elle a vécu un traumatisme psy … Je ne peux qu’être certaine de tout ça.

      Bref, je ne dis pas que c’est la vérité absolue. J’en conclue juste que ça marche sur moi et que ça m’aide. Alors tant mieux ! Peut-être que c’est complètement faux et que c’est l’effet placebo. C’est possible aussi ! Mais cet effet placebo, il est quand-même incroyable aussi ^^.

    2. Melgane Répondre

      Tu t’es tapée tout le débat ?! :O Mais faut être frappée x) Enfin, les plus frappées c’étaient nous je pense, enfin surtout moi, toujours un truc à redire, je suis intenable x)

      Ben, ouais, peut-être qu’elle a des formations à côté… mais on parle quand même du grand intérieur des gens… on joue pas à docteur Maboule…
      Oui, c’est clair qu’on n’est pas que ça, et bien heureusement, on est tellement plus ! Des fois des choses s’expliquent pour plusieurs raisons, je crois d’ailleurs que j’avais pris un exemple dans le débat mais je me souviens plus lequel.

      Je suis parfaitement d’accord : on est aussi régit par nos expériences, c’est exactement ce que je disais à une connaissance par mail l’autre jour en prenant l’exemple que si on prenait des bébés au hasard et qu’on les faisait vivre dans des environnements identiques (parents, rencontres, écoles, jouets, films vus, etc.) ça ne donnerait pas les mêmes personnes au final.

      Je ne renie pas l’effet du corps sur l’esprit mais pour moi dire que les épaules s’élargissent parce qu’on est contrôlant… ça c’est de la génétique. Pour moi le rapport corps-esprit est beaucoup plus complexe. Et réciproque. Souris et tu verras que tu auras envie de sourire, tiens-toi comme superman et tu auras plus confiance en toi… il est clair que l’esprit influence le corps : après la Première Guerre Mondiale des soldats restaient courbés : physiquement ils n’avaient rien, mais ils avaient tellement été traumatisés par le fait de devoir se tenir penchés dans les tranchées, au bruit des bombes, qu’ils ne pouvaient plus se relever. Mais ça, ça rentre dans la complexité du rapport corps-esprit. Comme l’effet placebo. Même quand tu sais que tu prends un placebo tu as moins mal de 15% (National Geographic en parlait, je peux essayer de te retrouver le numéro si tu veux). C’est comme de la magie. Mais pour moi la vision de cette dame est beaucoup trop simpliste. Comme je disais dans le débat on dirait qu’elle mélange des trucs de vraie psychologie avec des trucs sortis de nulle part… c’est tellement, tellement plus complexe. Et dans son idée il n’y a pas de notion de réciprocité, apparemment, de ce que j’ai compris. Or en vrai il y a réciprocité dans le rapport-corps esprit même si sans doute la part de contrôle de l’esprit est plus grande que celle du corps. Un traumatisme, et c’est arrivé aux soldats, peut régir le corps, mais pas faire augmenter les hanches ou les épaules ou je ne sais quoi… C’est trop simpliste et limite dangereux de dire que l’on peut comprendre une personne juste en la regardant… en la mettant dans une case… ça me met vraiment mal à l’aise. Est-ce que c’est parce que quelque part y’a un truc qui ressemble à la théorie sur le nez des Juifs ? Est-ce que c’est parce que juste dans ma tête y’a un blocage ? J’en sais rien, mais ça me plaît pas du tout x) C’est tellement plus complexe…

      1. Rozie Répondre

        Oui, la totale ! Pas plus barrée que vous, juste curieuse ;).

        Je vois ce que tu veux dire, oui. Cela dit, j’imagine que ce ne sont pas les os qui se modifient en tant que tel, mais plus l’autour (muscles, masse graisseuse, tonus des tendons, système nerveux … Qui, à force, influe sur les os, comme moi par exemple, qui me choppe une scoliose avec ces bêtises !)

        Oui, elle mélange quelque chose qu’elle a constaté et qui semble fonctionner, et ses propres croyances. Son bouquin parle beaucoup de l’âme (qui selon elle choisit ses parents, vient avec un but), de réincarnation, ce genre de choses .. Et comme dit Caroline de la Carologie (pas Carole ^^), il faut prendre ce qui nous parle et ne pas tout rejeter en bloc. Faire la part des choses. Mais cette histoire de secte, j’avoue, c’est spécial et pas normal.

        Oui, c’est trop simpliste. On ne peut pas juger quelqu’un juste en le regardant (ni le juger du tout d’ailleurs), et dire ce qu’il est comme ça ou comme ça. Ca peut être dangereux pour des personnes fragiles, c’est vrai. Ou est la limite ? … Je n’ai pas la réponse.

        1. Melgane Répondre

          Je pense que y’a une différence entre un muscle qui se bloque et un qui grossit pour faire de larges épaules, quand même…

          Carole je parlais de Carole Rinaldi, de sa longue interview.
          Après oui, il faut faire la part des choses (je reconnais sans mal que les gens exigeants envers les autres le sont souvent aussi envers eux-mêmes et bien plus). Comme je disais y’a des trucs de vraie psycho avec des trucs… même sans parler de l’âme des explications pseudo-psychologique… le problème de ce genre de théorie c’est que tout doit se tenir, et moi, son truc du corps, j’en veux pas, donc je préfère pas m’approche de ça. Si j’ai besoin de savoir comment je suis dans ma tête je demande à un vrai psy, comme ça c’est pas à moi de faire le tri dans toute son histoire…
          Quant à la secte j’ai pas trouvé le résultat du procès, mais je suis tombée sur plusieurs choses. Déjà sur un forum où une personne a contacté la UNADFI qui a dit que y’avait un grand danger. J’ai aussi trouvé un truc sur le site du sénat (ça ne parle pas que d’elle par contre : http://www.senat.fr/rap/r12-480-2/r12-480-223.html) qui dit que en gros c’est pas forcément une secte mais y’a bien une dérive sectaire… donc moi, avec ça, ben j’ai juste envie de fuir encore un peu plus et un peu plus loin. Parce qu’un procès c’est une chose, mais un truc publié sur le site du Sénat bah… voilà.

          La limite c’est de brûler ses livres x) Nan, j’avoue, je suis méchante, je peux pas dire ça alors que y’a des personnes comme toi qui y trouvent leur compte, mais bon… moi, j’aime pas, et si un jour j’ai un ou une ami(e) qui s’approche de leur centre machin-chose il ou elle va m’entendre !

          1. Melgane

            Autant pour moi, j’avais mal lu, apparemment y’a pas dérive sectaire, mais y’a, je cite « criminalité de haut vol », ce qui n’est guère mieux à mon humble avis.

          2. Melgane

            J’ai encore trouvé ça : http://debredinoire.fr/lessentiel-de-la-liste-noire-des-voies-a-risques-sectaires-selon-la-miviludes/ où le Centre Écoute ton corps figure (2012), la Miviludes étant un site gouvernemental (http://www.derives-sectes.gouv.fr/). Alors c’est un peu vieux, mais bon, ça m’étonnerait que, si c’est effectivement une secte, elle décide de changer de méthode en 5 ans… je suis encore en recherche de trucs plus récents.

          3. Rozie

            Hahaha, tu me fais rire ! Effectivement, comme tu disais dans un autre commentaire, t’es du genre tenace, comme fille !

            Son truc du corps, moi, ça me parle. Un muscle qui grossit, ça ne me choque pas. Ma limite est plus loin que la tienne. Par exemple, un os qui grossit, là je dis « euuuh … Ouais, bof. » Le truc avec moi, c’est que je ne réfute jamais totalement quelque chose, je laisse toujours la porte ouverte au possible. Il est très rare que je sois sûre qu’un truc « n’existe pas ». Et pour que j’en sois sûre, il en faut donc …

            Je suis peut-être le client idéal des sectes ^^. Blague à part, c’est vraiment moche si ça dérive à ce point-là, et dommage, qui plus est.

          4. Melgane

            C’est pas de la ténacité, c’est de l’acharnement à ce niveau-là, désolée x)

            Ben… disons que c’est pas que je rejette facilement les choses… c’est plutôt que si pour moi c’est illogique, absurde, et contre ma conception du « bon sens » je vais me méfier. Puis là clairement c’est encore différent parce que dès que j’aie lu l’histoire du corps y’a mon instinct qui m’a soufflé un mot et c’est ça qui a fait que je suis allée chercher son nom. Sinon, quand Je Suis une Guerrière en a parlé rapidement dans un article je ne suis pas allée m’afférer comme une fourmi haha !

          5. Rozie

            Je ne me souviens plus de l’article de Je suis une Guerrière. Il faudra que j’aille le relire !

            Sinon, je fonctionne un peu comme toi. Quand quelque chose me paraît complètement absurde, tu peux être sûre que je vais le rejeter en bloc, ça me paraitra dangereux. Moi, ça m’arrive surtout au niveau de la morale et de la justice. Je suis très stricte là-dessus, alors quand ça ne se passe pas comme je veux, ça me fait monter sur mes grands chevaux !

          6. Melgane

            Pareil, la morale, la justice et l’honneur, j’ai beaucoup de mal avec les personnes qui ne respectent pas ça, même si c’est juste un petit écart comme dire « OK, je supprime cette photo si tu me laisses en prendre une autre » et qu’au final la fameuse photo n’est pas supprimée. Pour moi, ça, c’est intolérable (surtout que j’ai beaucoup de mal à faire confiance aux gens donc quand on abuse de ma confiance comme ça, ça ne me plaît pas du tout !).

          7. Rozie

            C’est frustrant, hein ? Enervant. On n’a l’impression que l’autre nous marche dessus. Je déteste ça aussi. T’as une parole, tu la tiens ! Mais bon, je me dis que j’ai déjà dû le faire à d’autres aussi sans spécialement m’en rendre compte. J’espère pas, mais le penser me rend plus indulgente. L’autre en fait, par ces petits gestes, cherche à nous taquiner, et parfois à assoir un petit pouvoir.

            Contrairement à toi, je donne ma confiance facilement. Et c’est pas spécialement mieux !

          8. Melgane

            Je comprends la taquinerie, mais quand c’est constant ça va un peu plus loin, c’est effectivement plus proche de la prise de pouvoir, et ça m’agace…

            Ben… y’a donner sa confiance facilement et la donner trop facilement… en même temps y’aurait pas autant de traîtres sur cette planète, donner sa confiance facilement serait pas un problème x)

          9. Rozie

            Hmm, la (tentative de) prise de pouvoir, c’est terrible.

            On est tous le traite de quelqu’un, malheureusement. C’est compliqué d’être complètement clean et je pense que personne ne l’est. Mais oui, il y a des gens plus portés sur la traitrise que d’autres.

  4. Cueille le jour Répondre

    Encore une fois, je me reconnais tellement dans tes mots…
    Je ne connais pas la Carologie, je pense que je vais vite allé voir ça ! Elle a l’air super !
    Dans tout les cas, le chemin sur lequel tu es ne pourra que te rapprocher de ton « vrai » toi, et ça, c’est le plus important 🙂

    1. Rozie Répondre

      Caroline est vraiment géniale ! C’est une nana sans prétention, qui donne ses avis, ses aspirations, comme ça, brute de décoffrage. Une sincérité touchante. Une pensée qui me correspond beaucoup, très pointue. Elle va toujours au fond des choses, je trouve. Bref, une très belle personne.
      Je suis sûre que tu vas aimer !

      A bientôt ma belle :).

  5. Nat Répondre

    Bonjour Rozie, Une sorte d’électrochoc ton article … Pour me souvenir que je porte la même blessure au fond de moi, j’en suis consciente depuis la lecture bien lointaine de ce livre, un petit rappel ne fait pas de mal !
    Une chose est certaine c’est qu’on souffre autant en abandonnant (par peur d’être abandonnée) qu’en étant abandonnée :o) Au quotidien c’est difficile de se « contrôler » mais en être conscient aide beaucoup à changer ses attitudes, d’être dans l’instant présent aussi.
    Ce qui est un peu fou dans un sens c’est que la posture du corps change avec la prise en compte de cette blessure et que l’on se « redresse » en prenant conscience que l’on est tout à fait digne d’être aimée, tout comme toi :o)
    Belle fin de semaine à toi et merci pour tes articles inspirants !

    1. Rozie Répondre

      Je suis heureuse d’apprendre que la posture du corps change, parce que pour le coup, la mienne me cause de nombreuses douleurs et désagréments au quotidien. J’ai l’impression d’être une vieille !

      Je ne sais pas si ça a un lien, mais j’ai une belle scoliose qui se forme et si rien ne change, ça va mal finir ! Je fais des efforts, tous les jours pourtant, pour mieux me tenir. Je fais les exercices qu’on me donne, rien n’y fait, c’est frustrant !

      Tu as raison, en être conscient change beaucoup de choses ! Pour moi, ce n’est que le début …

      Ca se traduit comment, chez toi, cette blessure d’abandon ?

  6. Christelle Répondre

    J’ai passé 20 ans à ressasser mes blessures en cherchant le pourquoi du comment dans ce qu’avaient fait mes parents, et j’avais matière à : divorce à mes 6 ans, mère complètement démunie obligée de travailler de nuit (et de me laisser seule avec ma soeur), père décédé à l’adolescence. 20 ans à porter sciemment des fardeaux, à me pourrir la vie et celle des autres. Puis, en tant que maman, j’ai pris conscience de mes erreurs,de mes fragilités.. Je ne cible plus mon attention sur « les blessures » à chaque spleen, mauvaise humeur, fatigue, je ne me dis plus « mais pourquoi suis-je comme çà? » Mais  » Que puis-je améliorer dans mon comportement pour me sentir mieux ? » et surtout à avoir un regard compatissant envers tout être humain et de l’indulgence pour mon chemin. C’est un travail constant, de longue haleine. Mais qui paie. Je suis délestée de ma croix, je suis en paix et beaucoup plus tolérante, même si j’ai encore à travailler l’équanimité de mon regard envers autrui. Donc, oui, conseil de résilience et de regarder en soi pour s’améliorer Soi et non vouloir changer les autres. Ils changeront assez tôt à notre contact :p Si tu peux éviter les écueils qui m’ont pourri la vie, tu seras extrêmement chanceuse, bien qu’à y penser, je ne regrette rien, c’était mon chemin, j’avais du mal à comprendre, c’est tout 🙂 Tout ce que je peux te souhaiter, c’est d’y trouver la paix 🙂

    1. Rozie Répondre

      Tout ce que tu dis est très touchant, plein de vérité et de sagesse.
      Je suis exactement dans le même cheminement bien que je n’en sois pas aussi loin.

      A chaque fois que je me rends compte que je réagis fort, je me demande pourquoi, je me demande s’il est vraiment utile que je bloque dessus et que j’en souffre, et j’entreprends de faire ce qu’il faut pour grandir, que ça se passe mieux et que la prochaine fois, ça se passe différemment.

      Cette notion de tolérance et de bienveillance envers l’autre me semble essentielle. Ca va beaucoup mieux de mon côté depuis que j’ai compris. Depuis que j’ai appris à voir plus loin que l’offense. Je ne ressens plus de haine, plus de colère. Mais de la compassion, l’envie d’aider. Je ne dis pas par là que je suis « mieux », juste que j’ai appris.

      On trouve la paix chacun avec nos propres chemins. Tu n’as pas à regretter effectivement. Tout ce que tu as vécu et ressenti fait ce que tu es aujourd’hui.

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