Le syndrome de l’infirmière.

Coeur

Avant même que nous ne soyons ensemble,  D. m’a rapidement dévoilé ses failles. Il semblait attendre de moi une réparation, et cette idée est devenue un leitmotiv martelé dans mon esprit. J’avais un défi à relever : rendre cet homme heureux, panser toutes ses blessures, lui prouver que la vie vaut la peine d’être vécue. Il me fallait un but pour avancer, il m’en proposait un. Telle était ma quête (*musique*).

Son âme meurtrie, son corps malmené avaient besoin d’une infirmière, et j’allais mettre toute mon énergie au service de cette ample tâche. D. ne croyait pas au bonheur. Pour lui, la vie n’était qu’une suite de désillusions qui le mèneraient à sa perte, quoi qu’il advienne. Il me confiait son parcours jonché d’obstacles, tantôt harcelé dans la cour de l’école, tantôt trahi par ses ex-amies. Incompris et pauvre, même son corps le lâchait. Sa vue se troublait de jour en jour, mais ça ne l’empêchait pas de se droguer pour autant. D. n’avait confiance en personne et crachait sur le reste du monde. Tout ce qui l’entourait était nécessairement néfaste à son épanouissement, et chacun de ses échecs lui rappelait qu’il n’avait pas sa place parmi nous.

Je devais changer sa vision du monde, un travail fastidieux. Pour y parvenir, j’ai d’abord mis mon argent à contribution. Nous sortions à chaque fois que nous passions du temps ensemble, à mes frais. Il s’agissait surtout de nourriture : il ne pouvait pas m’inviter, alors je payais de bon coeur. Plus tard, quand j’ai pu avoir accès à son appartement, j’ai fait le ménage et un peu de rangement pour qu’il n’ait pas à se soucier de ça. J’allais au supermarché du coin, j’achetais ses aliments de prédilection, je préparais les repas. Je faisais toujours le déplacement jusqu’à son domicile pour qu’il ne se fatigue pas à me retrouver chez moi. Je mettais tout en oeuvre pour qu’il en fasse le moins possible, une parfaite petite ménagère. J’étais fière de lui éviter ces « souffrances », et heureuse de réussir à le faire sourire dans temps en temps.

Mais il souriait peu et ne me remerciait jamais. J’ai décidé de prendre le problème à bras le corps et d’user d’un peu de philosophie. « Regarde ce soleil, aujourd’hui, c’est magnifique ! Si nous allions en profiter ? » Il me répondait avec sarcasme qu’il faisait trop chaud pour marcher, que le soleil était l’un de ses pires ennemis, et qu’il préférait ne pas se mouvoir. Je tentais alors de porter son attention sur autre chose, afin qu’il dénote le positif lové en chaque situation. S’il pouvait appréhender le monde à travers mes yeux, ne serait-ce qu’une minute, il comprendrait. Il m’avait choisie, moi, jeune fille pleine de joie, fervente croyante du bonheur. N’était-ce pas dans une quête d’épanouissement ?

Petit à petit,  il s’est mis à se servir de moi comme d’une auxiliaire de vie, à la différence près qu’il n’était ni handicapé, ni malade, ni âgé. Je le massais le soir avant que nous nous endormions. Je devais l’emmener aux urgences lorsqu’il souffrait « atrocement ». Je prévenais le moindre de ses maux, physique ou psychique, anticipait chacun de ses gestes et les conséquences forcément malheureuses qu’ils engendreraient. Je le consolais quand ça n’allait pas, le rassurait comme un enfant. Je répondais indubitablement présente s’il avait besoin de moi. Que je sois au travail ou tranquille à la maison. Que ce soit pour du linge à faire tourner ou pour l’accompagner en soirée.

Je devais tenir ce rôle et j’étais l’arbre qu’il gangrenait. Toute mon énergie, toute ma force, tout mon courage se sont vus avalés par le puits sans fond qu’il incarnait. Il me vampirisait et buvait ma motivation sans en être jamais repu. Rendre cet homme heureux était une mission impossible, à croire qu’il faisait exprès de ne jamais remonter la pente pour que je continue à le pousser. Chacune de mes tentatives annonçait un cuisant échec et de rudes remontrances. Plutôt que de me remercier pour ma persévérance, D. m’envoyait six pieds sous terre. Rien ne le contentait, et ma personnalité « frivole » commençait à sérieusement l’agacer.

C’était donc ça ! Il voulait m’emmener au fond du gouffre, avec lui. Plus je souhaitais l’en tirer, plus je glissais sous son poids. Je devais me rendre à l’évidence, et le constat qui s’imposait me glaçait les sangs : il fallait que je le lâche si je ne souhaitais pas périr moi aussi. Quelle affreuse défaite … J’avais failli dans ma mission. Je croyais tant en être capable. D’ailleurs, j’en étais encore persuadée, alors pourquoi cela ne fonctionnait-il pas ?

J’étais désolée. C’était tellement difficile de l’admettre. Je me sentais nulle, inutile, sans saveurs. Il me rabaissait et je me flagellais plus encore. Il voulait que j’arrête de vouloir le changer, et me demandait  quand-même l’accès au bonheur. Je me perdais dans les méandres de ses désirs et m’oubliais peu à peu …

Le syndrome de l’infirmière. Voilà le mal dont j’étais atteinte, qui me poussait à vouloir sauver la mauvaise personne. C’est en partie pour ça qu’il m’avait choisie. Sans ce désir puissant de vouloir être le pilier de quelqu’un, je ne serais probablement pas tombée si aisément dans le cercle tourbillonnant des violences conjugales.

L’ironie du sort veut que finalement, c’est moi qu’on a sauvé. La vie est pleine de surprises, n’est-ce pas ?

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27 thoughts on “Le syndrome de l’infirmière.

  1. MissTexas Répondre

    Je te lis depuis quelques temps et il est temps que je te le dise : tu écris vraiment, vraiment très bien, d’autant plus que les sujets que tu traites sont souvent difficiles. Tu arrives à transmettre tes émotions de manière très émouvante. Je suis sûre que tu pourrais apporter beaucoup à toutes les femmes qui passent par ce que tu as vécu. Belle continuation à toi !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup pour ce message qui me met du baume au cœur ! Ça me fait vraiment plaisir. J’espère leur apporter un peu. Belle continuation à toi aussi !

  2. Illyria Répondre

    Un cas classique ce que tu décris 🙂 c’est bien que tu nous en fasses part et que tu en aies pris conscience. C’est difficile de s’éloigner de cette tendance à vouloir aider, sauver les autres, mais c’est nécessaire. Surtout qu’on ne peut rien faire pour eux. Si eux ne veulent pas changer, alors quelque soit la volonté que tu y mets, rien ne changera jamais.
    C’est intéressant et très pertinent de lire tes articles qui expliquent en détail ce qu’est une relation de dépendance affective, continue à le faire 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup Illyria ! Oui c’est très classique effectivement et malheureusement. On finit par s’en rendre compte mais on n’arrive pas à en sortir pour autant. Vivre pour soi ça s’apprend !

  3. LeMerlanFrit (Fanny) Répondre

    Tiens moi je l’appelais le syndrome du sauveur. Heureusement je n’ai jamais eu à le vivre dans le couple, uniquement en amitié. Mais bon sang qu’est-ce que j’ai pu perdre comme temps et comme énergie avec certains… Il n’y a pas à dire, chacun soit être acteur de sa vie, se reposer sur les autres pour espérer s’en sortir c’est illusoire. J’ai perdu des amis comme cela, mais tant pis.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Le syndrome du sauveur, j’avais jamais entendu mais on dirait bien que c’est la même chose, oui ! Il vaut mieux perdre des amis et vivre pour soi je crois.. Ça finit toujours mal quand on se donne corps et âme. Sauf peut-être en amour, parce que c’est réciproque !

  4. Marie Kléber Répondre

    Mot pour mot je me suis reconnue dans ta description. Le sauver. Et faire de sa vie quelque chose de mieux que ce qu’il avait connu jusque là.
    D’ailleurs dans mon roman qui sortira en 2017 j’espère, j’écris ça:

     » Je me suis appropriée son histoire. J’ai eu mal pour lui, devant l’étendue du chemin parcouru et des embûches auxquelles il avait dû faire face […]. J’ai été prise de compassion aigue pour son être, abîmé par la vie […] Je suis tombée amoureuse de sa mélancolie, de sa douleur […]

    […] J’ai endossé ma blouse blanche pour la bonne cause. J’ai choisi de le protéger, de lui offrir mieux que ce qu’il avait connu. J’ai voulu qu’il continue le chemin avec de plus beaux souvenirs que ceux emmagasinés jusqu’alors. J’ai voulu le sauver de lui-même, de la férocité de la vie, de la course folle du temps. Je me suis totalement oubliée dans ce calcul savant.  »

    Ce qui compte c’est la chute, le fait que tu ai été sauvée. Ces personnes sont extrêmement nocives Rozie. Et le pire c’est souvent qu’elles choisissent des personnes gaies, souriantes pour cibles, pour les emporter dans leur chute et ensuite leur reprocher de ne pas être à la hauteur de la mission.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je crois que je vais le lire, ton livre, dès qu’il sera sorti. Ca me fera du bien.
      Nocives .. Et encore, je trouve que le mot est faible.
      C’est incroyable comme certaines histoires sont similaires. C’en est presque effrayant. Ca dénote un fonctionnement de « robot » chez ces personnes, que notre psychologie n’arrive pas à comprendre et déceler au premier abord.

  5. voguidor donna Répondre

    Tu as vraiment une belle plume, et tu m’as émue.
    Les mots me manquent même…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup. Ca me fait du bien de lire ça :).

  6. Floriane Lov'in it Répondre

    Très joli texte même si l’histoire en elle -même est assez dramatique mais c’est vrai qu’on a souvent tendance à croire que l’on peut changer ou sauver les gens mais encore faut-il qu’ils le veulent

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci !
      Oui, encore faut-il qu’ils le veuillent .. Ils exigent qu’on les rendent heureux mais ne veulent rien changer. C’est incompréhensible et ça crée ce genre d’histoires sans queue ni tête.

  7. Amélie Répondre

    Les PN… Ce fléau… J’en ai connu un, mais je ressentais ses demandes comme celles d’un enfant qui a besoin de sa mère, et qui redevenait un homme abusif quand il n’obtenait pas ce qu’il voulait… Heureusement, il y a tellement d’hommes merveilleux à côté 😉
    J’en suis revenue, OUF!

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est ça. Un enfant à rassurer et un homme violent. C’est très déstabilisant ! Et oui, heureusement, il y a aussi des personnes merveilleuses dans ce monde !

  8. les petites idées de Mity Répondre

    très joli texte, assez intelligent je trouve, tu aurais pu être tellement en colère… mais non, ton recul m’impressionne

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup. J’ai été très en colère, j’ai voulu qu’il crève, j’ai voulu me venger… Mais j’ai rapidement compris que je ne pourrais pas avancer comme ça et qu’il fallait que je pardonne et que je comprenne pour avancer. Difficile mais nécessaire.

  9. themetis Répondre

    Heureusement, tu t’en es sortie. Le plus grand pas est de reconnaître une situation toxique. après, il faut avoir le courage de partir…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Tu as raison. Et je pense même que partir est l’étape la plus rude ..

  10. Illyria Répondre

    Tiens en redicustant avec N., je le vois revenir ce fameux syndrome de l’infirmière… Sauf que cette fois je le connais donc je vais pas refaire la même chose ^^ (encore heureux) (il a pas du tout confiance en lui tout ça)
    Mais c’est fou cette envie de vouloir aider quelqu’un à aller mieux alors que cette personne n’en manifeste pas l’envie et qu’on ne peut rien faire pour elle… Ca permet de se concentrer sur quelqu’un d’autre que sur soi, et ça permet de se détourner de soi en plus… Je me demande bien d’où ça vient cette envie de vouloir aider certaines personnes, pourquoi on n’est plus sensible à certains qu’à d’autres…
    Mais en tout cas, je me rends compte que c’est définitivement impossible de maintenir une relation avec une personne comme ça, la seule chose à faire c’est des les éviter et de fuir, il ne pourra JAMAIS y avoir une relation équilibrée et mature…
    Et je comprends le piège aussi, de se dire que « mais si en faisant ça, en faisant preuve de patience, de compréhension tout ça blabla il pourra changer et on pourra avoir une relation équilibrée »… L’espoir que ça aille mieux, c’est tellement piégeant…
    Enfin voilà le fait de lui reparler ça me refait réfléchir sur tout ce qu’on a vécu et je me rends compte que toute relation (amicale) est définitivement impossible entre nous ^^ Et en te relisant je me rends compte que j’étais comme ça aussi (même si pas autant puisque c’était une relation virtuelle), mais c’est exactement ça… Donc remerci pour cet article ^^ (et moi j’arrête de faire des conneries et d’user mon énergie pour une personne qui n’en vaut pas la peine)

  11. Illyria Répondre

    Et donc ça ne fonctionne pas tout simplement parce que ce sont des personnes qui ne veulent pas changer, qui ne veulent pas aller mieux… Ils préfèrent se complaire dans leurs difficultés et être plaint plutôt que de se bouger eux mêmes… C’est TELLEMENT PLUS FACILE d’avoir quelqu’un qui, tu le sais, seras toujours là pour toi à te conseiller, à t’aider, à te porter plutôt que de prendre toi même la responsabilité de ta vie. C’est tellement plus facile… (mais ils se trompent totalement en fait)
    Ca me fait penser à la discussion qu’on a eu N. et moi. Il avait fait part de son désir d’être végétarien mais que son corps n’arrivait pas à s’adapter à l’absence de viande, bla bla bla. Donc je l’ai contacté puisque je suis moi aussi végétarienne. Il m’a expliqué et j’ai compris que si son corps vivait mal l’absence de viande, c’est juste parce qu’il ne compensait pas le manque d’apports. Et là il m’a sorti « ça donne pas envie tes aliments là :'( » (en parlant des légumineuses et des steaks de céréales pour remplacer la viande) « j’ai une alimentation chaotique mais je ne peux changer ça, je suis un faible ^^ » « aller dans un restaurant végé, mais c’est la fin de ma vie :'( » Donc tu vois, il aimerait adopter un changement dans sa vie mais il se sabote lui même en se trouvant des excuses et en faisant sa victime. Comment tu veux aider des personnes comme ça? C’est impossible ! Elles ne peuvent même pas s’aider elles-mêmes, donc comment une autre personne pourrait le faire?

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Tu rediscutes avec lui, du coup ?
      Ce que tu décris correspond parfaitement à ce que j’ai pu vivre et constater avec D. C’était comme ça pour tous les paramètres de sa vie. « Je suis trop pauvre, je vais devenir aveugle, j’ai mal partout, personne ne m’aime, les autres sont tous des connards … » J’avais les solutions, mais si je ne les appliquais pas pour lui, il ne faisait rien. Et j’avais beau essayer de les appliquer pour lui améliorer la vie, ça ne fonctionnait jamais … Parce qu’en son for intérieur, il n’avait absolument pas envie d’aller mieux. Il souhaitait juste être considéré en victime. Il souhaitait juste que j’aille mal avec lui et que je le traite comme un prince même si ce n’était jamais assez bien ! C’était épuisant, démoralisant. Incompréhensible.
      C’est le cas typique du syndrome de l’infirmière, on a besoin de guérir quelqu’un pour se valoriser alors on va être attirée par ceux qui semblent terriblement malheureux mais qui ne souhaitent pas être aidés. C’est terrible !
      Merci à toi pour le partage de ton expérience et ravie qu’un de mes articles puisse être utile à quelqu’un !

      1. Illyria Répondre

        On a continué un peu à discuter oui parce que je pensais réussir à être neutre vis à vis de lui, mais en fait j’en suis incapable, je retombe dans les mêmes travers que j’ai toujours eu avec lui, donc bon… Inutile de persister ^^
        Et oui en effet je vois pour D. … Pauvre petite chose x) c’est juste ce que tu dis « il souhaitait juste être considéré en victime » et « il souhaitait que je le traite comme un prince », c’est très juste…
        Et c’est intéressant ce que tu dis, le fait de vouloir guérir qqn pour se valoriser. Mais au final avec des personnes comme ça, ça fait l’effet inverse puisque rien ne marche avec elles…
        Merci à toi aussi, c’est intéressant de discuter avec toi!

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Je ne peux que te conseiller de ne surtout pas persister en effet. J’ai souvent été tentée de recontacter D. pour lui dire ses 4 vérités, dans un besoin de réponse, mais je me suis retenue. Je savais que ça lui redonnerait une place et qu’il en profiterait pour faire voler en éclat mon nouvel équilibre.
          Oui, ça a complètement l’effet inverse, et on culpabilise parce qu’on y arrive pas, et on se dit « c’est moi le problème » … Un cercle vicieux, ça n’en finit jamais, ou alors très mal.
          J’aime bien discuter, c’est à ça que sert ce blog 😉 !

          1. Illyria

            Ah oui tu as bien fait de ne pas le contacter! Une fois la conversation engagée avec des gens comme eux, c’est dur d’arreter ^^ Et puis ça n’aurait servi à rien, ils ne sont pas capables de changer, donc qu’une personne leur dise ce qu’elle pense d’eux, ça ne va pas vraiment les atteindre, et ils trouveront bien quelqu’un d’autre qui recommencera pareil… C’est plutôt pour nous soulager nous qu’on a envie de leur dire ce qu’on en pense, vu comme on est frustré par la situation…
            Merci pour tes conseils 🙂 même quand on le sait, c’est bien que quelqu’un nous le (re)dise ^^

          2. Rozie & Colibri

            C’est très dur d’arrêter, oui.
            Tu as raison, c’est plus une démarche pour se soulager et se prouver quelque chose à soi, et pour vider son sac. Mais (en tout cas pour D.) ça ne servirait pas. Il ne se remettrait pas en question, ou alors le temps de quelques secondes pour reléguer tout ça vite fait bien fait au placard et encore retourner le tout pour devenir la victime à coup « C’est ça que tu penses de moi, tu me crois si cruel alors que je t’ai aimée, même toi tu me dénigres … » et j’en passe. Ca me fatigue par avance, mais je dois bien avouer que souvent, ça me démange aussi.
            Mais je t’en prie ! Oui, savoir ne suffit pas dans ces cas là, il nous faut des proches attentifs qui nous empêcheront de recommencer …

  12. girlinbike Répondre

    bonjour

    je sors récemment d’une relation toxique comme décrite « exactement » par vous et je vous remercie d’avoir partagé tout ça car je me suis sentie seule et finalement devenir dingue et je me suis demandée à terme si c’était pas moi la PN pour le coup, tellement la diatribe de mon PN est éloquente.
    A ce jour, j’ai tout perdu ma situation sociale professionnelle, mon orgueil, mon euphorie j’ai failli perdre ma fille aussi. Une totale regression , j’en suis honteuse . Je suis finalement arrivée à couper tout contact avec lui mais je traine encore sous son emprise et n’arrive plus a retrouver mon énergie . J’ai du mal à en parler aux personnes qui ont connu notre couple j’ai peur de passer pour l’hystérique.
    Le » syndrome de l’infirmière » a été une révelation car « tout colle » et je comprends mieux
    Enfin …voila je voulais juste dire ça …et vous remercier encore pour votre article très bien écrit

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Bonjour,

      Je vous en prie. Je suis vraiment « contente » que mes mots puissent soulager et aider d’autres personnes qui vivent ou qui ont récemment vécu ça. C’est le but :).

      Je comprends tout à fait ce que vous décrivez. Moi aussi, je me suis demandée si ce n’était pas moi la PN. Mais c’est justement parce que vous vous posez la question que vous n’en êtes pas une. Le vrai PN ne se posera jamais la question.
      IL ne faut pas avoir honte .. Je comprends ce sentiment, je l’ai ressenti aussi. Mais ce n’est pas de votre faute, c’est de la sienne.
      Il va vous falloir du temps, mais vous allez y arriver. Faites-vous aider !
      Si ça peut vous soulager d’en parler et d’écrire, je publie aussi ici des témoignages anonymes.

      Lever le voile, et dire la vérité à ses proches, c’est très difficile. Cela dit, c’est un pas nécessaire et ça vous fera sans doute du bien, d’être reconnue comme la victime. Ils finiront par savoir … Ne gardez pas ce secret. Face à votre souffrance, ils comprendront que vous dites la vérité (du moins je l’espère !). Personnellement, j’ai coupé les ponts avec sa famille et ses amis, et j’ai annoncé la vérité à mes proches. Ca leur a fait mal, mais ils m’ont épaulée et leur aide et leur soutien m’ont été précieux pour retrouver cette énergie que vous avez perdue.

      Courage, vous n’êtes pas seule !

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