Les petits soucis qui empoisonnent.

Je sais, je ne suis pas très gaie, ces derniers temps (dans mes écrits, en tout cas !). Je suis perméable aux petites choses déplaisantes.

Nous sommes en litige avec l’agence qui nous louait notre ancien lieu de vie. Elle refuse de nous rendre la caution et – pire ! – nous réclame une importante somme en guise de dommages.

Ce litige court depuis plus de trois mois. C’est là, en surface, au dessus de nos têtes. Rien de très grave, vous me direz. Sauf que cette fois, nous avons décidé de ne pas nous laisser faire. Donc nous réfléchissons, envoyons des lettres recommandées, faisons appel à un conseiller juridique, patientons les délais, et parlons régulièrement de mise en demeure et d’action en justice.

On aurait pu tout aussi bien arrêter les frais et payer. Ca fait mal quand-même, mais ça évite le stress, l’angoisse, la colère, et tout un tas de sentiments forts déplaisants, qui me créent – entre autres – d’importants maux de ventre.

Je refuse. Je refuse de perdre notre caution, et de donner plus encore pour la tranquillité. Pour qu’on arrête de me menacer de saisie sur salaire (la bonne blague !). Pourquoi je refuse ? Parce que les employés de cette agence nous ont insulté.

Ils ont dit que nous n’avions pas pris soin du bâtiment. Ils ont dit que nous l’avions dégradé. Ils ont dit que nous avions volé. Ils nous ont traité de vandales. De voleurs. Ils nous ont accusé à tort. Et CA, ça, je ne le permets pas.

Ces insultes viennent se planter droit dans mon coeur et m’atteignent vraiment. Je le prends vraiment comme une attaque personnelle, et l’idée qu’on remette en cause ma droiture et ma morale me … Scandalise.

Ils nous ont crié dessus au téléphone. Ils nous ont menacé. Ils se sont rappelé à nous chaque semaine, presque chaque jour. Ils ont ensuite tenté le silence radio. Ils ont utilisé des méthodes de manipulation que je connais fort bien aujourd’hui.

De l’extorsion de fonds, voilà comment ça s’appelle. Et juste parce qu’ils s’appellent ******, qu’ils sont une agence reconnue et qu’ils ont des avocats, nous devrions nous laisser faire ? Et bien, croyez-moi, ils ne savent pas sur qui ils sont tombés !

Mais voilà, ça nous bouffe un peu. Ca au milieu du reste. On a beau savoir qu’on aura gain de cause (ce sera l’occasion de voir si la justice existe), c’est un nuage sombre, gonflé d’une pluie lourde, qui n’attend que de se vider sur nos visages.

Deux autres soucis gravitent autour de nous. Des soucis familiaux qui ne nous touchent pas directement, mais mettent à mal des proches, très proches. On ressent cette noirceur, en ce moment. Tous les deux.

Ce soir, on s’est senti assez démunis, avec nos coeurs tous serrés. A chacun son moyen de décompression. Après un câlin pour créer une sphère d’amour anti-méchants autour de nous, après une prière de mon amoureux, moi j’écris et je chante, lui se lance dans le vernissage de notre bar et autres petits travaux.

Et faire quoi d’autre, pour évacuer la pression ?

Bien sûr, nous relativisons. A côté de ce que risquent nos proches en ce moment, de leur stress à eux, notre petit problème d’agence fait pâle figure. Nous sommes bien chanceux.

Le sentiment de paix tient parfois à peu de choses. Innocents, nous sommes traînés dans la boue par quelque directeur sans scrupule. D’aucun nous dirait qu’on n’a pas à s’en faire, puisqu’on est blancs comme neige. Mais la tranquillité d’esprit s’envole quand-même. On y pense pendant les vacances, on perd du temps durant le week-end pour préparer notre défense, on n’est jamais serein.

Et si ? Et si le juge le croyait lui, plutôt que nous ? Et s’ils avaient d’autres façons encore de retarder l’échéance pour nous faire céder ? Et s’ils tentaient d’autres manoeuvres pour nous prendre au dépourvu ?

Ils nous ont laissé un message hier. Sans animosité, ils demandent à ce qu’on les rappelle demain, pour « faire le point sur la situation. » Une lueur d’espoir nous a alors envahie. Ca y est, ils vont capituler !

Moment de naïveté bien vite effacé par la réalité du fric, qui exige des stratégies. Moi, je crois qu’ils vont nous proposer une solution amiable : « On ne vous rend pas votre caution, mais on ne vous demande plus aucun dommage. » Tentant d’accepter. Nous avons réfléchi. Nous nous sommes mis d’accord. Notre intégrité vaut mieux que ça. Ils nous doivent le respect. J’irai même plus loin en disant qu’ils nous doivent réparation pour tout le mouron qu’ils nous ont fait subir !

Les aléas de la vie .. Je suis toujours particulièrement décontenancée quand je tombe face à des personnes sans morale. Prêtes à tout pour quelques euros de plus. Qui n’éprouvent pas le moindre remord, pas la moindre honte. Je ne comprends pas. Ca frappe très fort contre les murs de ma conscience.

Mais comment c’est possible ? Sincèrement, je n’arrive pas à l’envisager. Toujours pas. Pas d’explication. Ca me laisse coi. C’est … Je n’ai pas de mots pour décrire mon désarroi, mon incompréhension totale. Parfois, je me dis que je dois être idiote.

Souvent, je ne le vois pas parce que j’ai la chance d’être épargnée. Mais c’est vrai, cette société est dure avec les gens. Comment a-t-on pu construire un système sans affect ? Nous qui sommes des êtres guidés par les sentiments. Comment a-t-on pu créer des inepties pareilles ?

Il y a quelques mois, un copain m’a fait la réflexion que je pouvais croire en la Vie parce que j’étais du bon côté. Au début, je me suis dit qu’il avait tort. Puis je me suis mise à la place de ces gens dont il me parlait, ceux qui vivent sur ce continent qu’on tue, par exemple. Je me suis soudain trouvée très bête. C’est dur pour moi de penser qu’il a raison et pourtant …. Je crois que si. Je vois un sens parce que je le peux. Parce que j’ai une belle vie.

Le quotidien, pour beaucoup, est fait de ces petits soucis qui bouffent. Qui n’en connaît pas ? J’ai vécu quatre ans sans en croiser un sur ma route. Les voilà qui ressurgissent, ceux qui rendent les jours plus incertains. D’un coup, je pense à mes parents. Ce sentiment que j’ai aujourd’hui, je l’ai ressenti chez eux quasiment tous les jours, toutes ces années. Je l’avais quitté, il me rattrape. C’est effrayant, non ?

PS : Bien sûr je sais que ça n’est que passager. Cette histoire sera finie bientôt !


18 thoughts on “Les petits soucis qui empoisonnent.

  1. Paillette Répondre

    Bonsoir Rozie,
    Je croise les doigts pour que vous ayez gain de cause. Dans quel monde vit-on?! C’est aberrant de voir qu’il n’y a pratiquement plus que le fric qui compte…
    Plein de courage à vous deux. Douce soirée et des milliers de bisous pailletés :*

    1. Rozie Répondre

      Merci beaucoup !

      On vit dans une société régie par des lois facilement contournables, retournables, écrasables. C’est parfois l’impression que j’en ai. C’est surtout ce que les gens en font pour le profit.

  2. Pétale Répondre

    Bonjour Rozie,

    J’espère que cette « histoire » va s’arranger.

    Je t’envoie des ondes positives.

    Bises.

    Pétale.

    1. Rozie Répondre

      Merci Pétale !

      Je crois que ça va s’arranger à notre faveur. Il faut y mettre du temps et de l’énergie, mais ça devrait être payant cette fois !

      Bises !

  3. Céline Dehors Répondre

    Bonjour Rozie,
    Je pense comme tous ici que vous avez entièrement raison de vous battre pour récupérer votre caution, parce que c’est ce qui vous semble juste.
    Pour nos derniers litiges, nous avons François et moi laissé tomber. Nous avons donc subi ce que nous pensons être « des injustices ». Et bien figure-toi que nous n’avons pas du tout trouver la paix ! En fait, ça reste, quand on se dit « tant pis », je crois qu’au fond on aurait aimé plus de justice, plus de reconnaissance, et plus de respect. J’ai même le « reste » d’un litige connu par l’un de mes amis ! (il avait décidé lui aussi de laisser faire)
    Je te souhaite plein de courage, même si ce n’est pas grand chose peut-être à côté de ce que d’autres vivent, cela vous grise un peu chaque journée et ce n’est pas juste.

    1. Rozie Répondre

      Je comprends bien le sentiment que tu me décris-là, Céline. Je l’ai vécu aussi sur un autre sujet, et c’est bien pour cette raison qu’aujourd’hui, je n’arrive plus à laisser tomber quoique ce soit. Une entreprise me doit encore, à ce jour, plus d’une centaine d’heures supplémentaires. Je n’ai pas eu la force de les réclamer à l’époque. L’amertume est encore là. Le sentiment d’avoir été … Soumise et prise pour une bête de somme. Et cette sensation plus horrible encore de me sentir idiote de ne pas les avoir réclamées … Ca passe petit à petit, mais oui, il y a toujours un « reste ».

      Merci pour tes mots d’encouragement, Céline.

  4. Marie Kléber Répondre

    Il ne faut pas se laisser faire, vous avez raison Rozie de vous battre, même si ça entache un peu le quotidien et que ça génère des soucis dont vous vous passeriez bien. J’espère que ce sera vite un mauvais souvenir. Je t’envoie de douces pensées.

    1. Rozie Répondre

      Je crois qu’on est en passe de gagner, Marie. Nous avons rappelé l’agence comme demandé et étrangement, la personne au téléphone était calme. On a fait les comptes et on devrait recevoir notre chèque. Je n’en reviens pas ! Après plus de trois mois, au dernier jour avec l’envoi du greffe au tribunal … Il faut se battre ! Cette victoire aura bon goût.

      Je t’embrasse !

  5. Nora D Répondre

    Vous avez bien raison de vous battre pour votre respect. Oui, ce sont des soucis aujourd’hui, mais demain, lorsque vous gagnerez ce respect ce une très grande satisfaction, un grand geste et beaucoup d’énergie pour faire respecter vos valeurs !
    Plein de courage, et continuez à garder la tête haute 🙂

    1. Rozie Répondre

      Merci beaucoup Nora !

      Nos efforts paient. Apparemment, on devrait recevoir notre chèque dans quelques jours. Enfin !

      Effectivement, ça fait du bien de ne pas se laisser marcher dessus. Et ça soulage de finir par avoir gain de cause. J’en étais venue à un stade où je remettais vraiment mes actes en question, genre « Mais est-ce que j’ai vraiment abîmé ce logement ? » Ils semblaient si sûrs d’eux que j’ai commencé à douter de moi. C’est fou !

  6. l0uanne Répondre

    Je trouve que vous avez raison de ne pas capituler, vous n’avez rien fait, et vous n’allez pas mettre votre intégrité en jeu pour rien.
    Après pour être une habitué des tuiles en tout genre, je te comprend et je sais à quel point c’est dur de rester positif , courage !

    1. Rozie Répondre

      Merci Louanne !

      Oui, c’est parfois compliqué de rester positif, surtout sur la distance, le temps. Et ils le savent bien. Mais ça y est, on a repris l’avantage et ils baissent l’échine. On va gagner !

  7. Suny Répondre

    Comme je te comprends ! Il y a des jours aussi où je me demande comment les gens (du moins certains, pas tout le monde, heureusement !) peuvent être si immoraux, si imbus d’eux-mêmes, si égoïstes, si malhonnêtes… Pour quoi ? 500 balles ? Une maigre célébrité ? Un peu de pouvoir ? C’est perturbant d’y penser !
    Pour ce qui est des « petits » soucis, ce n’est pas parce qu’ils sont « petits » qu’ils sont insignifiants. Certes, quand on pense à la misère dans le monde et aux personnes atteintes de grave maladie (ou de deuil !), ils semblent illégitimes, mais ils n’en sont pas moins réels et méritent de trouver une solution. Des fois, la solution c’est juste de lâcher prise (ou de patienter jusqu’à ce qu’on y parvienne), des fois non.
    Je pense que tu as raison de ne pas te laisser faire. Pour toi, déjà, et puis pour que ces gens cessent de se croire au-dessus de tout, peu importe leur nom, peu importe leur poids sur le marché. Il y a beaucoup d’abus de la part des agences immobilières, et malheureusement les gens n’y connaissent pas grand chose et se laissent trop faire. Ne te laisse pas faire Rozie, ça a beau être lourd pour le moment, tu te remercieras quand ce sera fini 🙂
    Bises et bon courage !

    1. Rozie Répondre

      Oui, c’est effectivement très perturbant d’y songer … ! Je sais que certains subissent des pressions et n’ont malheureusement pas le choix. Mais bon, ça n’excuse pas d’être odieux, tout de même. J’ai moi aussi été forcée par des employeurs à faire des choses pas top (on m’avait demandé de mettre la pression et de harceler un collègue pour qu’il démissionne, plutôt que de le virer : j’étais manager). Impossible de m’y résoudre. Je crois que si on me forçait à réclamer de l’argent à des gens honnêtes, je le ferai si je n’avais pas le choix en expliquant bien que je n’y peux rien malheureusement, en m’excusant mille fois … Certainement pas en hurlant, en insultant. Il y a des limites quand-même !

      Il semblerait que nous voyions le bout du tunnel. Hier, l’agence semble avoir capitulé et nous a expliqué qu’elle abandonnait les réclamations et qu’on recevrait notre chèque dans la semaine … J’en croyais pas mes oreilles. Et bizarrement, tout ça le dernier jour avant que nous n’envoyions un greffe au tribunal … Hmm. Je ne serai soulagée qu’une fois le chèque encaissé, mais ça a l’air bien parti ! Comme quoi, ça vaut le coup.

  8. zenopia Répondre

    Courage Rozie !

    1. Rozie Répondre

      Merci <3 !

  9. Bihan Christelle Répondre

    Sois en sûre à 300 % : les agences font leur argent ainsi, les agents sot briefés sur la somme à récupérer et comment, un vrai métier de voleurs et qui est devenu sans foi ni loi. Tu n’es pas responsable, c’est ce métier qui est devenu voleur ! J’en ai fait les frais aussi il y a un an. D’emblée, l’agent a décrété que tout devait être repeint : elle a fait son petit calcul vite fait bien fait : je devais 1200 euros ! Je l’ai regardé droit dans les yeux et ai dit : « Je ne pourrais JAMAIS payer, on fait comment? » Bref, je n’ai pas voulu signer, ce fut âpre, mais ils ont baissé le devis à 300 euros. J’ai payé 30 euros par mois pendant 10 mois ! Je crois que la leçon à en tirer est d’en finir avec ces agences voleurs, peut être qu’à force, on y gagnera au niveau législatif. Si tu as décidé de te battre, mon conseil : Bats toi Pour et non pas CONTRE. Bats toi pour récupérer ta caution et non pas parce que tu refuses, sinon, oui, là, tu es en bras de fer avec ton mental. On peut faire face à l’adversité, agir étape par étape, et ce qui doit être sera. On peut en sortir la tête haute, sans être ni perdant, ni gagnant. Mon fils est passé en jugement pour un misérable tag, un an de démarches. Je suis restée zen, au final, il doit 300 euros (aussi lol), alors qu’on lui réclamait 3000 ! Ni perdant, ni gagnant : on a des droits mais faut pas se ruiner le mental sur ce qui n’est pas. Ne te pose pas la question sur la société: s’il y a un rapport d’argent, tout est faussé, toujours ! Cela n’induit pas que les personnes sont mauvaises, le fric, oui. Une solution ? Minimiser notre rapport à l’argent : je n’ai aucun crédit ni bien précieux (pas de voiture, ni de Iphone). J’utilise l’argent comme outil et non comme moyen. Je me contente de ce que je peux et non de ce que la société te fait croire que tu peux avoir. Le seul fautif, c’est l’argent. A toi d’en dompter l’utilité et l’usage. J’y suis arrivée 🙂 Mon petit salaire me loge et me nourrit, pour le reste, l’amour et la joie de vivre m’apportent la richesse de ma vie 🙂 Tu n’es pas une victime et tu as ta part de responsabilités quoiqu’il advienne : on peut toujours choisir de ne plus laisser notre argent à des agences par exemple 🙂 C’est donc ton futur qui s’en trouvera bonifé et allégé 🙂

    1. Rozie Répondre

      Je suis dans la même démarche que toi, niveau argent. On a un crédit pour la maison, là-dessus on n’avait pas le choix (ça ou un loyer …). Mais il est hors de question de contracter un crédit pour quoi que ce soit d’autre. Bon, si une grosse tuile nous tombe dessus, on n’aura peut-être pas le choix, mais dans la mesure du possible, nous ne le souhaitons pas. Si un jour on a besoin d’une seconde voiture (on en a une pour deux en campagne), ce sera une occasion payée cash grâce à l’argent qu’on arrive à épargner. Pour les travaux de la maison, c’est pareil.

      C’est fou, ces histoires d’agence ! Je sais bien que ce ne sont pas les personnes qui sont foncièrement mauvaises. Mais j’ai du mal à saisir qu’on puisse faire ça quand-même. Bon, je sais que certains n’ont pas le choix aussi …

      On a eu de la chance dans notre malheur. C’était une nouvelle pour l’état des lieux de sortie, donc elle a écrit la vérité : RAS, maison rendue nickelle. Ce sont les autres employés qui après nous ont accusé de tout un tas de trucs hallucinants. Mais grâce à cet EDL, nous sommes intouchables … ! Donc oui, je me bats contre, mais aussi pour ! Ils nous réclament 500 euros de dommages imaginaires, et gardent déjà 800 euros de caution ! DU VOL !!!!

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