Choix et convictions

Fabriquer son composteur.

Aujourd’hui, c’est la journée de la terre.

Cela fait des mois que je souhaite avoir un bac à compost à la maison. Pour réduire mes déchets, pour arrêter de voir les moucherons sortir de ma poubelle, et pour ne plus avoir à acheter de terreau pour rempoter mes plants.

Les déchets verts représentent environ 50% de notre poubelle (peut-être plus, à la réflexion … !). C’est assez terrible de les jeter, de savoir qu’ils vont être incinérés comme le reste alors qu’on pourrait les valoriser (du Bio en plus !). Ils pourraient enrichir notre terre, aider nos plantes à pousser, et engendrer des économies.

Je souhaitais donc acquérir un composteur en plastique, que de nombreuses personnes encensaient. Mais les mois passent, il y a toujours une petite urgence financière qui fait reculer l’échéance, et à la réflexion … Ca ne me plaisait pas qu’il soit en plastique, ni même de le payer alors que je pouvais le fabriquer moi-même. En plus, j’avais peur qu’il soit trop petit.

Alors hier, je me suis lancée. Mon amoureux n’était pas là, j’avais toute la journée devant moi et j’imaginais déjà sa tête en rentrant quand je lui présenterai mon ouvrage du jour ! Je me suis renseignée. Il fallait trouver un endroit ombragé, un peu caché et isolé pour les odeurs, mais pas trop loin de la cuisine non plus ! J’avais l’endroit idéal.

Quel matériel faut-il pour construire un composteur ? Il y a mille façons de le faire. L’idée, c’était de ne pas débourser un centime pour ma construction et de me débrouiller avec ce qu’on avait déjà. Je n’avais pas tout, j’ai dû faire preuve d’un peu d’inventivité, c’était très amusant !

Il fallait des palettes. On peut en trouver absolument partout, il suffit de demander, et personne ne vous fera payer pour ça. Au contraire, les grandes surfaces sont plutôt contentes de s’en débarrasser. Mon amoureux travaille dans le transport, il en avait déjà ramené pas mal à la maison pour d’autres projets.

J’avais aussi les équerres et les vis, mais il me manquait le grillage (pour ne pas que les déchets sortent des palettes), les boisseaux et les planches pour créer une ouverture coulissante par le bas – afin de récupérer le compost prêt tout au fond – et le couvercle.

La première chose à savoir, c’est qu’il ne faut pas de fond ! Il faut absolument que les matières en décomposition soit au contact de la terre pour que les insectes et autres participants du processus puissent venir travailler.

J’ai donc vissé ensemble une palette entière et deux demies pour les côtés. Au préalable, j’avais réfléchi à ce que j’allais utiliser pour la porte coulissante, afin de ne pas être prise au dépourvu au niveau des mesures. Il fallait que l’écart entre les côtés soit le bon !

Les anciens propriétaires nous ont laissé un joyeux bordel en partant, des trucs qui pouvaient être « utiles ». J’ai donc pensé aux lattes de parquet. Il en restait une bonne quinzaine, ça ferait l’affaire pour la porte, et pour le toit. Il me fallait ensuite trouver un semblant de boisseaux pour maintenir les lattes et les laisser coulisser. J’ai fini part trouver mon bonheur en arpentant le garage : des planches en bois coupées finement. La structure était fin prête !

Restait à trouver une alternative au grillage. Il fallait que le procédé retiennent les déchets bien à l’intérieur, mais qu’il laisse passer l’air. Sans oxygène, pas de bonne décomposition ! J’ai fini par penser aux vieilles canisses que nous avions changées. On les avait gardées pour pouvoir les réutiliser en guise de pare-vue, mais c’est tombé à l’eau. Elles seraient parfaites ! J’ai découpé les morceaux dont j’avais besoin, je les ai attachés à la structure avec un reste de fil de fer, et le tour était joué !

Franchement, le résultat est pas mal du tout, je suis fière de moi !

J’ai ensuite commencé à le remplir avec des branchage et de la tonte de pelouse. Les déchets de cuisine viendront s’y ajouter au fur et à mesure. Certains disent qu’il ne faut pas mettre de viande ni de poisson, d’autres que les agrumes sont interdits. Il faut un certain ratio entre les différentes sources d’approvisionnement pour un compost de qualité …

Pour le coup, je ne me prends pas la tête. La nature sait s’adapter. Je vais juste faire attention à préserver l’humidité. Ca compostera quand-même et tant pis si ça prend plus de temps ou que ce n’est pas le compost du siècle. Au moins, je réduis de moitié mes déchets. A chacun sa recette !

Ca m’aura valu deux heures de travail, un coup de soleil sur les épaules, quelques courbatures (oui …), et une belle sensation de fierté. Mon amoureux était trop fier lui aussi, et assez épaté. A croire qu’il ne me connaît pas encore ;). Dans quelques mois, je pourrais commencer à récolter le fruit de mon travail. C’est valorisant.

Et vous, comment gérez-vous votre compost ? Quelle est votre recette pour un compost de qualité ? Avez-vous construit votre composteur ? Tous les conseils seront bienvenus !

Semer un peu de magie et de poésie dans le quotidien.

8 commentaires

  • Emeline

    Genial ! Vraiment ! C’est super ! Qu’est ce que j’aurai aimé voir ça en vrai en aout… 🙁 En tout cas tu peux être fière Je n’aurai jamais osé me lancer dans un tel chantier Bravo!

    • Rozie

      Merci !

      Oui, je suis TROP fière ! Tu sais, il existe des composteur très sympas pour appartements. Je connais une personne qui en a un, on croirait qu’il s’agit d’un meuble. Très design, pas d’odeur, décomposition rapide … Bref, vraiment chouette !

  • Anne-So - Ze PermaLab

    Bien joué Rozie ! Tu t’es donné du mal pour ce composteur, je comprends que tu sois fière de toi ! B-)

    Personnellement, mon composteur est uniquement en grillage fin, avec 4 piquets de bambous pour faire tenir le bouzin droit (et fermé, pour éviter les avalanches :P) et un vieux carton en guise de couvercle. Du basico-basique, mais qui fait très bien l’affaire.

    J’ai hâte que tu nous racontes tes premières utilisations de compost maison !

    Belle journée de la Terre ! 🙂

    • Rozie

      Merci ! Il est vrai que j’aurais pu faire plus simple, mais j’avais à coeur de faire quelque chose de sympa.

      Tu te sers vraiment du couvercle ? Je ne le mets jamais … Je me demande si c’est vraiment utile ?

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