Mon rapport compliqué au plaisir.

Sextoy

S’il y a un domaine dans ma vie qui n’évolue pas, c’est bien celui de ma sexualité. Je suis bloquée à de nombreux égards à ce sujet, et ai finalement très peu de liberté. Mon esprit m’entrave et m’empêche de m’épanouir, alors que je suis en mesure de ressentir le bien que pourrait m’apporter une libération.

Je ne me souviens pas qu’on m’ait tenu un jour un mauvais discours sur la sexualité. Mes parents ne m’en ont jamais parlé, j’ai donc découvert cet univers avec les copines, la télévision et les quelques cours d’éducation sexuelle qui nous étaient donnés au collège.

Je devais avoir douze ans la première fois que, dans mon lit, j’ai imaginé faire l’amour avec un petit-ami fantasmé. Je ne me touchais pas, je pensais simplement. Je n’avais pas d’image concrète de ce qui se passait au niveau de nos organes. Je savais que les corps s’enlaçaient, que les bouches s’embrassaient, que les lits grinçaient et que c’était bon. L’acte d’amour ultime. C’est assez révélateur. Je fonctionne d’une façon assez cérébrale. Et dès que j’imagine des choses trop concrètes, je me braque. Je trouve ça … Un peu dégradant.

Petit à petit, je me suis mise à découvrir cette partie de mon anatomie. Physiquement, l’effet était nul. Ce qui me plaisait, c’était de recréer l’acte « pour de vrai ». Ca a duré quelques semaines, et je me suis lassée. Avant ça, je n’avais jamais rien ressenti d’agréable au niveau de mon pubis, je ne l’avais jamais exploré. Aussi étais-je étonnée quand mes amies me confiaient que, petites, elles se frottaient contre les chaises ou les balançoires parce que ça leur faisait du bien. Et je ne comprenais pas que ma soeur, de quatre ans ma cadette, glisse parfois ses doigts dans sa culotte. Je trouvais ça sale alors que pour son âge, c’était tout à fait normal. Elle se découvrait.

Toujours est-il qu’aujourd’hui, je suis dans l’incapacité mentale de me toucher et que je ne sais pas comment me faire du bien. Ca pose un problème à mon mari, qui aimerait que je lui montre ce qui me plait. « Oui mais … J’en sais rien. » Je n’ai pas non plus envie qu’il me touche trop cette zone-là, cette idée me dérange particulièrement. Parfois, quand j’arrête de penser, ça me fait beaucoup de bien, mais c’est vraiment rare. Je déconnecte très peu quand on fait l’amour.

J’adore m’occuper de lui, mais je n’apprécie pas qu’il s’occupe de moi. Les préliminaires me gênent. Une sensation de dégout se développe et coupe mon désir à chaque fois qu’on est concentré que sur moi. Souvent, durant nos ébats, j’écarte sa main. Il m’arrive régulièrement d’être réveillée par un songe érotique, c’est l’orgasme qui me fait ouvrir les yeux. Dans ces moments-là, je sais que si j’osais me toucher j’atteindrais le Nirvana, mais rien n’y fait, mes répulsions m’obligent à me frustrer. Il m’est arrivé une fois de m’éveiller et de constater que j’avais la main déjà positionnée entre mes cuisses. Troublée, je l’ai immédiatement retirée : des images de Black Swan (le film), très étranges, me revenaient.

Ces derniers temps, j’ai tout de même avancé dans ma recherche de l’épanouissement. Parfois je le veux, d’autres fois je me sens poussée par l’envie de mon mari et par notre société hyper-sexuelle. Est-ce obligatoire de se connaître, de jouir souvent, de jouir seul ? J’ai n’ai réussi qu’une fois à atteindre l’orgasme avec la pointe de mon clitoris. C’était très fort. Une sensation violente mais pas désagréable. Généralement, ce sont les parois à l’entrée de mon vagin qui m’extasient, et même s’il s’agit là aussi du clitoris, la sensation est différente, plus sourde, plus douce.

J’ai sauté un premier pas en m’offrant un sextoy. J’en ai choisi un qui vibre, un tout doux, violet, qui ne ressemble pas directement à un pénis. Il est encore inenvisageable que j’utilise mes propres doigts pour me parcourir. Je le fais pourtant pour positionner ma cup, pour trouver mon col, pour tâter mes parois, mais jamais à des fins sexuelles. Mon sextoy patiente, dans le tiroir de ma table de chevet, depuis six mois. Je ne m’en suis pas servie. Et je pense que je ne m’en servirai jamais. Pas pour moi. Mon mari rêve de l’utiliser sur moi mais je l’en empêche. « Je ne suis pas prête. » J’avais déjà acheté des sextoys auparavant, par curiosité. Ils ont tous finis à la poubelle lorsque, lucide, j’ai compris qu’ils ne me serviraient jamais. Alors pourquoi retenter ? Je ne sais pas.

Peut-être que s’il est là, à portée de main, un jour j’oserais. En ai-je vraiment envie ? Je ne suis pas sûre. Je ne suis pas certaine qu’il faille que je débloque ça. Finalement, certaines personnes n’apprécient pas certaines pratiques, ce n’est pas forcément parce qu’elles sont bloquées. Elles n’aiment pas ça, c’est tout. Ce quelque chose qui m’intime de tenter l’expérience, est-ce mon corps réclamant ou est-ce ma conscience qui me prie d’être normale ?

Le fond du problème, c’est sans doute mon homme. Il ne m’oblige à rien, il tente parfois mais ne force pas les choses. Seulement, je sais qu’il aimerait, et j’aimerais pouvoir lui donner ça aussi. Nous fonctionnons différemment, il a besoin de m’aimer physiquement et de ce fait, il a des envies plus poussées que les miennes. Je n’ai pas une libido très développée, si rien ne se passe pendant deux semaines je me porte bien. Une semaine, c’est un intervalle idéal pour moi, ça laisse le temps à mon désir de doucement monter.

Mon amoureux me trouve paradoxale. J’aime l’érotisme, je suis coquine au quotidien, j’aime l’attiser à coups de « Déshabillez-moi » (*musique*). Mais dès qu’il s’agit de passer aux choses sérieuses, je me débine. Je n’ai pas envie d’aller plus loin. Suis-je différente des autres ?

Adolescente, je pensais que j’étais asexuelle et je désespérais de trouver une personne comme moi, que je pourrais aimer platoniquement. Finalement, j’ai bien un désir. Toute la question est de savoir s’il est à son paroxysme, ou si je peux encore le pousser. Le dois-je ?

L’image de la sexualité que donnent les médias n’est pas là pour me rassurer, et si j’ai appris à ne plus me fier à eux, il n’en reste pas moins que j’ai souvent l’impression d’être en retard. Tout cela finit par me peser. J’ai encore un long chemin à parcourir avant d’être complètement à l’aise avec le sexe. Mais j’ai toute la vie devant moi, n’est-ce pas ?


18 thoughts on “Mon rapport compliqué au plaisir.

  1. Flora Répondre

    Waouh quel sujet passionnant et si intime…
    Je ne suis pas comme toi mais je te comprends parce que comme toi je suis bloquée, juste un clan plus haut.
    Je n’ai aucun problème à laisser mon homme s’occuper de moi, j’en redemande même ! Mais la masturbation m’ennuie. Et pourtant j’essaie, j’ai même pris le temps d’apprendre à faire (même si regarder des vidéos me dégouttait aussi). Je me suis dit qu’il y avait un nirvana de l’autre coté comme toi. Mais voilà, je sais me faire jouir du bout des doigts mais le plaisir retombe vite et je trouve ça triste. Très loin du plaisir que je peux en tirer à deux. Je suis en bonne voie pour m’offrir un sextoy aussi. Parce que je me dis que c’est peut mieux une stimulation interne, mais que je n’ai pas la foi et la patience d’y aller avec mes mains.
    Pour ma part je suis convaincue que je n’en ai pas besoin, c’est juste que je ne me sens pas normale de ne pas savoir ce que ça fait. J’ai aussi envie de connaitre mon corps comme tout le monde, de trouver ces petits points magiques. Mais je pense que je suis plus poussée par l’envie de faire comme les autres que par un vrai besoin de ma part. Alors je comprends tout à fait ce que tu veux dire.
    Définir le plaisir, là est la question 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je trouve aussi qu’à deux, c’est beaucoup plus plaisant que seule. Les rares fois ou ma conscience me laissait tranquille et ou j’ai pu, un peu, me toucher, ça ne m’a pas fait grand chose.
      Je laisse de plus en plus mon mari s’occuper de moi. Il réussit à trouver tout seul ce qui me fait du bien, et on va dire qu’avec beaucoup de patience, on « démocratise » la pratique ^^. Il adore que je me laisse aller. Moi aussi, mais c’est rare !
      Depuis que j’apprends à méditer, il y a quand-même un grand mieux. Comme quoi, le lâcher-prise, ça s’apprend !

      Merci de partager ton expérience avec moi ! C’est toujours agréable d’avoir d’autres témoignages !

      1. Peanuts Répondre

        Dit ainsi, on voit qu’effectivement, tu as progressé en six mois. Tu seras étonnée de voir combien on peut changer à mesure qu’on prend de l’âge. 🙂

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Je n’en doute pas une seconde !
          Je vois déjà comme j’ai changé en 10 ans ! Alors dans 10, 20, 30 ans … Je serai sans doute une autre femme 😉 !

  2. Flora Répondre

    J’avais écrit un long commentaire mais je crois qu’il n’est pas passé.
    Je te disais que je te comprenais parce que moi aussi je suis bloquée un clan plus haut. Je sais me masturber mais pour le moment je trouve ça ennuyeux et triste. Je trouve que les orgasmes ne sont pas pareil qu’à 2 et j’ai un peu l’impression de trahir mon mari…
    Je suis convaincue que ce blocage a quelque chose de culturel alors j’essaie de le combattre comme toi, mais je ne suis pas sure si je me bats pour connaître ou pour être comme tout le monde…
    Définir le plaisir, là est la question

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Si, ton commentaire est passé ! Je ne sais pas pourquoi, mais il était passé en indésirable … Je crois que c’est dû au mot « sextoy » ^^ !
      Trahir mon mari … Oui, il y a un peu de ça aussi ! Et comme je suis satisfaite au niveau de la régularité de nos ébats, je ne vois pas non plus pourquoi je devrais me toucher à côté si je n’ai pas spécialement envie.
      Définir son plaisir, ce n’est pas évident ! On se compare sans cesse à la masse dominante.

  3. Ornella PETIT Répondre

    Je vais te parler de mon expérience. En ce qui me concerne, j’ai un appétit sexuel assez développé SI je suis en couple et très amoureuse. Seule, je me porte très bien sans avoir à coucher à droite à gauche. Il s’avère que mon compagnon de l’époque que j’aimais follement et qui m’aimait plus que tout était rongé par le stress, la sensation de ne pas être à sa place à Paris, en France dans la grisaille. Il a été un enfant trimballé partout, détruit par le divorce de ses parents et le fait que sa mère ait eu besoin de coucher avec pleins de petits jeunes suite à ça pour conjurer la tromperie non-digérée de son ex-mari.

    Les parents de mon ex-compagnon avaient dans les années 80 ouvert un bar à prostituées en Thaïlande. Et mon ex a donc connu ça assez jeune. Son image du sexe a été sali par la liaison de son père avec une des prostituées qui est devenue plus tard (et qui est toujours) sa femme aujourd’hui. Et par les frasques de sa mère qui se confiait sur ses ébats à son fils de 13 ans sans se rendre compte qu’il n’avait pas à savoir tout ça.

    Mon ex m’aimait plus que tout et s’imaginait construire sa vie avec moi. On a passé 6 mois idylliques. Puis petit à petit, pris dans le confort et la sureté d’un couple solide, il s’est moins « forcé » à faire l’amour comme aux débuts où l’on veut un peu prouver ce dont on est capable. Ca m’a beaucoup frustré de voir qu’il n’avait jamais envie de moi malgré ses « mais je t’aime et je n’ai envie de personne d’autre ». Il fallait toujours que ce soit moi qui vienne vers lui et qui démarre les préliminaires. Et quand j’étais lancée et excitée, il m’arrêtait pour me demander si ça me déranger qu’il se roule un joint. Le joint, c’était pour être moins conscient de lui-même de la gêne qu’il avait envers lui et qui le bouffait. Le joint lui permettait de lâcher prise et d’être uniquement dans le plaisir. Evidemment, ça me saoulait parce que ça prenait 5 minutes et que moi, ça me coupait l’envie. Petit à petit, j’en ai eu marre de devoir toujours être celle qui lance l’activité. Et surtout, ça me pourrissait de l’intérieur de voir qu’il ne CHERCHAIT PAS à comprendre pourquoi il était dans cet état là. Lui, ça lui convenait. Et moi, je souffrais jour et nuit, je pleurais tous les soirs de colère et de frustration à côté de lui à cause de son manque de courage. Il m’a bien avoué un jour qu’il avait peur d’aller chercher les raisons de sa si faible libido. Ca a brisé mon couple. Littéralement.

    Je te dis tout ça, parce que si tu cherches les causes, si tu cherches des solutions, parfois, la libido se règle avec un simple traitement hormonal mais dans ton cas je pense que ça va plus loin (ça rejoint ton blocage de maternité, toute la région sexuelle te paralyse finalement), si tu cherches, si tu essayes, ton mari saluera le fait que tu auras essayé. Il sera sans doute très fier et flatté que tu fasses cela pour vous, pour lui et surtout pour TOI.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Sacrée histoire que celle de ton ex petit-ami !
      Avec un bagage comme ça, je comprends que ça l’aie perturbé. C’est dommage qu’il ait eu peur de plonger dans ses craintes et dans ses gênes. C’est pourtant en faisant ce travail sur lui qu’il avancera.
      J’essaie de me lancer dans ce travail. D’une manière générale, j’essaie de me rendre compte de mes blocages, sexuels ou pas, et d’y remédier en douceur. Je creuse pour comprendre d’où ils viennent et pourquoi ils m’accrochent. Parce que je suis persuadée que si je le veux, ils ne me caractériseront pas toute ma vie.
      Le problème, c’est que parfois, ça peut vraiment « juste » faire partie de ma personnalité aussi. La différence est parfois floue.
      Mais j’arrive petit à petit à débloquer ça. J’ai écrit cet article il y a 6 mois maintenant. J’en repoussais sans cesse la publication. Et en 6 mois, j’ai fait du chemin, ça s’améliore doucement :). La preuve, j’ai pu le publier ! Et le fait de passer ce cap et de vous faire lire ça me libère aussi.

      Merci pour ce partage d’expérience !

      Et tu as totalement raison, c’est très lié chez moi à mon non-désir d’enfant. C’est toute une zone qui est enfermée. Il y a du travail et il me faudra du temps pour comprendre tous les tenants et aboutissants du « problème ».

  4. Peanuts Répondre

    Décidément, de jour en jour, j’attends avec un intérêt grandissant, le prochain de tes textes.

    A ce sujet, je voudrais te rassurer.

    Avoir une sexualité épanouie, ce n’est pas une chose immédiate : cela se découvre, se pratique… On accepte ou non des choses de plus en plus osées peu à peu. En prenant de l’âge, et au gré des différentes rencontres, ou même après une rupture, on s’essaie à des choses qu’on aurait fui à toutes jambes quelques mois/années plus jeune. Et tu es jeune, ton expérience est encore embryonnaire et grandira peu à peu. Patience.

    Mais avant tout, si tu cherches à créer ta propre sexualité pour la rendre plus épanouissante, il te faut accepter déjà de lâcher prise un peu, et un peu plus encore… Accepter que quelqu’un d’autre que ta propre main te touche (tendrement, et si tu l’y autorises bien entendu) petit à petit, et te révèle des choses qui t’étaient jusque-là exclusivement de l’ordre de l’intime (et parfois, on a de belles surprises).

    Ton mari est très respectueux de toi et c’est bien, car il ne faut jamais forcer quelqu’un ou se forcer soi-même pour faire plaisir à l’autre, à faire une chose pour laquelle on n’est pas prête ou prêt ou qui nous dégoûte.

    Même si, par expérience, je peux te dire que cela viendra, un jour. Je te l’assure. 😉

    Si tu veux me parler de ce texte-ci plus profondément, tu sais où aller. 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci pour l’intérêt que tu portes à ce que j’écris. Ca me touche vraiment !

      Oui, je suis consciente que je suis jeune et que j’ai encore tout à faire et à découvrir ! Je sais que ça prendra du temps et que ça avancera doucement. Malheureusement, mes premières expériences en la matière, je ne les ai pas vécues avec la bonne personne. Pour D. le sexe devait suivre un rituel très précis et mon consentement, il s’en foutait.
      Donc je dois déconstruire ça pour construire autre chose, un rapport épanouissant avec mon sexe, celui de mon mari, et la symbiose de nos deux corps.

      Comme je le dis à Ornella, j’ai écrit ce texte il y a 6 mois, et je n’arrivais pas à le publier. Depuis 6 mois, ça se dégage et ça va mieux. Ca prend son temps mais j’avance main dans la main avec mon (merveilleux) amoureux vers une sexualité saine et épanouie.

      Oui, je sais où aller ! En ce moment, j’ai peu de temps mais dès que je serai plus tranquille, tu auras de mes nouvelles 😉 !

  5. marie kléber Répondre

    Déjà merci pour ce texte très intime Rozie. A mon avis on ne parle pas encore assez librement de la sexualité féminine. C’est pour cela que nous sommes encore trop nombreuses à trouver la masturbation ou certaines pratiques dégradantes.
    Il est évident que ta précédente relation t’a profondément affectée et sur ce point là surtout. Peanuts a totalement raison, une sexualité libre et épanouie, ça n’arrive pas du jour au lendemain. Tout prend son temps. Lâche prise petit à petit, laisse toi aller, teste certaines choses (certaines te plairont, d’autres moins) – tu choisiras ce qui te donne du plaisir.

    Je vais partager mon expérience. Quand je suis amoureuse, avoir des relations sexuelles fréquentes avec mon partenaire/conjoint est essentiel pour moi. Je ne dirais pas que j’ai envie tout le temps mais souvent quand même. Quand j’ai rencontré mon premier grand amour, j’avais 19 ans, nous étions très amoureux et il a attendu 8 mois avant que je ne passe le cap. Contrairement à toi, chez moi, on a toujours parlé très ouvertement de sexe. Je pense que j’avais les craintes que toute jeune fille vierge a. Il ne m’a jamais forcé à rien. Et tout s’est fait très naturellement. J’ai même essayé des choses que je n’aurais jamais imaginer pouvoir faire un jour avec un homme. Nous étions en phase et il y avait beaucoup de respect entre nous.
    Le deuxième a foutu tout ça par terre. Tu le sais, la honte, le dégoût. Me masturber devant lui c’était inenvisageable. Et puis pour lui un « non » ça n’avait pas beaucoup de valeur.
    Aujourd’hui, je n’ai personne dans ma vie, mais je me sens plus vulnérable qu’à 19 ans en la matière. Un ami m’a dit « fais toi plaisir ». Je me suis sentie gênée, comme si c’était devenu quelque chose d’amoral en 15 ans!

    Tant qu’il y a du respect tout est possible. Laisse toi le temps. Oui tu es jeune, tu as toute la vie. Si le plaisir est important pour toi, pour vous, ça viendra. Si ça n’est pas important, et bien tu arriveras à vivre sans et avec ton mari vous composerez votre propre symphonie.

    Je t’embrasse Rozie.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci à toi !
      Non, c’est sûr, on n’en parle pas assez ! D’ailleurs, j’ai longuement hésité et remanié mon texte avant de le publier … C’est révélateur !
      Oui, tu le sais, D. ne m’a pas ménagée dans ce domaine et rien n’était propice à ce que je m’épanouisse.
      Depuis quelques temps, j’apprends à méditer. Je suis loin d’être une experte en la matière mais je dois dire que ça m’aide ! Apprendre à lâcher prise, c’est complexe. Et je trouve que la méditation nous l’apprend, d’une manière consciente mais aussi inconsciente. Mon cerveau l’intègre tout seul sans que j’ai besoin de faire des efforts particuliers, juste mes 10 minutes par jour (et je n’ai pas le temps tous les jours) !

      Merci pour le partage de ton expérience. Je me retrouve tout à fait quand tu dis que tu es plus vulnérable maintenant, après toutes ces expériences, qu’à 19 ans quand tu t’y es lancée. Je ressens un peu cet écart parfois. Il a été atténué par le fait que j’ai connu mon mari directement à la suite de D. Je n’ai pas eu le temps de réfléchir et le fait de ne pas avoir de « blanc » entre les deux m’a permis de ne pas « être fragile ». Je ne sais pas si c’est très clair ^^.

      Je te souhaite de réussir à te reconstruire aussi sur ce plan là et à t’épanouir toujours un peu plus. Mais tu es en bonne voie !

      Merci Marie !

  6. Escarpins et Marmelade Répondre

    Article très intéressant et intime en effet! Merci pour ta sincérité . Je suis très pudique dans ce domaine, parce que la sexualité féminine est vraiment taboue, comme le souligne si justement Marie.
    Je t’avoue qu’avec deux enfants à gérer au quotidien, plus la fatigue du boulot, ma sexualité est un peu en sourdine depuis quelques temps. J’ai oublié ce que signifie la passion et bien souvent, les rituels sont mécaniques, ce qui est fort dommage. Il faut que je me secoue un peu et que je me réveille, car la vie est courte! Ton article m’en fait prendre conscience.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      J’imagine très bien ce que tu décris. Vous avez une vie intense, et du coup, la priorité n’est plus donnée à cet élément-là. Ca peut devenir embêtant si l’un de vous deux en souffre et si ça « tasse » la complicité.
      Il faut en parler pour rester en accord. C’est un domaine qui n’arrête pas d’évoluer au cours d’une vie !

  7. Illyria Répondre

    Très intéressant ton article, merci de te confier et de t’ouvrir à nous comme ça !

    Pour la masturbation, je m’en passe très très bien aussi… Je me suis très peu masturbée pendant longtemps, j’ai réellement découvert ça il y a plus d’un an et demi, mais franchement je m’en fiche, je peux très bien rester des mois sans être excitée… Et pourtant je suis tout à fait capable de l’être… J’ai acheté un sextoy aussi, pour essayer comme toi, mais franchement ça m’a très peu convaincue… Je m’en sers parfois, mais bon ça reste un gadget pour moi.

    J’ai besoin de temps aussi pour que mon désir revienne quand je suis en couple… Mon ex ne comprenait pas ça d’ailleurs, parce que lui, jeune et fougueux, il pouvait avoir plusieurs orgasmes dans la journée, mais moi si j’en avais eu un le matin (ou du moins qu’on avait fait l’amour), ça me suffisait largement et je n’avais pas du tout envie de recommencer le soir, voir le lendemain. Mais il ne comprenait pas et ça a généré des tensions entre nous (et ça a contribué à gacher le sexe entre nous aussi)

    C’est bien que ton mari te laisse tranquille et te laisse évoluer à ton rythme 🙂 Ecoute toi, c’est tout ce qui compte.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est ça, je trouve que le sextoy reste un gadget sans grand intérêt. Mais je dois bien avouer que j’ai un « blocage » qui m’empêche de l’utiliser.

      Je me passe aussi de la masturbation, et pas parce que ma tête m’en empêche. Quand je meurs d’envie de me faire plaisir, mon mari n’est jamais très loin et il adore que je lui saute dessus. En couple, je trouve que le plaisir solitaire a peu d’interêt. Enfin, pour une personne comme moi qui a une libido modérée.

      Mon mari se masturbe des fois, et je m’en fiche. Il a envie plus souvent et parfois c’est trop difficile d’attendre, ce que je comprends tout à fait. Il n’y a pas de tabou ou d’interdits entre nous là-dessus.

      Je m’écoute, je m’emploie toute entière à ça. A l’écoute de moi-même, de mes envies. Mais parfois, on se pose trop de questions !

  8. SweetieJulie Répondre

    Cest fou comme tu sais aborder des sujets intimes, nous permettant alors d’apporter notre propre témoignage.

    Ma propre expérience est compliquée… Les attouchements incestueux dont j’ai été victime m’ont conduit à découvrir ma propre sexualité à l’âge de 8 ans. Impossible de voir des acteurs s’embrasser dans les films sans ressentir le besoin de me toucher ensuite, parce que ça me brûlait et je voulais que ça parte. La masturbation, je l’ai donc découverte assez tôt, et c’est très vite devenu le rituel dont j’avais besoin le soir avant de m’endormir. Jusqu’à ce que ça envahisse mon quotidien dès que j’avais quelques minutes seule dans ma chambre. Alors je fermais la porte, et si je ne me touchais pas, j’utilisais un vêtement, une poupée ou d’autres choses…

    Quand j’ai fait l’amour pour la première fois, je n’ai pas retrouvé ce plaisir solitaire – qui était devenue une véritable addiction, une torture – et mon copain de l’époque se souciait plus de son propre plaisir que du mien. Et puis il y a eu cet homme qui m’a fait découvrir le plaisir sexuel partagé mais nos rapports ont vite évolué vers quelque chose de plus violent, et j’en suis venue à être dégoûtée de l’amour physique et sexuel entre un homme et une femme. Sans pour autant réussir à me défaire de cette habitude que j’avais à me masturber…

    Aujourd’hui, 6 ans plus tard, Habibi connaît mon parcours. De son côté, il a son propre passé sexuel et il a lui aussi beaucoup souffert. Ensemble, nous vivons un amour tendre où le plaisir a sa place seulement parce que nous sommes à l’écoute de nos besoins respectifs – tout en sachant que nous ne faisons jamais l’amour jusqu’au bout parce qu’il a quelques petits soucis de son côté à faire fonctionner sa « chose » comme il faut… Je pourrais me sentir frustrée mais je ne le suis pas, ou en tout cas pas pour moi. Il aimerait tellement que ça puisse fonctionner pour nous, il dit souvent que je suis arrivée trop tard dans sa vie. Alors nous avons des câlins un peu coquins et grâce à ça, je découvre une sexualité plus tendre et complice où le plaisir retrouve une place merveilleuse. En revanche, nous avons décidé de ne plus avoir recours à la masturbation, parce qu’elle nous a respectivement fait trop souffrir. C’est l’amour ensemble ou rien. Parfois nous flanchons alors nous en parlons…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci pour ton partage ici, Julie !

      Effectivement, pour toi, c’est plus complexe, dans le sens ou tu as découvert ça malgré toi et assez jeune.
      Je n’ai jamais connu cette brûlure dont tu parles, sauf quand je me réveille d’un rêve érotique en pleine nuit, mais c’est vraiment rare.

      Ca doit être très complexe d’évoluer avec cette addiction à la masturbation. J’avais vu un documentaire à ce sujet qui m’avait vraiment troublé, sur des hommes et des femmes qui se touchaient et jouissaient plusieurs fois par jour. Moins par plaisir que par addiction. Après une bonne nouvelle, une bonne note, avant un moment stressant ..

      Je comprends ton dégoût vis à vis du sexe après une période d’amour violent. J’ai également eu une période de dégoût profond envers tout ça. Pourtant, sexuellement parlant, je n’ai jamais eu des expériences vraiment « hors-normes ». Mais mon consentement passait souvent à la trape et je me suis rendue compte des mois plus tard que je subissais des « viols ». Et pire que ça, que je m’obligeais à les subir pour être tranquille le reste de la journée. Je me suis demandée : « Comment ai-je pu m’infliger ça ? » Et ça a cassé quelque chose.

      Je suis bien contente de lire qu’aujourd’hui, avec Habibi tout va mieux, et que vous construisez des nouveaux moments de plaisir à deux, uniques. C’est le cas pour nous aussi, et tout doucement, nous nous épanouissons ensemble sur ce plan-là. Plus le temps passe, plus c’est plaisant.

      Il faut en parler. C’est l’essence même du couple que de communiquer ..

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