Notes d'existence

La joie de vivre.

Dimanche :

Il pleut. C’est la première averse. Et dans ma culotte, ça saigne. C’est aussi la première averse.

Hier, nous avons jardiné pendant 4 heures, sans nous arrêter. Aujourd’hui, j’ai encore passé deux heures dehors à m’affairer. Nous ne sommes pas peu fiers du résultat ! C’est tellement agréable que les courbatures du lendemain ne gâchent pas mon envie de recommencer. La voisine est venue m’apporter des boutures. Ca me ravit. J’espère qu’elles tiendront le coup.

Je saigne mais je ne souffre pas. C’est rare que cela arrive. Pas de SPM, pas de danse des hormones, pas de fatigue handicapante. Rien que du sang qui s’échappe doucement. C’est un jour comme un autre, je vais bien. Je ne suis pas habituée, ça me déstabilise. J’associe tellement « règles » à « douleur » … Serait-ce grâce à la B12 ? Ca me semble trop beau pour être vrai !

Cette semaine a été riche, et les prochaines s’annoncent toutes aussi prolifères. A croire que l’eau qui tombe joue aussi son rôle sur moi : je pousse avec autant de ferveur que les fleurs du jardin. Je suis comme la vigne. J’avance, et je m’agrippe à tout ce que je trouve. Toutes les idées, toutes les envies, toutes les réalisations. Il va falloir qu’on taille tout de même, je ne peux pas m’éparpiller à ce point. Il faut choisir quelles branches garder.

Mercredi :

En ce moment je suis heureuse. Ca revient, les moments de joie intense, d’Amour éternel et intemporel que je ressens, sans que je sache d’où il vient ni pourquoi on m’aime comme ça. Avec cette plénitude et cette intensité là.

Hier, c’était la date anniversaire de notre emménagement. Par hasard, mes beaux-parents sont venus nous offrir un rosier et de la menthe poivrée. Mon beau-père a planifié avec moi les travaux : refaire l’escalier extérieur, poser une belle palissade. J’ai demandé « combien ça coûte ? », il a dit « je te l’offre, pour ton anniversaire ».

Mon anniversaire, dans plus de deux mois. Un prétexte pour que je ne me sente pas coupable d’accepter, pour que je puisse ressentir la joie ce matin d’imaginer cette parcelle enfin investie comme elle le mérite, et les futures tablées sous l’ombre de l’arbre.

Par hasard aussi, l’agriculteur qui s’occupe des champs qui bordent la maison, est venu hier m’offrir des pivoines roses. Il l’avait déjà fait l’année dernière. Je crois qu’il a compris, en me voyant m’extasier devant les champs, à perte de vue, de pivoines de toutes les couleurs, que j’étais amoureuse.

Les sublimes pivoines roses qui garnissaient mon bouquet de mariée et décoraient ma tête en ce jour particulier. Les fleurs à jamais associées au lien que nous avons tissé, à ce mélo de sentiments de bonheur de nous avons tous ressenti ces heures.

Je suis amoureuse du printemps. C’est ma saison préférée. J’ai tissé des liens avec ma voisine. C’est fou, les coïncidences de nos parcours. Elle aussi, elle a visité seule la maison alors qu’elle avait à peine 25 ans. Elle aussi, elle a immédiatement su que c’était là et nulle part ailleurs, peu importe l’état. C’était il y a plus de 30 ans. Elle aussi est une amoureuse des plantes. Elle me dit en riant qu’elle est toujours la seule à remarquer que ça fleurit à droite, à gauche. Son jardin est magnifique et je me prends à rêver que le mien le sera tout autant dans quelques années.

Hier soir, nous avons terminé la saison 2 de Thirteen Reasons Why. Cette saison, comme la première, m’a replongée dans des considérations plus inquiètes. Je me suis mise à fantasmer un procès, m’imaginer assise devant des jurés, répondre aux questions d’avocats pour raconter mon histoire et mes souvenirs, dans la crainte que le verdict le lave de tout soupçon malgré les peines réelles.

Je ne sais pas si ça me fait du bien ou du mal. J’imagine le voir débarquer un jour dans mon bureau pour postuler chez nous. Cette crainte qu’il reparaisse un jour dans ma vie est toujours aussi vivace, angoissante, intenable. Je me raisonne en me disant que lui, ça fait longtemps qu’il ne pense plus à moi. Il ne s’attaquera plus jamais à moi. Je ne le reverrai plus jamais.

Samedi, nous entamerons nos trois semaines de vacances. Trois semaines hors du temps, déjà bien remplies. Nous nous sommes promis de garder une semaine complète à ne rien faire, ne rien planifier. Se laisser vivre. Il en a bien besoin, c’est sûr. Ca passera sans doute très vite !

Demain et le jour d’après, je vais être formée à prendre la parole en public. Il paraît qu’on va faire du théâtre ! J’ai hâte, même si j’appréhende un peu. Il s’agit sans doute de timidité, mais je perds toujours mes moyens quand il s’agit de parler à quelqu’un que je connais peu, voire pas du tout. C’est encore pire quand il s’agit d’expliquer un projet, quelque chose. Je suis empressée, je construis mal mes phrases, je n’arrive pas à trouver mes mots, je reste floue. Mon regard cherche de l’aide, et j’oublie toujours de dire ce qu’il fallait dire. Ca va m’être utile donc ! Mais quels exercices vais-je devoir effectuer ? Que va-t-on me demander pour me décoincer ? J’appréhende, mais j’ai très envie en même temps. Envie de ressortir avec les bonnes clés.

Je me sens vibrante. Je suis entourée de bons éléments. J’ai cette sensation joviale de constater qu’encore une fois, les pièces du puzzle s’emboîtent avec simplicité. Lorsqu’il semble en manquer une, perdue ou noyée dans la masse, elle se révèle comme par magie. Pourquoi ai-je autant de chance ? Comment se fait-il que je sois si bien entourée ? Que je reçoive tant ? Ca reste un mystère.

Le week-end dernier, nous avons réécouté les différents discours de nos proches lors de notre union. J’ai été surprise que la première phrase prononcée par ma mère soit : « c’est inexplicable mais dès que je l’ai vue, j’ai su qu’elle était née sous une bonne étoile. » C’est une chose en laquelle j’ai toujours cru profondément, je l’ai toujours ressenti. Je ne peux m’empêcher de penser qu’à force d’y croire, et que mes proches y croient de concert avec moi (ils sont nombreux à me l’avoir dit, c’es quelque chose que j’entends souvent quand je suis avec eux « Rozie, elle a toujours de la chance ! »), ça finit par sembler vrai.

Nous sommes allés voir un film dimanche. L’un des personnages, Domino, a un super pouvoir : la chance. Peu importe ce qu’elle entreprend, la chance lui sourira toujours. Mon amoureux m’a glissé à l’oreille : « Tiens, c’est toi ! »

J’essaie de la préserver autant que je peux, ma chance. Je remercie souvent ma bonne étoile, presque avec piété, avec beaucoup d’énergie et de reconnaissance. J’essaie de la cultiver comme les fleurs de mon jardins. On verra si ça fonctionne … !

Je vous souhaite à tous une belle semaine. Je suis heureuse de savoir que mes mots seront accueillis chez vous. Je vous souhaite des jours heureux. A très bientôt !

 

Semer un peu de magie et de poésie dans le quotidien.

4 commentaires

  • Emeline

    Superbe article qui fait du bien quand on le lit 🙂 Je peux sentir tes bonnes ondes et j’ai le sentiment de vibrer en harmonie 😉 Moi aussi je me sens si heureuse en ce moment et je sais que le temps y est pour quelque chose. Je ne crois pas beaucoup a la chance. Je pense que tout est lié à toi. A ton ouverture au monde. Tu brilles et tu attires a toi les bonnes personnes. Prends soin de toi <3

  • Marie Kléber

    C’est beau et doux à lire Rozie! On te sent resplendissante à travers tes mots!
    Je crois qu’un jour on récolte ce qu’on a semé. En tous cas je vis beaucoup de magnifiques moments ces derniers mois, tant dans ma vie de couple, qu’avec mon fils, des amies, même en famille. Je dis « merci » tous les jours pour les personnes, la vie, l’écriture, les belles rencontres, les projets qui prennent vie.
    En parlant de sang, je ne sais pas si cela à avoir avec le stérilet ou une approche différente de mon cycle mais comme toi pas de douleur et même une grande joie de vivre cette période pas toujours évident à gérer surtout niveau moral.
    J’ai toujours su que j’avais une bonne étoile qui veillait sur moi. Je ne sais plus si je l’avais écrit dans mon roman, mais un jour j’ai su que je n’étais pas seule et que je ne le serais jamais, c’est une expérience fondatrice, malgré les aléas de la vie.
    Comme le dit à juste titre Maman Délire, tu sais cultiver cette chance, ce bonheur. Je crois que c’est ce qui fait toute la différence!

  • maman délire

    Cette bouffée d’air frais et de bonheur fait un bien fou ! Quelle belle croyance autour de toi Rozie ! Tu es peut être née sous une bonne étoile, tu as peut être de la chance, mais une chose est sure, tu sais la cultiver ( comme tes futures fleurs !) et tout ce que tu reçois, ça n’est que le retour de ce que tu sèmes derrière toi !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

%d blogueurs aiment cette page :