L’enfant que j’étais.

Mon père et moi, à Paris cet été …

J’étais une enfant …

Très sage. J’étais toujours « dans la lune ». Très peu bavarde, timide, mais « grande » chanteuse très tôt. J’obéissais, je ne demandais jamais rien à personne. J’étais si docile qu’à l’école, une autre petite fille m’avait choisie pour être son esclave et que j’ai obéi sans rien dire … Elle me demandait de la porter elle, ou son cartable et ses jouets. Elle me dirigeait complètement. Quand j’y repense, je comprends mieux certains évènements de ma vie !

Je jouais tout le temps seule, je m’inventais un château dans le ventre des lauriers et de nombreux amis imaginaires. J’ai successivement été Pocahontas, Nala (Le Roi Lion), Bloom (Winx Club) et Ondine (Pokemon). En général, je me targuais toujours d’être la rousse du groupe !

J’avais de nombreuses passions. Ca a commencé avec les félins. Je voulais tout savoir d’eux, connaître toutes les espèces dans les moindres détails. J’avais un classeur rempli de photos découpées ça et là, je me faisais des « fiches » (comportement, caractéristiques physiques, lieu de vie …), je me prenais pour un véritable chercheur/explorateur …
J’ai ensuite eu exactement les mêmes manies avec les minéraux. J’en avais une très belle collection et les connaissais comme le fond de ma poche ! Je regrette aujourd’hui d’avoir oublié.

Mes bêtises se comptent sur les doigts d’une main. J’en ai fait peu, mais j’en ai fait des belles !

J’ai coupé un fil électrique (de radio) avec une paire de ciseaux. Et là, vous vous demandez pourquoi je ne suis pas morte ? Les ciseaux étaient doublés de plastique au niveau des encoches pour les doigts … Je me souviens très bien de ce moment. J’étais toute seule, je découpais du papier pour en faire une guirlande et le fil me faisait de l’oeil. Je crois que c’est la seule fois de ma vie où j’ai voulu faire une connerie juste pour la défiance. Où l’appel de l’illicite était plus fort que tout.

Il y a eu un grand éclair bleu dans la pièce, un grand « PAF ! » et beaucoup de fumée. J’ai fermé les yeux. Quand je les ai rouverts, ma mère était devant moi et me secouait comme un prunier pour savoir si j’allais bien. A l’heure actuelle, mes parents ont toujours la paire de ciseaux. Ils sont rouges, et les lames ont fondu. Mythique.

Mon jouet préféré …

Les barbies, évidemment ! Et je n’en ai pas honte !

A la fin, j’en avais une bonne dizaine. Avec la boutique (Barbie vendeuse), toutes les tenues et chaussures et accessoires, la voiture, le « Ken », le bébé et ce qu’il faut pour s’en occuper, et j’en passe !

Ma préférée reste sans conteste ma Barbie-fée. Elle avait des ailes bleues pailletées magnifiques, elle pouvait voler. Je me souviens tout à fait quand je l’ai reçue, la fête de famille, le gâteau, et le moment merveilleux où je l’ai essayée pour la première fois. C’était de la pure magie ! Ca me rend très nostalgique d’y repenser … !

En revanche, je détestais les poupons. Je les avais en sainte horreur, limite si ça ne me donnait pas de l’urticaire (et je n’exagère pas vraiment !). Quand ma cousine m’obligeait à y jouer (c’est surtout que je n’osais pas dire non vu qu’elle ne s’amusait qu’avec ça), c’était le pire des supplices. Qu’est-ce que ça m’emmerdait !

Je me régalais de …

Hahaha, il faut la liste complète ?

J’adooooorais les Chocapic devant les Minikeum’s, sur ma table en plastique rouge, en rentrant de l’école à quatre heure et demie ! Je me ruais comme une folle dans le salon avec mes céréales, c’était tellement génial !

J’étais aussi en pâmoison devant les Kinder Country (précisément), et les tablettes de chocolat blanc, Galak ! Vous savez, celles avec les dauphins ?

En été, j’adorais me faire un « bébé rose » avec les copines. Qu’est-ce qu’on aimait ça, le parasol au dessus de nos têtes ! Si vous ne savez pas ce que c’est, voici la recette : un verre de lait froid dans lequel on verse une bonne dose de grenadine ! On mélange le tout avec une paille et …. Tadaa ! Bonne dégustation, messieurs dames !

Je me suis fait gronder parce que …

J’ai fait semblant d’avoir disparu. Voici le contexte :

Ma mère gardait ma meilleure amie en été. Comme je le disais plus haut, j’étais gentille donc j’étais la suiveuse, et elle, la meneuse ! Sa mère était venue la récupérer. Nos parents étaient très bons amis, si bien que pendant qu’ils discutaient, nous en avons profité pour nous faufiler sous les tombereaux en bois garés dans la vieille étable.

A la fin de la discussion, ils se sont mis à nous appeler. Logique. Et nous, nous n’avons rien trouvé de mieux que de rester cachées et de ne pas répondre. C’était drôle cinq minutes, mais quand j’ai compris qu’ils commençaient vraiment à paniquer, j’ai eu envie de sortir. C’était sans compter mon acolyte qui m’a retenue un bon moment !

J’ai fini par sortir et mon père, dans sa peur transformée en colère, m’a donné un bon coup de pied au cul. C’était la première, et la dernière fois qu’il levait la main (le pied !) sur moi. J’ai vraiment eu mal.

J’entends encore la mère de ma copine lui dire : « Mais non Gilles, la frappe-pas, elle n’a rien fait ! » Pas idiote, elle avait compris à qui je devais ma désobéissance et ma punition …

Je rêvais de …

Devenir chanteuse, clairement. Toute à ma passion pour Mylène Farmer, Christina Aguilera (« Come on over ! Come on over baby … ! »), Britney Spears et quelques autres. A l’époque, il y avait les « 100% » sur une des chaînes du cable. A 21 heures, pendant trente minutes, ils passaient tous les grands succès d’un chanteur/groupe. Il fallait me voir chanter et danser ! Je ne comprenais rien à l’anglais, mais je baraguinais quelque chose d’approchant, c’était drôle !

D’être un être magique aussi. Ca par contre, c’est bien resté et j’y arrive, à ma manière !

Je lisais …

Et bien pas grand-chose, étonnement !

Quand j’ai appris à lire, j’ai voulu dévorer tout ce que la bibliothèque nous proposait. Les histoires à visées éducatives qu’on faisait lire aux enfants m’ont satisfaite quelques semaines et puis … J’ai vite compris que c’était toujours la même chose. Donc, je savais super bien lire mais je ne trouvais rien d’assez intéressant à mon goût (sans vouloir paraître prétentieuse, c’est vraiment comme ça que je l’ai vécu !).

J’empruntais 10 livres par semaine. Je lisais le début dans l’espoir d’y trouver du changement, et puis j’abandonnais. J’ai accroché un moment sur les collections verte et rose et puis … Plus rien.

J’ai fini par croire que tous les livres racontaient toujours les mêmes histoires et je n’ai plus rien lu du tout (il faut dire que chez moi, il n’y avait aucun bouquin !), avant qu’une camarade de classe ne fasse un exposé sur « Métaphysique des tubes » d’Amélie Nothomb.

J’avais 14 ans, elle avait raté son exposé mais piqué ma curiosité. Et là, tout un pan s’est ouvert à moi pour ne plus jamais se refermer !

Si l’enfant que j’étais trouvait mon moi de maintenant …

J’imagine qu’elle serait très fière et hyper admirative !

… Oui, je me lance des fleurs, mais j’ai le droit ! …

Elle trouverait une petite nana qui s’épanouit, qui a une maison magique, qui s’habille avec des robes et des fleurs, qu’a les cheveux longs, un super amoureux, un petit chien incroyable … Qui tisse un lien fou avec le monde, qui « est », pour ses petits yeux d’enfant, un être magique.

Vous aurez compris que je suis très satisfaite de celle que je suis et qu’à aucun moment je n’ai l’impression d’avoir trahi l’enfant que j’étais, ni oublié ses aspirations. Bien au contraire !

Ca, c’est du point de vue de l’enfant, donc.

L’adulte ne dirait jamais à l’enfant qui elle est. Pour garder la surprise et toute la magie (oui, j’y tiens !) qui en découlerait au moment de la redécouverte.

Mais si l’enfant comprenait d’elle-même, alors l’adulte lui dirait qu’elle est géniale et qu’elle le restera ! Elle lui dirait aussi : « Ca ira mieux avec ta soeur, c’est promis. » Elle ne dévoilerait rien d’autre.

Ce serait génial de pouvoir me rencontrer plus jeune ou plus vieille. J’aimerais beaucoup !

Picou, je trouve l’idée de ce TAG « L’enfant que j’étais … » merveilleuse ! Voici ma réponse :). J’adore lire celles des autres, c’est tout particulier. Très chouette !

Et vous, vous participez ? C’était comment, l’enfance ?


6 thoughts on “L’enfant que j’étais.

  1. Marie Kléber Répondre

    C’est bien même très bien d’être fière de la personne qu’on est devenue Rozie!
    J’aime beaucoup le terme « bébé-rose » – j’ai toujours adoré le lait-grenadine c’est lié à un souvenir d’enfance que je chéris.
    La photo est très jolie

    1. Rozie Répondre

      Merci Marie !

      J’aime bien aussi, bébé rose. Aujourd’hui, je n’en boirais plus ! C’est étonnant parce que j’ai un souvenir très précis du goût que ça a, et un bon. Mais ça ne me donne plus envie comme avant. Un chouette souvenir !

  2. Ornella Répondre

    AAAAAH, j’ai tellement ri sur le passage des poupons. J’ai dégoûté ma mère moi aussi parce que je ne jouais pas du tout avec eux. Je pouvais les promener dans des poussettes ou des bandeaux anglais mais rien que dalle ! Je les trouvais moches avec leur bouche mi-ouverte et leurs billes qui roulaient dans leurs orbites. J’aimais bien leur odeur par contre, l’odeur du plastique dans lequel ils étaient faits. Les cils en poils de sangliers tout collés me servaient de brosse à ongles, limite. Je préférais 100 fois mes barbies moi aussi. Celle avec son carrosse et ses chevaux, Barbie Raiponce avec ses longs cheveux. Ou Cindy qui nageait dans mon bain.

    J’adore raser la barbe de Ken avec le rasoir thermique, un brillante invention.

    Comme toi, je chantais à tue-tête et saoulait tout le monde dès toute petite.

    Et puis les Mini Keum’s quoi ! Quand France 3 a arrêté et a commencé à déconner avec les programmes du matin, j’ai cru mourir.

    1. Rozie Répondre

      Hahahaha ! Les poupons me dégoutent vraiment, aujourd’hui encore. Je les trouve trop bizarres, limite si je n’ai pas l’impression que c’est malsain, ces bébés qui sourient avec des joues botoxées, une grosse tête et un corps tout mou, et des paupières qui clignent toutes seules. Ca me met vraiment très mal à l’aise, les poupons. Même le mot me rebute !

      Je me souviens que mes parents nous avaient fait visité le musée de la poupée. Il y avait toute une partie du parcours pleine de poupons de tous les âges. Pas un pour rattraper l’autre ! J’ai sauté la section et attendu sagement devant la partie concernant les poupées en porcelaine.

      Ca me rappelle un épisode tout ça, de Les Malheurs de Sophie. Elle avait laissé sa poupée de cire au soleil. Elle avait fondu et perdu un oeil. Ca m’avait marquée ! Bref.

      Ah non, leur odeur non plus, je ne PEUX PAS.

      Le rasoir thermique … Je me souviens de la pub à la TV ! Comme le truc où on peut teindre les cheveux de Barbie à l’infini et ou elle a ses cheveux qui repoussent. Ils ne sont pas avares sur les originalités, c’est le moins qu’on puisse dire !

  3. Sandra Répondre

    On s’est donné le mot pour écrire l’article aujourd’hui ! Oui je trouve ce TAG super et il permet vraiment d’apprendre des choses intéressantes 🙂 ah je rêvais aussi de devenir chanteuse mais bon ce n’était qu’un rêve ah ah !

    Bon dimanche, bises 🙂

    1. Rozie Répondre

      Oui, c’est vrai ! J’adore lire ces articles, tomber dans l’enfance des autres … Je trouve ça chouette !

      Belle semaine à toi, Sandra !

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