L’éternel chagrin.

Voilà, on y est. Un couple d’amis, le premier, en essais-bébé.

Et ce chagrin qui me prend. Que je voyais venir au loin, depuis un certain nombre d’années, déjà. Comme un revolver auquel je fais face. Une détente qui saute, une balle qui part, droit dans mon ventre. Moi je suis là, face à cette blessure imminente que je ne peux éviter. J’ai déjà mal. C’est comme ça.

Est-ce que je suis heureuse pour eux ? Evidemment. Elle veut des enfants depuis qu’elle est née. J’exagère à peine. Elle a toujours voulu être une Maman jeune. 24 ans, c’est bien.

J’imagine ces moments charnels. J’imagine cet instant incroyable où ils se serrent plus fort. Où ils jouissent. Cet épisode Sacré. Ces secondes que l’on espère fécondes. Ce trouble grave et joyeux que d’initier la Vie.

Je le ressens comme si je l’avais déjà connu. Comme si, dans une vie antérieure, j’avais moi aussi décidé de devenir mère. Comme si j’avais moi aussi été prise de cette ferveur moite, comme si cette fusion des êtres m’avait déjà touchée de plein fouet.

Je pense à mes parents. Au romantisme, à l’amour incommensurable qu’ils ont dû se donner pour que moi, je puisse exister. Alors que j’existais déjà dans leurs coeurs, petite flamme fantastique. A la force des émotions. A ces sentiments que je refuse de rencontrer dans cette vie.

Je ne veux pas d’enfant(s). Ce serait mentir de dire que je suis en paix avec cette décision, qui n’en est pas une, au demeurant. C’est comme ça. Je suis en paix avec moi-même, mais pas face au reste du monde.

J’imagine bientôt mon malaise face à ce ventre trop rond. Cette sensation que quelque chose cloche chez cette femme qui me fait face. Pourquoi ça lui plaît ? Pourquoi le veut-elle ? Et oui, pour moi, c’est vous qui êtes « anormal.e ».

Bientôt, les conversations tourneront autour de cet enfant, de son éducation, de ses progrès, de sa vie. Mes amis vont devenir parents. Ceux qui ne le seront pas encore pourront facilement se projeter dans ce futur proche pour eux. Moi, je resterai sur la touche. Au bord de la route. Incapable de prendre le train en marche.

Je vais encore me sentir seule. A l’écart. Différente. Oser le dire, c’est prendre le risque qu’on me réponde que je l’ai bien cherché, qu’il ne tient qu’à moi d’être normale et de rentrer dans le rang.

Souvent, les nouveaux parents évoquent leurs nouvelles difficultés sociales. Les amis qui ne les comprennent plus, les réflexions qu’ils se prennent souvent. Ils disent qu’ils font le tri. Et que finalement, ce n’est pas si mal.

Je ferai inévitablement partie de ces amis triés sur le volet, alors que je ne le souhaite pas. Je vais m’accrocher. Comme toujours, je vais faire preuve de compassion, je vais essayer de me mettre à leur place, tout le temps. Je ne ferai jamais de réflexion déplacée. Ce n’est pas parce que je ne veux pas d’enfant que je ne suis pas consciente de tout ce que ça implique. Je crois même pouvoir dire « Au contraire ! » C’est parce que j’en suis d’autant plus consciente que je suis sûre d’y renoncer.

Bientôt, j’aurais peur de donner mon avis. D’oser ne pas être d’accord. Je crois que j’en pleurerais, si j’entendais un jour ce genre de phrase. « Tu en parles alors que tu n’y connais rien ! » Bientôt, je serais la nullipare qui écoute les mamans d’une oreille distraite, le regard perdu ailleurs, un vague sourire crispé sur les lèvres.

Je peux vous le dire, j’ai la trouille. J’ai tellement peur.

Peur que ma différence finisse par m’isoler complètement. Peur que mes amis, déjà peu nombreux, se détournent de moi. Peur que ma famille me voit comme la pauvre fille qui n’a pas d’avenir, puisque pas de descendance. Peur que mon mari me quitte s’il est lui aussi un jour mordu par l’envie, le désir, le besoin, de devenir Papa.

Je ne peux qu’être là, à ma place. A me questionner encore un peu plus à chaque grossesse qui poindra dans mon entourage. A ressentir ce « NON ! » violent du fond de mes entrailles, quand j’essaierai, une fois de plus, d’imaginer que ça m’arrive.

Il me faut faire ce deuil. Si j’aime et si je respecte aujourd’hui mes différences, j’ai toujours profondément rêvé d’être normale, de me fondre dans la masse. Petite, j’enrageais de n’être pas comme tout le monde. Adolescente, ces différences s’apparentaient à des failles sismiques. J’en ai vécu, des tremblements de terre. Il me fallait faire ce choix : me conformer ou assumer. Laisser parler ma nature. Malgré le lot de souffrances que ce impliquerait toute ma vie. Etre soi, véritablement soi, c’est un combat de chaque jour.

Je dois faire le deuil de celle que je ne serai jamais. Une femme enceinte, une femme mère. Voir mes cousins devenir parents, c’était déjà quelque chose. Voir mes amis prendre ce chemin, ça me bouscule beaucoup plus. Quand viendra le tour de ma soeur, le sol s’écroulera sous mes pieds.

J’ai peur des étiquettes qu’on me collera sur le front. J’ai peur des réflexions que je vais devoir subir, quand les « Bon alors, vous vous y mettez bientôt ? » seront balayés par les « Tu as fait la plus grosse erreur de ta vie ». J’ai peur de me sentir seule et perdue. J’ai peur de décevoir. J’ai peur de déshonorer mon corps. J’ai peur de faire un doigt d’honneur à la Vie. Et, bien sûr, j’ai peur de regretter. J’ai peur d’avoir 40 ans un jour avec l’envie féroce de pondre. Est-ce que ça peut venir d’un coup, comme ça, sans préambule ? J’ai peur que mon Moi futur me déteste.

Parfois, les choix les plus évidents sont aussi ceux qui font le plus mal. On a beau savoir qu’on est sur le bon chemin, on a beau être intrinsèquement certain qu’on serait plus malheureux encore si on ne s’écoutait pas … On souffre. Je souffre de mon décalage. Je souffre, je crois, de la même façon que toutes les personnes qui font un choix marginal. C’est libérateur et enfermant à la fois, non ? Et vous, souffrez-vous de certains de vos choix ? Vivez-vous cette dualité ?


19 thoughts on “L’éternel chagrin.

  1. Maristochat Bellemam' Répondre

    Tes mots sont tellement beaux, tellement forts.
    Je souhaite ne jamais faire ressentir cela à mes amies qui comme toi, ont fait ce choix.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci mille fois.

      Je pense qu’en être conscient suffit à ne pas le faire ressentir, ou à limiter la casse. C’est normal de ressentir une différence. Se sentir exclu.e, ou avec moins de liberté de parole, c’est déjà plus dommageable.
      Le mieux est d’en parler. Moi-même, j’en parlerai à mon amie, si un jour je sens que ça dérape ..

  2. Flo Répondre

    SI tu savais combien ton article me fais écho tu te sentirais moins seule 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Alors je me sens moins seule, tout d’un coup ! Merci :).

  3. MissTexas Répondre

    Rozie, ton article m’a émue parce que tu décris sans filtre la souffrance que ce choix de vie va amener pour toi.

    Ce choix que tu fais est également celui qu’a fait ma meilleure amie il y a longtemps. Lorsque je suis tombée enceinte il y a 8 ans, j’avoue qu’il y a eu un long passage où on a moins communiqué, même si nous n’avons émis aucun jugement l’une sur l’autre. J’étais focalisée sur ma grossesse compliquée, puis sur mon bébé tout neuf et les débuts vraiment difficiles, puis sur ma deuxième grossesse et mon deuxième loulou, et sur cette vie qui avait changé à 200%. Il a fallu attendre que ma vie redevienne plus linéaire et moi plus disponible pour que les rapports avec ma meilleure amie redeviennent comme avant. Maintenant nous parlons librement de nos vies, avec ou sans enfants… chacune son chemin de vie ! Je pense que tu ne pourras pas passer à côté de l’évolution de tes amis s’ils ont des enfants, mais cela ne veut pas dire que vos rapports seront forcément éteints, j’en suis la preuve 😉 Tes amis, s’ils le sont vraiment, ne se détourneront pas de toi <3

    En revanche, quand je lis ton article, je me demande si tu es vraiment au clair avec ta décision. Non pas que tu veuilles des enfants, mais on ressent une sorte de culpabilité, un deuil que tu dois faire et qui te dépasse complètement pour l'instant. Peux-tu en parler à quelqu'un ? Ça semble être un gros poids pour toi, puisque tu dois corréler ta décision avec ton environnement qui va dans le sens opposé. Peut être que tu pourrais te faire aider pour passer ce gros cap et accepter ta décision sans aucune appréhension ?

    En tout cas, tu parles de cette étiquette que la société va te mettre sur le front. Mais es-tu sûre que ça sera le cas ? La société est bien sûr un terme général ici, mais dis toi bien que la société est constituée d'individus, et que la plupart de ces individus s'en foutent juste royalement du choix de vie des autres… Les réflexions que tu penses subir dans le futur en seront-elles vraiment ? Si tu étais dans la situation inverse, jugerais-tu une amie, une cousine, ta voisine, la factrice ou la boulangère qui a fait ce choix ? Attention de ne pas faire de projections sur ce que tu penses que les gens vont penser de toi, parce que bien souvent, quand on s'essaie à ça, on est en fait à 10 000 lieues de ce que les gens pensent vraiment. Certains esprits sont fermés, mais beaucoup sont aussi très ouverts 😉

    Courage Rozie en tout cas pour toutes ces réflexions. Ton choix est fait, et il te correspond. C'est parfait ainsi, non ? 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci pour ton partage qui me réchauffe le coeur !

      Je ne souhaite surtout pas passer à côté de leur évolution, au contraire. Je veux la vivre avec eux. Je crains que « naturellement » ils m’excluent de leur vie.
      C’est inévitable pour un temps, je pense. Comme tu le dis, les jeunes parents sont focalisés sur la grossesse, le petit bébé et leur vie qui change. C’est complètement normal, je comprends ça à 100%. J’ai peur que d’un coup, ils m’évincent en pensant qu’on n’a plus rien en commun. Ils auraient le droit, j’ai déjà mis un terme à des amitiés pour les mêmes raisons.

      Le truc, c’est qu’avec mon choix, ce n’est pas un ou deux amis qui pourraient avoir l’impression qu’on n’a plus rien en commun, mais tous. Tous les gens qui gravitent autour de moi. Je me marginalise toute seule. Je m’exclue de par mon choix.

      Bien sûr que je me sens coupable. Je suis l’ainée, celle vers laquelle sont tournés tous les regards et sur lesquels pèsent tous les fantasmes depuis toujours. Je sens une grosse pression sur mes épaules. Je sens, et je sais, que je déçois ma famille. Pire, qu’ils ne comprennent pas parce que c’est un choix délibéré ! Comme dit Marie, ils me regardent « navrés ».
      Je me sens coupable de ne pas perpétuer la famille, de ne pas me soumettre à ce pourquoi je semble être faite. Je me sens coupable envers mon père, ma mère, ma soeur. Et mon mari. Mon mari infiniment.
      Il est heureux pour l’instant. Mais n’a-t-il pas fantasmé d’avoir des enfants, comme tout le monde ? Pourra-t-il vivre avec ce choix, ne le retournera-t-il pas contre moi un jour ?

      Autant d’éventualités qui me heurtent et m’apeurent. Alors quand les autres lui demandent à lui, devant moi, s’il veut des enfants après que j’ai dit que je n’en voulais pas … Ca me blesse infiniment (on en a parlé mille fois, on a beaucoup réfléchi pour que ce « non » soit mutuel et pas subi pour lui). Mais ça me travaille aussi beaucoup.

      C’est un gros poids, c’est vrai. Complètement. Le plus gros.

      Bien sûr, tu as raison, je ne me permettrais jamais de juger une personne qui fait ce choix ou un choix différent du mien. Mais si je suis si sûre de cette étiquette, c’est que je la subis déjà. On m’a déjà fait un bon nombre de réflexions idiotes et méchantes que je n’ai pas oubliées. Je le sais aussi parce que dans ma famille, il y a un haut taux de sans enfants, pour des raisons diverses (mais peut-être pas tant que ça). Les réflexions que font les autres quand ils ne sont pas là, je les entends depuis que je suis gosse. Et je ne pense pas qu’il n’y ait que ma famille qui se permette ce genre de choses …

      Mais tu as raison dans le sens ou la société d’aujourd’hui s’ouvre de plus en plus, et ou les générations actuelles ne sont plus dans le jugement, ou beaucoup moins !

      Je crois aussi que ce qu’on ne juge pas ailleurs, quand ça se passe dans sa propre famille, c’est différent … Comme l’homosexualité par exemple. La sphère que je crains le plus, c’est bien celle-là. Parce qu’ils attendent clairement quelque chose de moi, de mon ventre.

  4. Nora Répondre

    J’ai 40 passé et pas d’enfant, mais ce n’était pas mon choix. Je n’ai jamais décidé de ne pas avoir d’enfant, j’ai même quitté quelqu’un parce qu’il n’en voulait plus pour me laisser la chance d’en avoir au cas où. Le seul choix que j’ai fait c’est de ne pas vouloir d’enfant avec les personnes avec qui j’ai vécu. L’erreur est là pour moi, c’est de ne pas être partie plus tôt avec ce genre de personnage. mais comme l’envie d’enfant n’a jamais été prioritaire, j’ai laissé couler. et le temps à passer.
    Le passage de mes 40 ans a été terrible , vraiment.
    Je ne regrette pas car je n’ai pas fait les bonnes rencontres et avoir des enfants avec ces personnes auraient été une cata.
    Aujourd’hui, j’assume mes choix. Et j’ai trouvé d’autres moyens pour donner de l’amour inconditionnellement, d’autres buts dans ma vie.
    Le regard et le jugement des autres est dur, très. Mais ces personnes là ne sont rien pour moi, elles ne savent pas ce que j’ai vécu, leur vie ne me fait pas rêver non plus.
    J’ai des amies mamans avec qui ça se passe très bien, parce qu’elles sont femmes aussi. Je sais que ces mamans qui jugent, même si j’avais eu des enfants, je ne me serai pas entendu avec elles de toute façon. Ce n’est pas une histoire d’enfant, c’est une histoire de personne.
    Je ne suis pas dans le moule, dans aucun domaine de ma vie je crois, mais j’adore la liberté que cela me procure !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      L’une de mes tantes va sur ses 50 ans. Elle n’a pas d’enfant, n’est pas propriétaire, a une petite voiture « pourrie », et vit une relation « chacun chez soi » depuis 30 ans. Elle n’est pas dans le moule, dans aucun domaine. Elle m’en a parlé, de ce regard très dur. Pour les autres, elle a raté sa vie et c’est très pesant pour elle.
      Ne pas avoir d’enfant n’a pas été un choix, elle en voulait. Mais son conjoint a toujours fui cette responsabilité, comme moi. Alors elle est passée à côté.

      Elle me parle de sa peur de vieillir toute seule, de n’avoir personne sur qui compter par la suite. C’est une crainte que je n’ai pas encore, je suis jeune. Mais je sais qu’elle viendra aussi poindre quand je me sentirais vieillir.

      Tout ça pour dire qu’il y a mille situations qui amènent là. Tu as de la chance, si aucune des personnes auxquelles tu tiens ne te juge, ou n’est peinée de ta situation. C’est très beau d’être entourée des bonnes personnes. J’aimerais que ma famille puisse regarder mon choix différemment, sans penser que je le regretterais forcément, que je serai triste ou …

      Les 40 ans ont été durs à passer pour cette raison spécifiquement ?

  5. Ornella Répondre

    En fait, tu ne peux pas te fustiger de ne pas rêver quelque chose qui semble dans « l’ordre des choses » justement. Tu as le droit ET le devoir, dans chacune de tes incarnations de CHOISIR ce que tu veux expérimenter. Vivre avec la peur de t’être gourée, ce n’est pas sain pour toi. Accepte que tu ne vis sur le même plan que tout le monde, tu tires tes propres ficelles. Avoir un enfant, pour faire plaisir, ça, ce serait une déchirante erreur.

    Effectivement, tu n’as pas tort, je pense que tu as déjà été mère, et que tu as été confrontée à la perte d’un enfant qui était tout pour toi, c’est pourquoi tu éprouves un tel blocage. Je pense que le deuil n’a jamais été fait et que tu continues le processus d’acceptation.

    En tous les cas, ne te triture pas le cerveau. Prends les choses comme elles viennent. Je t’embrasse.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Une déchirante erreur. C’est parce que je le sais et le ressens au plus profond de moi que je ne cède pas.

      Non, ce n’est pas sain de craindre sans cesse de se tromper, on est bien d’accord. C’est une question qui revient pourtant. Je pense que qui qu’on soit, quand on fait un choix drastiquement étonnant, alors que le reste du monde semble heureux et épanoui dans l’autre choix, on se demande si on ne fait pas une erreur qu’on regrettera. C’est légitime et humain, je crois. En tout cas, cette crainte de ne pas être normale et de me réveiller un jour est très présente chez moi, depuis toujours.

      Ce sont les autres qui l’initient, en me racontant depuis que je suis gosse que je suis originale mais que je changerai d’avis parce que c’est dans l’ordre des choses. Parfois, je ne savais plus si je campais sur ma position parce que je le voulais vraiment, ou juste pour leur prouver qu’ils avaient tort ! Heureusement, pour ce choix-là, je sais. Je suis sûre que c’est pour moi.

      Peut-être qu’avec la lecture akashique, je saurais 😉 !

      Des bises !

  6. zenopia Répondre

    Je partage complètement l’avis de Marie.
    Maintenant, si ça peut te rassurer, j’ai des amies et des copines qui n’ont pas d’enfants et nous nous entendons très bien 😉 Je crois que chacun a des « efforts » à faire… Mon horizon ne s’arrête pas à ma fille, j’accepte de faire des choses sans elle (et j’aime ça !), j’aime mes amies et j’ai envie de partager des choses avec elle… Ma fille grandit et elle adore la plupart de mes amies qui sont devenues naturellement ses « tantines » alors que je suis fille unique…
    La maternité m’a fait faire de nouvelles connaissances aussi… et je me suis rapprochée de mon amie d’enfance alors que nous avions des chemins un peu différents…
    Maintenant, il y a quand même un truc que mes amies sans enfant respecte : c’est de ne pas se lancer dans des conseils ou des principes d’éducation… ça je t’avoue que ça ne me plairait pas… De temps en temps, il y en a une qui s’y essaie (à mon sens sans s’en rendre compte) et ses remarques (en plus déplacées et hors sujet) m’horripile au plus haut point…
    Bisous Rozie <3

    1. zenopia Répondre

      horripileNT pardon…

    2. Rozie & Colibri Répondre

      Je comprends que ce genre de remarques ne te plaisent pas ! C’est bien pour ça que je me sens obligée de me retenir au sujet des enfants. J’agacerai les parents qui deviendront méchants avec moi parce qu’ils se sentiront attaqués alors que … Pas du tout ! Comme tu dis, il y a des efforts à faire des deux côtés.

      Heureusement, un parent n’est pas qu’un parent ! J’en suis bien consciente, même si j’avoue que mes parents à moi ne semblaient être rien d’autre. Surtout ma mère. Depuis que je suis née, elle est mère et seulement mère. Forcément, j’ai parfois du mal à me sortir ce schéma particulier de la tête. J’ai tendance à penser qu’une maman perd toutes ses autres facettes dès qu’elle accouche ! J’exagère à peine ^^. Bien sûr, ce n’est pas vraiment conscient et je travaille dessus. La preuve, je te parle :p ^^

      Des bisous à toi aussi Cécile !

  7. l0uanne Répondre

    Inévitablement quand tu deviens mère, les amitiés changent, mais c’est souvent parce que les nullipare on du mal à s’adapter à leur amies déjà maman. On est moins dispo pour les sorties, car on est plus fatiguée ou faut s’adapter au rythme de bébé car on a trouver personne pour le garder ce jour là…. Généralement le tri est fait parce que c’est une incompréhension mutuelle… Les jeunes mamans veulent qu’on s’adapte à elles, car elles ne peuvent/veulent pas toujours faire des concessions et celles sans enfants, en ont marre au bout d’un moment qu’on refuse les sorties car leur rythme ne colle pas au nôtre et vice versa.

    Crois le ou non, mais même si les 3/4 de mes amies ont des enfants, je connait aussi ce sentiment de différence car mes amies à moi n’ont pas encore d’enfants, et les amies de mon copain en ont toutes, mais elles se connaissent déjà entre elles depuis longtemps, du coup y’a des moments où je suis un peu mise sur la touche….

    De ton côté je pense, que si toi tu leur montre que tu es toujours disponible pour elles, et si elles font l’effort de maintenir des liens avec toi et de parler d’autre chose que de couches et biberons, y’a pas de raison qu’elles t’écartent.

    Pour la petite anecdote, on a été invité à manger chez des amis plusieurs fois, et dans le groupe la seule qui a eu la délicatesse de nous demander si l’heure et le jour nous convenait par rapport au rythme de la petite, c’est la seule qui dit haut et fort qu’elle ne veux pas d’enfant. En plus, elle s’intéresse à ma fille, elle lui parle normalement et la dernière fois elle avait même prévue des couverts en plastique exprès pour elle ! Je trouve que ce sont des détails qui font la différence.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Tu décris ça très bien.

      Le problème, c’est que ce n’est pas parce que je n’ai pas d’enfant que je suis plus disponible. Dans la vie quotidienne, oui, bien sûr (quoique, ça dépend des configurations). Mais pour organiser des week-end où on se retrouve, non !

      Mes amis habitent à plus de 5 heures de route. Je comprends que bientôt, ils ne pourront plus faire ce déplacement. Mais de mon côté, je ne pourrais pas le faire plus souvent non plus. Et j’ai peur qu’ils ne comprennent pas. Par exemple.

      Effectivement, ce sont les petits gestes comme ça qui font toute la différence ! Je suis tatie par alliance, et ma nièce m’adore littéralement. Quand ils viennent à la maison, j’ai toujours une pensée pratique pour elle, et ça soulage grandement les parents. Ce n’est pas grand chose, des couverts en plastique, mais ça fait tout la différence, comme tu le dis !

  8. Marie Kléber Répondre

    Je comprends partiellement ton chagrin, ta peur de ne pas trouver ta place dans cette nouvelle configuration. Mais c’est aussi à tes ami(e)s de t’intégrer dans ces changements de vie tour autant qu’à toi de trouver ta place. Nous faisons tous nos choix et ces choix sont respectables.
    Mais je sais combien les clichés ont la dent dure aussi Rozie – quand je dis que je ne souhaite pas d’autres enfants les gens me regardent, presque navrés. Je me suis fait une raison. Le tout est que je sois en accord avec mon choix.
    Est-ce si important de comprendre les choix de vies de celles et ceux qui partagent nos vies?
    Je pense bien fort à toi et te souhaite que ce changement de cap dans la vie de tes amis ne soit pas une souffrance. Mais t’apporte plus que ce que tu ne peux imaginer.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      « Les gens me regardent, presque navrés. » Oui, c’est ce qu’ils font. Ils se taisent par politesse (malheureusement pas souvent) et te regardent, navrés.
      Je trouve ça très étrange. Peut-être que j’ai la même attitude sur d’autres sujets, sans m’en rendre compte. Il ne me semble pourtant pas que j’aie ce genre de réaction face aux personnes contre le mariage, par exemple. Je m’en fiche et fais preuve de bienveillance. Enfin .. Je crois.

      Pour moi, c’est très important de comprendre l’autre, ça me permet justement d’être bienveillante. Je reproche souvent aux autres de ne pas chercher à comprendre et de rester bornés ..

      Merci beaucoup. J’espère aussi que ce sera génial. Ca peut l’être et je vais tout faire pour. Il faut juste que se passe chez moi cet instant de crainte.

  9. Val Répondre

    Quelle tempête émotionnelle ! et comme je la comprends. Pourtant, nos chemins ne sont pas les mêmes. Pour ma part, j’ai fais le choix de cette maternité (même si elle n’est pas encore arrivée).
    Et pourtant, je te comprends.

    Je comprends tes questionnements, parce que moi aussi je me suis demandée si cette décision était un vrai choix libre ou bien une manière de me conformer à la société, de faire comme les autres. Si je suis honnête, je n’ai toujours pas la réponse à cette question. Mais j’ai parfois ces fulgurances qui me traverse, comme si je savais qu’il me manquait quelque chose dans mes bras et dans mon coeur.

    Je comprends aussi ton rapport aux autres, à tes amis parents. Avec quelques années de plus, je suis une des rares encore nullipares. J’essaie de craner à coup de grasse mat et de mojitos, mais j’en ai vécu des moments de solitude lors de conversation nounou/couche/petits pots où je ne me sentais pas l’autorisation de parler, quand bien même j’avais un avis sur la question.

    Pire, il y a eu cette annonce de grossesse d’une amie très proche, que j’ai vécu comme un abandon, une trahison. Pourtant j’étais contente pour elle, elle a mis du temps à l’avoir sa petite fille. Mais j’avais le sentiment de la perdre,, qu’elle passait de l’autre côté. J’ai surement été une amie très nulle et nous nous sommes éloignées. Aujourd’hui, on se rapproche. Elle est la seule au courant de nos essais dans notre entourage proche. Ce n’est pas un hasard, mais une manière de lui tendre la main pour qu’on se rejoigne enfin.

    Ces questions là sont délicates, intimes et nous renvoient à notre inconscient. Bien souvent, on projète nos propres peurs dans les remarques qu’on peut faire. Et les questions qu’on te pose « vous vous y mettez quand ? » « tu le regretteras », sont surement la projection de la peur des autres « si vous ouvrez cette porte du « on peut vivre heureux sans enfant » ça nous pousse à réfléchir à notre choix » « et si finalement c’est nous qui regrettions d’avoir des enfants » c’est encore plus tabou ça !

    Bref, voilà encore un sujet qui me parle parfaitement, parce que source de beaucoup de réflexion pour moi. Je te souhaite de trouver la paix avec ton choix de vie, une manière de le porter sans souffrir des remarques des autres. Je trouve que c’est une décision courageuse, bien évidement réfléchie et qui mérite le respect. Quelqu’un qui s’écoute et qui ose se tenir face à la société (qui place son propre bien être avant ce qu’on attend de lui) devrait toujours susciter le respect, qu’on fasse le même choix que lui ou non.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je crois que ces fulgurances qui te traversent son ta réponse. Tu sais. Celles qui me traversent m’indiquent tout l’inverse … Parfois, j’ai l’impression que je suis stérile et que ma tête le sait. C’est étrange. Je n’ai rien qui me l’indique, mais j’y pense. Comme si c’était dans mon adn.

      Oui, ne pas se donner l’autorisation de parler, c’est ça. Ca m’arrive très peu pour le moment, mais j’ai l’impression que ça deviendra quasiment mon quotidien. Entre les collègues triplement mères, la famille pleine de gosses, les amis qui commencent … Je ne vais bientôt cotoyer plus que des parents. Je pense que ce seront surtout les première années les plus étranges.

      Je sais tout ça, je sais que mon choix heurte les autres parce qu’il les oblige à se poser des questions sur le leur. Il y a les gens tristes pour moi, ceux en colère, ceux tristes pour mes parents et mon mari que je prive de petits … Certaines femmes ont osé dire qu’elles regrettaient d’avoir enfanté, dont une actrice connue. Je conçois que ça a dû être terrible à lire pour ses enfants, bien qu’elle explique qu’elle les aime en tant de personnes et qu’elle est contente qu’ils existent. Tout ce qu’elle disait sur ce rôle de mère qui la tuait, je le pressentais. Bien sûr, pour le reste du monde, c’était scandaleux.

      Je te remercie pour ce que tu me dis. Ca me fait du bien, beaucoup de bien. J’espère que tu auras la maternité que tu désires.

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