Les autres.

Je suis dans une phase de ma vie où je n’ai plus envie de faire l’effort de m’adapter aux autres. De me forcer à avoir des relations cordiales ou amicales avec des personnes qui, de toute évidence, ne sont pas spécialement attirées par moi, et qui ne m’attirent pas vraiment plus.

Je sais, ça peut paraître un peu violent, et très exclusif.

(Cet article ne devait pas être structuré en titres et parties, mais il est très long, et peut-être indigeste sans.)

Etre sociable, ce n’est pas inné :

Les relations sociales sont une bataille de tous les instants, pour moi. C’est compliqué à avouer. Je crois qu’en général pourtant, les gens m’aiment bien. Mais il y a toujours un truc qui cloche, je ne me sens jamais à l’aise.

Quand les conversations n’attirent pas mon attention :

Je le vois bien au travail, par exemple. J’ouvre rarement la bouche. Souvent parce que je n’ai rien de probant à dire, la conversation ne m’intéresse pas particulièrement, elle est « entendue », usuelle. Du coup, j’ai beau me creuser la tête, je ne vois pas comment je pourrais faire pour qu’elle continue. Selon moi, il n’y a pas vraiment de conversation d’ailleurs. Juste des paroles qui comblent le vide. J’ai du mal à comprendre comment les autres font pour y trouver du plaisir.

J’essaie de m’accrocher quand-même, pour interagir avec l’autre, parce que J’AIME vraiment ça. Mais c’est inévitable, je finis par décrocher. Un détail de la pièce, de l’environnement qui nous entoure se met à attirer mon attention. Je me mets à remarquer que le plafonnier n’est pas adapté, que ça a été bricolé à la va-vite. Ou je compte le nombre de barreaux aux fenêtres. Ou je m’attarde sur les nuances de jaune dont le mur est recouvert. Bref, je m’égare.

Et le pire dans tout ça, c’est que ces petites choses me semblent réellement plus enrichissantes que la conversation de laquelle je ne fais plus partie. Je ne peux pas m’en empêcher de toute façon, mon attention est comme « pompée » par un détail. Quand je m’en rends compte, c’est souvent trop tard. Je dois passer pour une autiste. Ou une personne très hautaine et désintéressée de tout. Sincèrement, ce n’est pas voulu.

J’ai remarqué que mon directeur l’avait capté. Il m’emmène partout avec lui, et à chaque nouveau lieu, j’observe tout. Je tourne sur moi-même pour voir la pièce dans son ensemble, mon regard s’attarde sur les coins, les aspérités. Je pense qu’il l’a remarqué parce que je lève la tête vers le plafond. Personne ne fait jamais ça, je crois.

A la recherche d’une véritable connexion :

Donc, je n’ai plus envie de faire semblant. De presser mon cerveau pour qu’une phrase normale sorte de ma bouche. De m’appliquer à converser avec une personne qui n’a significativement pas la réelle envie d’entrer en connexion avec moi.

« Si tu veux me parler, parle-moi vraiment. Dis-moi quelque chose qui sort vraiment de toi ! » Voilà ce que j’ai souvent envie de crier. C’est pour ça que j’aime beaucoup l’une de mes collègues. Quand elle me parle, elle me raconte vraiment ce qu’elle ressent, comment elle vit les choses, comment l’émotion la submerge parfois pour rien. Il arrive que je trouve ça lourd (elle parle plus qu’elle n’écoute malheureusement), mais avec elle, au moins, on se raconte vraiment.

Les codes de la parole m’échappent :

Je parle quand-même un peu. Mais à chaque fois que les mots prennent forme, on me demande de répéter. C’est fatigant ! Je n’ai pas de problème d’élocution, mais j’ai fini par en douter. Alors maintenant, je fais un effort particulier pour articuler chaque syllabe. Et on me demande encore de répéter …

J’ai une théorie. Je dis des choses auxquelles ils ne s’attendent pas. Pour eux, ce que je dis n’a rien à faire là, ils ne font pas le lien, alors ils me demandent de répéter. C’est encore pire quand je m’essaie à l’humour. A chaque fois, c’est un flop total. C’est pour ça que je ne suis pas très « blagues ». Je m’auto-censure. C’est mieux que l’humiliation de n’avoir été comprise par personne.

Je suis socialement inadaptée. Je ne sais jamais ce qu’il faut dire, ni quand il faut le dire. Une énergie monstre passe dans cette adaptation constante. Mais là, j’en ai ma claque ! J’arrête. Quand on me demande de répéter, je dis « Non, rien. » Ou je dis une autre phrase, plus usuelle, en riant comme une bécasse pour faire passer. Je me range au silence. J’observe, je converse dans ma tête et c’est tout.

Heureusement, il y a des personnes avec lesquelles ça fonctionne très bien. Elles sont peu nombreuses, mais elles sont là, et à chaque fois que je les rencontre, ça me revigore ! Ce sont celles que je considère vraiment comme mes amies. J’ai toujours peur qu’elles se rendent compte, un jour, de mon « handicap » social donc il arrive que j’y aille à reculons. Puis ça se passe bien et ça me fait du bien pour un moment.

Si je vous parle de ça, c’est parce que je suis confrontée à une situation qui me déplaît à bien des égards : notre prochaine pendaison de crémaillère.

Essayer de s’intégrer dans un nouveau groupe : 

On avait décidé d’inviter tous nos amis ensemble. Il y a eu des difficultés pour les dates, et pour des raisons que je ne développerai pas, on se retrouve avec deux dates, donc avec deux fêtes à gérer. L’une avec seulement les amis de mon mari, l’autre avec tout le monde.

Vous vous en doutez, le problème vient de ce groupe d’amis dans lequel j’essaie de m’intégrer depuis plus de quatre ans maintenant. Et je n’y arrive pas. Et je sais que je n’y arriverai jamais ! En tout cas, c’est l’impression que ça me donne aujourd’hui … Je n’ai plus une once d’envie pour faire quelque effort que ce soit.

Ces gens sont vraiment sympas, pourtant. Ils semblent m’accueillir à bras ouverts, et je culpabilise en me disant que c’est de ma faute mais voilà … Je ne suis pas comme eux, et ce qu’ils font ne m’amuse pas, m’angoisse, me fait flipper. Je ne suis pas à l’aise avec leurs soirées, avec les liens forts qu’ils ont tous ensemble et que je n’ai pas, avec leurs façons d’interagir les uns avec les autres, avec cette idée qu’en soirée on doit se lâcher.

Ils veulent que je me lâche, je veux qu’ils me laissent tranquille ! Ils veulent que je joue à des jeux, mais moi, ça m’oppresse. Ils veulent que je boive, je déteste ça. Ils veulent que je veille tard, c’est impossible pour moi (je suis terrassée dans ces moments-là, et plus on me prive de repos, plus ma détresse m’étreint). Je passe forcément pour la rabat-joie, ou la timide de service.

C’est très dur, parce que durant ces soirées, je me sens aussi seule et perdue qu’une petite fille qu’aurait lâché la main de son père en pleine foule. J’ai envie de pleurer tellement je me sens seule et coincée. J’ai envie de m’accrocher au bras de mon mari, je lui en veux quelques instants de m’oublier et de me faire subir ça. Puis ça passe. Je sais que lui, il s’amuse, il est heureux de les retrouver, et c’est bien normal. Mais moi … C’est une torture à chaque seconde qui passe.

La dernière fois que nous les avons accueillis, certains de leurs gestes me sont restés en travers de la gorge. L’effet de groupe, l’euphorie de se retrouver semble les avoir rendus irrespectueux l’espace de quelques heures, chez moi. Rien de grave, n’allez pas vous imaginer n’importe quoi, je sais que ce n’est pas important et qu’ils n’étaient pas malveillants. Mais c’est comme ça que je le ressens, je ne le contrôle pas et depuis, c’est bloqué. L’idée qu’ils reviennent chez moi pour un week-end ou deux, tous ensemble, me rebute.

Je précise que quand je suis en tête à tête avec l’un d’eux, tout se passe bien (plus ou moins, en fonction des affinités comme je l’expliquais plus haut). C’est le groupe, la fête qui me donne envie de vomir.

Mon mari le ressent et m’a avoué hier avoir passé tout l’après-midi à stresser parce qu’il ressentait que cette pendaison de crémaillère était un poids pour moi. Il a peur que je ne m’amuse pas. En fait, il sait que c’est le cas. Je ne lui dis pas pourtant, j’essaie de le rassurer, mais ce n’est pas quelqu’un à qui je peux mentir. Il le ressent.

Je me sens tellement triste et mauvaise d’avoir à lui gâcher ces moments ! C’est insupportable. Mon asocialité est un vrai boulet, pour lui. Je sais que c’est à cause de moi si des tensions se sont créées. Il essaie de me préserver par amour. Je le pousse à sortir sans moi mais ça ne lui plaît pas. Dans tous les cas, je gâche quelque chose. Là, ou pas.

Ses amis se demandent pourquoi je me suis retirée des RS, pourquoi je ne viens pas aux soirées qui se passent ailleurs que chez nous, pourquoi je préfère rester seule dans mon coin. Ils doivent penser que je ne les aime pas, et ça me bouffe encore plus. Parce que ce n’est pas vrai ! Je les aime bien, mais je suis incompatible à leur fonctionnement.

Je me sens extra-terrestre ou stupide :

Comment expliquer ça ? J’ai l’impression que personne ne peut comprendre. Que je suis condamnée à subir ou à m’isoler.

Je n’arrive pas à parler avec ma famille, parce que je mets toujours le pied dans le plat et que ça les dérange. Comme si parler de sujets profonds, intimes, était proscrit, interdit. Ca ne se partage pas, les sentiments. Heureusement, j’ai trouvé quelques oreilles attentives. Je crois surtout qu’au fond, ils sont comme moi, ils meurent d’envie de parler de tout ça, mais on leur a trop bien appris à se taire. Comme on dit, petit à petit, l’oiseau fait son nid.

Je n’arrive pas à parler à tous les autres pour ces mêmes raisons. Comme si ce qui m’intéresse n’intéressait personne d’autre. Comme si je n’étais jamais dans la réalité, toujours sur une nébuleuse, déconnectée de tout, à côté de la plaque à chaque fois.

J’ai pourtant l’impression que mes remarques sont plus pertinentes. Que mes questions méritent d’être posées. Mais elles paraissent toujours stupides, les réponses toujours évidentes. Comment leur dire que pour moi, ce sont eux qui répondent à côté, que j’attendais que ça aille plus loin, parce que oui, évidemment, cette partie-là de la réponse, je la connaissais déjà …

L’auto-censure au travail :

Au travail, maintenant que je bosse en bureau, c’est compliqué parfois. J’ai beaucoup d’idées, envie de dire et faire pleins de trucs novateurs, mais j’ai peur d’en parler. Qu’on trouve ça ridicule. Alors je ne dis rien et j’attends qu’on me dise quoi faire, ce qui donne l’impression que je me laisse porter alors qu’on voudrait que je prenne des initiatives.

Mais j’ai la chance cette fois d’être tombée sur quelqu’un d’humain et de compréhensif. Il m’a expliqué que j’allais avoir un entretien annuel avec lui qui durera quelques heures, pour qu’on reparle de l’année qui vient de s’écouler. Je sens qu’à lui, je peux lui dire tout ça, les vraies raisons de mes comportements. Et je vais le faire. Advienne que pourra !

Tout l’énergie épuisée en vain :

Voilà un bien long article, publié un vendredi pour qu’il ne rencontre pas trop son public … J’ai mal de ce sentiment de décalage. De cette incapacité. Je ne sais pas comment faire.

Pour les relations quotidiennes, éphémères (le postier, le buraliste, le secrétaire …), j’ai compris. Il suffit d’être dans la bienveillance, d’ouvrir son coeur et son sourire. C’est toujours rendu mille fois. Mais pour les relations longues, avec des personnes auxquelles je ne corresponds pas, c’est compliqué. Tous ces gens qui devraient être mes potes … Je ne sais pas faire.

Je n’ai plus envie de faire. De consacrer toute mon énergie à ça. D’être épuisée physiquement et mentalement après deux heures en communauté. De mettre trois jours à me remettre d’un week-end entre amis. Vous allez penser que j’exagère, mais je vous jure que non .. ! C’est trop. Beaucoup trop. J’ai envie d’arrêter mais je ne peux pas. Je ne peux pas dire :

« Je vous aime bien mais vous me fatiguez trop. » 

« J’aime bien vous parler en tête à tête, mais à 10, 15 ou 20, c’est une véritable torture. »

« Tu as l’air d’être une personne sympa mais visiblement, on n’a rien à se dire. »

« Je sens que tu fais semblant avec moi, que tu me parles parce qu’il le faut et ça m’irrite. » 

« Je ne viens plus aux soirées, mais ce n’est pas parce que je ne vous aime pas (au contraire !), c’est parce que ce format de rencontre ne me convient pas et m’en demande trop. »

C’est la vérité, mais qui croirait ça, sérieusement ?

J’ai pourtant un profond besoin de communication, de rencontre :

J’imagine que vous vous en doutez, vous le savez déjà. L’existence de ce blog pallie à mon défaut physique. Ici, je peux dire sans détour ce qui se passe au fond de moi sans avoir à entrer en matière avec des « Quel temps magnifique aujourd’hui ! » ou des « Et le travail, ça se passe toujours bien ? »

Je peux converser et savoir ce qui se passe vraiment au fond de vous, qui venez me le raconter sans détour, peut-être parce que vous avez compris qu’avec moi, c’est permis. Et de ça, je vous remercie. Vous rendez possible mon équilibre social. Il est précaire, mais il existe !

Je meurs d’envie de connaître d’autres relations puissantes. Je dis « d’autres » parce que j’en ai déjà donc je sais que c’est possible ! Dans l’idéal, j’aimerais que ce soit comme ça avec tout le monde, tout de suite. Cet instantané, cette compréhension mutuelle, cette connexion.

Quand je rencontre quelqu’un comme ça, j’ai tout de suite envie de plonger à corps perdu dans la réflexion commune et le partage. Je dis tout, tout de suite. Je n’ai pas peur d’épuiser les sujets, c’est impossible. Mais je dois apprendre à faire attention, parce que ce comportement « abusif » en repousse plus d’un .. ! Pourquoi ?

(Il est donc impossible que je ne réponde pas à mes mails, soyez patients 😉 !)

Faire au mieux pour soi …

Donc ne plus m’obliger à quoi que ce soit ? Ce n’est pas si simple parce que j’ai envie d’être intégrée malgré tout. L’isolement et le voeu de silence, je sais bien que ce n’est pas la bonne méthode. Mais celle de m’obliger à vivre ces pénibles moments en société est-elle meilleure ?

Je me sens à l’aise quand on est moins de 10, en général. Même si je ne parle avec personne, j’écoute les conversations et ça va (elles sont souvent intéressantes !). Ce qui ne va pas, c’est quand les autres remarquent que je suis seule et là, ils viennent me parler. Et là … C’est quitte ou double. Souvent quitte, sauf si c’est quelqu’un que je connais déjà très bien (ou par miracle, quelqu’un « comme moi »).

Mais je fais de mon mieux. Souvent, ce mieux n’est pas récompensé. C’est pour ça que j’ai envie d’arrêter. Je n’y arrive pas, c’est tout. Attention, je ne suis pas en train de dire que c’est de la faute des autres. Ils sont tout le temps ultra-bienveillants. C’est vraiment moi qui déconne.

Je sais qu’arrêter n’est pas viable. Mais pour l’instant, faute d’autre stratégie et d’envie, je m’en tiens là. Après 15 ans de déboires, j’estime avoir droit à une pause. C’était clairement plus facile quand j’étais petite, il n’y avait pas d’enjeu. Quant à la pendaison de crémaillère … On verra !

Et vous, vous faites comment avec les autres ? Votre rapport aux autres est-il aussi torturé que le mien ? Vous sentez-vous aussi « handicapé » ?


17 thoughts on “Les autres.

  1. gwenolwenn Répondre

    Bonjour Rozie,

    J’ai très mal dormi cette nuit, à me demander pourquoi les relations sociales étaient si compliquées pour moi, alors ton article tombe à point nommé.
    Tout comme toi, j’aimerai avoir beaucoup d’amis et être très entourée.
    Mais pour cela, il faudrait que je change, que je sois moins « sauvage ». Sauf que je essayé, d’être plus sociable, de faire semblant, et c’est épuisant…Alors je ne sais plus trop où j’en suis. Accepter ma personnalité et le fait que je n’aurai jamais beaucoup d’amis me semble la meilleure option et je tente d’y parvenir.
    Je suis plus agée que toi, j’ai 45 ans et j’ai remarqué avec mon entourage qu’il y a une sorte de compétition à celui qui aura le week end le plus rempli, qui verra le plus de monde, qui aura le plus d’invités à son anniversaire. Finalement, même après 40 ans, c’est important aux yeux de beaucoup d’être populaire.
    Dans cinq ans, je fêterai mes 50 ans et il serait de bon ton que j’organise une grosse fête pour montrer que j’ai des amis.
    Dans cinq ans je me dis que, pour mes 50 ans, je partirai en week end avec mon mari parce que c’est qui me fera vraiment plaisir.
    Finalement, le plus dur n’est pas de s’accepter, c’est le regard des autres, qui nous fait nous sentir anormale.
    Ton mari t’accepte comme tu es, tes vrais amis aussi , alors ne cherche pas à changer pour rentrer dans moule.
    Bonne continuation.

    1. Rozie Répondre

      Je crois que cette compétition est présente à tout âge … Petite, j’ai fêté mon anniversaire une fois et mes amies se sont disputées entre elles. Après, je ne l’ai plus jamais fêté. En grandissant, je n’en voyais pas l’intérêt puisque je ne suis pas fête alors … Mon mari sait qu’une fête surprise serait une grosse erreur. Je serai capable de me mettre à pleurer, mais pas pour les bonnes raisons ! ^^

      Mon EVJF, je n’ai pas voulu le faire parce que je savais que je n’étais pas assez entourée pour ça. Et pire, les rares amies que j’ai étaient trop éloignées (géographiquement et mentalement) les unes des autres. Je suis sûre que ça fait pitié quand j’en parle, et j’avoue que ça me peine aussi, mais c’est comme ça. Du coup, je l’ai fêté avec ma mère, ma soeur et deux de mes tantes et en fait, c’est un super souvenir ! On s’est amusées à notre façon.

      Pour le mariage, même chose, ma table d’amis faisait … Toute petite par rapport à la bande que ramenait mon mari. Mais quoi, je ne vais pas m’excuser et avoir honte d’être peu entourée. J’aurais pu inviter plus de monde, je connais quand-même pas mal de gens, mais ça aurait fait faux. Inviter des gens que je ne désire pas vraiment juste pour sauver les apparences … Très peu pour moi !

      Je n’ai pas fêté mes 25 ans, mes parents m’ont forcée à fêter les 20 et les 10 en famille. Je ne fêterai pas mes 30 ans entre amis, c’est une certitude (enfin, tout peut changer d’ici-là mais c’est comme ça que je le vois !). Je préfère, comme toi, qu’on parte en voyage en amoureux, ou passer une belle journée entourée de mon mari, mes parents, ma soeur, et mes beaux-parents. Les gens qui comptent le plus et avec lesquels je me sens bien en toute circonstance.

      Tu as raison, c’est le regard (qu’on présume) des autres, qui est difficile.

      Bonne continuation à toi, et merci pour ton mot qui me réchauffe le coeur !

  2. Nadège Répondre

    Ton fonctionnement ressemble beaucoup au mien. Moi aussi, je peine quand il y a du monde, je n’aime pas les fêtes et j’ai horreur qu’on me demande de « me lâcher ». Je me suis longtemps sentie inadaptée et extraterrestre, mais maintenant j’évite tout simplement au maximum ce genre d’occasions. Et tant pis si je semble rabat-joie. C’est ça ou ma santé (mentale et physique) qui trinque…
    Je sens que tu te mets la pression pour réparer « ce qui déconne » chez toi. Mais il n’y a rien qui déconne. Simplement, tu ne fonctionnes pas comme tout le monde, et alors ? As-tu déjà envisagé que cela puisse être une richesse plutôt qu’un handicap, même si c’est difficile à croire ? Bref, tout ça pour te dire de rester toi-même (et de donner ton mode d’emploi aux autres si besoin) 🙂

    1. Rozie Répondre

      Il y a beaucoup de choses chez moi que j’envisage comme une richesse plutôt qu’un handicap. Mais pour ça j’avoue avoir du mal … Parce que ça me prive de la majorité des gens et des interactions sociales. Alors même si les rares fois où ça se passe vraiment bien avec quelqu’un, c’est plus que génial (et que je peux largement m’en satisfaire), ça complique quand-même pas mal de choses. Je crois que c’est le seul domaine où je n’arrive pas à me dire « Tu t’en fous, tu fais comme tu le sens ! » C’est important pour moi d’y arriver, je ne sais pas pourquoi … Je m’acharne peut-être pour rien.

      Moi aussi, j’évite déjà grandement ces évènements. Mais je ne suis pas à l’aise avec ça. Je crois que j’ai trop peur de ce qu’on pense de moi, en fait. Et d’être un boulet pour mon mari, beaucoup.

      J’essaie de réparer, oui. Parce qu’avant, il me semblait que je réussissais bien à m’adapter. Je trouvais toujours de quoi me retourner (petit à l’école, c’était cool, au collège j’avais des amis et au lycée aussi : c’est après que j’ai perdu pied et que je me suis rendue compte que je n’allais pas dans le sens des autres).

      Je vais essayer de me relaxer sur le sujet. Mais toi, du coup, comment gères-tu ça au quotidien ?

      1. Nadège Répondre

        Je ne suis pas sûre de pouvoir dire que je « gère » ça, vu que j’adopte plutôt une stratégie d’évitement 😉 Quand je ne peux vraiment pas couper à une soirée, j’essaie de m’arranger pour pouvoir partir ou m’isoler si je sature trop. J’ai déjà fait des crises d’angoisse dans ce genre d’occasion, alors j’aime autant prévenir…
        Quoi qu’il en soit, je te comprends. Moi aussi j’aimerais montrer aux autres qu’ils comptent, que je les apprécie, que je ne suis pas une sauvage malpolie. Mais si c’est pour aller au-delà de ce que je peux supporter, ce n’est pas la peine. Ceux qui m’aiment vraiment l’ont compris. Les autres ? Eh bien… dommage pour eux.
        Peut-être qu’un jour je serai plus sereine dans ce domaine, mais ce jour n’est pas arrivé, alors autant faire avec (ou plutôt sans) !

        1. Rozie Répondre

          Je ne sais pas ce qu’est une crise d’angoisse. Enfin, je crois. Moi, je connais les crises de panique, mais je n’en suis jamais arrivée à un point où je le ressentais durant une soirée. En fait, c’est plus diffus. C’est que je me sens tellement mal à l’aise que les larmes montent et que je dois me forcer à penser à dix mille choses pour ne pas pleurer. Je le vis plus comme une humiliation. L’humiliation d’être seule entourée de dizaines de personnes. D’être toujours dans un coin. Et de savoir que c’est « à cause de moi ».

          Je me mets à devenir irritable quand il commence à faire tard et qu’on refuse que je quitte les lieux. Là, oui, je pourrais clairement éclater en sanglots, mais j’ai toujours habilement réussi à ne pas franchir la limite. Soit je vais m’isoler avec un petit groupe pendant que le reste du monde bat le plein de la soirée (et là, je peux veiller tard, ça va, c’est calme), soit je profite d’un jeu pour refuser (et ne pas plier) et m’isoler. Soit, meilleure option, je suis chez moi, et je vais régulièrement, au cours de la soirée, passer cinq minutes au calme dans ma chambre, prétextant un pipi ou autre chose. Quand c’est ailleurs, c’est aux toilettes que ça se passe ^^.

          Tu vois, ma soeur est encore « plus » que moi. Du coup, elle n’a aucune autre relation sociale que les familiales. Quasiment depuis toujours. D’un côté, ça ne la dérange pas parce que comme moi, les fêtes c’est l’horreur pour elle (aucune de nous deux n’a posé un pied en boîte un jour, ce genre de choses .. !). D’un autre … Je sens bien qu’il y a des grains dans l’engrenage. Il manque un truc. Et c’est horrible, ce que je vais dire, mais je n’ai pas envie qu’on me voie comme elle. « Petite chose fragile engluée dans sa solitude. » En prévenant les gens, c’est le risque que je prends, de me stigmatiser, et ça me fait très peur !

          Alors bon, comme toi … J’évite !

  3. Melgane Répondre

    Moi ça m’arrive de lever la tête vers le plafond ! D’ailleurs je crois que ça se ressentirait si quelqu’un lisait mon roman parce que ça m’arrive de décrire les plafonds… En fais je considère que le plafond fait partie de la pièce, donc je le regarde… x) Les autres ne font pas ça ? Les autres sont vraiment bizarres…

    Je ne suis pas très sociable non plus… quand les parents d’une amie ont divorcé elle pleurait, je l’ai entouré d’un bras parce que je savais que c’était ça que je devais faire, pas parce que j’en avais particulièrement l’envie ou l’instinct… Par contre je pense que je parle plus que toi, mais beaucoup pour rien dire… les réflexions sérieuses je les partage moins je crois… quand je tente une conversation un peu « intelligente » souvent les gens ne suivent pas, on s’engage pas dans de longs débats par exemple. Mais comme je parle beaucoup pour dire des trucs pas très intéressant, quand je dis les vrais trucs on m’écoute pas x) je devrais peut-être opter pour ta méthode du silence… elle serait moins théâtrale et plus moi…

    Je suis comme toi pour le groupe, alors je te comprends ! Une fois à la fac y’avait une espèce d’apéro ou je ne sais quoi et tout le monde s’est vite mis en groupe pour discuter, etc. Ca m’a complètement échappé et j’ai fini par me retrouver toute seule, ça ne m’intéressait même pas de faire un effort… alors j’ai pris un livre et je me suis assise dans un coin. Un type de mon groupe m’a fait remarquer qu’on dirait que je suis « à part ». Oui, c’est vrai, j’étais à part, mais franchement les trucs bruyants avec de la musique chiante et trop forte, c’est pas pour moi… Plus récemment une fille de la radio où je fais mon Service Civique a fait une petite soirée pour son départ. J’ai un peu discuté avec quelques personnes mais très vite j’étais toute seule, alors je tentais de rejoindre un autre groupe… mais finalement ce n’est vraiment pas pour moi… alors je te comprends. Je n’irais pas jusqu’à dire que ça me donne envie de vomir mais alors franchement c’est pas mon truc… mes amis l’ont bien compris donc ils ne m’invitent pas (je préfère croire que c’est pour ça qu’ils ne m’invitent pas). Ceci dit y’a jamais personne chez moi, alors peut-être que si une présente m’étais imposée, qu’on me demandait de boire et de me coucher tard ça serait encore pire… et souvent les gens ont du mal à comprendre qu’on ne soit pas comme eux. Pas qu’on les déteste ou quoi, mais juste qu’on soit différent. D’ailleurs ce mot différent est souvent remplacé par « pas normale », avec un peu de méchanceté ou de méfiance, mais la différence c’est bien aussi…

    Un jour j’ai osé. Dire le genre de trucs comme « je vous aime bien mais vous me fatiguez » x) C’était en L2, y’a deux ans. Notre emploi du temps faisait que j’étais toujours avec mes deux amies, même pour le repas, tout le temps. Sauf que moi j’avais besoin de moments seule, pour penser, réfléchir, décompresser, parce que même avec mes amies c’est un peu dur parfois, on se dit jamais vraiment des choses bien intéressantes ou plutôt, comme je ne sais pas faire confiance je ne parle pas de moi donc ça restreint la possibilité de créer des liens forts. Alors j’ai dit qu’à partir de maintenant j’irais manger toute seule parce que j’en avais besoin. Je crois qu’elles ont été un peu vexées, qu’elles n’ont pas trop compris, mais au final elles ont respecté ça (elles avaient pas trop le choix en même temps).

    Comme toi je me sens à l’aise quand on est moins de 10, voire moins de 6. Le problème dans les grands groupes, et ça je l’ai remarqué dès le collège et je trouvais ça tellement hypocrite et stupide, c’est que ça forme de petits groupes de 3 ou 4 ce qui fait que le groupe de 10 ou de 15 n’est pas un vrai groupe de 10 ou de 15, c’est fluctuant, c’est plein de petits groupes dont le nombre et l’identité des membres fluctuent en fonction des conversations… je sais que c’est humain, naturel, tout ça, mais je ne peux pas m’empêcher de trouver ça con… puis le groupe oppresse, dans un grand groupe il faut faire comme tout le monde et on est vite exclus non pas par les autres mais par la dynamique de groupe. Un groupe a un fonctionnement particulier, qui n’est pas un fonctionnement d’un seul individu. L’exclusion d’une personne est à la fois due je pense à la personne (toi et moi ne sommes pas adaptées et donc ne jouons pas le jeu du groupe) et à la fois à la dynamique qui s’installe dans le groupe, qui est une dynamique où il faut à la fois se faire une place et être accepté par les autres. Si on se fait une place (en jouant le jeu) alors on sera accepté et, en étant accepté on peut se faire une place. Je n’ai jamais lu ni sociologie ni psychologie sur les dynamiques de groupes, donc ce n’est que remarque purement personnelle sur ce que j’ai pu constater et je ne pense pas être complètement à côté de la plaque.

    J’ai décidé d’abandonner. De ne pas me prendre la tête. Avec certaines personnes ça colle, avec d’autres ça ne colle pas, point barre. Ce n’est pas parce que je suis différente, inapte, inadaptée, que je ne vaux rien, que mon avis ne vaut rien, que ma façon de réfléchir et de voir le monde ne vaut rien. Je pense que je suis complémentaire des gens qui sont davantage dans la norme. Je fais les efforts minimum, bonjour, sourire, tout ça, et le reste tant pis. Là, la radio de mon Service Civique partage les locaux avec une télé citoyenne qui a pas mal de jeunes. Mais eux leur groupe est déjà formé, et j’ai rien à leur dire pour le moment… je vais pas me forcer… peut-être que je suis à part, dans mon monde, dans mon coin, mais si les autres ne sont pas capables de m’accepter comme je suis alors tant pis pour eux… de toute façon je repère très vite les personnes avec qui je peux ou pas bien m’entendre et je me trompe très rarement… les autres ont qu’à régler leur radar au lieu de s’efforcer de me parler x) (ou l’art de rejeter la faute sur les autres xD)

    1. Rozie Répondre

      Ah pour ça, moi, c’est l’inverse ! Quand quelqu’un pleure devant moi, j’ai très envie de le consoler et de le réconforter, vraiment. C’est juste que je ne sais pas comment m’y prendre alors je suis un peu gauche. Mais petit à petit, à force d’entraînement, je gère mieux ! ^^

      C’est vrai qu’on ne s’engage plus dans de grands débats et que j’évite aussi de le faire parce que quand on est face à des personnes qui ne veulent pas entendre autre chose que leur point de vue à elles c’est … L’horreur absolue. Du coup, je me lance sur des sujets « sensibles » avec des personnes que je sais ouvertes ou calmes (même si elles ne sont pas d’accord, elles ne se mettront pas en colère et ne deviendront pas insultantes .. !). C’est pas évident de lancer des débats et j’avoue que j’évite aussi. Je préfère les conversations où on ne parle pas de faits mais d’affects.

      Il est clair qu’on s’auto-exclue. Mais au bout d’un moment, l’effort coûte trop donc … Le petit coin de la pièce, il est très, très bien ! Ca me rappelle pleeeein de fois de ma vie, ça. Je fais tout pareil. Et depuis quelques années, comme toi, c’est devenu un automatisme. Quand je m’en rends compte, j’essaie de me dire « Ho, tu t’exclue toute seule, là, bouge ! » Mais quand je bouge, c’est pas mieux ^^ !

      Mais je n’ai jamais dit à personne que je préférais être seule qu’avec elles. Je pense que je ne l’ai jamais pensé, avec mes amis. Manger seule, j’ai l’impression d’être nappée de honte. J’essaie de me trouver une position de constitution mais je n’y arrive pas, et je dois faire plus peine qu’autre chose ! J’aime mieux être accompagnée. Souvent, j’aimerais trouver des gens qui ne sont pas gênés par le silence et juste être avec eux, mais sans rien se dire. Ce serait le pied ! On ne parlerait que quand il y aurait un réel intérêt.

      1. Melgane Répondre

        C’est pas non plus que je suis pas touchée hein ^^’ Mais je suis pas tactile, j’ai pas l’instinct… coeur de pierre x)

        Ouais mais les personnes qui ne veulent pas entendre autre chose que leur avis à elle ça compte pas comme un débatteur ! Après mon problème c’est pas tellement que les gens réagissent mal mais plutôt qu’ils ont pas l’air intéressés plus que ça par la conversation… même sans parler de débat (qui suppose que l’autre ne soit pas d’accord) les conversations ne vont pas souvent dans le fond… c’est aussi pour ça que j’aime bien préparer des émissions de radio, parce que je lis pleins d’articles de sociologie que je prendrais jamais le temps de lire sinon donc j’apprends plein de trucs (par exemple une potentielle raison de sociologie pour laquelle nombre de jeunes refusent la loi El Khomri et les réformes du marché du travail alors même que le marché du travail les désavantage plus que les autres), pleins d’angles d’analyse…

        Haha ! Moi je me dis de bouger au début, quand j’entre dans la pièce, j’y vais avec la molle intention de faire les choses « biens » puis à un moment je me retrouve toute seule et là ben… je déconnecte x) L’autre jour j’ai un peu regardé autour de moi, cherchant une voie, j’ai rien trouvé et je suis restée plantée toute seule en me disant que de l’extérieur je devais avoir l’air bien con plantée au milieu de la pièce x) mais alors quand je me retrouve toute seule je fais plus l’effort… c’est fichu, c’est trop tard x) (laissez-moi fuir).

        Ce n’est pas que je « préfère » être seule c’est plutôt que je « nécessite impétueusement » d’être seule. J’ai besoin de ma dose de solitude injectée en intraveineuse x) Avec un autre emploi du temps, ceux qui font que je suis seule dans certaines options, je mange avec mes amies parce que j’ai eu mon heure de solitude dans la journée, je suis contente et mon équilibre est sauvegardé. Je préfère pas être seule et je préfère pas être avec mes amies : c’est une question de besoin à un moment donné.
        Haha ! Je crois que je suis pas gênée par le silence… j’en sais rien… je crois que j’essaye de combler le silence parce que je me dis que les autres doivent être gênés… faudrait que je m’autoétudie sur ce point x)

  4. mautamau Répondre

    Coucou Rozie,
    Merci pour ce bel article honnête. Je n’ai pas souvent lu des gens qui ressentent la même chose que moi et qui l’expriment sincèrement. Moi aussi je me sens parfois inadaptée socialement, et j’en souffre. J’ai souvent honte de ma timidité et de mes difficultés à avoir une conversation banale, normale. Surtout avec les gens qui font des blagues tout le temps. En général ils me mettent mal à l’aise car je n’ai pas de repartie et je ne sais pas comment répondre aux blagues (encore moins en faire moi-même spontanément – sauf quand je suis avec quelqu’un de confiance). Avec le temps, on apprend à se connaître, et on identifie nos limites. Il faut parfois savoir dire non aux autres si on sait que ce qu’ils proposent sera trop pour nous. J’essaye maintenant de faire le tri : il y a des situations où j’accepte de faire un effort car ça vaut la peine (par exemple un week-end de fiançailles d’amis à nous, avec 20 personnes que je ne connais pas) et des situations où je considère que l’effort n’en vaut pas la chandelle et dans ce cas je n’y vais pas. Les gens qui nous aiment le comprendront.

    1. Rozie Répondre

      Aaah, la répartie des blagues ! Je n’en ai pas non plus. Donc je ris, et j’attends qu’il dise quelque chose d’autre ! Mais ça va mieux parce qu’avant c’était pire, je ne comprenais pas que les blagues étaient des blagues. Bonjour le moment de flou. Je me disais « Mais pourquoi il dit ça ? C’est bizarre et insultant, ou ça n’a rien à voir ! » J’ai réussi à développer mon deuxième et troisième degré même si ça n’est pas encore ça. Mon mari est un grand blagueur et j’en encore du mal, des fois, il me vexe ou je prends ce qu’il dit au pied de la lettre. Alors que .. C’est juste de l’humour que je ne saisis pas !

      J’ai fait ce genre d’effort, pour un enterrement de vie de jeune fille d’une amie. Ca s’est plutôt bien passé finalement, mais c’est clairement parce que c’était elle et que je connaissais vraiment une autre personne dont la présence me rassurait. Si un jour, l’une des amies d’Anthony se marie et m’invite à son EVJF, je n’irai pas, c’est sûr de sûr !
      D’ailleurs, je vais sans doute être invitée pour celui d’une de mes anciennes copines et je sais déjà que je ne vais pas y aller. Ca dépend aussi du « style » des personnes en question. A celui où je suis allée, je savais que les activités proposées me plairaient, attiseraient ma curiosité de la bonne façon (aux vues des super personnes qui ont planifié l’évènement). Pour celui de mon ancienne copine, je sais que ce sera tout l’inverse, donc je vais le fuir comme la peste ^^ !

      J’essaie de faire différemment avec les nouvelles personnes que je rencontre. J’essaie d’être complètement moi et de ne pas me conformer à ce qu’ils attendent de moi. Etre le plus sincère possible. Ca fait vraiment du bien ! Et c’est là qu’on se rend compte comme on ne l’était pas tout à fait avant .. C’est bizarre. Comme tu le dis, les gens qui nous aiment comprennent … !

  5. Céline Dehors Répondre

    Bonjour Rozie,
    Le portrait que tu dresses de tes relations et de ta manière de communiquer ressemble beaucoup à ce que je vis. Heureusement, j’ai beaucoup progressé sur le sujet (et un certain test m’a aussi beaucoup rassuré sur la question !) et j’ai trouvé une petite solution de mon côté pour le vivre bien : quand une relation longue me fait plus de mal que de bien, je l’évite, avec franchise. Je reste cordiale, présente si la personne en question a besoin d’une aide quelconque, mais j’éloigne ma personne, je ne m’investis pas et je ne m’interroge plus sur le « mais qu’est-ce qui cloche avec moi ? ». Comme toi, je me suis dit que je n’avais plus envie de faire l’effort absolu. Evidemment, cela n’est pas possible avec tout le monde. Je pense aux collègues de travail (que je n’ai pas encore, mais cela viendra bien un jour), aux voisins, et la famille. Pour me reposer de ces relations certes quand même plaisantes (ce n’est pas parce que je ne parle pas librement avec ma famille que je n’aime pas passer du temps avec eux) je me rue sur les relations qui me réchauffent le coeur. Comme tu l’as dit, on rencontre des gens merveilleux avec lesquels une connexion est possible. Je fonce dessus (tout en restant polie et respectueuse, autant que possible) et je ne les lâche plus ^^ J’ai toujours peur de devenir étouffante alors pour me rassurer je me dis que lorsqu’une relation sincère est fondée, les personnes que j’ai englué ont toujours et le savent, la possibilité de me dire : « non Céline, pas aujourd’hui, parce que… » (ou sans parce que… ça marche quand même).
    Bon, je viens de passer l’après-midi avec mon nouvel ami giga génial alors je suis très optimiste et toute joyeuse, c’est facile à dire pour moi aujourd’hui.
    J’ai passé le nouvel an le plus horrible de ma vie avec les amis de François. Lors de cette soirée, j’ai bien passé 40 min dans la cave pour m’isoler et pleurer ! Je ne pouvais pas entrer dans la seule pièce du petit chalet, j’étais trop atteinte et ils avaient mis la musique tellement forte… François a essayé de la baisser trois fois et à chaque fois ils la remontaient. François n’osait plus la baisser, il avait peur qu’on lui reproche. (et que je passe encore pour la relou de service, mais ça il ne l’a pas dit). Je ne pouvais rien faire du tout ! Finalement, François a accepté de partir vers 1h du matin. On lui a reproché. Et lorsque j’ai fait la bise à l’un de ses amis, il m’a brulé dans le cou avec son cigare ! La souffrance était sans fin… J’ai mis plusieurs jours à me remettre de cette épreuve. Vraiment, à me rappeler de cet épisode, je me demande comment j’ai pu rien qu’une fois participer à une autre fête/sortie avec eux… L’amour tout ça. Sûrement…

    1. Rozie Répondre

      Je me vois difficilement dire en toute franchise aux amis de mon mari (où à n’importe qui d’autre) que je n’aime pas participer aux fêtes. En fait, je l’ai déjà fait, et c’est un peu mal passé. Je trouve que c’est m’exclure encore plus et pointer du doigt le problème, et j’ai très peur qu’ils pensent que c’est un prétexte, ou que c’est complètement ridicule. Même pour mon mari c’est un peu dur à comprendre.

      Et puis, comme en général, les gens ne se réunissent vraiment que sous forme de fêtes, si je les évite toutes, je ne vois plus personne. Où alors il faudrait que je travaille à inviter les gens chez moi en petit comité, mais découper un groupe, c’est bizarre, non ? Par exemple, cette semaine, un des amis de mon mari va venir tout seul, et je m’en fais une joie ! Là, je sais que je vais apprécier.

      Mes collègues sont des personnes attachantes. Je sens que je peux construire quelque chose de super avec eux et c’est ce que j’essaie de faire. Ca marche pas trop mal, il commence à y avoir une belle complicité avec trois d’entre eux. L’envie est là. Je prenais l’exemple des conversations du midi parce que c’est flagrant (on est tous ensemble et on se dit toujours plus ou moins les mêmes choses). Mais dès qu’on se retrouve à deux ou trois, c’est la part belle aux confidences et c’est sympa !

      Et comme tu le dis, ce n’est pas parce qu’on ne parle pas de choses qui m’intéressent vraiment que ce n’est pas agréable. Sinon, ce serait bien triste.

      L’exemple que tu cites est parfait (et je suis bien triste que tu aies eu à le subir). Jusque-là j’ai plus ou moins réussi à ne jamais craquer comme ça. Quand je sens que ça ne va pas trop, je vais aux toilettes, j’y reste quelques minutes pour me « reposer » (les oreilles, les yeux, le cors, le cerveau …). Souffler un bon coup. Et puis c’est reparti. Je ne demande jamais à baisser le son pour éviter ce que tu décris, mais en général il n’est pas non plus trop explosif donc je gère. Par contre, l’heure de partir ou du coucher, c’est terrible ! On nous reproche toujours de partir les premiers mais … J’ai pas envie de rester plus, je suis déjà crevée et à partir de ce moment-là, plus rien n’est agréable.
      Le problème c’est que mon mari aimerait rester plus encore, donc je me force une heure ou deux de plus mais au bout d’un moment, c’est plus possible, il faut que je fuie ! Donc, c’est sûr que quand je n’y vais pas, ça le laisse totalement libre, il fait ce qu’il veut. Pour moi, c’est la meilleure des solution, mais je l’assume mal.

  6. Pétale Répondre

    Bonjour Rozie,

    J’ai ressenti parfois le sentiment de décalage.
    Moi, je ne me force plus. J’ai l’impression de me trahir lorsque je me force ou parle à des gens que je n’apprécie pas spécialement.
    Je trouve que le fait que tu sois fatiguée après des relations sociales ressemble à de l’introversion (différent de timidité).

    Il m’arrivais parfois de dire des trucs « stupides » et qui n’intéressaient personne ou peut-être ne trouvaient-ils rien à dire .
    Je pense que tu n’as as à te sentir « coupable ». Tout le monde n’est pas compatible comme tu le dis et ça n’a rien à voir avec de la méchanceté.
    Je pense aussi que chacun a le droit de faire penser dire ce qui lui plaît, et que ce qui convient à certaines personnes peut ne pas convenir à d’autres et que c’est un peu un manque de respect pour l’autre, vouloir le changer vouloir qu’il soit plus fêtard moins fêtard.
    Tu es « civilisée » à côté de moi, quand une situation ne me plaît pas et qu’on ne s’intéresse pas assez à moi à mon goût, je m’en vais.
    A la moindre chose que je considère comme une attaque ou une insulte ou un manque de respect, j’attaque.

    Ce qui est positif, c’est que tu as d’autres amis que ceux avec qui tu te sens mal à l’aise. Je pense que l’amitié etc… vient toute seule et qu’une fois « installée », un peu comme l’amour ça « s’entretient » (dixit la fille qui n’ a pas d’amis) et que si ça ne « marche pas », ça ne marche pas. Tu rencontreras peut-être d’autres personnes un peu plus tard et parmi elles, peut-être qu’avec certaines, ça « marchera » .

    Je pense qu’on peut évoluer, mais pas changer totalement.
    peut-être Est-ce une question de confiance en soi ?
    que pour ma part, je ne possède pas totalement, pas vraiment.
    Je crois que je ne comprendrais jamais le fait de se poser des questions comme ça, car je n’aime pas m’attarder sur les autres. C’est moi qui vit ma vie. Pourquoi s’ennuyer alors qu’on a qu’une vie.(dixit la fille qui n’est pas malheureuse, mais qui évite parfois l’introspection pour ne pas s’auto-blesser). Je ne prétend pas avoir la vérité ni m’en approcher, mais je crois que je passe à côté de ma vie à cause du prisme de la méfiance et surtout de la peur à travers lequel je vois l’existence, es autres et le monde.

    Je t’envoie des ondes positives.
    Bises.

    Pétale

    1. Rozie Répondre

      Bonjour Pétale,

      Je pense effectivement que je suis introvertie. Enfin … Ce n’est pas si évident parce que j’aime quand-même bien parler et je n’ai jamais peur de parler vraiment du fond des choses, au contraire. Par exemple, ma soeur est introvertie et elle, elle ne parle jamais de ce qu’elle ressent vraiment. Elle est très secrète et je n’ai pas l’impression que c’est mon cas ! Si on me demande, je dis les choses. C’est juste que je ne suis pas un moulin à paroles.

      Tu t’en vas ? Effectivement, ça doit être curieux pour les gens. Je n’oserais pas ! Mais en fait, tu as raison, à quoi sert-il de rester ? Moi, j’attends que l’autre parte donc en fait, c’est du pareil au même ! Et quand aucun de nous ne s’en va mais que nous sommes tous les deux gênés, ça donne des situations bizarres ! ^^

      Oui, j’ai des amis quand-même, et avec eux, ça se passe super bien. C’est ça qui est fou ! J’ai réussi à m’intégrer une fois, à faire complètement partie d’un groupe. Pourquoi je n’y arrive plus aujourd’hui ? Je me souviens qu’au début, ça m’avait couté beaucoup d’efforts, mais je ne le ressentais pas comme tel parce que j’en avais tellement envie ! C’était génial d’être pleinement intégrée à un groupe. J’ai l’impression que cette faculté-là s’est comme .. Envolée. C’est bizarre.

      Il doit clairement y avoir une histoire de confiance en soi. Une façon dont on se voit par rapport aux autres. Et en ce moment, je me vois « à part ». Ca a commencé que je suis entrée en fac. Je n’ai plus pu m’intégrer à aucun groupe, que ce soit à l’école, au travail, dans les loisirs … Le seul exemple d’intégration qui a fonctionné depuis, c’est avec ma belle-famille. C’est grâce à mon beau-père, en fait. Ca colle super bien entre nous. Du coup, les liens se créent naturellement avec tous les autres !

      Tu dis que tu n’as pas d’amis ?

      C’est un sujet sensible en ce moment, pour moi. A chaque fois qu’on en reparle avec mon mari, les larmes coulent toutes seules, sans raison apparentes. Il y a un truc à gratter là-dessous, et je déteste ne pas savoir pourquoi ça me touche autant. Je suis beaucoup dans l’introspection ces derniers temps. Ca fait mal parfois, mais ça finit toujours par faire du bien !

      Je t’envoie aussi des ondes positives. Je les reçois toujours quand je lis cette phrase que tu as pour moi ! Elle me fait du bien.

      Bises !

  7. maman délire Répondre

    Chère Rozie,
    pourquoi les autres ne t’accepteraient pas telle que tu es ? tu est une personne à part. tu es solaire, tu rayonnes et tu veux recevoir du rayonnement. les conversations pâlottes te fatiguent. Mais si tu expliquais tout simplement a ces amis que boire, c’est pas ton trip, et que jouer non plus ? alors c’est vrai, certains ne comprendront pas, diront que tu n’es pas « fun ». mon beau frère ( le frère de mon mari) adore jouer a des jeux de sociétés. avec sa femme, et maintenant avec ses filles, qui sont grandes. je n’aime pas ça. ils ont du mal à le comprendre, c’est vrai. depuis le temps qu’on se fréquente, ils adaptent, en me proposant quelques chose de simple, et basique ( parce que le magic, au secours !!!) et ça passe, je fais l’effort pour eux car c’est important pour eux, et ça n’arrive que 3 fois par an alors… beaucoup de gens ont du mal a comprendre qu’on ait pas la même passion qu’eux. et puis récemment il y a eu autre chose. mes amies sont venues a minuit chez moi, un samedi soir. j’étais couchée. elles étaient un peu (fortement ) bourrées. elles voulaient me voir, me dire qu’elles m’aimaient.. j’entendais a travers les volets : mais viens ! profite de la vie ! couchée un samedi soir a minuit ??? » je les ai rembarré vertement. j’ai compris quelques temps après qu’elles avaient atteint une valeur profonde chez moi. le respect, le droit a la différence, de ne pas s’éclater dans la vie comme elles. certaines me reprochent parfois de ne pas me lâcher en soirée. j’ai horreur de prévoir les choses, encore plus de « devoir » me lâcher ! si ca doit arriver, tant mieux, mais rien de pire pour moi qu’une soirée du 31 décembre ou il est obligatoire de se coucher a 5h du mat’. Alors voila, avec une je sais que je ne serai pas « amie » juste une copine, avec d’autres c’est diffèrent, elles ont compris. les choses sont sincères entre nous. Alors toi, reste comme tu es. et au travail, n’aies pas peur d’exprimer tes idées. le principal c’est de le dire posément, sans agresser la personne en face, et ça je sais que tu ne le fais pas. Les idées, dit les a la bonne personne, c’est ça l’important. les amis, finiront peut être par comprendre… sinon, c’est eux qui passent à coté de quelqu’un d’extraordinaire…

    1. Rozie Répondre

      Tu sais, ils sont vraiment sympas, et intéressants en plus de ça, les amis de mon mari. Ca ne me facilite pas la tâche, parce que s’ils étaient cons et pas agréables, j’aurais de vraies raisons de les fuir … ! ^^

      Je leur ai déjà expliqué que je ne bois pas. C’est accepté, mais il y a toujours ce « Ah, c’est dommage, quand-même ! » ou ce « Ce soir, on se met au défi de rendre Rozie saoûle ! » … Déjà, ça part mal. C’est dit sans méchanceté aucune, avec aucune arrière-pensée ou quoi derrière. C’est même pire parce qu’ils font ça « pour me bien ». Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. Mais moi, hop, même en sachant tout ça, la remarque m’irrite profondément.

      Et les jeux … J’en ai déjà parlé avec l’un d’eux qui me semblait être l’un des plus « ouverts » et je me suis entendue répondre qu’on pouvait changer si on le voulait. Ca m’a piqué. Evidemment que je fais l’effort. Ca doit être de l’ordre de 4 fois par an donc l’effort, je le fais. Mais je déteste ça et ça doit se voir.Ca ne me dérange pas de juste regarder la partie et d’attendre. Au contraire, en fait. Mais ça dérange tout le monde si je suis la seule à ne pas jouer alors bon … Je m’y colle bon gré mal gré.

      Il y a des jeux que j’ai appris à aimer même si je ne suis pas super à l’aise. Quand on joue, avec mes amis, ça se passe bien ! Sauf les jeux d’alcool, puisque je ne bois pas mais personne ne s’en offusque, je crois.
      Avec les amis de mon mari, je ressens énormément de compétition, de gagne et ils adorent les jeux de fourberie, dans lesquels on doit mentir, dissimuler. Ou tuer, voler, écraser l’autre. C’est l’essence même de la conception et de l’ambiance du truc qui me rebute. Ca me heurte. Ca ne m’amuse vraiment pas, même avec toute la bonne volonté du monde.

      Quand ils viennent chez moi, un par un, ça se passe toujours super bien. Les conversations sont supers,on rigole, on s’amuse. Mais quand c’est sous forme de fête (ce qui est malheureusement le plus fréquent), c’est vraiment l’enfer pour moi. Je te jure, si l’enfer existe et qu’il est personnifié, pour moi, ce sera une perpétuelle fête.

      Quant au travail … C’est en cours 😉 !

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