Je n’ai pas (plus) d’amis.

Friends

Quand j’étais petite, je savais ce que signifiait « avoir des amis ». C’était somme toute assez simple. Outre ma meilleure amie, mes copains étaient ceux avec lesquels je jouais à chaque récréation. J’en avais beaucoup. Assez pour fêter mon anniversaire.

Au collège, je me suis liée d’amitié avec une bande de filles. Notre groupe se constituait de toutes celles qui étaient différentes de la masse. C’était éclectique. Il y avait une révolutionnaire, une insoumise, une poète, une sportive, une Peace & Love, une Emo, une reine de la mode, et moi. Durant ces quatre années, ces personnalités fortes et tendres m’ont façonnée. Elles m’ont marquée au plus profond de mon être. Le lycée m’a séparé d’elles et je n’ai plus jamais réussi à renouer. Pourtant, je rêve encore souvent de ce que nous étions, et je sens toujours l’impact qu’elles ont eu sur ce que je suis. J’imagine ce qu’elles sont devenues, et je suis très fière de voir, au travers des réseaux sociaux, que la plupart d’entre elles ont tenu bon et vont jusqu’au bout de leurs rêves (*musique*). Je suis assez admirative. Qu’en est-il de moi ?

Mon arrivée au lycée m’a donné l’occasion de tout recommencer et je l’ai saisie à pleine main. Dès les premiers jours, je me suis fait violence pour me rapprocher des personnes qui me plaisaient. J’ai rencontré là-bas celui que j’appelle pompeusement mon « best friend forever ». La première fois que j’ai posé les yeux sur lui, nous étions en retard pour notre première heure de classe. C’est devant la porte, le couloir vide et espérant que l’autre frappe pour annoncer notre présence, que nous nous sommes rencontrés. D’autres supers amis sont venus étoffer la bande, et j’ai passé trois années absolument exceptionnelles.

C’est à l’université que j’ai perdu pied. Nous étions quatre potes à suivre le même cursus mais mon BFF n’en faisait pas partie. Les premiers mois, il m’a beaucoup manqué, sans que je ne me l’avoue. C’était vraiment difficile de me sevrer de nos rigolades quotidiennes et de notre complicité. J’étais en colocation avec une excellente amie, ça se passait très bien mais il me manquait quelque chose. Les gens de la fac ne correspondaient pas à mes espoirs. Je les trouvais tous imbus de leur savoir, ils avaient la gagne et j’étais incapable de m’intégrer. Mes études aussi me décevaient grandement, je me trouvais incompétente. Je me demandais chaque jour un peu plus ce que je foutais là, alors pour combler mon chagrin, j’ai cherché du réconfort sur le net. J’ai fait une mauvaise rencontre et je me suis coupée de tous mes amis.

Il m’a fallu plusieurs mois pour rattraper ma bêtise. Ma colocataire m’a pardonné le mal que je lui ai causé, les autres étaient ravis de me retrouver. C’est ça, les vrais amis, non ? Il n’empêche que depuis cette cassure, je n’ai plus l’impression d’être réellement leur amie. Je ne me confie plus à eux, et inversement. Ils sont comme des vieilles connaissances que je prends plaisir à revoir ponctuellement. Ils ne me connaissent plus par coeur. Et je ne vais plus instinctivement vers eux.

Heureusement, il me reste une confidente. Une femme merveilleuse dont la voix suave et sans pareil résonne toujours à mes oreilles. Avant de voir son visage, je l’ai entendue parler. Un coup de coeur. La foudre frappe aussi en amitié. Des centaines de kilomètres nous séparent maintenant et mes mails restent sans réponses. Elle me le dit, qu’elle m’écrira dès qu’elle aura « le temps », mais elle ne le fait plus. Quant à ma meilleure amie, tout est différent depuis qu’elle est musulmane.

J’ai eu bon nombre d’amis en 24 ans d’existence. Pourquoi est-ce si différent aujourd’hui ? De toutes ces belles personnes, très peu subsistent encore à l’heure actuelle. J’en ai invité un peu plus pour mon mariage, en souvenir du bon vieux temps, mais je n’ai pas voulu d’EVJF. Je ne me sentais pas assez entourée pour ça. Je ne voulais pas que ça sonne faux. Quand je vois à quel point mon mari est aimé, à quel point il compte pour ses amis (et il en a !), je regarde autour de moi et je me demande si je suis esseulée par ma faute. Peut-être que c’est moi qui envoie les mauvais signaux.

Toujours est-il qu’à présent, il est vraiment difficile de me lier d’amitié avec de nouvelles personnes. J’installe une barrière que je ne parviens pas moi-même à faire tomber. Il faut des mois de promiscuité pour qu’un collègue devienne mon ami. Jusque là, ça n’est quasiment pas arrivé. Je m’intègre difficilement au cercle de mon mari. Non pas qu’il ne veuille pas de moi mais je n’y parviens pas, les soirées n’y sont pas propices. Il me faut des moments d’intimité avec chaque personne pour qu’un lien véritable se crée. Suis-je trop exigeante ? Peut-être. Copiner ne me suffit plus, ça n’a que très peu d’intérêt à mes yeux si on ne peut pas aller plus loin.

J’en suis là, à me questionner. Ai-je seulement compté pour tous ces gens ? Ai-je eu un impact aussi important dans leur vie qu’eux dans la mienne ? Parfois je pense que oui, que les souvenirs sont légions et que le temps ne compte pas. J’accepte que l’amitié ait une fin. J’aimerais seulement avoir la certitude qu’elle est intemporelle dans l’esprit de l’autre comme dans le mien.

Aujourd’hui, mon mari a prit la place du meilleur ami et du confident. Il tient ce rôle à la perfection mais tous les autres me manquent. J’aimerais pouvoir tout dire à quelqu’un d’autre, pouvoir appeler une nana pour qu’on se retrouve devant un verre quinze minutes plus tard et lui déballer tous mes déboires et mes petites joies, comme ça, farouchement. J’aimerais rigoler grassement, pleurer doucement et être entière avec quelqu’un d’autre. Avoir une amie rien qu’à moi.

Je n’ai plus d’amis. Mon concept de l’amitié est-il devenu incompatible avec les adultes que nous sommes devenus, ou suis-je la cause du problème ? Je ne saurais pas vraiment qui appeler si, demain, j’avais une nouvelle à annoncer. C’est dommage, n’est-ce pas ?

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40 thoughts on “Je n’ai pas (plus) d’amis.

  1. La Carne Répondre

    je me retrouve dans tes mots. Ai-je compté autant pour eux que eux pour moi. J’ai peur d’un non catégorique. Et aujourd’hui? Je réalise pleinement (à 46 ans il était temps, mais j’avais déjà des doutes avant) qu’ils comptent plus pour moi que moi pour eux. et ça fait mal.

    1. Rozie Répondre

      Ca fait mal, oui. Moi, c’est une question que je me pose toujours. Je suis en perpétuel doute. Parfois, je suis très optimiste et heureuse, je suis sûre de compter vraiment pour eux. Et d’autres fois, je me dis que je m’invente des trucs et qu’en fait, non … C’est (devenu) compliqué l’amitié, pour moi. Je ne suis pas au clair sur la question.

      Tes mots résonnent bien tristement … J’aimerais pouvoir te réconforter. En as-tu parlé avec eux ?

      1. La Carne Répondre

        j’ai pensé en parler, à deux personnes. Et puis, j’ai réalisé que c’était inutile. Leur attitude en disait assez long…

        1. Rozie Répondre

          C’est fort dommage … Mais d’un autre côté, il vaut mieux pour toi passer à autre chose. Tu as appris quelque chose sur eux et sans doute quelque chose sur toi, et tes prochaines relations n’en seront que meilleures. C’est ce que je tends à me dire !

  2. Sandra Répondre

    J’ai bientôt 29 ans et tout comme toi niveau amitié : calme plat … A mon mariage, je me suis retrouvée un peu bête car devant faire une liste de personne : je n’en avais tout simplement pas ! J’ai convié de deux mes amies d’enfance un peu par reconnaissance mais au quotidien nous n’avons pas de lien solide. Pas d’EVJF non plus, elles voulaient m’en faire une mais évidemment pas tout le monde était dispo alors j’ai passé une journée à faire des trucs « normaux ».

    J’ai abandonné cet espoir d’avoir une ami(e). Je pense que je suis trop exigeante et très peu sensible. Non pas que je n’ai pas de cœur mais j’arrive à faire sans et ce depuis toujours. Je ne suis pas le genre de fille qui console ou encore qui apaise mais je saisi la gravité des événements quand il le faut. J’aime bien boire un verre, sortir, traîner et parler de choses profondes. Mes amies n’ont pas du tout le même style de vie alors se rencontrer nécessite une vraie organisation à chaque fois alors j’ai abandonné… Je ne peux pas tout avoir et malheureusement c’est tombé sur l’amitié !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      J’ai un peu eu la même réaction devant ma liste de mariage. Mes amis rentraient sur une table, il en fallait trois pour ceux de mon mari ! Comme toi, j’ai invité mes amis d’enfance surtout pour le symbole et la continuité.
      J’ai quand-même encore quelques amis de lycée, mais nous ne sommes certainement plus aussi proches ! Alors je n’ai pas voulu d’EVJF, c’était trop .. Bizarre et désappointant. Je l’ai fait avec ma mère, ma soeur et quelques tantes, et on n’a fait des choses relativement « normales » aussi.

      Mon mari a entièrement pris le rôle du meilleur ami. Je ne ressens quasiment plus ce manque aujourd’hui, mais j’ai un certain pincement au coeur quand je regarde derrière moi. … C’est comme ça ! Ca changera peut-être, mais j’ai décidé de ne plus me focaliser là-dessus. Je n’aurais sans doute plus jamais de « meilleure amie ». Il faut que je fasse avec.

  3. Mel Répondre

    J’ai une autre remarque concernant l’amitié: j’ai la sensation que + on avance dans l’âge, +les amitiés se forment uniquement si tu es quelqu’un de pr)estigieux, qui apporte qque chose si on traine avec toi. Si tu apportes à l’autre une image sociale qui lui plait. Par exemple, si tu as beaucoup d’argent ou un certain pouvoir sur l’autre, ca marche mieux, si tu exerces un métier ou un loisir qui « le fait ». En gros, l’image sociale quoi. J’ai l’imprrssion que c’est beaucoup à partir de là que les amitiés se créent. Et ca me déçoit un peu, perso. Avez-vous déjà remarqué ça quelques fois?

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, l’image sociale qu’on renvoie est très importante, malheureusement. J’ai le souvenir, au collège, d’un garçon qui vivait dans une ferme. Il sentait vraiment mauvais et était toujours sale sur lui. La vie à la ferme quoi. Il n’a jamais eu un seul ami. Quand on y pense, c’est horrible.
      Bien sur, les gens « in », populaires, qui semblent doués pour la vie et qui réussissent ont une vie sociale beaucoup plus remplie. Mais sont-ce pour autant de vraies amitiés ? Je n’y crois que très peu.
      C’est décevant, c’est vrai.
      Mais je pense qu’il ne faut pas voir l’amitié comme ça. Elle se forme au début sur des apriori, et puise plus tard sa force dans la vraie personnalité des gens. L’image sociale n’est qu’une façade. Elle aide à rencontrer du monde mais une véritable amitié ne s’appuiera pas dessus. C’est en tout cas ce que j’ose croire !

      1. Mel Répondre

        Intéressant ton exemple, on m’avait déjà raconté ce genre de cas! Mais s’il avait une odeur, je comprends les gens quand même lol! Oui , je pense comme toi:ce ne sont pas toujours de vraies amitiés, j’ai remarqué aussi. Parfois, c’est même de l’utilisation de l’autre. Je ne voudrais pas de ça non plus. J’aime beaucoup quand tu dis: « Elle se forme au début sur des apriori, et puise plus tard sa force dans la vraie personnalité des gens. L’image sociale n’est qu’une façade. Elle aide à rencontrer du monde mais une véritable amitié ne s’appuiera pas dessus. C’est en tout cas ce que j’ose croire ! » C’est un peu ca que je pense aussi. Il faut au début, avoir le truc qui attire, puis c’est plus tard que l’amitié basée sur des choses plus pertinentes peut se créer. Le prob, c’est que je pense que n’ai rien qui attire la plupart des gens. Peut-être pour ca que je n’ai pas sû me créer de nouvelles amitiés. En +, il y a beaucoup de fois où j’ai cru que des gens vivaient une superbe amitié, puis c’est quand je me suis rapprochée de ces personnes que je me suis rendue compte que ce n’était pas tout à fait ça. Parfois c’est une simple complicité, puis on tape sur le dos de l’autre ou y a une sorte d’emprise(dans les pires cas)! De loin, on ne le croit pas, faut vraiment observer de près pour se rendre compte.

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Moi non plus je n’ai pas le truc qui attire la plupart des gens. Mes plus grandes amitiés ont été des coups de foudre. J’étais subjuguée par ces personnes et quelque chose m’obligeait à aller vers elles. Comme si d’instinct, je savais que c’est ce qu’il fallait faire, qu’elles allaient m’apporter beaucoup.
          Pour les autres, je les ai laissées s’approcher de moi. Mais ça prend beaucoup plus de temps.
          Plus on grandit, moins les gens prennent ce temps-là. Et je n’ai pas vécu d’autre coup de foudre amical alors .. Pas de nouvelles amitiés en vue.
          Effectivement, certaines amitiés sont toxiques, elles sont dépendantes ou sous emprise .. C’est très mauvais ! Il vaut mieux ne pas avoir d’amis, qu’avoir ce genre « d’ami » là !

          1. Mel

            Ah c’est surprenant, moi aussi ca a toujours été comme ca. Je sentais même à l’avance les gens qui allaient m’apporter du positif(et même du négatif). Concernant ceux pour qui j’ai eu comme un coup de foudre, ils m’ont toujours réellement apporté de positif, même si par la suite ils m’ont abandonnée ou trahie et fait du mal.. ils m’ont fait evoluer, ca été des amitiés à court terme. On dirait que dès que ces personnes n’ont plus rien à m’apprendre, la rupture arrive .Comme si la vie arrangeait les choses exprès pour que je passe à autre chose!
            Oui, les relations où je me sens instrumentalisée, j’ai toujours refusé aussi!

          2. Rozie & Colibri

            Il faut accepter l’idée que l’amitié n’est pas nécessairement faite pour durer dans le temps. Ou alors qu’elle n’est pas une « obligation ». Souvent, les amis s’en veulent de ne pas donner ou prendre de nouvelles assez souvent. Je trouve ça étrange. La vie sépare, et les rares personnes qui sont encore mes amis n’attendent pas de moi des nouvelles forcément régulières. En fait, ils n’attendent rien de moi et je n’attends rien d’eux si ce n’est d’être là malgré tout.
            L’abandon, la trahison, ne sont pas évidentes à gérer. Ca déçoit beaucoup mais ça apprend aussi. Et quand ça devient régulier, il faut peut-être se demander si on ne provoque pas inconsciemment ces situations. Vaste programme ! Les relations humaines sont intenses et complexes !

  4. Marie Répondre

    C’est « drôle », j’en suis là aussi… Ça fait 9 ans que je vis au Maroc et je n’ai jamais réussi ni à approfondir les liens avec les personnes que je connaissais déjà avant de venir vivre ici, ni à tisser de nouveaux liens. Ça coince, pour toutes sortes de raisons. Du coup, je me pose beaucoup de questions sur moi-même ! Mais le fait est que je n’ai ni l’envie ni la force d’avoir des relations superficielles. J’ai besoin que ça soit tout de suite profond et sincère. En fait, pour le moment, ce dont j’ai surtout besoin, c’est d’être avec des personnes qui me connaissent bien et qui m’apprécient telle que je suis.Et qu’on se dise des choses « vraies ». Je ne me sens pas du tout la force de jouer le jeu de la « séduction » amicale, le temps de briser la glace !!!
    Mais bon, on ne sait jamais ce que demain nous réserve…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est tout à fait ça ! Comme tu le dis, je n’ai ni la force ni l’envie d’avoir des relations superficielles. Et j’aimerais aussi qu’on se dise des choses vraies, qu’on parle sincèrement et qu’on ne reste pas dans des conversations de comptoir.
      Le fait est que je n’ai plus peur de parler, je raconte mes expériences facilement et mes conversations sont « profondes » directement. Peut-être que finalement c’est ce qui rebute les autres. Je ne sais pas trop ..
      Comme tu dis, on ne sait pas ce que l’avenir nous réserve. Peut-être qu’on trouvera ces « vrais » amis un jour. Ca recommencera sans doute. Je l’espère en tout cas !
      Et je te le souhaite évidemment !

  5. Marion Répondre

    Sans vouloir manquer de tact; ça me fait « plaisir » de lire ce genre d’article. Je ne te souhaite pas d’en souffrir bien sûr mais ça me rassure de voir que je ne suis pas la seule à se sentir un peu seule amicalement.

    Personnellement ce qui a pêché c’est un séjour d’un an au Canada et un retour en France mais dans une autre région. Je m’étais fait de supers amis au Canada mais avec 8000Km qui nous séparent, on perd peu à peu contact. Quand à mes amies d’enfance/lycée, j’ai un noyau dur de 3 super amies mais elles vivent au quotidien à 230km de moi. Pas si énorme on pourra dire, et oui j’arrive à les voir tous les mois/2 mois. Oui mais, depuis mon voyage, le lien s’est distandu, elles ont l’habitude de voir d’autres gens, de se confier à d’autres personnes, c’est naturel de se tourner vers les gens présents physiquement mais quand même, ça m’a embêtée.

    Et là où je vis, je ne considère pas avoir de vrais amis. Je sors avec mon amoureux et ses ami(e)s, on s’entend hyper bien, je rigole, je m’amuse mais je ne me vois pas proposer spontanément une sortie à aucune de ces personnes, ni me confier si ça ne va pas.

    Comme toi, mon chéri a pris le rôle BFF/Confident, il le vit bien, c’est plutôt moins que ça gêne car une vraie amie proche physiquement de moi me manque plus que je ne veux bien l’avouer !

    Bref, désolée pour ce roman mais tout ça pour dire que je comprends tes sentiments et qu’à l’âge adulte, je trouve ça encore plus compliqué de se faire de nouveaux amis ! Bon mercredi ! 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci, bon mercredi à toi aussi ^^!

      Je crois qu’en réalité, on est assez nombreux à vivre ça. Juste que dans cette société ou avoir 350 amis sur FB et 150 IRL est devenu essentiel, les « sans amis » n’osent pas se montrer. Ils font semblant, mais en réalité, à l’heure de faire les comptes, les vrais amis sont rares.
      Il y a de nombreuses raisons qui peuvent nous éloigner de nos amis. Tous mes anciens amis vivent également à des centaines de kilomètres de chez moi et je n’ai ni le temps ni les moyens de planifier des week-ends tous mois/2 mois. Bravo de le faire, ça prouve que tu es vraiment attachée à tes amies !
      Du coup, forcément, les amitiés s’étiolent. Et oui, plus on grandi, plus les gens ne veulent plus s’embêter avec des amis. En tout cas, je le ressens comme ça en ce moment.
      Merci d’avoir pris le temps de me lire et de partager avec moi !

  6. Mel Répondre

    Moi aussi, je trouve que ton texte est beau, il m’a touchée. Pour moi, c’est à peu près au moment des études supérieures que j’ai commencé à me sentir seule. Les gens, je les trouvais de + en + hautains. Aussi, ils aient beaucoup moins émotifs qu’à l’adolescence, car pour beaucoup d’entre eux, l’émotivité, c’est de la gaminerie. « Il faut jouer au gros dur ». Ca ne me plaisait pas cette ambiance froide et les autres ne m’aimaient pas non plus de toute façon. J’ai donc voulu sortir, faire plein de rencontres afin de combler cette solitude. Résultat: j’ai rencontré des tonnes de gens, mais entre eux et moi, il n’y avait rien, pas vraiment d’amitié, c’était superficiel. Maintenant, j’ai terminé les études et je viens de décrocher mon 1er job. Mais toujours seule, même encore + qu’avant! J’ai fait quelques rencontres.. qui se sont à chaque fois mal passées. Je me suis rendue compte que fonçais droit dans le mur en approchant des gens UNIQUEMENT pour faire comme tout le monde ou JUSTE pour être moins seule. Je pense que c’est pour ca que je tombais sur de mauvaises personnes. Il faudrait être + sincère, aller vers quelqu’un quand ce qqun nous en donne réellement envie, pas pour combler un vide. Par contre, Je ne suis pas certaine qu’on soit tpujours responsable de notre solitude. Je vois de nombreux articles avec des idées si fermées sur ce sujet… comme si tout le monde était pareil! Perso, j’ai profité de ma solitude pour réfléchir à mes projets, pour travailler sur moi(notamment avec une psy), et je me demande si cette longue période ne serait pas qque chose que la vie t’imposerait afin de développer certaines choses profondes, comme notre vie INtérieure, d’autres aspects de notre personnalité etc etc… et ainsi libérer notre créativité. Je pense ça, car c’est ce que j’ai pu constater chez moi, ainsi que chez d’autres personnes. Notamment une fille que j’ai connue à l’école, elle était ectrêmement rejetée, harcelée, même:Devenue écrivain et a fait de sa solitude une force intérieure. Observer sans participer lui donne de l’inspiration dans ses écrits. Moi personnellement, je ne sais pas si j’y arriverais, mais ca me fait réfléchir. Des fois, « la vie », notre inconscient peut-être, nous donne des « défis », dans le but d’évoluer différemment, je pensse. Ca peut être long par moments. On ne peut pas tout contrôler. Et nous ne sommes pas directement responsable de tout!

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est une belle réflexion que tu fais là. Je n’avais pas pensé à cet aspect des choses mais effectivement, je connais aussi des personnes qui ont fait de cette solitude une force.
      Ça me permet comme tu le dis de faire le point et de révéler de nouvelles facettes de ma personnalité. Je sais que je suis assez solitaire à la base mais ma bande d’amis de lycée, ou plutôt son ambiance et sa force, me manquent.
      Bravo à ton amie et à toi d’avoir su en tirer le meilleur ! Et merci pour le partage de ton expérience !

      1. Mel Répondre

        Je te comprends,Pareil pour moi: je me sais solitaire, mais le partage et les délires avec mes potes d’avant me manquent aussi. C’est normal☺
        Merci pour ta réponse.

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Mais de rien. Je suis là pour échanger alors j’apprécie beaucoup quand des personnes prennent le temps de partager avec moi. Merci à toi !

          1. Mélissa

            Je viens encore de prendre conscience d’autre chose à propos de la solitude:Je le dis parce que peut-être que vous aussi, c’est votre cas? En fait, je crois que je suis trop hypersensible pour les relations aux
            autres. Y a le fait que certains sujets de discussion, je les trouve cons, mais y a aussi le fait que je me sente facilement touchée par certains comportements que je trouve inhumains, mais normal pour les
            autres. Du coup, il m’arrive de fuir ou de prendre distance pour me protéger, pour ne plus souffrir psychologiquement. Suis-je la seule à vivre ça?

          2. Rozie & Colibri

            Non, je crois que tu n’es pas la seule Mélissa !
            Tu souffres des réactions des autres, ça ne doit pas être évident. Je connaissais une personne qui avait les mêmes difficultés. L’hypersensibilité est vraiment une faculté particulière, il faut réussir à l’appréhender et à vivre avec .. Ca ne doit pas être évident ! Renseigne-toi sur le sujet !

  7. Floriane Répondre

    Je me suis tellement reconnue dans ton récit. J’ai toujours eu la même bande de copines depuis le primaire voire maternelle jusqu’en terminale. Mais plus les années passaient, plus je ne me sentais pas à ma place. J’avais toujours l’impression de faire plus d’efforts envers elles, qu’elles n’en faisaient envers moi. J’avais l’impression d’être la cinquième roue du carrosse. J’étais plus en mode « suiveuse » qu’en mode « leadeuse ». Et un jour j’en ai eu ma claque. Alors après le lycée, durant ma deuxième année postbac, j’ai coupé les ponts sans rien dire. Oh bien sûre j’avais de temps en temps des messages pour prendre de mes nouvelles mais sans plus. Cette fracture entre elles et moi a été très importante dans ma vie car ça a été la fin d’une grande amitié mais le début d’un renouveau. J’ai appris à me faire de nouveaux amis, à m’en fichtre de ce que les autres pouvaient penser de moi et de ce que je pouvais penser d’eux. J’ai appris à avancer. J’ai rencontré mon copain et aujourd’hui ça fait 4 ans et demi qu’on est ensemble. J’ai, aujourd’hui, peu d’amies. Des amies que je vois pour prendre un verre, des amies que je vois autour d’un bon repas. Mais aujourd’hui mon copain est devenu mon meilleur ami et mon confident. Et mes anciennes amitiés ne me manquent pas. Quand je me compare à elles et à ce qu’elles sont devenues je suis fière de mon parcours. J’ai 25 ans, j’ai déménagé à Paris, je vis avec mon copain, on construit des choses ensembles on grandit. Elles, elles restent qu’entre elles, quand j’en vois une sur Paris, elle critique une autre fille du clan, ou alors son mec. A chaque fois que je les vois, j’ai l’impression d’être retournée au lycée, d’être la « suiveuse » alors qu’aujourd’hui je suis plutôt une « leadeuse » dans ma vie. bref’ tout ça pour dire que j’ai l’impression d’avoir gagné au change 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci de partager ton expérience avec moi, ça me fait plaisir !
      Il m’est arrivé aussi de me sentir comme la cinquième roue de carosse, voire de n’en faire même pas partie et de le suivre de lui. Surtout arrivée à la fac.
      C’est difficile de constater qu’on ne fait pas vraiment partie du groupe et plus encore d’oser le quitter. Tu l’as fait et ça t’a fait du bien. Tu as raison et j’ai envie de dire, tant pis pour elles…
      Profites de la relation exceptionnelle que tu as avec ton amoureux et de la nouvelle leadeuse que tu es ! Ton parcours est inspirant. Comme quoi ce n’est pas forcément une mauvaise chose de casser avec ses amis. C’est même parfois nécessaire.

  8. maman délire Répondre

    Je prends enfin le temps de commenter ( j’allais écrire répondre….) j’ai bien 20 ans de plus que toi je crois. de 16 à 23 ans, je suis restée avec quelqu’un, c’était fusionnel et nous avons fait le vide autour de nous, sans nous en rendre compte. lorsqu’on s’est séparé, je suis retournée vers nos quelques amis, qui m’ont dit qu’en fait ils ne le supportaient pas lui ! ( trop imbu de sa personne..) bref. j’ai renoué, puis la vie , le travail, tout fait qu’on s’éloigne de ses amis de lycée ou de fac. aujourd’hui, mes plus proches amis ne sont pas les plus anciens. avec le travail, j’ai rencontré vraiment des amis qui comptent pour moi. tout ça pour te dire que tu es encore jeune, et que l’amitié peut arriver à n’importe quel moment ! en ce moment tu es un peu seule, mais peut être et même sans doute, tu rencontreras de nouvelles personnes. une de mes meilleurs amies, je ne la connais que depuis 4 ans.. et maintenant je sais, que je rencontrerais encore d’autres personnes, sans doute. tu es une belle personne, ça t’arrivera…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, mes amis non plus ne le supportaient pas, et ils me l’avaient dit. J’ai juste fait le mauvais choix et je l’ai payé.
      Je suis consciente qu’il est normal que la vie nous sépare de nos amis et je ne m’attends pas à garder les mêmes amis jusqu’à la fin. Seulement, j’ai en ce moment beaucoup de mal à nouer avec de nouvelles personnes. On verra avec le temps.
      C’est gentil ce que tu me dis, merci beaucoup <3. Et merci de partager ton expérience avec moi !

  9. Sarah Répondre

    Ton article est très touchant…
    Je me suis reconnue dans certaines lignes.
    Je me demande aussi si le problème vient de moi parfois. Il y a un côté rassurant de te lire, on se sent moins seule.
    Merci pour ce partage sincère <3 <3 <3

    1. Rozie & Colibri Répondre

      De rien :).
      Je dois avouer qu’à moi aussi ça me fait du bien de lire vos commentaires, je me sens moins seule d’un coup.
      On pense différemment, c’est tout. On n’arrive pas à s’adapter à l’amitié 2.0

  10. Caroline Répondre

    Je te comprends tellement, je me pose aussi toutes ces questions car j’ai moi aussi du mal à me lier d’amitié avec les autres…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Courage !
      Peut-être que comme moi, tu commences à te lier à l’autre dans ton coin mais sans le manifester. Du coup, c’est bancal.
      On se demande si l’autre ressent la même chose, si on peut s’investir ou si on l’ennuie. Et généralement, à me poser toutes ces questions, je reste dans mon petit coin. Je reste la fille sympa que tout le monde aime mais qu’on n’invite pas.

  11. Sophie - Mon blog de sportive Répondre

    Les amis, les vrais, on les compte sur les doigts de la main.
    Et parfois on a des déceptions, oh oui !
    Parce que les gens évoluent et changent.
    Parce que des fois on ne se comprend plus.
    Profite de ton amoureux, les amis c’est bien, mais ils viennent après. 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Tu as raison, les amis viennent après mon amoureux et je ne veux pas rencontrer quelqu’un qui prendrait sa place !
      Je n’en veux pas à mes amis d’antan. Ils ont changé et moi aussi, on est sans doute tous un peu déçus.
      Mais j’aimerais en retrouver. Reconstruire une amitié nouvelle.

      1. Sophie - Mon Blog de sportive Répondre

        Il faut laisser le temps au temps généralement il fait bien les choses. 🙂

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Tu as raison, je le sais bien, il faut que je sois patiente.

  12. Emma June Répondre

    Quel beau texte.
    Il me parle car à peu près dans le même cas au final.
    Une conception de l’amitié que je partage totalement et effectivement, quand on se dit « qui vais-je appeler si… » et que l’on n’a pas de réponse (excepté le chéri ) ben ça fout un petit coup même si l’on sait que c’est la vie et que rien n’est immuable.
    Bref, je pense qu’il faut garder espoir et qui sait…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui il faut garder espoir, on n’est jamais à l’abri de tomber sur la bonne personne 😉 !
      Peut-être qu’on est trop gourmande, qu’on veut trop être « amie » et que les gens ne considèrent plus ce degré d’amitié qu’en amour ..

  13. marie kléber Répondre

    Tu es beaucoup plus jeune que moi, donc j’ai un peu de recul sur les années et je peux te dire que ma crise amicale est arrivée à peu près en même temps que la tienne, juste après la Fac. Changement de ville, nouveau job et difficile de faire des connaissances, de créer de vrais liens. Et puis c’est revenu après quelques années. Certaines amitiés durent malgré la distance, les chemins de vie très différents que nous empruntons tous. D’autres sont nées entre temps.
    Je me suis posée des questions moi aussi. Et puis c’est en quittant mon ex-mari il y à 4 ans que j’ai compris le vrai sens de l’amitié. Aujourd’hui je vis loin de tous mes amis et c’est une situation parfois difficile à vivre pour moi. Je tente de créer de nouveaux liens, pas évident.
    Fais toi confiance Rozie. Ce n’est pas toi qui ne sais pas garder tes amis, c’est juste la vie qui fait et défait. Et entre les deux, ce n’est jamais facile.
    Je t’envoie de tendres pensées et prends soin de toi.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci Marie !
      J’espère que ça reviendra comme pour toi, mais je ne force pas les choses. On verra avec le temps. Je ne vis finalement pas si mal le fait d’être peu entourée amicalement parlant, mais c’est le constat qui est éprouvant au départ.
      La société nous indique qu’on vaut quelque chose en fonction de notre nombre d’amis : est-on populaire, combien a-t-on d’amis sur facebook etc … Je suis totalement à contre-courant.
      Mais c’est vrai, j’aimerais bien retrouver ça un jour (et ne pas être considérée comme la fille esseulée dont on a pitié) !

  14. LeMerlanFrit (Fanny) Répondre

    Mon cœur s’est serré en lisant le titre de ton article. Après avoir lu le dernier paragraphe il a fallu que je m’enferme dans mon bureau pour pleurer… Écrire un tel article m’a déjà effleurée, je crois que j’ai un sentiment de honte qui me fait balayer l’idée aussitôt qu’elle arrive..
    Pourtant il faudrait sûrement, je doute qu’on soit les seules. Les déménagements, changements d’école, arrivées dans la vie active, tout ça bouleverse nos relations et met fin à un grand nombre. De là à ne plus avoir d’ami à un moment donné je crois que c’est vite arrivé, même si la société véhicule qu’il n’y a que certaines personnes qui sont sans ami (marrant comme on pense à la série Friends quand on se fait du mal à y penser !).
    Et je crois que c’est d’autant plus vite arrivé qu’on fait une mauvaise rencontre à un moment. Pour moi aussi c’est à partir du moment où j’ai travaillé avec un monstre que tout s’est arrêté.. coïncidence ?

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oooh … Je ne voulais pas te tirer des larmes, Fanny ! Tu m’en vois navrée. J’ai passé cette période de tristesse par rapport à mes amitiés perdues. Maintenant, je les accepte, je les vois comme les aléas de la vie. C’est comme ça, et ce n’est pas ce qui m’empêchera de savourer ma vie !
      Mais c’est vrai que c’est dur de faire ce constat.
      Non, je ne pense pas qu’il s’agisse d’une coïncidence ! Tu le sais aussi bien que moi, c’est ce que cherche ce genre de personnage hélas. Mais la vie reprend ses droits.
      N’aies pas honte. Si tu manques d’amis, ça ne veut pas dire que c’est toi le problème. Il n’y a peut-être même pas de problème, c’est juste .. Comme ça :).
      Je t’envoie plein de joie ! Pleure-pas 😉

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