La question de l’anonymat.

C’est une question largement soulevée dans la blogosphère, et pour cause. Nous avons ici créé notre propre espace, nous couchons sur le « papier » nos états d’âme, nos avis parfois tranchés, nos relations plus ou moins passées au scanner de notre subjectivité. Notre anonymat nous procure une liberté certaine. Qu’advient-il de tout cela après la levée du voile ?

Je n’avais jamais eu l’occasion d’y réfléchir vraiment. Souhaitais-je être tout à fait anonyme, ou espérais-je en secret être révélée ? Autour de moi, personne ne savait, sinon mon mari en lequel j’ai toute confiance. J’en avais vaguement touché un mot à ma soeur ainsi qu’à une amie, mais sans jamais dévoiler l’adresse, ni le nom, ni le sujet.

Il a toujours été évident pour moi que si, un jour, l’un de mes proches découvrait cet espace, il saurait. C’est clair comme de l’eau de roche. Le nom du blog est limpide pour toute personne me côtoyant IRL. Le design me ressemble, les sujets que j’aborde ici, je les aborde également avec eux de façon plus ou moins poussée. Sans compter la fois où je vous ai donné mon nom (l’article n’est plus disponible à ce jour), ni ma propension à utiliser des photos personnelles pour illustrer les Etats d’Esprit.

J’avais suivi de loin les aventures de Frau Pruno, révélée au grand jour par quelque élève peu scrupuleux. L’espace d’un instant, j’avais imaginé. « Et si ça m’arrivait ? » J’avais trouvé admirable qu’après la panique, elle décide courageusement de ne pas supprimer son espace, et continue même à l’alimenter avec la bonne dose d’auto-dérision et de sincérité humoristique qu’on lui connaît. A sa place, c’est sûr, j’aurais tout abandonné !

Il y a quelques jours, j’ai remarqué que le profil FB d’une amie venait de s’abonner à ma page. Ma réaction ? Une descente d’organe (en n’exagérant que peu). J’ai tout de suite été envahie par une panique immense. Visage blême et mains tremblantes, j’ai couru jusqu’aux toilettes les plus proches. Impossible de me ressaisir. J’avais peur. Une peur viscérale. J’en étais malade.

J’ai pensé qu’elle savait que c’était moi. J’ai pensé qu’elle allait le dire à tous nos amis communs et à d’autres personnes encore. J’ai pensé qu’ils allaient tous venir me lire en secret et débattre de la justesse de mes mots. J’ai pensé qu’elle n’allait pas apprécier ce que j’ai écrit sur elle (alors qu’à mon sens, je n’ai jamais rien écrit de négatif à son sujet, étant donné la valeur qu’elle a pour moi). J’ai pensé qu’elle serait blessée. Qu’elle allait m’en vouloir. Qu’elle ne voudrait plus jamais me revoir. Qu’elle me jugerait. Que je la décevrai.

En réalité, je ne suis pas certaine qu’elle sache vraiment que l’auteure, c’est moi. Je ne le saurais que si je lui demande, mais je n’ose pas. Lui demander, ce serait lui dire par omission, me griller. Je crois que je le vis mieux dans le non-dit. Tant que je ne sais pas exactement qui me lit et qui sait que c’est moi, je peux continuer à écrire comme si de rien n’était. Je fais l’autruche.

Après en avoir longuement parlé avec mon amoureux, qui en a bien ri et pris la nouvelle avec sa dérision caractéristique, – « C’est ça, la célébrité ! » – il en ressort que ce que je crains plus que tout, c’est qu’un membre de ma famille découvre un jour le pot aux roses. Rien que de l’imaginer, le malaise me guette.

Le succès (relatif) de mon article concernant l’hypersensibilité n’a rien fait pour arranger la chose. Si j’étais ravie d’avoir tant de retombées positives grâce au relais du HuffPost, j’étais absolument terrorisée de reconnaître les profils d’anciens collègues dans les commentaires et likes du post du journal. J’en avais des sueurs froides. C’était si simple de faire tomber le masque. Moi qui croyais pouvoir tenir mon petit journal à l’abri de ceux qui me côtoient vraiment …

J’ai pensé – et pense encore – supprimer toute trace de ma réalité ici : changer les photos trop personnelles, baliser mes mondes, faire attention à ce que je dis dorénavant IRL. Faire en sorte que si jamais, un jour, dans l’éventualité d’un quelconque succès, d’autres proches venaient à me trouver, ils ne feraient pas le lien.

Si je ne suis pas encore passée à l’action, c’est parce qu’une autre partie de moi, plus lucide, m’invite à penser que ce sera vain et inutile. A quoi bon ? Mes textes sont si personnels. Je n’ai pas envie de me brider. Je crois au contraire qu’il faut que j’accepte que mes proches puissent me lire par hasard, ou par intérêt.

Il y aura ceux qui comprendront qu’ici tout n’est que subjectivité, que ce que j’écris sur moi, sur la relation que j’ai avec eux, n’est que partie de la vérité. Ceux qui sauront voir plus loin que l’écran, et qui sauront – je l’espère – se rendre compte que je suis dans le respect, et que jamais je n’ai voulu les mettre à mal, les exposer dans leur intimité. Mais où est la limite ?

Il y aura ceux qui seront blessés, qui souffriront de ma vision de choses, qui me trouveront injuste. Ceux-là n’auront pas forcément tort. Ce sera leur interprétation du texte, de mon texte. Je ne pourrai ni me défendre, ni prononcer autre chose qu’un « Je suis désolée » sincère.

Il y aura ceux qui ne supporteront pas que je parle d’eux, qui me demanderont d’arrêter ça tout de suite. A ceux-là, je serai obligée de répondre que c’est impossible. Qu’à partir du moment où ils ont choisi de faire partie de ma vie, ce qui se passe entre nous est une matière qui appartient aux deux protagonistes. Ca ne veut pas dire que je raconte tout, bien sûr. Je devrais leur expliquer que je fais attention à ne jamais rien dévoiler de concret sur eux. Que je reste, je crois, toujours de mon côté de la barrière. Que je ne raconte que ce qui m’impacte et surtout, que rien de tout ça n’est science exacte.

J’espère que ça n’arrivera pas.

J’utilise évidemment des faux noms. Je brouille les pistes. Je peux parler de mon rapport avec la même personne en utilisant deux prénoms différents, par exemple. J’avais eu l’occasion de discuter de cette notion d’anonymat avec un chanteur que je connaissais. J’avais assisté à l’une de ses représentations, et pour la première fois, il avait chanté une chanson très forte, très touchante et dévoilante, dont il avait lui-même rédigé le texte.

« Comment as-tu réussi à t’assumer comme ça, en public, à découvert ?Tu sais, il n’y a que toi qui sais ce que tu as vraiment voulu dire, de qui tu parles vraiment. Tous ceux qui me connaissent pensent savoir, pensent décoder mes sentiments au travers des métaphores, mais personne n’est vraiment sur la bonne piste. C’est drôle. Et quand-bien même ce serait le cas, le doute subsiste toujours. C’est une idée qui me protège. » A méditer.

Mon amoureux m’a expliqué que ça les blesserait s’ils découvraient ça sans que je ne leur ai parlé du problème avant. J’ai bien compris ce qu’il voulait dire, mais ce n’est pas si simple. On ne dit jamais vraiment le fond de sa pensée à quelqu’un. On fait toujours un effort sur la forme, on fait attention aux mots qu’on utilise. Quelque part, on déforme son idée pour que l’autre puisse mieux l’intégrer. Peut-on jamais être vraiment honnête ? Sans parler de toutes ses pensées que nous ne verbalisons jamais parce que nous savons qu’elles ne sont que le fruit de nos doutes, de nos souffrances, de nos manques.

Elles existent pourtant.

Ici, je prends le parti d’être honnête avec moi-même. C’est un choix comme un autre. Pourquoi alors ai-je besoin d’être lue ? Je ne sais pas. Peut-être pour me rassurer, peut-être par ego, surtout pour que je trouve un écho quelque part. Les pensées que nous avons sont toujours à l’épreuve de l’autre. Les écrire me permet de pouvoir ensuite désamorcer le « problème », si tant est qu’il y en ait un.

Alors, cette histoire d’anonymat ? Je n’en sais rien. Il faut que je décante. Pourrait-on m’attaquer pour diffamation quand je raconte ce que j’ai vécu en termes de violence conjugale, par exemple ? Ai-je impunément le droit de publier les secrets que porte ma famille sans demander avis aux différents membres ? Où doit s’arrêter ma liberté d’expression ? Mon anonymat, j’y tiens toujours. Mais je ne sais plus jusqu’où rester anonyme, jusqu’où être sincère et, in fine, dire qui je suis.

Je ne suis clairement pas à l’aise avec l’idée que mes « vraies » connaissances me lisent. Les amis proches passent encore. En toute logique, ils me connaissent mieux que quiconque hormis l’amoureux. Quid des collègues de travail, de la famille plus ou moins proche, des « copains » et de toutes les autres personnes m’ayant déjà rencontrée … ?

Et vous, que faites-vous de votre anonymat sur le net ? Où sont vos limites ?


37 thoughts on “La question de l’anonymat.

  1. […] aujourd’hui la question de l’anonymat dans le blogging, à travers le billet de Rozie et Colibri (d... https://yougotmel.com/2017/09/05/revue-de-blogs-et-reseaux-colibris-hypersensibilite-et-etre-chti
  2. Escarpins et Marmelade Répondre

    Ma chère Rozie,
    Tu touches là, à un épineux problème. Personnellement, j’ai fait le choix de ne pas divulguer des choses trop personnelles (mis à part mes accouchements) (lol et lolilol). Je ne parle pas de mes états d’âme du moment, de mes problèmes de couple, de mes coups de mou, car dans la vraie vie, je n’en parle pas non plus, souvent par pudeur.
    Du coup, j’ai été très embêtée quand j’ai su que certains élèves me lisaient (merci pour ce clin d’oeil adorable), mais finalement, c’est plus le ton que j’emploie que le contenu réel du blog qui me fait rougir. J’ai envie de pouvoir parler de stérilet de slip kangourou sans savoir que toute une tripotée d’élève va le lire.
    En ce qui te concerne, c’est un peu différent car tu livres des choses très personnelles (et c’est ton droit), c’est d’ailleurs ce qui fait l’authenticité de ton blog.
    Je comprends tout à fait ce que tu as dû ressentir lorsque tu as découvert qu’une de tes amies te lisait! Si cela devait devenir trop compliqué pour toi, tu peux toujours changer l’adresse de ton blog, recommencer une nouvelle page fans… C’est possible, il y a des solutions!

    1. Rozie Répondre

      Effectivement, c’est ton ton qui fait très intime, et pas tant ton contenu. Mais quand-même, c’est pas commun et ça fait très nana qu’à aucune tabou. L’assumer devant ses élèves (et devant le reste du monde), c’est quelque chose !

      Je peux toujours tout changer en effet, mais je ne compte pas le faire. Ce sera vraiment en dernier recours si je sens que je ne peux pas … Mais dans l’idée, je veux garder cet espace très longtemps, et ne pas en bouger …

      Des bécots (pour reprendre tes termes ;)) !

  3. Marie Kléber Répondre

    C’est un sujet délicat Rozie. Mais je crois que sur Internet l’anonymat est très relatif. A partir du moment où nous parlons de nous, nous nous exposons. Pendant longtemps j’ai tenu à rester dans l’ombre, le meilleur moyen pour me protéger et protéger mon univers.
    Et puis petit à petit je me suis rendue compte que ça ne servait – ne me servait à rien de ne pas oser telle ou telle chose, de ne pas dire ceci ou cela. Ca me bridait. Dans un espace où j’étais censée me sentir libre, je m’interdisais certains mots.

    Il est vrai que certains sujets font plus polémique que d’autres. Mais je pense que si nos proches – amis tombent sur nos mots par hasard ou par envie, et que ces mots les blessent ou les chamboulent, ils peuvent toujours venir nous demander des comptes, en aparté. Nos ressentis sont ce qu’ils sont. Nous aurions tort de ne pas les partager. Car le partage nous fait grandir, nous aide à réfléchir, à démêler le vrai du faux dans nos vies.

    Je ne suis pas certaine de t’aider dans ta réflexion Rozie. Je voulais juste te dire que ce qui me touche, quand je te lis, c’est ta vérité. Alors oui cela implique que tu parles de toi, de tes expériences, de tes proches, de ce qui te fait mal et ce qui te fait du bien. C’est le deal. Si tu évitais certains sujets, si tu te limitais, ta vérité serait amputée. Ce serait dommage!

    Je t’embrasse fort.

    1. Rozie Répondre

      Bien sûr, l’anonymat est tout relatif. Je n’ai jamais souhaité me brider et d’ailleurs, je ne l’ai jamais fait. Je savais bien qu’on me reconnaitrait, si une personne de mon entourage passait par là, et voila choses faite. C’est angoissant au début, et puis on s’y fait.

      Je suis tout à fait en accord avec ce que tu dis concernant le partage des ressentis, et nos ressentis en eux-mêmes. Mais je sais pertinemment que mes écrits concernant la famille en froisseront certains assez fort. Ca avait déjà été le cas avec mon texte pour le concours Egalitée. Le sujet n’avait pourtant rien à voir avec eux, mais ils avaient trouvé ça indécent … Je n’ose pas imaginer leur réaction à la lecture de ce que je dis ici, et en même temps, j’estime avoir le droit de parler, de dire, d’écrire. Je le prends.

      Merci pour tes mots, j’essaie au maximum d’être vraie, d’être honnête. Je vous le dois, et je me le dois aussi (et surtout).

      Je suis heureuse de voir que ça va de ton côté, je te souhaite de tout coeur que ce bonheur perdure et prenne de l’ampleur. Je t’embrasse avec tout autant de force.

  4. Virginie Loÿ Répondre

    Bonjour Rozie.
    Un grand merci pour cet article, qui va vraiment me servir à me placer aussi. Je suis la rédactrice du blog Une chose par jour, dont la vocation est d’aider les femmes victimes de relations abusives ou violente à se libérer. Je suis « nouvelle » sur Hellocoton et suis contente de rencontrer quelqu’un qui écrit avec authenticité entre autres, sur le thème de la violence conjugale, même sous couvert d’identité.
    Je suis bénévole (anonyme) dans une association de soutien, mais sur Internet, j’ai fait le choix de parler à visage découvert, y compris de mes propres expériences de violence conjugale. Car pour moi, c’est un « tout »: les violences (déjà anciennes), la reconversion artistique, sans doute pour servir de « soupape » pendant ma reconstruction et puis, au final, la formation pour aider d’autres femmes, et l’engagement dans une association et sur le blog. Il y a une logique, et elle ne fonctionne -pour moi- qu’à découvert.
    Je pense par contre, que chaque phase -et chaque page- à son utilité. L’une peut se sentir plus à l’aise sur ta page de blog, anonyme et de couleur douce, une autre sur la mienne, une troisième sut un site institutionnel… Ou bien la même femme, sur toutes ces pages, à différents moments.
    Tous les efforts faits pour communiquer sous différents angles, anonymes ou pas, sont une possibilité pour une femme, quelque part, de trouver une résonance avec sa propre histoire. Et peut-être d’entrevoir une issue.
    Continuons!

    1. Rozie Répondre

      Bonjour Virginie,

      Merci pour tes mots et bravo pour ton engagement, et ta reconstruction ! Dès que j’aurais un peu de temps, je répondrai à ton mail et irai me perdre sur ton espace … 🙂

      Bien sûr, chaque mot à son importance et peut aider quelqu’un. C’est dans cette idée que tout comme toi, j’ai décidé de raconter mon histoire, même si c’était aussi grandement pour moi.

      Belle continuation !

  5. olivia Répondre

    je crois qu’il faut faire son blog pour soi, pour partager avec les autres. A moins de cracher sur son employeur, des amis, de raconter des choses très:trop intimes, il n’y a pas grand chose à craindre. Si des proches viennent à découvrir le blog et qu’ils sont assez inélégants pour se moquer c’est qu’ils n’ont pas la maturité suffisante pour comprendre que chacun peut désirer s’épanouir d’une façon ou d’une autre.

    1. Rozie Répondre

      Toute la question est là ! Comment juger du caractère très intime de quelque chose ? Les limites sont propres à chacun et tout le monde n’apprécie pas ce qu’on peut écrire.
      En fait, j’ai déjà eu le souci. J’avais écrit un texte qui ne me semblait pas si intime que ça et certains membres de ma famille ont trouvé très choquant que je « lave mon linge sale en public ». Cette remarque m’a particulièrement marquée et doit jouer sur ma peur panique que ma famille découvre un jour ce lieu !

      Merci pour ton partage. On fait son blog pour soi avant tout, de toute façon, tu as raison !

  6. Sly Répondre

    Coucou Rozie

    Je crois comprendre ce que tu ressens a l’idée que des gens que tu connaisses decouvrent ton blog. Personnellement je serais assez angoissé de lancer des articles, ecrits, textes, chansons… et les reveler à tous. Je me sentirais violé dans mon âme. A partir du moment où tu partages, ca ne t’appartient plus. Mais c’est ce qui est beau et on ne devrait pas en avoir peur car les gens, proches ou non, pourront s’identifier plus ou moins a ce que tu dis. Certains aimeront, d’autres non, c’est comme ça : )

    Du coup je pense que tu peux assumer tes textes meme si qqun les decouvre. N’ai pas trop peur non plus d’etre jugée, tu pourras avoir l’impression qu’on t’en veux, qu’on pense du mal de toi mais c’est ton esprit qui te jouerait des tours a mon avis. Reste zen et prend les choses avec detachement, tu verras que ce n’est pas si grave qu’on sache qui tu es.

    Ce qui m’a fait rire par contre, c’est que tu dis que une amie t’a retrouvé et a aimé ta page et du coup tu te demande si elle t’a reellement reconnu. Mais si elle lit ce billet, elle va de toute manière forcement faire le lien : ) ou au moins se dire « mais c’est de moi qu’elle parle ?  »

    A bientot

    1. Rozie Répondre

      C’est très vrai ça, une fois que c’est partagé ça ne t’appartient plus. Et quelque part, c’est ça qui fait que j’écris. Ca me déleste. L’histoire n’est plus mienne, elle s’éloigne de moi d’un coup et me soulage.

      Mes peurs ne sont sans doute pas fondées, c’est clair. Je dois cristalliser des choses, ce n’est pas très sain d’avoir tant la trouille que ma famille me connaisse intimement, finalement. Ca se fera en temps et en heure, mais ce n’est pas moi qui le dirais crois …

      Oui, c’était un peu le but qu’elle comprenne et qu’elle dise qu’elle est là ! Si elle savait qui j’étais, elle allait forcément le dire là, non ? J’ai tenté ! ^^ Et si elle ne savait pas, et bien, je prenais un risque de plus .. Mais dans tous les cas, il fallait que j’en parle, je me posais beaucoup trop de questions !

      A bientôt ! 🙂

  7. Pimoussekarine Répondre

    Coucou,
    Un article, encore une fois, très intéressant. On se ressemble sur pas mal de point, je trouve! 🙂
    Mon blog va débuter d’ici quelques jours, mais tout comme toi, j’ai décidé de le mener en tout anonymat. J’aime beaucoup me dire que personne ne saura qui est vraiment Paillette, que je donne mon avis sur pas mal de choses… C’est mon univers rien qu’à moi, et ça me va très bien! 🙂
    De mon côté, il est vrai que mon blog est assez futile comparé au tien, il parlera essentiellement de beauté, mais voilà, je préfère rester mystérieuse et ne jamais dévoiler ma vraie personnalité.
    Je comprends tout à fait ton point de vu, puisque de ton côté, tu dévoiles beaucoup tes sentiments, tes avis, ta personnalité. Je serai, moi aussi, avec la peur au ventre si l’on découvrait qui se cache derrière « Rozie & colibri ». J’aime le fait de ne pas te connaitre, le fait que ça peut-être ma voisine de palier, une personne de ma famille, une personnalité connue… On ne sait pas, et on ne saura jamais et c’est mieux comme ça. Cela n’engage que moi, bien entendue. 😉
    En tout cas, je continue à te lire et j’adore ça! Tu apportes de réels questionnements, tu pousses tes idées jusque dans mes retranchements les plus profonds.
    Je te souhaite une excellente semaine et t’envoie des milliers de bisous pailletés :*

    1. Rozie Répondre

      Je suis allée jeter un oeil par curiosité, du coup ! 🙂

      Ce n’est pas parce que tu parles de beauté que c’est futile, tu sais. Je trouve ça dommage et assez « dégradant » de qualifier certains sujets comme tels juste parce qu’ils touchent à l’apparence. Enfin j’imagine que ce n’est pas ce que tu voulais décrire derrière ce mot, mais je tenais à te dire que moi, beauté ou autre chose, ça requiert autant mon intérêt et mon sérieux :).

      Je comprends ce que tu veux dire et je trouve ça très joli en fait, d’avoir la liberté d’imaginer que la blogueuse peut être n’importe qui. C’est très poétique, je garde l’idée !

      Merci beaucoup, une belle semaine à toi Paillette !

      1. Paillette Répondre

        Coucou Rozie,
        En fait, dans l’esprit des gens, le thème beauté est égal à la futilité. De mon côté, je ne serai pas capable d’aborder des sujets aussi difficiles que les tiens et pourtant, j’adore venir te lire. J’ai moi-même, beaucoup de fêlures, de choses assez compliquées qui me sont arrivés, mais je ne souhaite pas en parler. De toute façon, je n’y arrive absolument pas… Au départ, je souhaitais ouvrir un blog dans ce but, puis rien n’est sorti…
        Je t’admire réellement d’arriver à mettre des mots sur tes maux, d’aider et de conseiller les personnes qui se trouvent dans un cas similaire au tien.
        J’ai donc préféré m’orienter vers le monde de la beauté et des choses que j’aime. 🙂
        Oui, j’adore me dire que tu es peut-être une personne que je côtoie, que je connais ou une célébrité, qui n’a pas envie d’être dévoilé au grand jour! C’est mon petit côté romantique ou chevaleresque, je pense. 😉
        En tout cas, c’est toujours un plaisir de te lire .
        Je t’envoie d’énormes bisous :*

        1. Rozie Répondre

          Hello Paillette,

          Tu n’as pas à te forcer du tout. On s’en fout que tu écrives des choses connotées « profondes » si tu n’y arrives pas. On t’appréciera pour ce que tu veux bien partager :).

          Je ne suis pas quelqu’un de « plus » rien du tout. J’ai juste besoin d’écrire ce qui me touche. Ton admiration me touche et me fait culpabiliser aussi, je n’en suis pas digne, tu n’as pas à admirer quoi que ce soit chez moi, je t’assure 🙂 !

  8. Melgane Répondre

    Moi aussi je sais que si des proches tombent sur mon blog ils vont savoir, parce que de temps en temps je dissémine des choses sur moi, je dis les mêmes choses sur les sujets que j’aborde, j’emplois les mêmes exemples… donc s’ils tombent dessus, je suis fichue… j’ai même prévu un plan de secours, un nouveau nom pour un nouveau blog si jamais je dois (encore) fuir x)

    Peut-être que, sans demander directement à ton amie, tu peux aborder la conversation sous un angle détourné et plus ou moins subtile… genre « est-ce que tu aurais des blogs à me conseiller ? » et voir comment elle réagit (bon par contre si elle lit mon commentaire t’es grillée, mais enfin c’était juste un exemple, des approches peut y en avoir d’autres du même types comme « en ce moment tous les blogs parlent de… »).

    Moi, pour ne pas trop parler de mes amis et rester floue je suis encore plus floue que toi, pas de prénoms, rien du tout (en même temps je ne parle pas de ma vie donc c’est plus simple) c’est « une amie », « un ami », « un camarade », etc.

    Je peux répondre à ta question sur le besoin d’être lue à l’aide d’un concept dont je parlais dans mon article d’il y a deux jours : l’extimité : on parle de notre intimité pour qu’elle soit validée et enrichir cette intimité. C’est un besoin humain, on n’y peut rien.

    Concernant la question de la diffamation je pense que tant que tu ne donnes pas de nom on ne peut pas t’attaquer pour diffamation, puisque tu restes dans le flou et que, de fait, tu n’accuses personnes dans le sens où tu ne nommes personne, donc tu n’attaques l’honneur de personne.

    Je pense que le rapport à l’anonymat de chaque personne est unique. Je pense que le pseudonymat est important et utile et il a un réel rôle. Du coup je pense que l’on ne peut que t’éclairer par nos expériences et nos rapports à l’anonymat, te donner du grain à moudre, mais pas te dire ce que tu dois faire parce que seule toi peut le savoir. Pour ma part j’avais mal protégé mon blog précédent. Il s’est retrouvé en lien sur Google+. Une cousine l’a trouvé, ce qui ne me dérangeait pas parce qu’on ne se connaissait pas vraiment. Mais ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille sur le danger parce que, quelques semaines plus tard, je tombais sur un mail que mon père avait envoyé à ma mère « le blog de ta fille… » ah. Oups. *Déglutit bruyamment* Ma pensée aurait pu se traduire par ça : les chaloupes à la mer ! sauve qui peut ! les femmes et les enfants d’abord ! J’ai tout supprimé. Avant ça j’avais eu un problème au lycée. J’avais regardé mon blog en cours d’informatique (faut être bête) et ça n’a pas loupé. Des filles de ma classe l’ont vu et comme j’avais fait l’erreur de parler d’elles (en plus c’était ma faute, l’article n’avait rien à voir avec elle) ça s’est répandu. « Mais on sait que c’est nous ! » qu’elles m’avaient dit. J’aurais dû leur répondre que personne aurait su si elles n’avaient pas parlé de ça à tout le monde mais seulement avec moi… enfin bref… Après l’épisode des chaloupes à la mer j’ai tout supprimé, j’ai créé un nouveau compte, un nouveau mail, et je ne me connecte plus qu’en navigation privée. Je ne relais même pas sur mon deuxième compte FB (un ancien pour l’écriture où je n’ai que des connaissances rencontrées sur des forums) parce que j’ai vu que des fois il me propose des gens que je connais… je suis assez radicale, mais pas suffisamment pour ne pas de temps en temps raconter des trucs perso sur moi (comme l’article d’il y a deux jours par exemple, ou celui que je pense écrire sur mon non port du soutif).

    Voilà. Je ne sais pas si mon expérience pourra te servir, à elle toute seule peut-être pas, mais mélangée à celle des autres tu devrais trouver la solution qui te correspond le mieux ! Moi dans la vie je suis très secrète, à tel point que mon besoin d’extimité ne se manifeste pas des masses… ça explique aussi mon rapport à l’anonymat.

    1. Rozie Répondre

      Tu as « fui » combien de fois du coup ? A chaque fois, c’était par perte de ton anonymat ? J’imagine que oui, ça te tient vraiment à coeur, si tu as même prévu un blog de secours !

      En fait, je n’ai pas eu besoin, elle m’a répondu en lisant cet article (c’est un peu ce que j’espérais quand-même ^^). Au moins, je sais maitenant ! Est-ce que ça me soulage ? Je crois oui. Il va falloir que je compose avec maintenant, mais ça devrait le faire. C’est une marche de l’escalier que je dois apprendre à monter !

      Je n’ai pas lu ton article, mais j’irai jeter un oeil, je ne connais absolument pas le concept de ça m’intéresse vraiment. L’idée que mon intimité soit validée, je peux la comprendre oui, il doit y avoir de ça pour beaucoup ! Quant à la diffamation, c’est plus une peur fantasque (je crains encore D. comme la peste et je sais qu’il n’est pas en reste pour trouver des moyens de pourrir la vie des autres, MA vie : donc je flippe ^^).

      Je suis la seule à savoir, je sais bien …

      Hahaha, ta réaction me fait trop rire ! J’ai plus ou moins eu la même avant de reprendre mes esprits. Mais c’est clair que si c’était mes parents, j’aurais tout supprimé direct.

      Hmmm … Je me connecte de temps en temps du travail, je sais que je ne devrais pas. J’ai remarqué avec FB que même si ton compte n’avait rien à voir avec un autre, et que même si (comme moi), tu n’en avais plus d’autre, l’algorithme te propose quand-même des gens que tu connais (même en ayant supprimé les historiques, caches et tout) ! Il doit s’appuyer sur l’adresse IP ou la position. Je trouve ça hyper flippant. Et incroyable, et hallucinant. Quelles libertés ça laisse ? Ca devrait être interdit, régit par des lois. Donc je comprends clairement ta crainte et ton aversion. Je dirai même que je les partage !

      Merci pour ton retour d’expérience, c’est toujours utile et c’est agréable d’échanger sur ces sujets !

      1. Melgane Répondre

        J’ai fui… deux fois. Une fois à cause de mes petits camarades, je crois, je me souviens plus trop… et une fois à cause de mes parents… la fuite : une spécialité x)

        Tant que tu es soulagée et pas morte de trouille ni bloquée alors tout va bien ! 😀

        C’est pas drôle x) C’était la panique à bord x)

        Oui, c’est un peu flippant… Il doit aussi s’appuyer sur tes goûts, les pages que tu aimes, ce genre de choses… ils ont tellement d’informations… et comme FB a racheté Instagram y’a quelques années ils en ont encore plus… d’ailleurs paraît que Mark Zuckerberg veut devenir le prochain président des E-U… avec toutes les informations auxquelles il a accès avec FB on va bien se marrer.

        1. Rozie Répondre

          Non, heureusement, ça ne m’a pas bloquée ! En fait, ça coule. Je ne dirai pas que ça ne me fait rien, mais c’est assez léger et je m’y fais bien.

          Je ne me moque pas ^^. Je compatis sincèrement !

          Président des USA ?! Tu me diras, tout est possible !

      2. Anne-So Répondre

        Coucou Rozie !

        Je rebondis sur ce que tu dis là :
        « J’ai remarqué avec FB que même si ton compte n’avait rien à voir avec un autre, et que même si (comme moi), tu n’en avais plus d’autre, l’algorithme te propose quand-même des gens que tu connais (même en ayant supprimé les historiques, caches et tout) ! Il doit s’appuyer sur l’adresse IP ou la position. »
        En fait, Facebook se base aussi sur toutes les infos qu’il peut glaner via Whatsapp. Il suffit que quelqu’un t’ait enregistrée sur cette application avec soit tes nom/prénom réels, soit ton numéro de téléphone (et que tu l’aies renseigné à un moment ou un autre sur ton propre compte FB) soit les deux pour que FB puisse établir une connexion entre vous deux. Il me semble que les applications mobiles Facebook également demandent l’accès à toutes les données du téléphone, comme les numéros de téléphone ; même sans Whatsapp d’installé dans ce cas, FB peut récupérer les contacts des uns et des autres et croiser ainsi les données. Du coup, même quand à titre personnel tu fais extrêmement attention à ces choses-là, il suffit qu’une seule personne de tes contacts donne accès à FB à ses contacts pour que tout s’effondre. Le seul moyen de se préserver de ces croisements de données serait de donner un numéro de téléphone unique et une adresse email unique à chacun de nos contacts. Ce n’est pas vraiment praticable… Donc soit on s’abstient d’exister sur ces applications, soit il faut accepter que FB sait qui nous connaissons.
        Flippant, et super frustrant, parce que tu n’as plus le contrôle, à titre personnel, de ton intimité : tous tes contacts ont autant que toi d’impact là-dessus, et c’est toujours celui qui donnera le plus d’infos qui pèsera le plus lourd dans les algorithmes, parce que c’est sur l’info existante qu’ils se basent.
        Ça va devenir d’autant plus vrai dans l’avenir avec le « big data » (j’ai horreur de ces termes à la mode) : dans cette masse humainement inextricable, ce que recherchent les algorithmes, ce sont les « anomalies », les singularités, les cas rares.
        Bref, j’espère que ce commentaire t’aura un peu éclairée 🙂
        Belle journée malgré tout ! 🙂

        1. Rozie Répondre

          Anne-So,

          J’avais zappé cette histoire de numéro et adresse mail … Mais en même temps, c’est tellement évident (me tape la main sur le front) ! On voit que tu as creusé la question et que ça te tient à coeur.

          On ne peut pas vraiment y échapper à moins de carrément se marginaliser. Je me suis bien rendue compte, en sortant de tous les RS à titre personnel que je m’asocialisais encore plus … Perturbant. Comme dans l’épisode de Black Mirror ! Beaucoup trop de vrai dans cette vision du futur.

          Merci pour ces précisions ! Que veux-tu dire quand tu dis que les algorithmes recherchent les singularités ? J’ai du mal à visualiser la pensée exacte derrière.

          Belle fin de semaine à toi ! 🙂

  9. Luquilit Répondre

    Ton article est vraiment très complet, et résume bien tout le problème. Pour ma part, j’ai commencé anonymement et évidemment j’avais les mêmes peurs, les mêmes interrogations que toi. Il y a quelques temps, j’ai décidé de renoncer à cet anonymat « factice » finalement, puisque une petite recherche et un peu de jugeote permettait de toute façon de faire le lien avec mon identité. Oui, cela fait peur, c’est dur, mais finalement on se rend compte que la plus grande majorité des gens sont plutôt bienveillants avec toi lorsqu’ils apprennent que tu tiens un blog. J’ai été très surprise, mais je pense que ça aurait été plus compliqué à gérer si je n’écrivais pas des articles qui me ressemblent totalement, des bouts de moi en quelques sortes. Ce qui fait que je suis fière de chacun de mes mots, de mes écrits, et que surtout je les assume. Cela demande de la force, mais les gens le sentent, et le respectent. Comme tu le dis, ils peuvent interpréter différemment ce que tu as voulu dire, mais il y a quelque chose qui ne trompe pas, c’est l’honnêteté qui ressort de ton écriture, et qui transparaît sous ton texte. Je comprends ta peur, mais il suffit en fait de lâcher prise et de ne pas se poser de questions. Tu verras que tu seras sans doute étonnée par le nombre de personnes, surtout si ce sont tes amis très proches, qui comprendront. Après, libre à toi de rester anonyme ! Je voulais juste te donner le point de vue de quelqu’un qui a vécu les deux situations et qui peut donc te donner son expérience, aussi moindre soit-elle 🙂

    1. Rozie Répondre

      Ton expérience est vraiment enrichissante, dans le sens où elle se passe bien, où tu as eu de bons retours. Tu as commencé à quel âge ? Je lis sur ton blog que tu as 15 ans (pas que ce soit une question d’âge, mais du coup je suis curieuse !).

      Effectivement, il ne faut pas grand-chose pour que quelqu’un nous trouve et comprenne. C’est très facile. Je ne doute pas de la bienveillance des gens en général. Mais quand on parle de sujets sensibles ou tumultueux, ça peut vite s’avérer compliqué, à l’instar de Delphine de Vigan qui a écrit un livre sur sa famille et qui s’est vue recevoir des menaces à sa suite. Non pas que je ne me compare à elle, ça n’a strictement rien à voir mais … Tout ça pour dire que les autres ne nous laissent pas si libres que ça.

      Beaucoup d’écrivains ont ce genre de soucis (encore une fois, je ne me considère pas comme écrivain, hein !). C’est difficile pour leurs proches de se reconnaître dans tel ou tel personnage, ou de reconnaitre une situation existante ou … Ca crée des conflits.

      Mais je suis bien d’accord avec toi sur le fait que le respect, et l’honnêteté des textes transparaissent (j’espère que c’est le cas ici) et priment parfois sur le reste. Il suffit de lâcher prise, oui … Je m’y essaie. Mais une chose est sûre, je ne donnerais jamais l’existence de ce lieu à ma famille. Ils ne sauront que s’ils découvrent par eux-même, ce que je redoute vraiment.

  10. Anne-So Répondre

    Hello Rozie,

    L’anonymat sur Internet, le vrai, n’existe plus – à moins d’être super calé en termes de combines plus ou moins légales. N’importe qui sachant où chercher peut connaître en quelques secondes ton nom et ton prénom. Ouvrir un blog sur un hébergement payant (entre autres), c’est accepter de renoncer à l’anonymat.

    Pour moi, ça a longtemps été quelque chose de particulièrement problématique, cette impossibilité de préserver son anonymat sur le net. La question que je me suis posée : mon anonymat est-il plus important que les valeurs/idées que je veux partager ? De celle-là découlent évidemment beaucoup d’autres : est-ce que j’assume publiquement ce que je suis, ce que je pense ? Est-ce que je suis prête à essuyer l’expression de sentiments violents (haine, colère) de n’importe qui ? Est-ce que je suis prête à vivre avec la possibilité que ceux que je rencontrerais en sauront plus sur moi que je n’en saurais sur eux ? Suis-je capable d’assumer cette vulnérabilité que je m’apprête à créer ?
    Je crois que la banalisation de l’accès à Internet et plus encore celle de l’étalage de la vie privée (merci les réseaux « sociaux ») a complètement occulté ce qu’implique une existence sur le net. Tout ce qui y est fait (sans parler de ce qui est publié) est scrupuleusement consigné. Tout peut être trouvé. Tout peut être divulgué. Personne n’est à l’abri. Et il me semble crucial de se poser les questions liées à la perte de l’anonymat AVANT d’entreprendre quoi que ce soit, car il restera toujours des traces de ce qui a été fait. Sans vouloir dramatiser. Il me semble toutefois nécessaire d’avoir conscience de ces choses dans tout ce que l’on fait. Après, à chacun de prendre le parti qu’il souhaite.

    Pour ce qui est de la violence conjugale dont tu parles, je ne vois pas comment on pourrait te poursuivre pour diffamation : tu n’as pas révélé l’identité de la personne en question. Pour le reste, tu es seule juge 🙂 En ce qui me concerne, je pense que tu fais très bien de partager tout ce que tu partages, pour toi comme pour les autres. Le silence tue.

    Belle journée Rozie, et longue vie à ton blog et la sincérité qui l’alimente 🙂

    1. Rozie Répondre

      Hello Anne-So !

      Hé oui, malheureusement, je sais bien que le vrai anonymat n’existe plus sur le net … J’en ai eu des démonstrations stupéfiantes lors de ma formation sur le web. J’ai entendu des choses … ! Même dans les films, ça ne se passe pas comme ça. Ca fait vraiment flipper.

      Je sais que certains hébergeurs proposent un service payant pour protéger les noms et adresses. Mais c’est contournable, évidemment.

      Je me suis aussi posée cette question : anonymat ou liberté de parole ? Le choix a finalement été relativement simple. Je suis une générations réseaux sociaux. J’ai divulgué des choses sur moi sans crainte à partir de mes 15 ans sur la toile alors … Une peu plus, un peu moins ! Tout reste, je le sais. Le « big data » enregistre tout, c’est comme ça.

      Tu as mis le mot dessus, c’est accepter d’être vulnérable. Accepter que des gens viennent t’insulter ou te critiquer (ça m’est arrivé une seule fois et j’avoue avoir tout de même été touchée).

      Je me suis aussi énormément demandé (et je me demande encore) ce qu’il adviendra de tout ça quand je serai morte, moi qui tient à ne laisser aucune trace « visible ». Je ne suis pas en paix avec l’idée qu’il subsiste quelque chose de moi ici alors que moi, je n’existerai plus. En ce sens, les épisodes de Black Mirror m’ont vraiment fait gamberger … Du coup, j’ai pensé à laisser des instructions concernant ma vie (et ma mort) virtuelle. C’est assez fou quand on y pense !

      On devrait se poser toutes ces questions avant, c’est clair. Mais c’est quasiment impossible. En général, on commence ado (voire plus tôt encore pour les générations actuelles) et on n’est pas averti. Les lois n’existent pas ou peu sur le sujet … C’est le grand flou.

      Merci pour tes mots. Je suis aussi d’accord avec ce point : le silence tue. Et ma parole ici sert au moins à me libérer .. Si elle en aide d’autres, c’est déjà ça de pris :).

      Belle semaine à toi !

  11. Marjolaine Répondre

    Bon, je crois que c’est un peu l’article que « j’attendais » pour pouvoir aborder le sujet. Surtout depuis ce « like » sur facebook et la « descente d’organes » qui s’est ensuivie (apparemment elle s’est fait ressentir des deux côtés ! Evidemment, c’était une fausse manipulation, et j’ai eu un petit espoir que tu ne l’aies pas vu : raté !).
    Je suis super surprise quand je lis que tu as pensé que je pourrais être blessée/fâchée/déçue par ce que tu as écrit, parce que évidemment, ce n’est pas du tout le cas. Je comprends tout à fait les ressentis que tu as pu avoir (même sur les articles comme « je n’ai plus d’amis », qui bien sûr m’ont touchée !), et je trouve même que tu en parles très bien. Par contre, je suis désolée de te dire que si tu penses qu’on peut ne pas te reconnaître, tu es à côté de la plaque 😉 ! Je t’ai reconnue dès les premières phrases que j’ai lues ici, même sans les photos !
    Moi, en revanche, j’ai eu vraiment peur que tu m’en veuilles de te lire, et de ne pas te l’avoir dit. J’ai failli le faire plusieurs fois, mais j’avais vraiment peur que ça casse un peu de la liberté que tu as pour écrire ici, que tu te mettes à te censurer et à perdre ce qui fait de ce blog un « exutoire » pour tes sentiments. Je n’aurais pas voulu être responsable de ça, et d’ailleurs j’ai un peu peur aussi en t’écrivant ce commentaire, mais j’ai l’impression que ce serait vraiment malhonnête envers toi de faire comme si de rien n’était ! Je me dis que puisque c’est un espace public sur internet, je ne fais rien de mal en venant le lire, mais c’est vrai que notre passif vis à vis de l’intrusion dans la vie privée l’une de l’autre est quand même un peu lourd !
    Alors voilà, c’est dit, c’est dit ! Si ça peut te rassurer je ne compte pas me mettre à venir commenter tous tes articles, où à aborder le sujet comme ça, au détour d’une conversation. J’avais besoin d’être franche, mais j’ai aussi envie de te laisser écrire complètement librement, et de continuer à faire « comme si je n’étais pas là », si cela te convient évidemment ! Bon, à part pour un truc, c’est qu’il faudra VRAIMENT que je te prête un bouquin qui me semble être complètement en phase avec tout ce que tu as pu écrire sur la spiritualité et la religion.
    Et une dernière chose quand même avant de finir ce commentaire roman ; tu n’as vraiment pas à douter de l’amitié qu’on te porte, tous. En tout cas, vraiment pas de la mienne.

    1. Marjolaine Répondre

      Et il y a beaucoup de « vraiment » dans mon commentaire, donc je crois que j’avais VRAIMENT besoin de te parler de tout ça !

      1. Rozie Répondre

        Ah, et je n’ai pas précisé, mais non, je ne t’en veux pas, hein !

    2. Rozie Répondre

      J’ai plusieurs questions qui me brûlent les lèvres (Le ton n’est pas agressif du tout, je le précise, c’est plus une avide curiosité !) !

      1. Depuis quand, exactement, tu me lis ?
      2. A qui l’as-tu dis ?
      3. Quelle erreur ai-je faite pour que tu atterrisses ici ?

      J’ai compris qu’il s’agissait d’une fausse manipulation quand j’ai vu que tu t’étais enlevée dans les secondes qui ont suivi. L’amoureux pensait plus que c’était un clin d’oeil genre accord tacite « je te montre que je sais, mais je ne dis rien ! »

      J’étais à 97% sûre que tu savais que c’était moi, parce que justement, tu m’as lue depuis le début, étant donné que j’ai commencé à écrire avec toi. Mais je donnais quand-même de grandes chances aux 3% restants, tout en sachant que ça ne pourrait pas tenir bien longtemps.

      Je ne pense pas que beaucoup d’autres personnes me reconnaitraient juste au style d’écriture. Hormis toi, et quelques membres de lycée, personne ne m’a jamais lue alors … Bon, peut-être est-ce un autre espoir un peu vain ^^.

      Comme tu le dis, notre passif est un peu lourd, donc je craignais énormément ta réaction, tout en sachant pertinemment que je n’avais pas été médisante envers toi, ni envers quiconque (à part D., mais pour cause !). J’ai toujours tellement peur de froisser les gens, et plus encore qu’ils se détournent de moi par ma faute, que j’ai élaboré mille scénarii catastrophes. J’avais beau savoir que tu es du genre ouverte d’esprit et compréhensive face aux sentiments de l’autre, rien ne pouvait me rassurer …

      Tu sais, ce n’est pas de ton amitié que je doute (et tes mots me vont droit au coeur, vraiment), mais plus de ma capacité à être vraiment appréciée et vraiment aimée. Surtout depuis l’ouragan D. Il a bien réussi sur le plan de la destruction de la confiance et de l’estime que je pouvais m’accorder. C’est vraiment difficile de reprendre pied. C’est un peu dur à dire, et ça peut donner l’impression que ce sont les autres qui n’en font pas assez pour moi, mais je sais bien que ce n’est pas ça.

      En fait, j’ai toujours plus ou moins « su » que tu saurais un jour (toi, précisément la première), et il est fort probable que malgré moi, je t’aie donné tous les indices pour venir me trouver. Ca a été l’objet d’une grande panique, mais quelque part, ça me force aussi à assumer ce que je pense vraiment, et ça me fait du bien.

      Après ton like, j’ai pensé à ne pas publier les articles qui étaient déjà prévu, dont celui sur les amitiés retrouvées, mais j’ai fini par prendre ça comme une « synchronicité ». Je tiens beaucoup trop à cet espace pour le remettre totalement en question, pour le supprimer. Je me dis que ça y est, j’ai atteint la seconde étape : celle qui consiste à assumer et à prendre le risque de blesser ceux qui me côtoient vraiment, ou de les intéresser. Quelque part, ça me fait avancer.

      Non, c’est sûr, tu ne fais rien de mal, tu as tout à fait le droit de venir ici, et même de commenter si tu en as envie. Ne te force pas à te taire si tu as des choses à dire. De mon côté, je me suis promis que ta présence ici ne changerait rien à mon comportement, que je continuerai à écrire ce que je ressens sans filtre et sans compromis.

      Comme je le disais aux autres : je préfère largement que ce soit toi plutôt qu’un membre de ma famille, ou une « simple » connaissance qui pourrait se faire une image erronée de moi sans avoir pris la peine de me connaitre IRL ! Surtout maintenant que je sais que ta réaction est bienveillante (tu n’imagines pas le soulagement !).

      Quant au bouquin … Avec plaisir 😉 !

      A bientôt Marjolaine :).

      1. Marjolaine Répondre

        Alors…
        1 (et 3 en fait !). Je te lis depuis un petit moment, je ne sais plus quand exactement, mais ça date d’un commentaire que tu as publié sur La Mariée en Colère, sous un article sur le fait de ne pas vouloir avoir d’enfants. Je t’ai reconnue immédiatement (mais genre, vraiment dès les premiers mots… alors peut-être que c’est parce qu’on a écrit ensemble comme tu le disais ! De même, quand tu avais écrit sur SNT, je t’avais reconnue rien qu’au titre de l’article !), et du coup j’ai cliqué sur le lien du blog et… voilà, je te lis depuis ce jour là, ça doit faire cinq ou six mois ?
        2. J’en ai parlé à Ben évidemment (mais lui ne te lit pas), et j’en ai parlé une fois à Do et Ro, sans donner le nom du blog ni aucune information, juste que j’avais découvert que tu tenais un blog assez intime et que j’hésitais à te le dire. Tu t’en doutes, Do. m’a dit que c’était malsain de te lire sans t’en parler (ce qui joue aussi sur le fait que je culpabilisais un peu), mais à part ça on n’a jamais ré-abordé le sujet. Je crois sincèrement qu’ils n’ont jamais cherché à fouiller plus loin.

        Comme je l’écrivais ce matin, ce qui m’empêchait le plus de te le dire, c’est que j’avais peur que ça te « coupe » net dans tout ça, mais j’ai vraiment failli plusieurs fois. Lorsque tu as écrit sur le viol notamment, j’étais en plein dilemme parce que je me disais que je ne pourrais pas prétendre ne pas avoir lu ces mots quand j’irais te voir la semaine suivante. Finalement, c’est toi qui a abordé le sujet de toi même, et qui m’a laissé l’opportunité de m’exprimer là dessus. Mais c’est vrai que, autant j’avais écrit un roman que je ne t’avais jamais envoyé en lisant cet article, autant une fois que tu m’en as parlé je n’arrivais plus à trouver les mots. Quand tu as reparlé de cette scène dans ce fameux article sur le fait d’avoir « retrouvé ses amis », j’étais étonnée que toi tu t’en sois voulue de m’en avoir parlé, parce que de mon point de vue, c’était moi qui avait été nulle de ne pas avoir mieux réagi que ça.
        De même, j’ai vraiment failli te le dire quand tu m’as parlé de Hellocoton et des blogs en général, je pensais en fait que tu m’avais grillée (par le biais de l’adresse IP ou je ne sais quoi) et que tu essayais de me faire cracher le morceau… mais comme je n’étais pas sûre à 100%, comme tu le dis dans ton article, j’ai préféré faire l’autruche ^^ ! Tout ça aussi pour dire que je sais parfaitement ce qui se passe quand on « élabore ces scénarii catastrophe », que j’en ai imaginé 10000 en envisageant que t’en parler pourrait te froisser, bref, que je te comprends tout à fait.

        Je suis contente que tu ne m’en veuille pas, et que cette conversation que j’appréhendais un peu moi aussi ait finalement pris cette tournure :). Même si j’apprécie que tu acceptes aussi bien ma présence ici, je pense continuer à me faire très discrète, histoire que tu n’aies pas à « sentir mon regard » derrière chaque article publié !
        Le livre auquel je pensais s’appelle « Anna et Mr God », peut-être l’as-tu déjà lu ? En tout cas je te le conseille, c’est un roman qui m’a beaucoup interpellée et bouleversée.

        1. Rozie Répondre

          1. Ah oui, quand-même ! En même temps, à chaque fois que je posais un commentaire là-bas, je le craignais. Comme sur Mademoiselle Dentelle, mais là, j’évitais carrément ! Tu aurais pu me trouver là, d’ailleurs (mon blog était en lien sur mon profil SNT). J’ai aussi fait une gaffe sur le blog de Lydie … Quand il était protégé, j’ai demandé droit de lecture avec R&C, c’est un automatisme sous WordPress … Bon, apparemment, elle n’en a pas tiré conclusion ^^.

          2. Ok ! Bon, je m’en doutais. L’amoureux ne me lit pas non plus spécialement. Au début, il était intrigué, à fond dans le projet (et même plus que moi !) et maintenant, il suit le « succès » de loin et loin.

          Tu as gardé ce fameux mail jamais envoyé ? Je serai curieuse de savoir l’effet que ça t’a fait de lire ça, et d’autres choses. Ce que tu en as pensé, l’impact que ça a eu (tu es mon sujet test, maintenant ! ^^). Tu es la première (et la seule, en fait) amie à qui j’en ai parlé. Je crois que j’en avais besoin, je voulais me prouver que j’étais libre d’en parler, ce qui n’était pas tout à fait le cas. Ta réaction ne m’a pas parue étonnante du tout ! Faut dire que j’ai plus ou moins eu la même quand on m’a annoncé une chose similaire (alors que j’avais moi aussi été « prévenue » avant).

          Par contre, la fois où je t’ai parlé de HC et des blogs, j’ai trouvé tes réponses supers étranges ! Je me suis dit que peut-être j’avais mis les pieds dans le plat, que toi aussi tu tenais un blog ou je sais pas … J’avais l’impression de marcher sur des oeufs, sur un « secret ». Mais je n’ai pensé à aucun moment qu’en fait, tu savais. L’adresse IP … Oui, c’est possible mais ce serait assez psychopathe de ma part quand-même, de tracer mes lecteurs et de vérifier d’où ils viennent si précisément ^^.

          Ok pour ta discrétion :). Et non, je n’ai pas lu (ni entendu parler) de ce livre !

  12. Suny Répondre

    Coucou Rozie !
    J’ai vécu un peu la même chose il y a quelques mois : ma belle-soeur, qui était aussi ma meilleure amie, avec qui les choses sont un peu compliquées, et dont j’ai abordé l’existence sur mon blog (même si, à la base, il ne traite pas de sujets aussi délicats que le tien), qui m’envoie un jour un message sur mon profil FB réservé à cette vie plus ou moins anonyme… et là, j’ai ressenti exactement ce que tu décris : pendant quelques minutes, tous mes organes qui dégringolent, le sang qui me quitte brusquement, la panique qui le remplace dans le moindre centimètre de veine. Je me suis sentie tellement mal ! Et puis, je me suis posée, j’ai réfléchi un peu, et je me suis dit que oui, j’ai parlé de cette personne, précisément, en des mots pas toujours flatteurs, mais qui racontaient seulement ce que je ressentais. J’ai parlé un peu d’autres personnes, aussi. Je me suis demandé ce qui se passerait si ces autres personnes venaient aussi à découvrir cet espace. Espace qui au final n’est qu’à moi, dans lequel je n’ai forcé personne à venir, et dans lequel, moi non plus, je ne divulgue pas grand chose qui puisse permettre d’identifier directement ces personnes, à moins de les connaître personnellement. Bref, ma conclusion a été de me dire que, peut-être, dans l’éventualité où des personnes de mon entourage découvriraient ce blog, certaines pourraient se sentir blessées, mais qu’au fond, je ne fais qu’y dire les choses telles que je les ressens. Et si mes sentiments blessent, eh bien, je ne peux rien y faire. Je ne vais pas cesser de penser et ressentir, juste au cas où !
    Certes, ton cas est plus délicat, tu te livres beaucoup plus, et tu livres des expériences et sentiments parfois terribles. Je n’ai pas de bonne solution à te proposer. Comme tu le dis bien, laisse ça décanter et fais les choses de manière à te sentir à l’aise avec tout ça. Mais ne te censure pas, ne t’empêche pas de ressentir juste parce que tel ou tel sentiment pourrait blesser telle ou telle personne. Ne sois jamais désolée, tu es ici chez toi et tu ne forces personnes à te lire 😉

    1. Rozie Répondre

      Hello Suny !

      Dans l’ensemble, je suis d’accord avec toi. Même carrément d’accord, mais j’ai du mal à être aussi « carrée » dans mes décisions.

      Je ne vais pas me forcer à ne plus ressentir, ni m’empêcher d’écrire ce que je ressens par peur de blesser l’autre, parce que hé ! J’ai le droit de souffrir moi aussi, et d’exister quelque part. Alors oui, ici c’est chez moi et je ne force personne à me lire. C’est sûr.

      Mais faire du mal à l’autre, c’est une vrai torture pour moi. Etre anonyme m’apporte cette protection. Si mes proches viennent, ils ne savent pas alors je suis protégée. Mais je suis beaucoup trop précise dans mes phrases pour que ça marche, je crois !

      Pour l’instant, je ne peux rien faire de plus que d’espérer qu’aucun membre de ma famille me lira … !

  13. zenopia Répondre

    J’avais tout dit sur mon ressenti ici (https://zenopia.be/de-la-perte-de-mon-anonymat-et-autres-considerations-existencielles) et je me souviens que tu avais d’ailleurs réagi. Je sais que j’ai blessé des gens sur mon blog mais eux aussi mon blessée… Je ne crois pas que ma blessure soit moindre que la leur… ils n’auront qu’à faire avec ! Je sais que cela paraît méprisant de ma part… mais après mûre réflexion, et malgré ma trop grande tendance à l’empathie, j’en ai marre de devoir cacher ma souffrance sous les couche du politiquement correct… Au final, j’assume ce que j’écris et pouet !
    Gros bisous Rozie <3

    1. Rozie Répondre

      Oui, je m’en souviens !

      J’ai vraiment peur de blesser l’autre, depuis toujours. Dans la vie de tous les jours, je crois être la nana conciliante, qui brosse tout le monde dans le sens du poil, d’accord avec tout le monde, à prendre toutes les considérations en compte. En bref, je fais hyper attention à ce que je dis, et à qui !

      Toutes ces situations que je décris me blessent oui, ou du moins me perturbent. Ca ne veut pas forcément dire que c’est l’autre qui le fait et je serai toujours peinée de faire du mal malgré moi (je n’ai jamais réussi à faire autrement, je culpabilise souvent).

      D’un côté, je me dis comme toi « ils n’auront qu’à faire avec », parce que si j’en parle, c’est que ça me touche, et que j’en ai le droit. Mais tout n’est pas blanc, et si je suis subjective, les autres le sont aussi.

      Cela dit, je comprends complètement ton ras-le-bol ! Disons que moi, je suis en voie d’assumer tout ce que je pense, mais c’est pas encore tout à fait ça !

      Des brosses bises à toi !

  14. MissTexas Répondre

    Coucou Rozie,

    Je vais me permettre de te dire le fond de ma pensée, peut être que cela fera avancer ton raisonnement. Aucune jugement dans ce que je vais écrire bien évidemment, juste mon ressenti 😉

    Je te lis car j’apprécie ta plume et la justesse avec laquelle tu décris les sentiments. Je t’ai découverte au moment où tu parlais surtout de la violence conjugale, et comme je ne connaissais pas du tout, j’ai suivi ton blog afin de pouvoir mieux saisir mon entourage si un jour l’un deux était confronté à cela. J’ai beaucoup aimé tous tes articles sur tes choix de vie (comme ton désir de ne pas avoir d’enfant par exemple) car là encore cela me permet de mieux comprendre les choix de vie des autres. En revanche, j’ai toujours été un peu plus mal à l’aise quand je lis des articles qui parlent de manière très intime de ton entourage, et cela pour plusieurs raisons.
    La principale, c’est que lorsqu’on parle d’une tierce personne, on lui attribue forcément des paroles et des actes selon la manière dont on les a perçus, et qui ne sont pas forcément représentatifs de ce que la personne a vraiment ressenti ou voulu exprimer. C’est un peu comme si on n’avait que la moitié des pions dans le jeu, ce qui n’est pas très juste pour la personne dont on raconte l’histoire à mon sens. La deuxième raison, c’est que si j’étais cette personne en question et que je découvrais ton blog, je pense que je le vivrais très mal. Malgré le fait que j’ai un blog, je choisis avec beaucoup de soin ce que j’écris de ma vie privée sur le net, et je n’aimerais pas du tout que quelqu’un d’autre parle de mon intimité à ma place, sans me laisser le choix de ce que je veux dire, et m6eme si c’est sans jugement de sa part. Et je pense que je vivrais très mal le fait que non seulement des gens puissent lire mon histoire, mais qu’ils puissent en plus la commenter sur un espace où les écrits restent.

    Tu te demandes où doit s’arrêter ta liberté d’expression, et c’est une question très juste et tout à fait personnelle. Tu as le choix de révéler ou non les secrets de famille. Pour ma part, je ne le ferai pas, parce que je ne trouve pas ça juste pour eux, que je n’aimerais pas qu’on le fasse pour moi, et que j’aurais l’impression de manquer de respect à ceux qui parfois, comme la famille, n’ont pas choisi de me les confier.

    Concernant le pourquoi du besoin d’écrire sur sa vie et sur ses ressentis, et du pourquoi on a besoin d’être lu, je ne sais pas vraiment l’expliquer. Je me pose souvent la même question. Si c’était pour faire une simple thérapie personnelle par l’écrit, on pourrait écrire dans un journal intime. Le fait de l’écrire et d’être lu a donc un but en plus. Je pense pour ma part que c’est un besoin d’être reconnue, un besoin de voir que ce que je pense n’est pas une pensée unique, mais qu’elle est partagée par plusieurs, et qu’elle peut être appréciée. J’ai besoin de voir l’approbation de ce que je dis (et là, on touche du doigt une vieille blessure, n’est-ce pas ? 😉 ). Je ne sais pas ce qu’il en est pour toi. Que ressens-tu quand tu vois que tu es lue ? Que tu as des commentaires ? Qu’est-ce que cela t’apporte ?

    Enfin, pour terminer ce long message et te donner un exemple de ce qu’il se passe quand on est découvert, je dois avouer que j’aimerais être Miss Texas seulement à l’écran, et que ceux qui me connaissent ne sachent même pas que j’ai un blog. Malheureusement, cela s’est révélé très rapidement à Houston, et je ne compte plus le nombre de fois où on m’a dit : « Ah mais tu es Miss Texas, j’adore ton blog, t’es trop rigolote ! ». Les gens s’attendent sûrement (enfin, c’est ce que je crois !) à voir une nana qui fait rigoler dans la vie de tous les jours avec le même ton que celui que j’utilise dans mes posts. Or dans la vie de tous les jours, je suis à l’opposé de Miss Texas, et même si j’aime bien rigoler, je suis aussi parfois fatiguée, j’ai un job prenant, j’ai souvent envie de rester dans ma bulle et j’ai deux enfants avec qui je manque parfois de patience… bref, une nana plus que normale ! Je n’aime pas que les gens voient ce décalage, car j’ai l’impression de perdre toute ma légitimité de blogueuse, qui peut choisir précisément ce qu’elle a envie de raconter, au moment où elle en a envie. Je ne sais pas si je suis claire dans ce que je veux dire, mais parfois c’est beaucoup plus simple de pouvoir se protéger derrière un écran, car tu peux choisir quand tu veux être MissTexas ou Rozie, alors que si on te (re)connaît, les lecteurs vont se rappeler à toi au moment où tu ne veux pas forcément être une blogueuse, mais juste… toi. D’ailleurs, quand je suis avec mes meilleurs amis, nous ne parlons jamais de mon blog, pourtant ils savent tous que j’en ai un. Je pense qu’on sait tous qu’au fond, ce n’est pas la vraie Sophie, et que celle qui leur correspond n’est pas tout à fait la même que celle qui correspond aux lecteurs.

    Voilà ! J’ai fait long, je m’en excuse ! J’espère que tu ne m’en veux pas sur ce que je t’ai dit au début, encore une fois c’est vraiment un envie très personnel, et c’est juste pour faire avancer la réflexion,

    Biz from Texas !

    1. Rozie Répondre

      Merci pour cette réponse en toute sincérité ! Evidemment, il n’y a rien que je prends mal là-dedans, au contraire !

      Je comprends ton ressenti à propos des articles qui parlent de ma famille (je crois d’ailleurs qu’il n’y a que sur ma famille que je me « permets » ça). D’ailleurs, une personne m’avait clairement dit qu’elle venait me lire par « voyeurisme », ce que je n’avais pas mal pris parce que c’est tous ce qu’on fait un peu.

      Effectivement, la personne n’est pas là pour se « défendre » et donner son propre point de vue. Mais ce qui me surprend dans cette lecture, c’est qu’à aucun moment je ne fais un procès à l’autre dans mes articles. Il me semble (en tout cas, c’est de cette façon que j’écris, dommage si ce n’est pas perçu) que je suis claire sur le fait qu’il ne s’agit que de mon propre point de vue, et que je sais qu’il est subjectif et soumis à rectification. Ce que je veux dire, c’est que je ne dis pas « elle a fait ça et m’a blessée » mais « je me suis sentie blessée par son geste ».
      Et au delà de ça, il ne m’a jamais semblé « accuser » qui que ce soit (sauf sur « Parce que je suis la femme », c’est vrai). J’ai toujours souhaité faire preuve de compréhension et de bienveillance.

      Il reste la notion du « vivre très mal que son intimité soit exposée par quelqu’un d’autre », qui est très complexe. J’ai eu cette conversation avec mon amoureux, et c’est plein de nuances. Lui par exemple, se fout que je parle de ma sexualité, que je dise que j’aime un truc ou pas un autre, que je ressens les choses comme si ou comme ça. Par contre, il détesterait que je décrive avec précision ce qui se passe, et je le comprends tout à fait.

      Avec la famille … Les secrets tout particulièrement, je conçois la douleur, le choc de voir étaler ça sur le net, aux yeux de tous. C’est très brutal, c’est vrai. Je pourrai choisir de ne pas en parler ici, mais alors je renierai l’existence même de cet espace. C’est un choix très conscient. Comme celui de parler de l’inceste avec Alyson au grand jour. Je prends le risque (et pas des moindres) de me faire insulter, éjecter, de blesser profondément, d’éclater ma famille.

      Disons que ma limite est là : je n’écrirai pas sur un évènement s’il n’a aucun impact sur moi. Ma famille regorge de nombreux autres secrets, mais ceux-là n’ont aucun impact sur moi. Je ne vois pas l’intérêt de l’étaler et pour le coup, je vois là un profond manque de respect envers les personnes qui le vivent.
      Ceux que j’ai divulgué ici, par contre, me bouleversent profondément, font partie de moi et me constituent. Je les vis. En cela, ils m’appartiennent autant qu’aux autres et j’ai le droit d’en faire ce que je veux pour pouvoir me guérir. Après, les principaux intéressés pourraient très bien penser que je n’ai rien à voir avec tout ça. Je le comprendrais … C’est complexe !

      C’est une question que je me suis posée quand j’ai écrit sur ma belle-famille. Je suis moins légitime à écrire « sur » eux. Mais je sais que je n’écris pas « sur » eux. J’écris sur l’impact qu’ils ont sur moi. … Ca n’a pas fini de me tarauder, cette question, je sens ! Ce qui est clair, c’est qu’il y a des articles que j’assumerais moins bien que d’autres en public.

      Ma famille ne me connait pas. Elle tomberait de très, très haut en lisant tout ceci, je crois.

      Qu’est-ce que ça m’apporte d’être lue ? Hmmm … Une reconnaissance, oui. Une approbation dans les commentaires. Je prends le droit d’exister, et de revendiquer mes sentiments, là où en public, j’ai plutôt tendance à les museler. C’est aussi pour moi une lutte pour ma différence, une façon de m’assumer, de m’accepter aux yeux du monde. Une façon aussi de pouvoir interagir avec lui là où habituellement, j’en suis incapable. Une façon de trouver des gens capables d’écouter ce que j’ai à dire sans passer par les différentes phases (ennuyantes) de la sociabilité, avant d’atteindre mon but : la profondeur.

      Tu dis qu’on sait que ce n’est pas « la vraie Sophie ». Pour moi, étrangement, c’est tout l’inverse. Ici, c’est la Vraie Rozie (j’ai failli écrire mon vrai prénom, c’est dire !). Le vrai moi est mille fois plus ici qu’ailleurs. La façade que je m’invente en société, j’ai du mal à juger si elle s’en approche beaucoup ou pas. Etre connue pour ce que je suis IRL, ça voudrait dire accepter cette vulnérabilité que l’autre sache tout de moi quand lui ne m’aura jamais dévoilé le quart de ce qu’il a lu … C’est accepter de perdre le contrôle, quelque part.

      Qu’est-ce que tu en penses ? Tu as eu l’impression que parfois je jugeais des gens dans mes écrits ? Ou que je racontais des choses qui ne me concernent pas vraiment ?

      Bonne soirée (ou bon début de journée, je ne sais pas ?) ! Des bises !

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