Le meilleur de mes anniversaires.

Gateau anniversaire

Auparavant, je n’appréciais pas de fêter mon anniversaire. A cette date, les messages et les cartes me laissaient un pincement au coeur dont j’ignorais l’origine.

J’étais triste et nostalgique. Je n’ai réellement fêté cette date que pour ma dixième année. J’avais invité toutes mes copines et l’après-midi termina en eau de boudin, incapables qu’elles étaient de toutes s’apprécier ne serait-ce qu’une demie-journée. Je l’avais également fêté en famille, sous la pression parentale. Mes parents m’obligèrent à appeler chacun des convives personnellement. J’en garde un souvenir … amer.

Heureusement, le présent que je reçus cette année-là ravala toutes mes peines. Je m’éveillais tranquille, comme à l’accoutumée, quand j’ai remarqué qu’un paquet ornait ma table de nuit. La surprise m’enchanta. Je l’ouvris et découvris un beau livre dans lequel se cachait une carte. Ne m’attendant pas à plus de mots que les fameux « Joyeux anniversaire ma fille chérie », quelle ne fut pas ma surprise d’y découvrir un magnifique poème relatant le soir de ma naissance. Touchée en plein coeur, je pleurais de reconnaissance à l’aube de mes dix ans, seule dans mon lit. Aujourd’hui, je les connais par coeur ces vers qui me tirèrent des larmes de bonheur. Je garde cette carte religieusement, elle est mon talisman, la preuve (s’il en fallait une) de l’amour inconditionnel que me porteront toujours mes parents. Le plus merveilleux des cadeaux.

Papa et Maman me contraignirent également à fêter mes vingt ans. Ils passèrent outre mes refus et je me retrouvais dans le jardin, un gâteau face à mes joues rougies, devant une foule d’objectifs immortalisant l’instant. Finalement c’était une journée sympa, mais je ressens une incommensurable déception lorsque j’y repense. C’était la pire année de ma vie qu’on fêtait contre mon gré, et D., mon bourreau, était présent.

Je dus attendre une année encore pour vivre la soirée d’anniversaire dont j’avais toujours rêvé. Les affres du cauchemar se dissipaient pour laisser place à la lumière de l’idylle, j’étais amoureuse. Enfin je rencontrais l’homme qui me correspondait, qui prenait soin de moi, me traitant chaque jour un peu plus comme la princesse qu’il imaginait que j’étais. Je ne savais pas ce qu’il avait prévu, de mon côté je l’avais prévenu : « Tu sais, je ne suis pas douée pour fêter mon anniversaire, je n’aime pas trop ça. »

Je m’étais tout de même embellie pour l’occasion et le rejoignais chez lui, dans les rues longeant les berges du Rhône, sous la chaleur étouffante du mois d’août. Comment allions-nous passer la soirée ? Il suffit parfois d’un rien pour que la magie opère.

Passées les embrassades chaloupées des retrouvailles, nous nous sommes promenés dans les allées aux saveurs multiples. Qu’aimerions-nous goûter ? Une cuisine traditionnelle, des plats d’Italie ou le charme asiatique ? Mon amoureux a la particularité de ne choisir un restaurant que par sa décoration, il déguste avec les yeux. Nous choisîmes donc un lieu alliant le moderne à la pierre de taille, fait de tableaux et de verre, mêlant le rouge passion aux poutres abruptes. Le fumet des buffets nous embaumait, il y avait là de quoi nous régaler.

Nous discutions tranquillement quand mon interlocuteur regarda derrière moi d’un air grave : il semblait se passer un inquiétant évènement dans la rue à laquelle je tournais le dos. Je me retournais donc, curieuse, et face au désert des pavés, reprenais place en demandant des explications. Un sourire en coin, le voilà qui me désignait ma serviette du menton. Je baissais les yeux. Sourire. « Qu’est-ce que c’est ? »

Une boite à bijou m’attendait. Je n’avais jamais reçu d’or ni d’argent de la part d’un de mes prétendants, et je dois bien l’avouer, ça me manquait quelque peu. « Joyeux anniversaire (*musique*) ! » Ses yeux pétillaient, ils oscillaient entre joie et crainte que le présent ne me déplaise. Un collier. Un joli pendentif en argent orné de délicates pierres blanches. Et voilà. Il avait réussi encore une fois. Il m’avait renvoyée dans un rêve.

« Il te plait ? » Comment aurais-je pu répondre par la négative ! J’entrepris directement de le porter, et c’est non sans une certaine fierté que cette année-là, lorsqu’on me demandait ce que j’avais reçu pour mon anniversaire, je dégainais le scintillant pendentif.

Le reste de la nuit fut aussi doux que ses prémices. Depuis ce jour, j’adore fêter mon anniversaire, parce que je sais que l’homme qui est désormais mon mari me le fête avec goût. Je ne suis pas gênée avec lui, ses présents me font toujours plaisir, même quand ils sont ratés. L’année suivante, par exemple, il souhaita m’emmener au sommet des monts d’Or, il voulait m’offrir un souvenir, mais la batterie de la voiture en décida autrement. Qu’importe, c’est l’intention qui compte !

On dit que lorsqu’on trouve la bonne personne, tout se passe bien. C’est vrai. D. ne m’offrit pas de cadeau la première année parce que « Tu comprends, c’est trop tôt, ça ne sert à rien de gaspiller de l’argent si on n’est plus ensemble dans quelques mois ». J’aurais préféré qu’il me dise qu’il n’avait pas assez d’argent, je ne l’aurais pas mal pris et souvent, les cadeaux les moins chers sont ceux qui touchent le plus.

Aujourd’hui encore, je porte régulièrement ce bijou. Depuis lors, de nombreux acolytes sont venus le rejoindre, si bien que mon mari a dû m’offrir un jolie boite pour tous les contenir ! J’en ai déjà assez reçu pour toute une vie, mais je ne lui dis pas, ça gâcherait mon plaisir …

Cette année, je fête mon anniversaire en m’offrant ce blog. J’espère qu’il connaitra les lecteurs que modestement, il mérite.

Joyeux anniversaire Rozie et Colibri ! On en reparle dans un an …

Grandir n’est pas toujours évident, certaines dates nous blessent, certaines personnes nous manquent, certaines périodes nous plombent. Et l’anniversaire représente notre vie, à chaque année qui passe. Malheureusement, on n’y échappe pas, n’est-ce pas ?

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0 thoughts on “Le meilleur de mes anniversaires.

  1. Gaby Répondre

    Il est vrai que les jours d’anniversaires sont un peu gênants en fonctions des gens qui sont présents. Surtout lorsqu’on ne souhaite pas voir certaines personnes…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, tout dépend de ton état d’esprit en ce jour si particulier .. 😉

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