La pente glissante.

Il y a quelques jours, un lecteur s’est inquiété pour moi. Un commentaire qui m’alertait, qui tirait la sonnette d’alarme. Qui demandait si je n’entrais pas en dépression.

Cette attention, cette inquiétude, m’a profondément touchée. On ne se connaît pas Val, c’est à peine si je sais si tu es un garçon ou une fille. Je ne connais de toi qu’un pseudo, je sais que tu passes par là parfois. C’est tout. Et pourtant, en me lisant, tu te demandes si je vais bien et tu oses m’en parler. Pointer le doigt là-dessus. C’est une démarche que les proches – mes proches – ne font pas assez. Dire la vérité, par amour. Poser les vraies questions, dans le désir profond d’aider son prochain. Merci.

La dépression, c’est quelque chose que je « connais » chez les autres. Mon père la vit depuis deux ans. D’autres membres de ma famille sont passés par là. Quant à moi … Je suis pour l’instant épargnée.

J’ai vécu ma première période sombre assez jeune. 11 ans. J’étais seule. Mes parents étaient trop absorbés par les problèmes de ma petite soeur, ils étaient trop persuadés que j’étais la plus forte. Je ne leur ai jamais dit. Je n’en ai jamais parlé à personne.

Je me souviens que je pleurais tous les soirs. Je n’avais plus d’appétit. Parfois, je mangeais comme un ogre. Je ne parvenais plus à me lever. Il me fallait plus d’une heure pour réussir à sortir de mon lit chaque matin. Je me trainais. Tout me paraissait sombre, vide. Je ne m’engouais plus de rien. J’appelais au secours à travers mes tenues, toujours plus étranges. J’avais souvent envie de me faire mal physiquement, mais je me retenais.

J’ai mis ça sur le compte de l’adolescence, sur celui du deuil. Tout le monde a vécu cette période torturée, non ? C’est passé comme c’est venu.

J’ai vécu une seconde période trouble, que j’attribue cette fois à l’emprise. Elle a pourtant commencé bien avant. Toute ma vie avait changé, je ne m’y retrouvais plus. J’avais perdu mon meilleur ami, tout mes repères avaient éclatés, j’étais immensément déçue par mes choix. J’étais malheureuse comme la pierre. Je pleurais souvent. Je dormais constamment. Je mangeais énormément. Dès que j’avais un moment de libre, je m’assoupissais. Je me sentais mieux dans mes rêves que dans la réalité. Je dormais pour y échapper, pour que le temps passe plus vite, pour cesser d’être face à cette vie qui me rebutait.

Puis D. est arrivé, et avec lui les cris, les pleurs, l’angoisse, le stress, le manque, l’insécurité, les problèmes, les contraintes. Un cocktail terrible. Je suis fière de ma résilience. Malgré les instants d’intense panique, malgré le manque de sommeil et de nourriture, malgré la sensation d’être épiée à chaque seconde, j’ai tenu bon. Comment c’est possible ? Je ne sais pas. Sans doute que mon corps le savait. Si je tombais, c’était fini.

Ma famille a un terrain psychologique sensible et ce, des deux côtés. La santé mentale, on ne connaît pas ça bien longtemps. A croire qu’il s’agit d’une malédiction. La sensibilité n’a pas que du bon ! Dépressions, phobies, angoisses, névroses, troubles mentaux divers et variés … J’ai encore de nombreuses histoires à raconter !

Pour toutes ces raisons, je suis très attentive aux signaux que me donnent mon corps et mon esprit. Je veux pouvoir les déceler avant de sauter à pieds joints dans la spirale infernale. Aujourd’hui, plusieurs éléments me mettent en garde. Je crois qu’il faut que je m’arrête. Je crois que je suis à deux pas du surmenage.

Ce n’est pas mon travail qui m’épuise, c’est ma vie privée. Et l’épuisement s’accentue. Les journées sont longues. Il m’est devenu vraiment difficile de rester en forme plus de quatre heures de suite.

Mon réveil sonne, je le repousse. Jusqu’au dernier moment. Jusqu’à ce que je sois en retard. Quand je peux ne pas aller au travail, je n’y vais pas. Je me repose sous couvert de « travail à domicile », mais toutes ces journées de vide ne changent rien. Je suis quand-même crevée. Je suis embuée toute la journée. Bien éveillée entre 18 et 21h, mais sans énergie. J’ai faim sans arrêt. Je pourrais dormir une quinzaine d’heures par jour sans que ça ne change quoi que ce soit à mon état.

Je n’arrive plus à me concentrer. Je suis irritable. Ma nuque est raide. Mon acné revient malgré ma bonne hygiène de vie. Bref, quelque chose cloche !

Ce qui est étonnant là-dedans, c’est que je suis heureuse. Je vois toujours la Vie en rose, j’ai toujours envie d’avancer, la motivation est toujours là, je suis pleine d’entrain. Mon âme papillonne. Je ne suis pas triste, je n’ai pas de problèmes, rien qui me chiffonne : j’adore ma vie et les différents environnements dans lesquels j’évolue. C’est frustrant. J’ai envie de chanter, de lire mon bouquin, de cuisiner, d’avancer dans mon travail, d’améliorer mon lieu de vie.

J’ai envie. Mais je ne peux pas. Mon corps n’avance plus. La première étape de ma journée, me lever, me demande déjà une sacrée dose d’énergie que je ne suis pas certaine d’avoir. Comment expliquer ça aux autres ?

Comment expliquer que j’adorerais aller les voir à Cannes, à Brest, à Lille, ou à Valence mais que je ne peux pas ? Que j’ai envie de les inviter chez moi, mais que c’est impossible ? Comment leur expliquer que je n’ai rien de prévu mais que je ne peux pas bloquer ce temps pour eux ? Comment leur faire comprendre qu’à 25 ans, sans aucune raison, je suis aussi limitée – voire plus – qu’à 80 ? J’ai peur de m’isoler. J’ai peur de vexer.

Grâce à l’une d’entre vous (je ne me souviens plus laquelle), une émission sur le burn-out est arrivée jusqu’à mes oreilles. Je ne sais pas si je souffre de ce mal, mais je me suis instantanément reconnue dans sa description. Une femme qui l’avait vécu expliquait tous ces symptômes que je viens de vous énoncer. Mais surtout, elle l’imageait avec des « petites cuillères » :

  • Imaginez qu’une personne normale, en se levant le matin, bénéficie de 100 petites cuillères. Elle en dépense 2 en se levant, 2 en se brossant les dents, 50 durant ses 7 heures de travail quotidiennes, etc … A la fin de sa journée, cette personne dépense ses 2 dernières petites cuillères pour se coucher. Et durant la nuit, elle se recharge de 100 petites cuillères pour repartir le lendemain aussi en forme.

 

  • Une personne en burn-out n’a que 25 petites cuillères pour faire sa journée. Mais elle doit en dépenser 3 pour se lever le matin, soit 1 de plus qu’une personne normale. Ses activités lui demandent plus d’énergie. Si elle ne les réduit pas, elle arrive vite à court. Elle ne peut plus avancer. Elle ne peut plus rien faire DU TOUT. Malheureusement, cette personne ne se recharge pas aussi facilement la nuit. C’est un cercle sans fin.

C’est exactement ce que je ressens aujourd’hui. Je suis sur la pente glissante, j’ai perdu de nombreuses petites cuillères et je n’en ai plus beaucoup pour mener mes journées à bien. Chaque matin, quand mon réveil sonne, je constate que les petites cuillères perdues la veille n’ont pas été remplacées. Je peux encore me lever au prix d’un effort considérable. Rapidement avaler quelque chose pour me requinquer. Mais vivre une journée normale, je ne peux plus.

Je suis allée voir le médecin pour en parler. Ma prise de sang est bonne alors pour lui, je n’ai rien. Il semble avoir cru que je jouais la comédie, sans doute juste pour bénéficier d’un arrêt de travail. Je tombe toujours sur les mauvais, sur ceux qui n’écoutent pas, qui ne me prennent pas au sérieux … C’est fatigant. Je ne voulais pas d’arrêt, le problème n’est pas là. Je voulais être sûre que ça ne vient pas d’ailleurs. D’une tumeur invisible, par exemple ? D’un problème hormonal ? Qu’est-ce qui pourrait causer un tel épuisement ?

Un burn-out « personnel », c’est possible ? C’est la théorie la plus tangible pour le moment. 2017 est l’année la plus chargée (de bonnes choses !) qu’il m’est été donné de vivre. Cela dit, je n’ai pas envie de me réveiller un jour paralysée dans mon lit, incapable de sortir et pleurant tout mon soûl. Pour l’instant, j’ai le moral au beau fixe, ça me sauve. Mais je sais bien que si ça continue, ça entachera mon bonheur. Le seul conseil qu’on m’a donné ? Ralentir. Décliner les invitations. Passer les vacances au calme. Me préserver.

La pente glissante. C’est étrange de se voir glisser. Tout est lisse autour de soi, on ne peut se raccrocher à rien. On sent le sable couler dans les mains, on voit défiler les arbres, mais on ne prend plus racine comme eux. La source a disparu alors que le soleil tape toujours aussi fort. Où peut-on piocher cette énergie ? Comment plante-t-on les pieds dans le sable ?


26 thoughts on “La pente glissante.

  1. Pétale Répondre

    Bonjour Rozie,

    J’espère que ça va s’arranger et que tu iras mieux (je ne suis toujours pas douée avec les émotions et sentiments et autres).

    Je t’envoie de l’amour et des ondes positives 🙂

    Bises

    Pétale

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Tu n’es peut-être pas douée, mais tu me touches quand-même, à ta façon.

      Merci beaucoup <3.

      J'accepte les ondes positives avec grand plaisir, et grand besoin !

      Bises !

  2. Val Répondre

    Hello,

    je suis une autre Val(érie) et je m’inquiète aussi. Le burn-out, c’est ma mère qui l’a vécue, à la retraite ! Il n’y a pas de situation précise qui peut entrainer dans la pente glissante, on peut tous y être confronté.

    Si j’avais un conseil à te donner, c’est peut-être de te tourner vers les médecines alternatives (kinésio, somato, accupunteur, médecine chinoise) le bouche à oreille est un bon moyen de tomber sur des gens sérieux et qui d’une, t’écouterons sans penser que tu viens chercher un arrêt, de deux, iront voir là où les médecins traditionnels ne pensent pas chercher.

    En attendant, tu peux essayer les cures de minéraux (magnésium, lithium, mélange « cuivre, or, argent » qui peuvent aider ton organisme.

    Prends bien soin de toi.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      A la retraite ? Wahou, ça semble incroyable ! Ca ne doit pas être évident pour elle, surtout à expliquer … Je compatis sincèrement.

      Je me suis déjà tournée vers les médecines alternatives. En réalité, ce sont les seules qui fonctionnent chez moi. Mais je suis obligée de voir le généraliste pour les prises de sang, et aussi parce que j’ai peur d’avoir un problème médical grave. Ma naturopathe m’a effectivement prescrit une cure de magnésium ! Je saurais si c’est efficace dans un petit mois, je pense.

      Merci beaucoup. A bientôt, Val :).

  3. Ornella Répondre

    Je connais ce sentiment pour l’avoir vécu et pour l’avoir expliqué à mes proches. La sensation d’avoir 80 ans, je la connais par coeur et ils ne comprennent pas mais ils savent. Je l’explique par ma Maladie de Crohn principalement, et aussi par ma vieille âme usée. Jusqu’à il y a 3 mois, je refusais toutes les invitations, je déclinais tout et celles que j’acceptais, je m’en décommandais à la dernière minute. Voir du monde m’épuise, ça me pompe. J’ai beaucoup de mal avec les soirées dans les bars remplies de gens qui ne sont pas des amis. Mais qui nous collent et rentrent dans nos bulles. Je préfère les rassemblements en petit comité. Les soirées où l’on s’entend très bien, où les conversations ne sont pas polluées par de la musique trop forte. J’adore la musique, c’est une grande partie de ma vie mais il y a un temps pour tout. Il y a trois mois j’ai commencé à avoir beaucoup de travail, dont je ne pouvais me défiler, et je pense qu’un transit de planètes qui m’alourdissait s’est terminée, et je me sens beaucoup plus énergique. Pleine d’entrain, j’ai conscience de mon besoin de sommeil, mais quand je sens ma petite voix qui me retient d’aller voir des amis, je sais que c’est un test, et qu’il faut que je me pousse un peu au cul. Et je ne regrette jamais.

    Il faut être conscient de ses limites mais je pense que parfois, on devrait moins s’écouter.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je comprends complètement ça ! Je n’accepte que les soirées en petit comité. Le reste .. Oui, ça me prend trop d’énergie, ça me donne des migraines, mais surtout, de base, je n’apprécie pas. Etre avec une foule de gens que je ne connais pas et ne pas pouvoir amorcer une véritable conversation, très peu pour moi !

      J’ai aussi tendance à annuler les invitations pour un « rien ». Flemme, pas motivée, pas le moral, pas sûre que ce sera si bien … Et clairement, parfois, il faut pas. Ce week-end, j’étais crevée, mes 11 heures de route en 24 heures ont été mortelles. Mais les 13 autres heures passées en compagnie de mes trois meilleurs amis m’ont régénérée ! J’ai bien fait de ne pas céder.

      Je m’étais mis une barrière : après ce week-end là, j’arrête. Et je m’y tiens. Cette perspective me fait vraiment du bien. Je redeviendrais sociable en septembre. Aout sera un mois exclusivement porté sur moi, sur mon couple, et sur notre tranquillité. On en a tellement besoin !

  4. kathou Répondre

    Ton billet me touche. Oui, comme dit Marie, le plus important semble être ta conscience de la situation. je viens aussi d’une famille fragile psychologiquement et je suis comme toi, toujours très attentive aux signes qui pourraient ressembler à la dépression. Du coup, j’ai l’impression que ça me sauve…Je réagis selon la situation… Pour ma part, j’ai choisi la méditation. Elle calme mes angoisses et me permet de reprendre un peu contact avec moi… Prends bien soin de toi…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      J’avais amorcé la méditation avec Petit Bambou. Puis j’ai lâché.
      Il faudrait que je reprenne, je ressentais vraiment un bénéfice. Je fais aussi des séances d’auto-hypnose et c’est pas mal pour se générer. Plonger au fond de soi.

      La relaxation me fait bien envie aussi. Rester couchée, écouter une musique avec une voix m’invitant à détendre et ressentir chaque partie de mon corps. Rien que d’y penser, ça me délasse ! Ce soir, peut-être …

      Oui, être attentif nous sauve de beaucoup chose. Continuons comme ça ! Prends soin de toi, toi aussi :).

  5. marie kléber Répondre

    Ma chère Rozie, le plus important est peut-être de savoir que tu es sur cette pente glissante justement, comme une chance pour faire le nécessaire avant qu’il ne soit « trop tard ».
    Le « burn out » arrive souvent par surprise, quand on s’est longtemps négligé(e). On arrive au bout de quelque chose qu’on ne sait pas expliquer.
    Et comme le dit Cécile, le pire c’est qu’autour les gens ont du mal à comprendre et du coup réagissent de la mauvaise manière.
    Tu as eu beaucoup de choses à gérer dernièrement, tant physiquement (déménagement) que psychologiquement (accepter qu’on a été victime de viol – violence est terriblement difficile à encaisser, ça libère beaucoup de choses et ça se fait aussi parfois à travers le corps).

    Prends soin de toi, pense à poser des temps pour toi, tente d’en faire moins si possible, ralentis doucement pour te retrouver. Je pense à toi et t’embrasse bien affectueusement.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je n’avais plus pensé à cette prise de conscience, tu vois. Tu fais bien de me le rappeler. Effectivement, c’est une part énorme et ça explique peut-être beaucoup de choses.

      Oui, je le prends comme une chance pour remonter la pente avec d’atteindre le fond. Je me ménage. Je lâche prise. Et ma maison s’en ressent !! Mon amoureux est aussi extrêmement fatigué, ce qui en un sens me rassure. On abandonne tous les deux les conventions. On n’a même plus la force de faire le ménage. Et alors ? Ce n’est pas grave. Chaque chose en son temps.

      Merci pour tes mots et ton soutien Marie. Ca me fait du bien ! <3

  6. Sweetie Julie Répondre

    Je lis une grande fatigue en toi, et je devine un besoin (peut-être encore à assumer pleinement) de te donner la priorité. Et c’est long, surtout quand on se sent fragile, à la fois sur le plan physique et sur le plan psychologique. Peu de personnes comprennent parce que les questions du genre « Comment ça va ? », « Tu vas bien ? », sont posées de façon automatique, les gens ne prennent pas vraiment le temps d’écouter la réponse qu’on pourrait leur donner alors autant se cacher derrière un « ça va bien » laconique… Pourtant, si quelqu’un s’arrêtait, nous prenait par la main et nous laissait entre le temps, entre les silences et les regards tendres, pour se confier, pour raconter, pour réfléchir, on pourrait se sentir moins seul, soutenu, et un peu mieux chaque jour.

    Je te souhaite de prendre soin de toi. Ton article résonne en moi, reflétant l’état dans lequel je suis depuis plusieurs années maintenant, depuis mon « burn-out » professionnel… Alors je te remercie d’avoir le courage d’écrire cet article. On peut voir la vie en rose, et vivre tout de même avec une certaine mélancolie, avec une fatigue lancinante qui ne nous quitte pas… la positive attitude, c’est bien mais des fois c’est lourd et quand ça ne va pas, ça ne va pas.

    Accroche-toi, et surtout prends le temps <3

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Tu as vécu un burn-out, Julie ? Comment ça s’est traduit pour toi ?

      Oui, il faut que je pense à moi. Je croyais le faire, mais en fait pas assez. Je n’en peux plus !
      J’ai voulu être sociable, être la fille qui est toujours là, celle sur qui on peut compter. Mais ce n’est pas tenable. Il faut que je dise stop aux invitations, mais ça n’a rien d’évident. Je culpabilise un peu de n’avoir pas pu aller au baptême des enfants de mon cousin, tu vois.
      Dans les faits, j’étais libre le jour J. Mais la veille nous rentrions de Paris, et je pressentais déjà la fatigue, alors j’ai annulé.

      C’est vrai, et c’est dommage. Les « ça va ? » ne sont jamais posés sincèrement ..

      Merci beaucoup, jolie Julie :).

  7. l0uanne Répondre

    De la même façon qu’il existe un burn-out du travail et un burn out maternelle, je pense qu’un burn personnel est tout à fait possible. Tu as essayé la sophrologie ? Peut être que ça pourrait t’aider

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, sans doute est-ce possible. La fatigue ne se borne pas qu’à un sphère particulière, j’imagine !

      La sophrologie, je n’ai jamais essayé non ! Je note !

  8. zenopia Répondre

    Le document sur le burn out et la métaphore des petites cuillères vient de moi… le burn out, je le vis au quotidien depuis des mois… et, lorsque j’ai découvert ce témoignage, j’ai compris qu’il couvait depuis plusiuers années sans doute. J’ai trop donné, je me suis trop investie, je n’ai pas reçu en retour ce dont j’avais besoin… Mon corps a dit stop et il a refusé de continuer à avancer. Je me suis écroulée. Et peu de gens comprennent… même les proches… j’ai beau dire « je ne saurai pas venir », « je suis incapable de faire ce déplacement », « je n’y arrive pas »… je sens bien que la personne en face de moi a du mal à comprendre… Même avec mes parents qui m’ont pourtant vue dans les moments sombres. Genre : tout va bien et d’un coup, la fatigue s’abat sur moi, littéralement. Mon visage change, mes yeux s’éteignent, mon dos me fait souffrir… J’ai des périodes de vide intense. Cela dure officiellement depuis le mois d’octobre. Ce qui est difficile à vivre, en plus du burn out en lui-même, c’est de devoir sans cesse se justifier. Cela m’épuise , me bouffe, me vide… Franchement, tu as vu les signes , alors je me permets un conseil : ne fais pas comme moi, écoute toi, écoute ton corps…
    Courage. Bisous

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, j’ai vu les signes … Je compte bien éviter le pire si c’est possible.

      Je me reconnais tout à fait quand tu dis que d’un coup, tu t’éteins.

      Dimanche dernier, la journée s’est relativement bien passée, j’allais bien. Et d’un coup, tout a lâché. Je ne pouvais plus participer aux conversations, j’avais mal, je voulais me coucher. Ma belle-mère l’a remarqué et m’a dit « tu as pris des cernes d’un coup, c’est impressionnant. » J’ai fait comme si ça allait bien, mais heureusement ils sont supers. Ils sont partis parce qu’ils ont vu que j’étais pas bien.

      Dans la semaine, ça m’est arrivé de nombreuses fois. Deux heures après m’être levée. Au beau milieu de l’après-midi. Et il n’y a rien à faire. C’est assez effrayant, ce caractère imprévisible de la chose.

      Autant que je peux, je calme le rythme. Quand je suis chez moi, avant de me lancer dans quoi que ce soit, je me demande combien de temps je peux tenir, l’énergie que je peux donner. Photographier mes fringues pour les revendre, je le faisais rapidement en quelques minutes. Cette fois, j’ai dû le partitionner en plusieurs fois. A chaque fois, je commençais, je m’épuisais, et j’arrêtais. Même si je le voulais, j’étais incapable de prendre une photo de plus. C’est déroutant.

      Du coup, tu es en burn-out et en dépression (si je peux me permettre la question) ? C’est le premier qui a mené au deuxième ?

      Prends bien soin de toi. Des Bisous chaleureux.

      1. zenopia Répondre

        Je ne sais pas dans quel sens ça s’est produit mais je suis intimement convaincue que oui, c’est le burn out qui m’a menée à la dépression… D’après mon analyse perso, la dépression est relativement « légère » (si je puis dire) mais le burn out est profond… Je pense que tout à commencé en 2007…
        Je vois très bien de quoi tu parles quand tu évoques une fatigue soudaine ou l’impossibilité de faire de simples photos… Ma mama m’a vue changer, littéralement, de visage en l’espace de quelques minutes… ceux qui ne le vivent pas/ne le voient pas ne peuvent pas comprendre… parce que c’est vrai que ça paraît incompréhensible. Courage !!!!! Fais attention à toi : pour moi, la seule façon de s’en sortir, c’est de s’arrêter…
        Je t’embrasse Rozie

        1. Rozie & Colibri Répondre

          En 2007 ?! Purée, ça fait loin ! Tu auras tenu 10 ans avant de t’effondrer, en quelque sorte. C’est terriblement impressionnant et terrifiant à la fois.

          Je pense que c’est effectivement la seule solution. Ca y est, elle arrive pour moi. Encore demain et jeudi, et j’arrête tout, en vacances !

          Reposes-toi bien. Profites de ce temps magnifique !

          Des grosses bises !

  9. cledsol Répondre

    Pour ma part, je crois tout à fait qu’il existe un burn-out « personnel ».
    Je sais que ce n’est pas aussi simple à faire qu’à dire (je suis une thérapie depuis quelques années, ça fait partie des choses que je traverse 🙂 ) mais j’ai appris qu’on a tous le droit de penser à soi d’abord et prendre soin de soi lorsqu’on en a besoin, et donc décliner les invitations lorsque ce n’est pas possible.
    On a besoin de se protéger.
    Je trouve ça difficile de trouver de bons médecins… J’espère sincèrement que tu trouveras quelqu’un de confiance pour prendre soin de ta santé!!

    Je suis très touchée par ce que tu as vécu quand tu étais petite… Je suis d’autant plus heureuse que tu aies le moral actuellement. Et ça me paraît tellement mportant que tu puisses le garder…
    Tu as le droit de prendre tout le temps pour toi dont tu as besoin. Et te régénérer d’une manière qui te fait du bien à toi 🙂

    Et si jamais tu as besoin, j’imagine que tu as des gens autour de toi à qui tu peux parler, mais n’hésite pas 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Effectivement, ce n’est pas une évidence, mais il faut penser à soi avant tout. C’est quelque chose que je fais beaucoup en règle générale. Je me fais toujours passer avant le reste du monde, quitte à paraître égoïste.

      Ce qui pèche cette année, c’est que j’expérimente la première année loin de ma famille (350 km). Et que, logique, cette année, les réunions familiales diverses et variées sont légion ! Avant, ça se faisait sans soucis. AUjourd’hui, la donne n’est plus la même, et on n’a pas descendu la barre. Clairement on aurait dû.

      Je pense aussi que mon père joue un grand rôle là-dedans. Il a peur que je vienne de moins en moins de par la distance, et j’ai sans doute voulu lui prouver que les kilomètres ne changeraient rien pour qu’il ne soit pas triste. Echec !

      Merci beaucoup pour ta proposition et ta gentillesse. Promis, si j’en ressens un jour le besoin, je n’hésiterai pas ! Et l’inverse est valable, évidemment !

  10. Illyria Répondre

    Je trouve ça normal que tu sois bien fatiguée avec tous les week ends où tu es occupée… En plus tu as eu le déménagement à gérer, et ça joue aussi sur ton moral. Je comprends aussi que tu ne puisses pas recevoir les gens chez toi, ça demande de l’énergie, et l’énergie on en a pas à l’infini… Surtout si tu es introvertie et que les autres te prennent ton énergie justement, et que tu as besoin d’être seule pour te ressourcer. (j’ai été beaucoup occupée ces derniers week ends et je commence pas mal à saturer aussi)
    Je ne peux pas m’avancer sur ce que tu dis, mais j’espère que tes vacances de (vrai) repos te feront du bien!

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est exactement ça ! Les autres me demandent une énergie folle. Seuls mes amis, en petit comité, on ce pouvoir de me régénérer (et ils ne sont pas nombreux). Les autres, même si je les apprécie beaucoup, me pompent littéralement.

      Heureusement, ce week-end était le dernier !! Je ne bouge plus. J’ai expliqué à tout le monde qu’il me faudrait un bon mois de pause. Au minimum. Mes amis l’ont compris. Je laisse le soin à mon amoureux d’en parler aux siens (bien plus exigeants, ce que j’ai du mal à comprendre par ailleurs). Nos familles l’ont parfaitement intégré. Donc RE-POS !

      J’espère que ce n’est que ça, moi aussi, et que les vacances vont me régénérer.

      Reposes-toi, toi aussi !

  11. Valérie Répondre

    Bonjour Rozie,
    C’est moi qui ai rédigé le commentaire dont tu parles (je suis une fille ! ). Je suis désolée d’apprendre que ça ne va pas mieux et que ta visite chez le médecin n’a rien donné. Peut-être pourrais-tu en trouver un autre, plus à l’écoute ? Ou un (bon) psychiatre ? Je compatis à ton mal-être, la souffrance psychique (et le mal-être physique qui l’accompagne) est bien difficile à vivre. En espérant que tout cela ne sera bientôt qu’un mauvais souvenir, je te fais une bise amicale.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Bonjour Valérie !

      J’écume les médecins généralistes. Je ne sais pas si ça vient de moi, mais à chaque fois, c’est un échec. Je me suis tournée vers la naturopathie, qui me convient beaucoup mieux. Je lui avais déjà parlé de ma fatigue, ça fait un moment qu’elle traine. Et avec le déménagement et le changement de vie, je n’ai pas pu mettre en place les conseils qu’elle m’a donné (la naturopathe) correctement. Là, je reprends tout. Je verrais si ça fonctionne dans quelques semaines. Et en attendant, je vais quand-même retenté l’aventure du médecin traitant. Sait-on jamais ! Il ne faut pas désespérer ^^.

      Je te rends affectueusement ta bise amicale :).

  12. Escarpins et Marmelade Répondre

    Je souhaite de tout mon coeur que tu retrouves la forme ma Rozie: essaie de prendre des vitamines (je sais, ça peut paraître idiot, mais le fais-tu?), repose-toi, écoute-toi, et fais-toi plaisir en faisant des choses agréables, rien que pour toi. Je t’embrasse.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup ma belle !

      Je suis sur une cure de magnésium, suivant les conseils de ma naturopathe. C’est mieux, mais c’est pas ça non plus. J’attends de la terminer et de la revoir pour qu’on fasse le bilan. Je pense qu’à ce moment-là, elle me le proposera d’elle-même. Ca, ou quelque chose de plus avisé :).

      Mais tu as raison, c’est bête, et on n’y pense pas forcément !

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