Parce que je suis la femme. 

Aujourd’hui, je vous écrit de la gare TGV de Marne La Vallée, dans laquelle je suis condamnée à attendre une heure de trop. Parce que je me suis trompée de gare. J’étais sûre de moi, j’avais vérifié pourtant. L’erreur est humaine.

Cette erreur nous coûte 80 euros par tête. Nous sommes trois, mon mari, mon père et moi. Nous venons de passer trois jours dans la capitale, intenses et joyeux et nous nous apprêtions à rentrer heureux lorsqu’elle nous a sauté aux yeux.

Il n’y a pas mort d’homme, on va rentrer quand même et garder en tête les bons souvenirs. Mon compte en banque s’en remettra. Ma fatigue aussi. C’est autre chose qui me chagrine, qui m’ordonne d’écrire maintenant sur le clavier de mon téléphone plutôt que d’attendre d’être confortablement installée sur mon ordinateur portable, comme j’en ai l’habitude.

Ce week-end, c’est la deuxième erreur du genre que je commets. Normal me direz vous, je ne connais pas la ville, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour préparer ce voyage, et je suis fatiguée. Vraiment fatiguée. Une erreur est donc vite arrivée.

Seulement nous sommes trois. Mon mari, mon père et moi. Nous sommes trois. Et depuis le départ, depuis l’idée même de ce voyage, il n’y a que moi qui m’occupe de la logistique. Des plans, des métros, des réservations, des restaurants, de l’endroit où dormir, et même des choix touristiques.

Au début, je n’ai pas rechigné. C’était leur cadeau de Noël à tous les deux, normal que je gère les résas, puisque c’était une surprise ! Et puis j’ai déchanté. Ils ont eu des mois pour s’en préoccuper, pour m’aider, pour répondre à mes demandes insistantes. « Alors, que voulez-vous manger, visiter, voir ? » Ils n’ont jamais pris la peine de se pencher sur la question. J’ai fini par comprendre ce qui se passait.

Je suis la femme. La seule femme de l’équipe. L’intendante. Celle qui décide et celle qu’on suit docilement parce qu’elle a tout prévu. Parce que c’était logique qu’elle prévoie tout. Et là, je fulmine. Je fulmine de ne pas m’en être rendue compte avant. Et qu’eux ne s’en soient pas rendus compte non plus…

Tout au long du voyage, ils m’ont suivie. Ils ont attendu que je les amène partout, tout le temps. Que je leur dise quoi faire et quand. C’était éreintant d’être seule pour penser à tout en permanence, d’avoir cette pression, dans cette ville immense que je ne connaissais pas mieux qu’eux, sans jamais un soutien de leur part quand ils me trouvaient désemparée devant les panneaux d’indication où l’information que je cherchais manquait. Ils restaient là, penauds et embêtés, s’imaginant peut-être que le Saint Esprit allait m’apporter la réponse comme par magie.

Oui, je suis mauvaise, ce soir. Ils tournent autour de moi pendant que je tape frénétiquement sur mon écran. Heureusement, ils n’ont jamais manifesté de mécontentement face à mes erreurs. Ils m’ont dit que ce n’était pas grave. Ils ont dit « C’est aussi de notre faute, on n’a pas regardé. » Mais pourquoi ?? Pourquoi n’avez-vous pas regardé ?

Je vous ai pourtant responsabilisés, en vous demandant de télécharger les applications des transports, d’utiliser vos GPS, en vous donnant tous vos billets des mois à l’avance, en vous demandant une centaine de fois ce qui vous ferait plaisir, ce que vous vouliez voir, faire ! Vous m’avez sans cesse répondu « Comme tu veux, on te suit, nous. » J’ai bien cru que j’allais vous tuer la dernière fois.

Je vous l’ai fait sentir. Je vous ai expliqué que je n’avais pas à tout décider, j’ai élevé la voix en vous ordonnant de prendre une décision. Et puis rien.  Alors j’ai repris mon rôle de planification. J’ai ré-endossé ce rôle détestable quand on est seul.e à le supporter. J’ai commis une erreur.

Je pensais n’avoir jamais à subir cette satanée charge mentale, surtout en n’ayant jamais d’enfants. Quelle naïveté ! On n’y échappe pas. Mon père a tant l’habitude aisée que ma mère s’occupe de tout qu’il ne lui est même pas venu à l’esprit de réfléchir à ce voyage. J’ai pourtant répété qu’avec ma vie débordante et affolante, je n’aurais jamais le temps de me pencher sincèrement dessus. Je n’étais même pas sensée y participer, au départ !! Je comprends mieux leur insistance.

Oui, je suis mauvaise encore une fois. Vraiment. Ils n’ont jamais pensé à moi de cette façon, je le sais. Mais le résultat est là.

Mon mari n’a aucune excuse. Sa famille fonctionne différemment, et notre couple aussi. Il va m’entendre. Je ne vais pas crier. Je vais lui expliquer en quoi son attitude m’a laissée stressée et affolée, m’a fatiguée, m’a usée, m’a pesé. La première et la dernière fois.

Mon père a de la peine pour moi, je le sens. Ça se lit dans ses yeux à chaque fois qu’il tourne la tête vers moi. Il s’imagine sans doute que je suis dégoûtée, que je me sens coupable, que j’ai l’impression que ça gâche tout. Ce n’est pas le cas. Ce petit incident, ce n’est rien.

Une heure de perdue, 240 euros envolés. Et alors ? Ça arrive. Ça coule comme l’eau, je ne suis plus attachée à tout ça. Mais je le suis aux discriminations, aux injustices, à la sensation désagréable que sur mon sexe pèse des contraintes injustifiées. D’un coup, je me sens emprisonnée, oppressée, opprimée. Le fait que ces sensations soient causées par le comportement sexiste de mon père et de mon mari me gêne plus encore.

La majorité des hommes qui écartent les jambes dans le métro ne sont pas des connards. Ce sont des hommes comme les autres, qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils font. Je le sais parce que j’étais toujours entre les deux hommes de ma vie, assise dans les rames. À l’étroit. Pourtant, je vous jure, ils ne sont pas des connards. Ils sont juste habitués à ça. A prendre la place et à voir les femmes serrer les cuisses.

J’ai écarté les jambes comme eux, je les ai bousculés. J’ai dit en riant « Ben ça va, je vais faire comme vous, hein. » Ils se sont vaguement poussés, gênés. « Oui, mets toi à l’aise… » 

Quel constat, n’est-ce pas ? Peut-être la fatigue me pousse-t-elle à ne voir que le négatif. Je n’ai pourtant pas cette impression. Ma rancune est retombée comme le soufflet qu’elle est. On est maintenant dans le TGV, on discute et on rit. Je les aime d’amour. Je vais leur dire. Leur expliquer. Et ils comprendront.

On parle de charge mentale depuis plusieurs semaines, on l’associe à une société paternaliste et le féminisme en fait sa nouvelle cause. Je ne sais pas si ça résume ce que j’ai vécu et ressenti ces derniers jours. Ça y ressemble. Ce que je sais, c’est que j’ai vraiment été obligée à prendre SEULE des responsabilités que je ne souhaitais/pouvais pas porter, malgré de nombreuses demandes pour qu’il en soit autrement. Et vous, avez-vous vécu des situations similaires ? Subissez-vous ce genre de choses au quotidien ? De la part de personnes que vous pensiez loin de tout ça ?


30 thoughts on “Parce que je suis la femme. 

  1. cledsol Répondre

    En te lisant, j’ai juste l’envie de te serrer dans mes bras.
    C’est chouette que tu puisses leur en parler 🙂
    Plein de soutien. Je t’embrasse.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup !
      Un câlin n’aurait pas été de trop… Mais la situation s’est arrangée, heureusement.
      Je t’embrasse en retour !

  2. l0uanne Répondre

    L’autre jour avec la canicule j’ai insisté pour qu’on aille à la piscine et une fois arrivée là bas, on s’est rendu compte que j’avais oublier les brassard. Il m’a pas loupé « Oh mais c’est toi qui l’a voulu c’était à toi à tout préparer ! » et même quand on doit aller quelque part, c’est toujours moi qui doit tout préparer comme si j’étais la seule adulte dans la maison

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est exactement le même schéma entre mon père et ma mère. J’ai été élevée dans cette façon de faire, que je rejette aujourd’hui en bloc. C’est complètement différent dans mon couple.

      Mais là, mon amoureux a décidé de se laisser aller… C’était lourd, et pesant. Parle-lui. Tu ne dois pas être là seule en charge chez toi, vous êtes deux !!

  3. zenopia Répondre

    Bah non en fait… chez nous, on partage les tâches… je dirais même que je me repose sur le barbare souvent… Par exemple, je ne prends jamais le volant en vacances. Même pour faire le trajet. Il ne râle pas. Je fais d’autres choses… Ma charge mentale à moi, elle vient du boulot : responsable de service donc « on » estime que je dois TOUT gérer… J’ai l’impression de travailler avec des gosses… et tu sais quoi ? c’est une équipe en majorité féminine (7 femmes pour 1 homme). Je suis bien placée pour savoir qu’à terme, c’est ingérable…
    C’est bien que tu puisses en parler avec ton papa et ton mari.
    Bisous

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Nous partageons toutes les tâches aussi. C’est parfaitement équilibré chez nous, et ce qui m’a mis encore plus en colère. A croire que comme il voyait mon père se la couler douce, il s’y autorisait inconsciemment … Bref, c’est passé !

      Au travail, j’imagine que ce doit être épuisant. D’autant plus que comme tu es la responsable, pour les autres, c’est logique … C’est pour ça que dorénavant je refuse les postes où je dois gérer une équipe. C’est trop lourd. Les collègues ne comprennent pas que ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas « responsables » en titre qu’ils ne doivent pas effectuer jusqu’au bout leurs tâches ! C’est usant. Je te comprends !

      Des bises pour cette seconde moitié de semaine !

  4. Ornella Répondre

    Cette fois, c’est moi qui aurais pu écrire ton article ! 🙂 Il m’est arrivé la même chose en Islande. Je suis partie avec deux amis et j’ai organisé le voyage complètement seule, mais je le voulais, je préférais le faire moi que d’en vouloir à celui qui airait n’importe quoi ou pas comme je voulais. J’avais minutieusement prévu le programme complet du road trip, avec les différentes étapes, combien de temps on allait rouler, pendant combien de kilomètres, où on allait dormir ou manger du mouton, où on allait pouvoir admirer telle ou telle cascade.

    Sauf qu’une fois arrivés sur place, ils se reposaient encore sur moi pour les décisions à prendre. Et ça m’a fait pété un plomb. Pour faire les courses par exemple, ils restaient à regarder deux fromages, sans être capables de se décider à en choisir un. Ils me regardaient hébétés en disant « j’sais pas ». Ca m’agaçaaaaait, je devenais super irritable dès qu’on était confrontés à ce schéma là. Et le pire c’est qu’ils ne l’intégraient pas, ils ne comprenaient rien.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Hahaha, l’épisode du fromage est épique ! Mais tellement vrai .. J’ai eu la même pour le petit dèj dans les rayons. « Vous voulez manger quoi demain matin ? – J’sais pas … Comme tu veux. – Oh mais c’est pas compliqué ! Vous mangez quoi d’habitude ???? »

      C’était irritant au possible et très difficile pour moi de relativiser, aux vues de ma fatigue. Heureusement, ils ont fini par comprendre ! Mais après la guerre …

  5. Suny Répondre

    Ah, la fameuse charge mentale ! C’est marrant comme on se met à parler de cette chose qui existe depuis la nuit des temps. Mais c’est bien d’en parler, ne serait-ce que parce que ça fait prendre conscience de leur situation à pas mal de femmes.
    Je suis aussi un peu dans ce type de situation, mais la mienne est un peu particulière parce que professionnellement, c’est lui qui a quasiment toute la charge (même si je fais souvent office de pense-bête ^^), vu que c’est lui le gérant de la boîte, qu’il fait des heures pas possibles, et que je me contente de mes 35h… pour pouvoir faire ma seconde journée à la maison ^^ Bref, personnellement je ne me plains pas trop, parce que je sais que si lui aussi était aux 35h, les tâches seraient bien mieux partagées à la maison. Mais je déteste tout de même la façon qu’il a parfois de tout laisser reposer sur mes épaules, juste parce qu’il est l’homme et moi la femme. Mais je l’éduque, tranquillement, et je ne perds pas espoir ! :p
    Les choses changent, trop lentement certes, mais on sent bien, ces derniers temps, qu’il y a une réelle volonté de changer les mentalités. Je ne pense pas que nous verrons de notre vivant la réelle égalité homme-femme, mais j’ai espoir pour les générations à venir (l’espoir fait vivre,n n’est-ce pas ^^).
    Bel article en tout cas, plein de bienveillance malgré l’évidente colère. Je trouve que tu as très bien réagi. 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Franchement, c’est BD sur la charge mentale m’a ouvert les yeux à moi aussi. J’avais parfaitement conscience qu’à la maison, c’est ma mère qui gérait tout et planifiait tout. Ca c’était pas une surprise. Mais j’ai eu la réponse à une question que je me posais sans cesse : pourquoi les mecs (et les enfants, et les autres personnes du foyer) ne prennent jamais l’initiative et disent, après coup, « je l’aurais fait si tu m’avais demandé ! » Pour moi, c’était l’un des grands mystères de l’univers.

      Grâce à la BD, j’ai compris. Parce qu’ils se reposent sur le chef, et comme au travail, ils attendent qu’on leur ordonne pour exécuter, et ne pensent pas la logistique DU TOUT par eux-mêmes. Je t’avoue que ça m’a un peu rendue bouché bée.

      Vous tenez une boite ensemble ?

      Malheureusement, je sais qu’on ne vivra pas cette égalité, c’est clair. Je crois que ça prendra encore quelques centaines d’années, malheureusement. Mais j’ai l’espoir, petit à petit, ça bouge !

      1. Suny Répondre

        Oui, c’est d’autant plus surprenant cette manière de se reposer sur le « chef » à la maison de la part de ces mecs qui précisément se considèrent comme les « chefs de famille ». Ils illustrent parfaitement cette image qu’on a du patron qui exploite ses employés et qui n’en branle pas une… ^^
        Pour ma propre situation, pour être plus précise, c’est mon mari qui a sa boite (qu’il a repris à la suite de son père), et moi je suis salariée et je gère tout l’administratif (à la suite de ma belle-mère ^^). Donc sur le papier, IL tient une boite et je travaille pour lui. Dans les faits, il serait dans la merde s’il devait gérer ma partie… :p Du coup, je ne lui en veux pas d’avoir besoin de ne plus être le patron une fois rentré à la maison, mais des fois il exagère vraiment. C’en est au point que je passe mon temps à ramasser les mouchoirs qu’il jette A COTE de la poubelle… Bon, je sais que je ne devrais pas, mais ça me fatigue de lui beugler dessus pour ça…
        Mais tout ça, clairement, c’est à cause de sa mère. Elle a toujours tout fait (probablement en grande partie inconsciemment) pour que ses 3 fils considèrent les femmes comme leurs boniches… Heureusement qu’elle n’a pas eu de fille, la pauvre !!
        BREF. Il y a encore beaucoup de travail ^^

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Hahaha, c’est vrai ! Ils sont sensés être les chefs de famille parce qu’ils ramènent l’argent et la nourriture au foyer. Enfin, c’était le cas avant et ça « légitimait » un peu cette place. Mais aujourd’hui le contexte est bien différent … Tout a changé, mais on ne remet pas en cause nos vieux modèles qui ne fonctionnent plus. C’est un sacré bazar, ces histoires d’égalité !

          Moi aussi, il y a des trucs de ce genre que je fais. Mon amoureux à la fâcheuse tendance de ne pas ranger/remettre à sa place les choses qu’il utilise. Ca devient vite pesant. Il prend le temps de tout ranger une fois de temps en temps, mais moi, c’est impossible, je ne supporte pas de voir un truc trainer trop longtemps. Passé trois jours, je range. Je lui fais la remarque, je lui explique que ça prend moins de temps et d’énergie de ranger l’objet une fois qu’on a finit de s’en servir, plutôt que 20 quinze jours après. Ca rentre, petit à petit …

          Mais je sais aussi que j’ai des manies qui doivent l’agacer ! On fonctionne juste différemment. Et généralement, je dois avouer que c’est plus lui qui se plie à ma façon de vivre que l’inverse, le pauvre. Je suis assez rigide, surtout en ce moment … Mais je me soigne ! ^^

          La mère de mon père a fait ça aussi. Il avait deux soeurs ainées, il était le petit dernier. Ses soeurs devaient tout faire, et lui, c’était le pacha. HALLUCINANT. Par exemple, elles devaient aller faire la lessive à la main deux fois par semaine, et elles lavaient aussi les affaires de leur frère, qui lui, se la coulait douce à la maison. A leur place, je crois que j’aurais hurlé.

  6. Marie Kléber Répondre

    Je crois que ce sont des habitudes prises – pas seulement chez les hommes d’ailleurs. Je comprends ta fatigue dans cette situation. C’est pas facile de toujours tout gérer seul Rozie. Et ça peut entacher de bons moments à partager.
    L’option que j’utilise parfois c’est de lâcher, de laisser chacun se dépatouiller. Ce n’est pas toujours possible.
    Discutes en avec eux si tu en as l’occasion. Déjà ça te permettra de te libérer et de faire passer ton message. Ca ne peut être que positif pour l’avenir.
    Je t’embrasse bien fort et bon retour.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, c’est tout à fait ça, des habitudes prises que personne ne remet en question …

      Je l’ai fait, lâcher-prise. Je commençais à avoir mal au dos (toujours ce satané problème !) alors je m’en suis servie d’excuse pour les laisser faire. Ils ont mis du temps, mais ils ont réussi à trouver ! Mon amoureux reprend tout de suite les rennes quand il voit que je commence à souffrir, et ça, c’es top ! Bon, il a quand-même fallu que je donne la solution pour qu’on ne marche pas deux heures sans rien trouver, mais ils ont bougé.

      Je leur ai dit en rentrant, pour ne plus que ça recommence.

      Merci beaucoup ! Des bises !

  7. Nora D Répondre

    Comme je te comprends ! Je ne supporte plus cette sensation de porter les autres à bout de bras, même si je les aimes très fort.
    Quant à cette place que prennent les hommes, physique ou psychologique, il est temps de prendre notre place, à nous aussi les femmes.
    Tu as tellement bien joué dans le métro, un peu d’humour, hop hop hop…nan mais ho !
    J’ai lu cette phrase ce matin, je ne sais pas a qui elle appartient :
     » Je n’ai jamais réussi à définir le féminisme. Tout ce que je sais, c’est que les gens me traitent de féministe chaque fois que mon comportement ne permet plus de me confonde avec un paillasson.
    Une belle journée Rozie !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Cette phrase n’est pas mal du tout ! Je la retiens pour la prochaine fois qu’on me « traitera » de féministe, ou qu’une discussion houleuse sur le sujet verra le jour … Merci !

      On résout pas mal de choses avec l’humour, c’est un bon moyen de faire passer un message fort en douceur ! Et ça a marché du tonnerre !

  8. LeMerlanFrit Répondre

    Haha j’ai adoré le coup du métro, tu as bien fait !
    Tu parles de société paternaliste mais justement j’aurais tendance à dire qu’on vit dans une société de « femelles alpha » qui s’ignore !
    La semaine prochaine c’est notre tour de passer une semaine dans la capitale, très chère au cœur de mon chéri et beaucoup moins au mien, du coup je le laisse gérer le programme 😛
    Si on avait pas peur de gâcher des moments qu’on sait peu nombreux et précieux, on pourrait leur laisser les rênes et voir ce que ça fait, pour qu’ils voient ce qu’il en est… je sens que ce serait spécial !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      J’ai toujours pensé qu’en dépit de tout ce qu’on nous montre, les femmes étaient vraiment « les maîtresses du monde ». Pas du tout dans un délire de supériorité, mais parce que cette société partenaliste pousse les femmes à tout faire/gérer. Elles font tourner le monde de « leurs » hommes. Alors oui, nous sommes clairement des « femelles alpha » qui s’ignorent ! Haha, j’aime bien l’expression.

      Et bien je vous souhaite un super séjour ! En espérant que tout se déroule comme vous l’avez prévu 😉 !

  9. Melgane Répondre

    Il y a peu j’ai lu un article sur la charge mentale. J’ai mieux compris le problème, et je fais plus d’efforts chez moi pour aider, mais je remarque aussi du coup bien plus que mon père et ma soeur n’en font aucun (alors quand j’entends mon père dire « tu pourrais aider ta soeur » ça me fait doucement rigoler !). Je crois que parfois il faut utiliser plus que des mots, il faut faire. Je pense que tu n’aurais pas dû prendre tout à ta charge, quitte à ce que vous passiez 2h à tourner en rond le temps qu’ils se décident à trouver un restaurant. Je pense aussi que si tu leurs explique bien ils pourront comprendre (quoi que…) et être plus attentif. Au final je pense que plusieurs facteurs peuvent améliorer les choses : leur parler pour qu’ils soient plus attentifs et que la prochaine fois ils fassent plus d’efforts, et la prochaine fois ne pas tout prendre en charge quand tu vois qu’ils ne réagissent pas et les laisser mouliner de manière à ce qu’ils soient obligés d’agir.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Alors ça, c’est top ! Parce que moi aussi, quand j’étais gosse, je ne faisais rien pour aider ma mère. Ma soeur et mon père non plus, cela dit. Et je le regrette beaucoup aujourd’hui. C’est une habitude assez ancrée. Quand je retourne chez mes parents pour un week-end, j’ai encore tendance à laisser faire ma mère toute seule. La pauvre !!

      Comme toi, je m’en rends compte et je rectifie le tir. Et du coup, je vois encore plus que les autres ne font rien. Et ça m’agace ^^. Donc c’est top que tu y mettes du tien. Un petit coup de pied dans la fourmilière, ça fait du bien, parfois.

      Tu as raison, et je l’ai fait à un moment. Je commençais à souffrir du dos, et je me suis servie de ce prétexte pour tout lâcher et les laisser faire. Ils ont fini par trouver tous seuls, mais ça a pris un sacré bout de temps. Moi, j’avais mon idée dans ma tête, mais je ne l’ai donnée qu’à la fin, pour voir. Et bien, on en a perdu, du temps !!

      Je leur en ai parlé, et je crois qu’ils ont compris. Heureusement, ils sont réceptifs !

      1. Melgane Répondre

        C’est vrai que quand on s’y met on se rend encore plus compte que les autres en foutent pas une x)
        Mais ce qui est drôle c’est que, au nom du féminisme j’aide un peu ma mère, mais du coup je prends en charge une partie de la charge mentale alors que je suis moi-même une jeune femme… Y’a un côté un peu ironique dans cette affaire.

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Oui, je me suis fait cette remarque aussi … Une femme qui aide une femme au nom du féminisme mais qui constate que ce ne sont toujours pas les hommes qui aident.

          Au début, mon amoureux a étonné tout le monde pour ça. Dans sa famille, ils sont quatre frères et comme leur mère est handicapée, ils ont toujours contribué à fond dans les tâches ménagères. Du coup, à chaque repas, il ne pouvait pas s’empêcher d’aller aider ma mère, de demander en quoi il pouvait être utile … etc. Et ce n’était pas forcé, il ne comprenait vraiment pas pourquoi elle s’affairait toute seule alors que tout le monde attendait qu’elle amène le plat. Ca remet les idées au clair !

          1. Melgane

            S’il faut attendre que les hommes aient une mère handicapée/diminuée (même du point de vue d’un mal de dos passager, d’une fracture, etc.) dans leur enfance pour leur apprendre à aider on n’a pas fini… ! x)

          2. Rozie & Colibri

            C’est clair ! On est d’accord qu’ils n’auraient pas dû l’aider parce qu’elle est handicapée, mais parce que c’est normal. Mais l’un dans l’autre, ils ont intégré que c’était normal. Pour eux c’est logique que tout le monde participe. Ce qui a mis un gros coup de boost dans ma famille !

  10. Valérie Répondre

    En lisant ce billet, après avoir lu un article précédent dans lequel vous disiez votre besoin de calme, je m’interroge : ne pensez-vous pas que vous avez des signes de dépression ? Cette fatigue, anormale à 24 ans, cette irritabilité, cette intolérance au bruit, ce désintérêt de vos loisirs habituels (musique)… Tout cela me semble caractéristique d’un début d’état dépressif. Mais je ne suis pas médecin ! Peut-être pourriez-vous consulter ? Bon courage en tout cas.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est une excellente question que je me suis moi-même posée dès le départ ! Suis-je en première phase de dépression ?

      Ma famille a un terrain très sensible, on est facilement sujet aux « maladies mentales ». C’est pourquoi je suis très vigilante à ce sujet.

      Ma fatigue chronique est complètement anormale, c’est clair. Et quand je suis fatiguée, je suis irritable, et ce depuis toujours. Mon intolérance au bruit et mon désintérêt pour mes loisirs sont passés, par contre, et tant mieux !

      Depuis un an, je n’ai plus de vraie période de repos. Les semaines sont bien remplies, et les week-ends, nous les passons sur la route. Rajouté à ça, nous avons acheté et notre maison nous demande beaucoup de travaiL J’ai aussi changé de travail donc j’emmagasine sans cesse des nouvelles choses et ne suis jamais tranquille.

      Je suis « rassurée » parce que mon mari est aussi crevé que moi. Donc je me dis que ça vient de notre mode de vie et qu’il faut clairement qu’on ralentisse et qu’on arrive à dire non aux invitations. Ca devient vital pour moi. J’attends les vacances avec impatience, j’ai vraiment besoin de me reposer.

      A côté de ça, j’ai cherché à voir si cette fatigue ne venait pas d’un problème physique (maladie, mal-nutrition …). RAS selon les médecins. Ma naturopathe m’a cependant donné de nombreux conseils et astuces pour reprendre de la vitalité. Ils fonctionnent.

      Affaire à suivre, donc …

      Mais merci pour votre inquiétude sur ma santé, ça me touche. A bientôt :).

  11. Val Répondre

    Je comprends ta frustration. Difficile de se dire que les hommes de son entourage rentrent finalement dans un schéma auquel on pensait échapper. Et comme tu le dis, ce ne sont pas des « connards », simplement qu’ils ont intégré naturellement dès leur enfance que quelqu’un d’autre ferait pour eux (une femme souvent, mère, femme, fille …).

    Moi aussi je pensais que mon compagnon était à des lieux de ce genre de comportement. Il a vécu tout seul, il sait cuisiner (mieux que moi d’ailleurs). Pourtant, quand je rentre après lui ou que je m’absente une après midi, c’est très rare (surtout depuis qu’on habite ensemble) que la montagne de vaisselle soit faite. La dernière fois, il a préféré monter parce que ça le gênait de me voir m’activer, plutôt que de me donner un coup de main.

    Alors j’ai arrêté de cuisiner, ou très peu. Il m’en a fait la remarque cette semaine, je n’ai rien dit, mais je pense que la prochaine fois, je lui dirais que je ne dis rien quand je fais des lessives/passe le balais/ l’aspirateur/fais la vaisselle/nettoie la cuisine/la salle de bain/les toilettes …

    néanmoins et c’est un chance (et peut-être la différence avec la génération précédente) je pense que ton mari comme le mien sont prêt à entendre nos discours et à changer. Ce serait intéressant d’ailleurs d’avoir son point de vu là dessus, comment lui il a vu ce week end où il s’est fait porter ?

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Wahou ! Le comportement de ton compagnon est sacrément révélateur, en effet !

      Ca me fait penser à un vieux souvenir : ma mère passant l’aspirateur le soir, et mon père lui faisant bien sentir que ça l’embêtait. C’était très étrange, la façon qu’il avait de partir à chaque fois que ma mère s’attelait à la tâche. Peut-être que c’était aussi parce qu’il se sentait « en faute », et qu’il était gêné.

      Oui, on a cette chance, si on peut dire ! Les hommes de notre génération y sont de plus en plus exposés, et sensibles. Ils se remettent donc en question, tout comme nous, et on avance. C’est chouette !

      Comment l’a-t-il vécu ? Je vais lui poser la question, tiens !

  12. The Flonicles Répondre

    Mon copain est tout pareil, mais toi comme moi on a au moins la chance qu’ils prennent leur part de responsabilité en disant qu’après tout, ils n’ont rien fait de leur côté niveau organisation. Il y en a qui s’en tiendraient à tout mettre sur les épaules de l’organisateur/trice.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, c’est vrai … Mais ce n’est pas assez, encore !

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