Je ne veux pas d’enfants.

Chaussons bébé

Quand j’étais enfant, j’étais toujours déçue lorsque je recevais des poupons pour mon anniversaire. Je les déballais, puis les abandonnais dans la salle de jeu. J’adorais les barbies. Elles étaient grandes, jeunes, amoureuses. Je m’imaginais comme elles, plus tard. Et quand Barbie avait un bébé avec elle, je disais que c’était sa petite soeur. Pas sa fille.

Ma mère est assistante maternelle. J’ai passé mon enfance, puis mon adolescence, entourée de bambins âgés de zéro à trois ans. Je les ai tous appréciés dès qu’ils ont réussi à marcher et à comprendre les bases du langage. Je les trouve mignonnes, ces miniatures joyeuses et exigeantes.

J’avais treize ans, la première fois que j’ai annoncé à mes parents que je n’aurais pas d’enfants. Ils ont ri, imaginant là une énième provocation d’adolescente, un discours rebelle et attendu. Ils n’avaient pas tout à fait tort, je disais aussi que je mourrai seule entourée de 36 chats et que je ne me marierai jamais. Dix ans se sont écoulés et je suis une mariée sans félin !

Mais cette conviction-là ne s’est jamais éteinte. Elle a continué à grandir au fond de moi, devenant une certitude. Je ne serai pas maman. Je ne peux pas l’être, ça ne fait pas partie de moi. Ce n’est pas quelque chose qui s’explique, parce que ce n’est pas vraiment un choix. Demande-t-on à une personne homosexuelle pourquoi elle s’acharne à n’aimer que le sexe qu’elle connaît déjà ?

Cette différence est difficile, pour moi et pour les autres. Je déçois. « Tu sais, si tu ne me fais pas un petit-fils, je serai déçu. Je serai vraiment triste de ne pas être grand-père. Ca ne vaut pas le coup. » Je garde cette blessure, cette épée de Damocles au dessus de ma tête. J’espère qu’il changera d’avis, mon papa, et puis je sais que non. Ce sera un éternel regret pour lui, que sa fille n’aspire pas à la même vie, ne lui donne pas ce bonheur à savourer, ne transmette pas ses valeurs et son sang. Je le comprends. Ca devient, par correspondance, un regret pour moi aussi.

Aujourd’hui, je suis mariée. J’ai peur qu’un triste jour, mon mari m’abandonne parce que je n’accepterai pas ce sacrifice. C’est bien la seule part de moi que je ne me sens pas capable de lui offrir. Je ferai tout pour lui, sauf un enfant. C’est paradoxal, n’est-ce pas ce qu’on doit faire après le mariage, pour être tout à fait heureux ? Bien sûr, je l’ai prévenu dès le début. Il a accepté, il est fou amoureux de moi. Mais je me sens coupable. Coupable de lui voler ce droit, et craintive qu’il ne le prenne ailleurs. Alors souvent je remets le sujet sur le tapis. « Si je ne te fais pas d’enfants … » (*musique*). Je lui demande s’il est sûr de son choix, si le deuil de sa descendance fantasmée n’est pas trop horrible à accepter. « Tu continueras à m’aimer quand-même ? »

Depuis le mariage, les questions et réflexions sur ma future maternité vont bon train. Mon beau-frère me dit qu’il fera un super tonton. Mon beau-père pense que « bientôt un berceau meublera la chaumière. » Mes collègues me demandent régulièrement « pour quand c’est prévu ? ». Et d’une manière générale, tout le reste du monde est en attente de ma gestation.

Cette pression sociale est terriblement pesante. Elle m’étouffe parfois, et m’angoisse. Le fait que je ne souhaite pas donner la vie rend mon avenir incertain. Les femmes se sont battues pour disposer comme elles l’entendent de leur corps. Or, on attend tout de même d’elles qu’elles en disposent. Tant que je ne me servirai pas de ma machine à bébés, je ne serai pas adulte, pas totalement femme, pas épanouie.

J’hurle au monde que je l’emmerde ! Que ça ne regarde que moi ! Personne n’a le droit de me dicter ma conduite. Personne ne devrait s’immiscer de cette manière dans mon intimité. A cause de vous, je me demande sans arrêt si j’ai raison, si je ne vais pas le regretter, si ce n’est pas qu’une peur brouillonne de nullipare … Crier m’aide à gérer ma frustration, d’être une femme incomprise et jugée. Je me sens forte quelques minutes, puis les remarques ramènent ma vulnérabilité.

Je ne vous en veux pas de penser que je serais une super maman. Ca ne me dérange pas que vous souhaitiez en discuter avec moi. Ce sont des conversations attendues, on parle d’enfants à un jeune couple comme de la pluie et du beau temps. Vous êtes étonnés, vous voulez comprendre, et j’aime partager mon sentiment. Par contre, m’entendre dire que je suis égoïste, inconsciente, que c’est dommage, que je ne suis pas courageuse, ou que je gâche ma vie tout en noircissant celle de mon entourage, ça me rend folle. Que vous me disiez que je changerai d’avis, que je suis trop jeune pour prendre ce genre de décisions, que c’est injuste parce que vous ne pouvez pas en faire, vous, des enfants … Ca me blesse.

C’est inscrit dans mes entrailles. Je ne serai pas maman. Je ne l’ai pas décidé, ça s’impose à moi. Je les aime pourtant, ces petits êtres. Ma nièce est merveilleuse. Ses grands yeux bleus ouverts sur un monde nouveau, son caractère doux et sûr me touchent. Je l’aime et, hypothétiquement, j’aimerais aussi mes propres enfants. Mais je n’apprécierais pas qu’ils m’appellent « Maman », qu’ils aient besoin de moi, qu’ils me ressemblent, que je les porte dans mon ventre. Je n’apprécierais pas leur donner ma vie, ni être liée à eux.

Je n’aurais pas été une maman démissionnaire, j’aurais été une maman qui, si c’était à refaire, dirait « non ». Mon aboutissement n’est pas là. Je ne suis pas carriériste, je n’aspire pas à des projets professionnels de folie. Rassurez-vous, j’ai évidemment des buts à atteindre. Je veux, comme vous, construire quelque chose et pouvoir en être fière. On n’a simplement pas les mêmes attentes. Je ne juge pas votre vie. N’enterrez pas la mienne seulement parce qu’elle prend une route différente.

Vous pensez que je ne veux pas d’enfants parce que le monde va trop mal, qu’on est déjà trop nombreux, que je n’adore pas la vie ou que je suis une idiote qui n’accepte pas la loi des vergetures. Et vous vous dites que mes arguments sont facilement réfutables. Et si je vous disais que je n’ai pas d’arguments ? Que je me fiche de l’état actuel du monde et de la vie qu’il porte ? Que ces données n’ont rien à voir avec tout ça ? Je ne devrais pas avoir besoin de me justifier, je m’y sens pourtant obligée. Est-ce si difficile à comprendre que vous ayez besoin de m’insulter ?

Lorsqu’un couple est sans enfants, on imagine les contraintes qui l’en privent : stérilité, vieillesse … On imagine jamais qu’il est heureux comme ça, que c’est un choix. On se dit « les pauvres, ils feraient de si bons parents » mais jamais « ça leur ressemble de vivre sans bambins », n’est-ce pas ?

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32 thoughts on “Je ne veux pas d’enfants.

  1. Suny Répondre

    Peu importent les raisons de ce choix, ne pas vouloir d’enfant est un choix tout à fait respectable que, personnellement, je comprends tout à fait. J’avoue m’être déjà posé la question parfois… Dernièrement, avec me problèmes de fertilité, je me suis dit qu’avoir un enfant, ça me disait bien effectivement, mais que même sans, je serais parfaitement heureuse, avec mon mari, mon chien et nos chevaux. Encore aujourd’hui je me pose la question, malgré tout ce que nous avons traversé. Une vie sans enfant n’est pas une vie vide ou ratée, c’est une vie comme une autre, avec simplement des paramètres différents.
    Les gens qui se permettent des jugements n’ont tout simplement pas compris que ça ne les regarde absolument pas. Mais peu importe le sujet, ces gens ne peuvent pas s’en empêcher. Comme s’il fallait forcément avoir un avis sur tout. ça doit être épuisant ! Personnellement, souvent, je n’ai pas d’avis et je n’ai pas envie d’avoir un avis, et c’est hyper reposant de ne plus se forcer à boucher les trous tout le temps (sans mauvais jeu de mots, hein :D), quitte à passer pour l’asociale grincheuse de service !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est drôle .. Moi non plus, la plupart du temps, je n’ai pas d’avis. Ou alors pas d’avis tranché. Les différents avis me semblent tout aussi valables les uns que les autres, et je ne sais pas ou me situer. Ou plutôt, je ne comprends pas qu’on soit obligé de se situer quelque part tout le temps ! C’est vraiment épuisant, de devoir se forger un avis sur tout, et de devoir sans cesse se plier aux avis des autres !

      Le désir d’enfant(s), la fertilité, ça ne regarde que le couple en question. J’ai vraiment du mal à comprendre que les gens osent s’immiscer à ce point dans la vie intime des autres. Bien sûr, j’ai déjà dû poser ce genre de question s’en m’en rendre compte. Mais j’ai compris, à la réponse que j’aurais dû m’abstenir et je ne me suis pas enfoncée dans le sujet. Ca arrive, les erreurs. Mais souvent, il ne s’agit pas d’erreurs. Je subis des attaques. Et plus je prends de l’âge plus elles sont violentes.

      Je comprends ton questionnement sur ce désir d’enfant, c’est légitime. D’autant plus après être passée par ces épreuves. Je trouve superbe que tu sois consciente que si tu ne parviens pas à « enfanter », ta vie aura quand-même un sens, de la valeur, elle sera belle et que tu seras heureuse. Ce n’est pas le cas de tout le monde (ce que je comprends aussi d’ailleurs), et cette pensée te permet de vivre ta vie quand-même, d’être bien.

  2. Peanuts Répondre

    Que te dire à ce sujet… Comme toi, j’ai connu ce non désir viscéral à l’adolescence. Je croyais dur comme fer que ce n’était pas pour moi (je détestais les entendre faire des caprices dans les magasins pour un oui ou un non d’ailleurs !) et puis un jour, à 26 ans, j’ai eu une sorte de déclic. C’est venu sans crier gare, et je suis passée à l’état inverse : j’en voulais absolument deux…

    La vie ne m’en aura donné qu’un seul, parce que comme toi, mon dernier compagnon n’en voulait absolument pas. Lui avait comme raisons la terre surpeuplée, le chômage des jeunes qui empire et plus cocasse, il ne voulait pas d’un enfant qui lui ressemblerait (en caractère). Et pourtant, il s’est montré un véritable père tel que je le rêvais pour mon enfant, qui n’était pourtant pas le sien.

    Comme quoi, on peut avoir la fibre maternelle ou paternelle, aimer les enfants, et ne pas en vouloir du tout. Malheureusement, ça a sans doute brisé son premier couple, puis le nôtre.

    Je te souhaite que ton mari t’aime suffisamment pour ne pas filer faire des enfants à une autre si jamais un jour il changeait d’avis.

    Quoi qu’il en soit, ne prête pas attention à ces gens fermés, qui n’acceptent pas qu’une femme refuse ce que tous pensent comme étant essentiel à l’épanouissement ou l’aboutissement d’une vie : un enfant n’est absolument pas cela, c’est un nouvel être à part entière, qui aura ses propres choix, sa propre vie, ses désirs bien à lui et ce dès le début de leur vie. Comme ton père, il m’arrive parfois d’espérer un jour être grand-mère (et j’avoue que ça ne me déplairait pas) mais mon fils ne veut pas d’enfants (il est encore ado) et je pense que je sais pourquoi. Malgré tout, je serai heureuse s’il en a un jour, comme je respecterai son choix s’il n’en a aucun. Il fera ses propres choix, et ce sera très bien. Personne ne m’a imposé d’être mère, j’ai juste changé d’avis un jour, comme ça, sans raison valable. L’envie pure et simple de vivre une nouvelle aventure au moment où je prenais mon envol dans ma vie. 😉

    Certes, il y a cette satanée horloge biologique qui nous limite nous les femmes. Mais il y a d’autres moyens pour être mère/père. Et si ce n’est pas ton envie, surtout ne te laisse forcer la main par quiconque. C’est ton corps, ta vie, tes choix. Que chacun les respecte est une chose primordiale, et surtout celui qui t’accompagne dans la vie. Je vous souhaite une belle relation sur les mêmes chemins de vie, à partager tout ce qui vous fait vous. Et les autres, fichez-vous de ce qu’ils peuvent dire/faire/penser.

    La pression de la société quel que soit le domaine de la vie concerné est la pire chose qui soit. Je lutte contre pour de bien nombreuses raisons. Mais la pression de la Nature, elle, peut être parfois la plus forte. Après tout, la raison pour laquelle nous sommes sur terre est bien de se reproduire pour perpétuer l’espèce. Cela dit, nul n’est tenu de succomber à son appel impérieux et encore heureux. Notre espèce n’est pas en danger d’extinction, elle. ^^

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci pour ce commentaire plein de bienveillance !

      Je me dis que je changerai peut-être un jour, comme j’ai viscéralement changé d’idée concernant le mariage. Mais le mariage, ce n’est qu’une journée, qu’un papier, qu’un pacte (même si j’en mesure toute la force et l’importance). Un enfant, c’est une personne. C’est du temps, c’est mon corps, et ma vie. Si je dois changer d’avis un jour, ce sera dans des années, le temps que l’idée fasse petit ) petit son chemin mais honnêtement, je n’y crois pas.

      Ou alors, ce sera comme pour toi. L’envie poindra toute seule, rapidement, comme ça. Ou alors, et c’est sans doute le plus probable, ce sera le jour ou ma contraception naturelle aura failli (parce que comme toutes les contraceptions, elle n’obtient pas 100% de résultats) et que je n’arriverais pas à prendre la décision d’avorter. J’en ai peur, mais en même temps pas assez pour me battre pour une ligature des trompes.

      Comme tu le dis, il y a d’autres moyens pour être parents. Si je me « réveille » quand mon corps ne pourra plus, je pourrais me tourner vers d’autres procédures comme l’adoption.

      Mes parents se font à l’idée. Je n’ai pas peur d’en parler et hier encore, je parlé ouvertement de mon choix quand ma grand-mère m’a dit à table que « c’est triste, une vie sans enfant ». Je n’ai pas été véhémente (enfin, je ne crois pas) mais j’ai expliqué comment je voyais les choses …

      Il n’y a que mon mari que je ne pourrais pas contrôler (je ne le souhaite pas d’ailleurs). Si un jour il rêve d’un enfant et que je ne peux pas .. Il faudra me faire à l’idée que cette lourde décision détruira notre couple. Ca me fait mal rien que de l’écrire mais je ne pourrais pas le retenir. C’est la vie ..

  3. Ornella PETIT Répondre

    Moi, j’aimerai saluer ton courage. Parce que dans un monde où comme tu le dis, ne pas vouloir d’enfants est quasi immédiatement taxé d’égoïsme, de narcissisme, c’est très dur de vivre ce que tu vis, les gens n’ont pas idée. Et il y a des personnes plus faibles que toi, qui cèdent à cette pression, et qui font des enfants parce qu’il faut en faire, que c’est « dans l’ordre des choses ». Il en résulte des progénitures un peu perdues, parce que l’instinct maternel n’est pas là, l’envie de s’en occuper non plus. Et ça fait des êtres en mal d’amour. Et les parents sont plus indignes que jamais.
    Pardonne-moi, mais il faut une sacrée paire de c***lles pour affirmer ton non-désir et le revendiquer. Je te tire mon chapeau.

    Moi j’ai envie d’en avoir plus tard un ou des enfants, mais je comprends tellement ta position.

    J’en profite pour te dire que je viens de découvrir ton blog et je le trouve très beau, très authentique, sincère.

    Merci !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup ! Ca fait du bien d’entendre du positif après avoir évoqué cet aspect de ma vie qu’habituellement, on juge durement.
      Oui, de nombreuses personnes cèdent à la pression ou font des enfants parce qu’elles ne savent pas bien quoi faire d’autre … C’est terriblement triste, je trouve. Comme tu le dis, ça en fait des êtres en manque d’équilibre.

      Merci pour tes compliments sur mon blog :). Ca me touche sincèrement.

  4. Fanny Répondre

    Je te remercie, cela me rassure de voir que je ne suis pas la seule à penser exactement comme toi. Et comme toi je jouais à la barbie et pas la poupée (ou juste pour jouet à la maîtresse) .
    Cela fait 5ans que je suis avec mon chéri et depuis peu, j’ai décidé d’assumer car avant je disais « Non, peut-être plus tard » … Lui est au courant depuis le début de notre relation, et tout comme toi je suis prête à tout pour lui sauf un enfant, et j’ai peur qu’il parte.

    Mes parents comprennent bien mon choix mais c’est les seuls dans mon entourage. Et les amis de mon chéri sont tous avec leurs 2enfants et mettent la « précision » ou sinon je passe pour une femme qui n’aime pas les enfants … et du coup ça n’accroche pas avec ses ami(e)s. Des remarques assez blessantes de certains, je prends sur moi pour ne pas me disputer avec eux ! Et du coup, des distances se créaient.

    Je suis de tout cœur avec toi dans cette bataille … 🙂
    Bon courage

    J’ai 30ans et on me parle de l’horloge biologique … Ça m’énerve de l’intérieur …

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Non, tu n’es pas la seule. Nous sommes assez nombreuses et nombreux en vérité ! J’ai découvert des groupes sur les réseaux sociauw qui réunissent des centaines de personnes.
      La peur de voir son conjoint partir pour ça est plus que légitime … Et c’est d’autant plus violent que ce serait la seule raison qui pourrait faire voler en éclats notre amour. Pour l’instant ce n’est pas le cas, et je te souhaite que ça ne le soit jamais. Tu as trouvé une personne qui accepte ce choix depuis 5 ans, alors, en toute logique, elle devrait continuer à l’accepter encore un long moment.
      Tu as de la chance que tes parents comprennent. Ce n’est pas le cas pour moi, bien qu’ils n’essaient pas de me convaincre. Il n’y a que mon beau-père qui me comprend et me soutient dans cette démarche. C’est déjà pas mal ! Profites du fait que tes parents ne te culpabilisent pas et soient là pour toi. C’est une chance et c’est essentiel !

      Je comprends pour les amis .. Passe outre les remarques blessantes. Je sais que c’est dur, mais il faut te protéger. Sans pour autant te laisser faire, hein. Renvoie-leur la balle quand ils t’insultent.

      Ah l’horloge biologique … Elle existe. C’est vrai, on a un temps pour enfanter. Mais, et alors ? On fait se choix en âme et conscience.

      Je te souhaite une bonne continuation !

      Merci pour ton passage !

  5. Sandra Répondre

    J’admire réellement ta détermination qui a été la mienne pendant 28 ans comme tu as pu déjà le lire sur mon blog. C’est vrai que le plus dur pour le couple c’est d’être sûr à chaque instant que l’autre n’a pas ce désir…
    Pour ma part, comme je vais l’expliquer prochainement : je ne l’ai pas fait pour moi, encore moins pour mon mari c’était comme une sorte de continuité : j’ai senti que c’était le bon moment un point c’est tout. Je sais que je n’ai aucun regret, que je suis sereine dans mon état et bizarrement ma grossesse se passe admirablement bien.

    Il est d’ailleurs évident que je n’aurai q »un seul enfant et je peux te dire que les réflexions sont aussi déplaisantes !!! Là-dessus, je sais que je ne céderai pas, même ma mère qui a toujours su que je ne voulais pas d’enfant (et ne m’a jamais jugé) me parle de cette grossesse comme la dernière.

    Tant que tu es en phase avec ta décision : tout ira bien, c’est pour moi une vraie force que tu as là de savoir ce que tu veux et de reconnaître ce dont tu n’as pas besoin.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est assez magique que tu aies juste senti que c’était le bon moment. C’est chouette !
      Je suis ravie de lire que ta grossesse se passe bien ! C’est vrai que j’ai de nombreuses appréhensions concernant ce passage obligé pour avoir un enfant, et que je pense, comme toi à l’époque, que ça ne se passerait pas bien pour moi, que je le vivrais très mal.
      Mais je sais bien que ça ne serait pas nécessairement la réalité, et heureusement.

      Haha, je me doute que les réflexions vont encore bon train quand tu décides ouvertement de n’avoir qu’un enfant … Décidément, je ne comprendrais jamais ça ! Tu ne veux qu’un enfant, et alors ? C’est très bien comme ça.

      Merci pour ta compréhension, c’est agréable de ne pas avoir à se battre sur ce sujet.

  6. Mathilde Répondre

    Ton article me fait un fort écho car je suis dans la même situation que toi. En couple depuis 10 ans et un non désir d’enfant absolument viscéral. Surement aussi viscéral qu’un désir d’enfant peut l’être…
    J’ai eu comme toi des remarques blessantes, alors maintenant, j’esquive la question. J’ai encore l’age d’avoir des enfants, donc quand je dis « on verra plus tard » ça passe, mais pour combien de temps encore ?
    La remarque sur les couples stériles, que j’ai eu aussi souvent, est complètement idiote, le non désir d’enfant ne règle pas le problème de ce qui ne peuvent pas en avoir. Si j’en avais un je ne le donnerais pas ! En plus, parfois, j’ai l’impression que j’en veux tellement pas, je ne supporte tellement pas l’idée d’être en enceinte, que finalement cela revient à ne pas pouvoir en avoir.
    Et sinon ne cède pas à la pression. Je suis intimement persuadé que certains parents n’ont jamais réfléchit à la question et ont fait des enfants juste parce que c’est le court normal de la vie en théorie et qui maintenant le regrette, et le pire c’est que c’est encore plus tabou que de ne pas en vouloir…
    J’espère que mon conjoint m’aimerais toujours, pour le moment il n’a pas non plus de désir d’enfant donc c’est parfait !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je ne céderai jamais. Je crois que si je suis enceinte un jour, ce sera la vie qui me jouera un mauvais coup, et on verra ce que je ferai à ce moment-là.
      Oui, ce non-désir d’enfant est viscéral. C’est une évidence. C’est non. Pas moi. Jamais.
      En ce moment, je fais mes premiers pas dans une nouvelle boite ou tous mes collègues ont à minima 3 enfants … C’est très compliqué pour moi de leur dire que je n’en veux pas sans qu’ils se sentent blessés. Et d’un autre côté, ça me pèse énormément de les entendre me dire tous les jours « Tu verras quand ça t’arrivera » .. Compliqué.
      Courage, je suis avec toi dans cette bataille ! Et comme tu le dis, mieux vaut savoir qu’on n’en veut pas et ne pas céder, que de les regretter un jour ..

  7. Delphine &tc. Répondre

    J’attends notre second enfant : je ne me suis jamais vue sans enfants. Je sais que si nous n’avions pu devenir parents je me serai posé fréquemment la question de savoir si j’étais complète, je sais aussi que devenir Maman m’a rendue meilleure, plus mature, plus sereine et plus angoissée à la fois et est la plus grande et belle aventure de ma vie.
    Malgré ma propre expérience donc, je comprends que des femmes (ou des hommes) n’aient pas envie d’enfants « à soi » et franchement je considère que ça ne me regarde pas.
    Je me permettrai cependant un conseil : ne cède pas !! On ne fait pas un enfant pour satisfaire les autres, ni même son mari (ou sa femme). Soit c’est le moment soit ça ne l’est pas soit ça ne le sera jamais.
    Peut-être que te faire à l’idée que la société est comme ça et t’en parlera toute ta vie sera plus simple pour toi à la longue ? Facile à dire sans doutes mais peut-être que ça pourrait t’aider à prendre du recul et être moins en colère.
    Des bises

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est vraiment chouette que cette expérience soit la plus belle et la plus importante de ta vie et qu’elle t’apporte tant. Je pense que c’est comme ça que ça devrait se passer pour tout parent, idéalement. En tout cas, c’est comme ça que je conçois la chose et c’est pour ça que je sais que ce n’est pas pour moi.
      Merci pour ton conseil et ne t’inquiète pas, je le suivrai à la lettre ! Hors de question de faire un enfant pour les autres, quels qu’ils soient …
      Je suis moins en colère aujourd’hui. Mon entourage proche a fini par comprendre, ou du moins, il me laisse désormais tranquille.
      Merci beaucoup pour le partage de ton expérience avec moi !
      Des bises également 🙂

  8. Escarpins et Marmelade Répondre

    Mince, je me rends compte que mon dernier commentaire sur ta passion du chant est complètement hors-sujet du coup…. J’en suis désolée! Moi aussi du coup, je participe à cette pression! J’ai envie de te dire que tu as entièrement raison de faire comme tu le sens. C’est vrai que la société nous met une pression inconsciente sur les épaules, comme s’il fallait absolument faire des enfants! Il faut une sacrée force de caractère aujourd’hui pour y résister et tenir bon! Effectivement, le seul problème, s’il doit en avoir un, peut venir du conjoint, si lui veut des enfants.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Hahaha, ne t’inquiète pas, je ne l’ai pas mal pris .. J’ai l’habitude ! Je le prends beaucoup plus mal quand les gens savent que je n’ai pas et que je ne veux pas d’enfant !
      Il faut une sacrée force aujourd’hui pour résister à tous les aspects que la société souhaite qu’on respecte et malheureusement, devenir parent n’en est qu’un parmi tant d’autres .. Je crois qu’on en souffre tous, à un moment donné.
      Ma bataille à moi, c’est ça : avoir le droit de refuser d’enfanter.
      Même si rien ne présage que mon conjoint me quitte un jour pour ça, j’ai toujours cette peur. Je me sentirais toujours coupable. Et ce sera dur pour moi quand j’arriverai à la trentaine et que je dépasserai « l’âge limite ». C’est là que vraiment, je devrais faire mon choix. Pour toujours.

  9. travellingpetitpain Répondre

    Je me retrouve parfaitement dans tes écrits: la pression sociale est tellement forte pour que l’on ponde des gamins.
    Laissez nos utérus tranquille :p

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oooh que oui !
      Comme si rien ne valait la peine tant qu’on a pas fait des enfants .. Je comprends que certaines personnes ne me comprennent pas, mais pas qu’elles veuillent me forcer la main.

  10. LeMerlanFrit (Fanny) Répondre

    Tous les choix méritent d’être respectés, on a déjà eu l’occasion d’en parler. A force d’y avoir des témoignages comme celui-ci ça finira peut-être par rentrer dans la tête des gens que c’est un sujet qui ne regarde que les principaux intéressés… Vu les remarques que tu t’es mangées, y’a encore du boulot ! Courage, et puis pour ton homme, ne te triture pas trop l’esprit, il t’a épousé et vous en aviez semble-t-il largement parlé, c’est sûrement accepté de son côté !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, c’est normalement ok du côté de mon homme, mais ça ne m’empêche pas de me sentir coupable. On ne se refait pas ^^!
      Pour les remarques que j’ai pu prendre, je suis sûre que je n’ai pas encore entendu les plus violentes. On en reparle dans quelques années. Ma tante, sans enfants, s’est entendu dire il y a peu qu’elle avait gâché sa vie .. Incroyable, n’est-ce pas ?

      1. LeMerlanFrit (Fanny) Répondre

        -__- « gâché sa vie »… mais quelle horreur… Je crois qu’il ne te restera qu’à clore le sujet à peine il est abordé et à être ferme, pour espérer avoir la paix. Un « ça me regarde, je ne souhaite pas en parler » franc devrait empêcher la personne d’insister :/

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Oui, ça dépendra de la personne qui me fait face. En fait, j’ai l’impression que si je fais ça, l’autre se dit « Ouais, elle veut pas en parler parce que j’ai raison », et ça m’irrite d’avance ^^.

  11. caro Répondre

    Tout est si joliement dit. Je me « bats » régulièrement avec mon entourage car je n’en veux qu’un… je n’ose imaginer les remarques incessantes que tu dois entendre. C’est ta vie, tes envies, tes besoins, ton histoire. Bravo pour cet article très bien écrit.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup :).
      Ces remarques blessantes qui tendent à régir ma vie .. Difficile parfois de passer outre.
      Je me dis que peut-être, avec le temps, ils changeront d’avis, ou seront moins contre.

  12. l0uanne Répondre

    Tu sais j’ai vu tellement de parents qui faisaient des gosses sans savoir dans quoi ils mettaient les pieds, que j’ai envie de te dire que heureusement il y a des gens comme toi, qui osent avouer tout haut qu’ils n’en veulent et ne cède pas à la pression 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Ma réponse a été supprimée, je ne sais pas pourquoi ..
      Difficile de ne pas céder à la pression. Si je ne craignais pas tant le domaine médical, la tentation serait grande d’en faire un pour qu’on me laisse tranquille. Le fait que tout mon corps et tout mon être disent non m’aide à tenir.
      Je ne juge pas ceux qui cèdent. Mais je déplore, comme toi, qu’ils ne tiennent pas leur rôle jusqu’au bout.

  13. Fugu Répondre

    Comme je te comprends, j’ai l’impression que tu as écris ce que j’ai dans la tête (enfin presque).
    Comme toi, je ne veux pas d’enfants, je me sens bien depuis que je l’assume, je sais que je n’en veux pas, c’est tout (et ça tombe bien, l’Amoureux n’en veut pas non plus). J’adore pourtant les enfants des autres… D’autant plus depuis que j’ai décidé que je n’en aurais pas à moi. Et j’envoie bouler tout ceux qui me font des remarques ou essaient de me faire changer d’avis.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Ma réponse a été supprimée, alors je recommence !
      Tu as raison de ne pas te laisser faire. C’est pas tous les jours facile, mais affirmer son choix, c’est capital !
      Oui, on ne veut pas d’enfants. Non, on n’est pas des monstres.

  14. maman délire Répondre

    comme je l’écrivais récemment, ne pas avoir d’enfant peut être un choix, que personne n’a le droit de contredire. ça n’est pas eux qui auront à élever l’enfant que tu auras mis au monde ! si tu ne le sens pas, ne le fais pas. je peux comprendre une certaine désillusion de la part de tes parents, mais le but dans la vie n’est il pas que son enfant soit heureux ? et si ton bonheur passe par autre chose que la maternité, il faut l’accepter.. quant aux « commères », coupe court aux discussions, c’est ton choix, cela relève de l’intimité, point. je suis toujours sidérée par l’indélicatesse et l’indiscrétion des gens…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Ma réponse a été supprimée, j’essaie de la réécrire.
      Tout à fait, c’est ce que je leur dit toujours : « Mais qui élèvera cet enfant, vous ou moi ? » ou encore « pensez-vous sincèrement qu’il puisse grandir sereinement en sentant que sa mère n’est pas assez mère pour lui ? »
      Le but de la vie est effectivement d’être heureux, et chacun y parvient à sa façon.
      Oui, ce que les gens se permettent comme réflexions, c’est toujours incroyable pour moi aussi !

  15. Sophie Répondre

    Je comprend ton point de vue et je le respect à 100 %, j’ai 24 ans et ça va faire bientôt 2 ans que je suis en couple avec mon merveilleux chéri. Mais que se soit au travail ou dans la sphère privée je perçois comme une pression sur mariage + bébé ! Pourquoi la société veut absolument nous voir suivre ce « schéma de la vie parfaite » ? Je ne suis pas contre sur le fait de me marier au contraire j’adorerai ça (c’est mon côté fille fille ultra romantique ^^) mais pour le bébé pour moi ce sera pluuuuuus tard, je dis plus tard parce’qu’en réalité je ne veux pas d’enfant tout comme toi mais pour ne pas « offusquer » les personnes je place cette phrase bateau. Bien sûr on se sait pas de quoi sera fait demain… Bisous 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci pour ta lecture et ton commentaire !!
      Oui, c’est ce qui me met très en colère.
      Avant je faisais comme toi, et je disais « Non, peut-être plus tard » et puis j’ai décidé d’assumer. Depuis, c’est la déferlante. Les gens de mon entourage, et les autres, se permettent des mots qui me .. Font vraiment très mal.
      Je ne peux parfois plus contenir ma colère.

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