Chaudron à réflexions

Ces entreprises qui fabriquent les chômeurs de demain.

J’ai travaillé deux ans pour une grosse chaîne de restauration.

J’y avais été nommée chef d’équipe et c’est à ce titre qu’un jour, mon directeur m’a demandé de faire craquer un employé, de lui foutre la pression, pour qu’il s’en aille.

J’avais 19 ans. Je ne l’ai pas fait. De toute façon, je n’avais même pas appris à manager une équipe, alors inciter l’un des employés à partir, c’était hors de mon champ de « compétences ».

A cet instant précis, j’aurais dû me douter de ce qui m’attendait dans cette boîte. J’aurais dû me dire : « Ce qu’il me demande, il le demandera un jour à quelqu’un d’autre pour que je m’en aille. »

Il se trouve que ce directeur n’a lui-même pas fait long feu. On est tous le larbin de quelqu’un d’autre, n’est-ce pas ?

Je venais d’être nommée chef d’équipe, et déjà, on me donnait les mêmes responsabilités et les mêmes horaires qu’un manager. Sans le salaire, cela va sans dire, et sans la formation ! J’en prenais le titre officieusement pour me gausser un peu. J’étais fière d’avoir été promue « manager » à tout juste 19 ans, après seulement six mois de travail effectifs, en tout et pour tout durant ma courte existence. Elle est pas belle, la réussite ?

Je ne vais pas tout enlever à cette expérience. Mes six premiers mois de travail en tant qu’employée polyvalente ont été superbes. J’ai adoré apprendre à cuisiner, monter en compétences. J’ai adoré mes collègues et mêmes mes supérieurs. J’ai adoré ce lieu, cette ambiance, mon petit salaire (temps partiel), et l’idée d’être utile et capable de travailler à la perfection. C’était génial ! Probablement l’une de mes meilleures expériences salariales.

Une histoire d’heures supplémentaires.

Malheureusement, ça a aussi été la pire. Fraîchement promue, j’ai commencé à enchaîner les heures supplémentaires. Un manager est payé au forfait, un chef d’équipe à l’heure. Et un chef d’équipe avec le planning d’un manager ? Ben … C’est payé à l’heure mais sans compter les supplémentaires.

Nous étions plusieurs dans ce cas-là. Au bout de trois mois, j’avais comptabilisé 100 heures supp’ à mon actif. J’en ai parlé à mon supérieur, qui m’a renvoyé à notre directeur : « Putain, mais c’est dingue ça, tu ne veux pas me montrer de quoi tu es capable ? Tu sais, en Angleterre, personne ne compte les heures ! On s’arrache pour prouver ce qu’on vaut, c’est tout. »

Ah. Qu’a cela ne tienne, j’ai insisté. Je n’étais pas à l’aise pour réclamer mon dû, alors plutôt que de parler franchement et de front (19 ans, première expérience dans le monde du travail), j’ai commencé à les emmerder avec le planning. « J’ai besoin de trois jours pour-ci, pour ça, blablabla … » Pour finir par leur dire que je ne viendrais plus une fois mes 35 heures effectuées dans la semaine. A ce stade, j’avais contaminé les autres, j’ai donc eu gain de cause.

Jusqu’à il y a peu, je pensais que le problème s’arrêtait là. J’avais fait l’impasse.

L’impasse sur les conditions, l’impasse sur la charge.

A l’époque, le restaurant ne remplissait pas sa salle. Le CA était en chute libre, et les coupes budgétaires de mise. Après les licenciements économiques et quelques mois au ras des pâquerettes, les clients ont recommencé à montrer un intérêt grandissant pour la chaîne.

Etrangement, nous n’avions toujours pas le droit de recruter. Je me suis donc retrouvée à faire le travail de quatre personnes, tous les jours. Je devais faire le ménage, préparer les aliments de base, cuisiner les desserts et autres mets (tout était fait maison), tout mettre en place de A à Z, et accessoirement, faire mon taf de « manager ». Tout cela en 5 heures chrono avant d’attaquer péniblement le service.

Je l’ai fait quelques mois. J’en étais même assez fière. « Moi, je suis une guerrière, j’arrive à faire tout ça – et bien ! – en seulement 5 heures ! » Mes journées dépassaient les dix heures sans pauses, la fatigue commençait insidieusement à s’installer, et fatalement, je me suis mise à faire des erreurs.

D’abord des petites, ensuite des plus grosses. On a commencé à me les reprocher et à me demander de rester encore plus tard, parce que je ne rendais pas le « terrain » en parfait état pour le service suivant. Des paroles qui font très mal, surtout quand on ne remarque pas le travail de titan donné à côté. Je faisais tourner la boutique à moi toute seule, merde !

Je n’ai pas osé en parler. J’avais l’impression de me mettre en défaut. Quelle déconvenue ce serait d’oser avouer que je n’étais pas/plus capable de faire ce que mon employeur me demandait !

Fatalement, j’ai aussi commencé à me blesser. Pour gagner du temps, je n’étais plus précautionneuse de rien, et surtout pas de ma propre protection. Je me suis gravement entaillé les doigts à plusieurs reprises, j’ai également essuyé d’importantes brûlures. Je ne m’arrêtais pas. Certaines blessures auraient largement mérité un arrêt de travail, mais qu’allait-on penser de moi si je laissais les autres « dans la merde » pour si peu ? Je risquais trop gros.

La descente aux enfers était amorcée.

Je me suis mise à botter en touche, à lâcher du leste. Les reproches ont, de fait, pris plus d’ampleur. Je ne pouvais plus les gérer, la colère me montait au nez. J’en voulais à mes collègues et à mes supérieurs. J’étais isolée. Je me sabotais.

La phase de colère, celle du « Ils ne m’auront pas, je suis plus forte qu’eux ! » a rapidement laissé place à celle du désespoir et de la peur. Je ne mangeais plus, au départ parce que je n’avais pas le temps, ensuite parce que je ne pouvais plus rien avaler. Je pensais travail 24h/24. Je me couchais dans l’appréhension du lendemain. Je « rêvais » de la journée qui s’annonçait. Je me levais avec la fameuse boule au ventre, celle qui pèse 20 kilos, celle qui t’oblige chaque matin à implorer le ciel pour qu’aucun problème ne vienne s’ajouter à la liste des impondérables.

Avec les coupes budgétaires de tous côtés, nous avions sans cesse de gros problèmes à gérer. Il nous est arrivé de servir des clients des journées entières sans qu’une seule chambre froide ne fonctionne. J’ai passé des matinées à éponger de l’eau croupie issues de fuites, à me prendre la tête parce que plus rien ne fonctionnait. A l’approche de 12h, je me rongeais les sangs. C’était quotidien. Un stress sans pareil.

Le moindre imprévu et j’éclatais en sanglots. Je frappais les plans de travail en inox de toutes mes forces, j’hurlais au milieu des cuisines, je m’écroulais sur le sol humide de la plonge. J’allais me réfugier dans la « réserve sèche » dès que le premier employé passait le seuil de la porte pour essuyer mes larmes et retrouver un semblant d’aplomb. Les caméras de surveillance ont enregistré des scènes impressionnantes de misère humaine.

Les larmes coulaient à peine la clé entrée dans la serrure.

Plusieurs fois, le PDG en charge de notre établissement est venu nous rendre visite. La première fois, il a fait craquer l’une de nos managers, qui espérait un accord amiable pour s’en aller. La seconde, il s’en est pris à un autre supérieur qui, à lui seul, était l’âme de ce restaurant.

C’était prémédité. C’était mis en scène devant toute l’équipe, sur une des tables de la salle, au beau milieu du restaurant. Qu’importe que les derniers clients n’aient pas encore terminé. Ca nous a foutu la rage, mais ça nous a surtout assez effrayé pour qu’on ne souhaite plus jamais se frotter à lui. Mission accomplie. Le diable en personne.

Nous n’avions toujours pas le droit de recruter malgré des besoins évidents, c’était pour nous « mettre à l’épreuve ». J’ai un ressentiment immense envers ce type. Ce connard en col blanc qui s’amusait à m’apprendre comment couper les fraises assez finement pour entrer dans les marges. Ce connard qui nous collait audit sur audit, pour lesquelles nous passions des nuits (!!!) entières, bénévolement, à tout nettoyer de fond en comble. Jamais assez bien.

A la suite de quoi, nous avons encore changé de directeur. Celui-ci m’a connue au pire de ma condition. Il pensait donc que je n’étais qu’une incompétente et ne comprenait pas ma place. Si je pouvais saisir son étonnement, ça n’en excuse pas moins sa condescendance salasse à mon égard. Il est allé jusqu’à m’expliquer, devant tout le monde, comment nettoyer une étagère, porter un plateau ou encore laver un verre.

Ce cher monsieur a fini par avoir gain de cause. C’était sa façon à lui de me foutre la pression pour que je cède. J’étais usée, il voulait que je rétrograde et j’ai fini par accepter d’écrire la fameuse lettre. Je retrouvais ma place d’employée polyvalente, perdant au passage mes seuls avantages salariaux. Humiliée jusqu’au bout.

Je suis restée quelques mois encore, faute de mieux. Et lorsque j’ai pu fermer définitivement ce chapitre de ma vie, je n’étais ni soulagée ni déçue. Je n’ai pas compris ce que j’avais vécu.

J’ai ensuite travaillé en boulangerie où j’étais mieux traitée, mais où je continuais à bosser 6 jours sur 7 et 42 heures par semaine pour un SMIC (un contrat étrange où j’étais censée rattraper mes heures hors périodes scolaires).

Après quoi, je suis passée par une période d’immense fatigue, que j’ai eu du mal à comprendre. Heureusement, pour moi, ça s’est arrêté là.

Pourquoi je vous raconte ça ?

Mon beau-père est victime d’un burn-out. Il s’est écroulé et le vit comme le plus cuisant échec de sa vie. Il s’en veut de n’avoir pas été plus fort qu’eux. Ca me défonce.

Il était (est ?) chef pour une grande boîte qui fusionne avec une autre. La politique ? Foutre la pression aux salariés et leur demander plus de travail, pour faire craquer les plus faibles et virer les moins productifs. Ils ne peuvent pas garder tout le monde, vous comprenez ? Chaque matin, le plus mauvais de la veille se fait clouer au pilori. Ah, pour sûr, ça donne envie de se lever le matin et de faire mieux !

Qui sont ces connards pour lesquels le profit est plus important que des vies ? Qui sont ces entreprises qui fabriquent les chômeurs longue durée et les gueules-cassées ? Qui traumatisent les populations en leur laissant des séquelles irréversibles ? Qui mettent à mal l’avenir de familles entières ?

Quelle société laisse ces entreprises prospérer ?

Ce monde me dégoute. Le monde du travail, et celui qui le laisse moisir.

Je suis dégoutée. Je suis en colère. J’ai de la perfidie dans le coeur.

Voilà, il fallait que ça sorte ! Une grosse partie d’entre nous se heurte à ça, le vit au quotidien, l’a subi au moins une fois. Et en plus, on doit parfois se battre pour le vivre … Je n’arrive pas à comprendre, ça me dépasse totalement. Que des humains fassent ça à d’autres humains. Et vous, avez-vous connu une expérience similaire ? Comment voyez-vous le monde du travail aujourd’hui ?

Semer un peu de magie et de poésie dans le quotidien.

24 commentaires

  • Aurore

    Lire ton histoire me rassure… en quelque sorte.
    Je suis actuellement en arrêt de travail pour un burn-out, mon médecin à insisté en constatant l’ampleur des dégâts.

    Pour résumer, je suis vendeuse télécom depuis 6 ans dans une grosse boîte. Très vite j’ai dû endosser plusieurs responsabilités qui me prenaient beaucoup de temps (je faisais des heures sup’ tous les jours pour ne pas devoir tout faire pendant les heures de vente et ainsi continuer à faire le chiffre qu’on me demandait).
    L’année dernière mon manager est parti en maladie pour longue durée, la plupart de ses responsabilités me sont retombées dessus (alors que techniquement je suis trois grades en-dessous de lui…).
    Accumulant de l’expérience j’ai dû également former et répondre aux questions des nouveaux, tout en assurant mes ventes, les suivis des dossiers, contacts avec autres services, maintenance du magasin, gestion du stock etc.

    Depuis plusieurs mois j’étais insupportable dans ma vie privée. J’ai passé des soirées à pleurer parce qu’on nous enlevait des programmes informatiques ou parce qu’on changeait nos produits. Je perdais trop vite patience avec les clients et les collègues, je mangeais de moins en moins, je devais me motiver pour sortir du lit le matin. Vers la fin j’ai commencé à frapper les meubles, jeter des objets au mur.
    Malgré tout cela et les avertissements de mes collègues, je ne voulais pas admettre que quelque chose n’allait pas. J’ai pourtant essayé deux fois de changer de job dans la même entreprise (en repassant des examens écrits et oraux), sans résultat.

    Il y a quelques semaines, une forte douleur au ventre qui durait depuis plusieurs jours m’a forcée à consulter mon médecin. Il m’a auscultée pendant quelques minutes avant de me demander comme ça allait au boulot. Je n’ai pas pu terminer ma phrase que je fondais en larmes sans pouvoir me retenir.

    Bref, il a voulu que je m’arrête pour burn-out car j’étais entrain de me bousiller la santé. J’ai quand-même réussi à négocier une semaine de délai pour former les autres membres de mon équipe à ce que je gérais sans leur concours avant… Et me voilà depuis 3 semaines en arrêt, je ne sais pas comment vont évoluer les choses. Vais-je retrouver mon ancien job ou vais-je changer du tout au tout? Telle est la question.

    Je n’ai pas expliqué tout les détails de mes conversations avec les chefs plus haut placés dans la hiérarchie qui ont passé leur temps à me démontrer que je devais tout faire pour dégager le plancher… J’ai même eu droit à une conversation où l’on me disait que c’était ma faute d’avoir pris autant de responsabilités à mon actif… Alors que ce sont ces même personnes qui me les ont données!

    Je pense qu’il y a un ras-le-bol de plus en plus palpable dans le monde de l’entreprise. Il faut juste espérer que ce monde changera afin d’éviter que d’autres personnes ne se détruisent la santé.

    Merci pour ton témoignage, Aurore

    • Rozie

      Bonjour Aurore,

      Merci pour ton témoignage. Je crois qu’en quelque sorte, il me rassure, moi aussi !

      Je crois que tu ne devrais pas t’inquiéter de ce qui se passe en ton absence, là-bas. Et je crois qu’il vaudrait changer complètement d’environnement. Tiens-tu vraiment à y retourner ? Même si cela s’apaise, les conditions ne sont pas épanouissantes du tout.

      Mais je comprends. On s’accroche, j’ai fait pareil.

      J’espère comme toi que cela finira par changer, on parle d’enjeux de santé publique.

  • MissTexas

    Et bien, quelle expérience ! Je ne connais pas du tout le monde de l’entreprise, mais je n’en entends pas toujours de très belles histoires. Ça m’embête de savoir que ça doit sûrement continuer ainsi pour les gens qui ont pris ton relais, mais je suis contente de savoir que tu es sortie de tout ça.

    Des bises from Texas !

    • Rozie

      J’ai appris que ceux qui ont pris le relais ont leurs heures supp’ de payées. C’est déjà ça (comme quoi, mon combat n’a pas été vain ! Moi, j’ai fait une croix dessus, mais les autres y ont droit). Pour le reste … Aucune idée. Je leur souhaite que ça aie changé. Que de nouvelles têtes aient remplacé les anciennes et que ces gens-là sont sympas !

      Des bises !

  • Chez Daïne

    Comme je te comprends ! J’ai moi-même vécu une situation compliquée au travail, humainement parlant. Et pourtant j’étais dans une petite entreprise, avec cette soi-disant « ambiance familiale ». Non seulement mon job ne me plaisait pas (j’ai signé le CDI « faute de mieux »), mais en plus la vie de bureau était déplorable (boss et collègues moqueurs sur tout : mon âge, ma vie de blogueuse, mon ex-vie de parisienne…). J’ai fini par craquer psychologiquement, mais j’ai réussi à tenir bon jusqu’à la fin de mon préavis. Quand je repense à tous ces mois où je me disais que ça allait finir par s’arranger, que c’était « normal », que c’était « la vie »… Je me dis que j’ai perdu beaucoup de temps. Mais je m’estime heureuse d’avoir osé démissionner, et de ne pas avoir subi ma vie professionnelle pendant des décennies… Merci à toi pour le partage d’expérience en tout cas. Bises

    • Rozie

      Tu peux l’être, heureuse et fière !

      L’histoire de tes collègues qui se moquaient de toi sur tous les aspects de ta vie … Ca m’en bouche un coin ! C’est quelque chose que je n’ai jamais vécu, le harcèlement par des collègues, et je touche du bois.

      A bientôt, Daïne :).

    • Rozie

      Tout à fait !

      En réalité, c’est une expérience qui m’a été très utile, bien qu’horrible. En plus, au même moment, ça dégénérait avec D. Ma vie était donc un enfer peu importe où je me trouvais (et je préférais quand-même le travail à ma vie « privée »). Ca m’aura appris que je suis hyper résiliente, entre autres.

  • Marie Zap & Chill

    Ton article m’a vraiment parlé. Ma première expérience dans un boite privée était assez catastrophique. Au début tout se passait bien même si je ne comprenais pas vraiment le produit que je devais mettre en avant. Je suis chargée de com’. Et puis, au fur et à mesure, mon boss à commencé à me mettre la pression, ma N+1 commençait à faire de plus en plus de réflexion. On avait le droit à de sales réflexions si on partait à 18h (soit pour nos 39h semaines), mais en revanche on devait être à nos postes à 9h pile, et pas au café. Puis une ambiance c’est instaurée dans l’OpenSpace, mon nom crié à l’autre bout de la pièce pour me prendre des remarques acerbes mais toujours justifiées. Le résultat après quelques mois à tenir dans cette ambiance : les larmes qui ont coulées toute seules lorsque le patron m’a littéralement hurlée dessus durant 20 minutes dans son bureau. Le tout sous les yeux de ma chef direct qui m’avait assurée que je pouvais lui faire confiance. Bref, le jour où la rupture conventionnelle a été acceptée ce fut le soulagement.
    Maintenant j’ai trouvé un job où tout se passe bien et, plus j’en parle, plus je me rends compte que la situation était loin d’être normale…
    Bref merci pour ton article 🙂

    • Rozie

      Je vois parfaitement ce que tu veux dire ! Quand j’ai réussi à avoir mon planning à 35h/semaine (et plus 60 !), je me prenais des réflexions incroyables quand je partais pile à l’heure. Mais faut pas pousser non plus, j’avais perdu plus de 150 heures supp’ ! Du coup, peu importe l’état du service, je me barrais. Mes collègues m’ont détestée, j’en suis persuadée, mais c’était hors de question de céder à nouveau. Un cercle vicieux, car quoi qu’on fasse, on est mal vu.e : par sa hiérarchie ou par les collègues.

      Je suis heureuse de lire que c’est derrière toi et que ça va beaucoup mieux maintenant. Je te souhaite que ça ne s’arrête jamais !

  • Azylis

    J’ai écris sur le burn out il n’y a pas si longtemps.
    En parler sur mon blog m’a fait du bien.
    Malheureusement, le monde du travail est assez trash. Et si on parle de bien-être au travail, c’est souvent pour faire joli. Parce qu’en vrai, il n’y a pas grand chose de fait…

    • Rozie

      Je suis allée lire ton billet, du coup !
      C’est important de poser des mots sur ce qu’on a vécu, tu as bien fait.

      J’ai l’impression que lorsque les grands groupes parlent de bien-être au travail, soit c’est du vent (quasiment toujours), soit ils font effectivement tout pour (genre Google, Facebook) mais il est clair que leur motivation première n’est pas l’amélioration de qualité de vie de leurs employés ! Ils ont juste parfaitement compris que c’est comme ça qu’on fidélise les employés, et qu’ils deviennent plus productifs. Et puis c’est un bon outil de comm’ !

      Enfin bon, l’essentiel c’est que ce soit fait, donc on ne va pas cracher dans la soupe. C’est déjà tellement rare.

  • Cendra

    En lisant ton récit, je suis devenue scandalisée. Et pourtant, là, je me rends compte, en y réfléchissant que ton histoire douloureuse est malheureusement constatable un peu partout, c’est dingue.
    De mon côté, je n’ai cumulé que des boulots avec des collègues et chefs plutôt sympas et à l’écoute. Du coup, mon point de vue sur le monde du travail est plutôt positif, mes expériences étant elles même très positives. En parallèle, j’ai vu mon homme s’épuiser, et batailler lui aussi dans son ancien travail, avec un chef très paternaliste (c’est moi le « papa », c’est moi qui ai raison, mais vas y je t’écoute, je suis tolérant, t’as vu »), qui lui en demandait toujours plus, et il s’y est épuisé. Mais j’aime voir le côté positif, car, heureusement, une grande partie des entreprises sont gérées avec humanité.

    • Rozie

      Bonjour Cendra !

      Contrairement à toi, je pense que les graaaaandes entreprises ne sont absolument pas gérées avec humanité. Je les fuis donc comme la peste, on ne m’y reprendra plus.

      Les « petites » entreprises, c’est beaucoup mieux ! En boulangerie, j’avais de bons dirigeants mais malheureusement, dès que l’entreprise à commencé à prospérer, l’argent a pris le dessus et il s’est mis à passer outre les conditions et la charge de travail qui se dégradaient rapidement. C’était tellement dommage ! Mais je crois que ça lui a servi de leçon, il a perdu toute son équipe, dont la majorité était là depuis le départ, soit presque 10 ans.

      Là, je travaille pour une association où, pour le coup, l’humain passe VRAIMENT avant tout. J’espère que la balance ne se renversera jamais !

      Mais je suis contente de lire que tu as eu de bonnes expériences et c’est bien de le dire aussi. Ca existe !

  • nadine

    Tu décris bien le monde du travail, les grosses boites, les groupes qui ne pensent qu’à rincer les actionnaires. Ils réduisent la masse salariale et s’étonnent qu’ils manquent de clients ! Si t’as plus de travail, t »as plus d’argent à dépenser !

    • Rozie

      Ces groupes, je les vois vraiment comme des entités diaboliques ! Je les déteste.
      J’essaie de tout faire pour ne pas leur donner du temps ou de l’argent, mais au quotidien, ils sont partout donc c’est difficile.

    • Rozie

      Merci Cécilia et bonjour :).

      Je ne sais pas non plus. Il faudrait pour ça que l’humain redevienne la première préoccupation, ce qui ne sera peut-être plus jamais le cas pour ce genre de firmes.

  • Cueille le jour

    Hello Rozie,

    Un peu comme Zenopia, tu connais aussi mon opinion a ce sujet… Je trouve juste ça tellement triste que « si jeune » on nous fasse subir des choses comme ça… Ça écorceur tout simplement… Je suis heureuse que ta situation actuelle te convienne plus et que tu ais pu trouver une sorte d’équilibre.

    Bisous

    • Rozie

      Hello Sarah !

      Et oui, je sais ;).

      Aujourd’hui, j’ai trouvé mieux qu’un équilibre, j’ai trouvé le job et les conditions de travail parfaites (pour moi !). Je me rends d’autant plus compte du fossé entre avant et maintenant … Je crois que si je dois quitter mon poste un jour, je ne pourrais pas retourner dans ce genre d’entreprise. Je m’en suis fait la promesse, c’est hors de question ! J’espère que je pourrais la tenir.

  • Illyria

    Hier je lisais justement un article disant qu’Amazon avait déposé un brevet pour des bracelets qui permettaient de reconnaître la position des mains des employés, et qui calculaient leur temps de pause, et donc pour les rappeler à l’ordre, le bracelet vibre quand ils prennent le mauvais colis ou quand leur pause est trop longue… C’est plus qu’affligeant :/
    http://www.huffingtonpost.fr/2018/02/02/amazon-depose-le-brevet-dun-bracelet-qui-surveille-ses-employes-au-travail_a_23351728/

    Je comprends pas cette volonté de foutre autant la pression sur les salarié.e.s, vraiment je comprends pas, parce que c’est tout sauf productif d’avoir des personnes surmenées… C’est un peu pareil là où je travaille, notre temps est facturé aux clients, donc il faut tout le temps aller vite, même quand on a le temps…. (et on se fait reprendre par la directrice quand on a le malheur d’utiliser son téléphone une fois dans l’après midi) Autant dire que je déteste ce contexte :/

    Je n’aime pas le monde du travail non plus, je ne me sens pas du tout à l’aise ni à ma place dedans…

    • Rozie

      Affligeant, oui, c’est le mot.

      Vouloir « robotiser » des humains, c’est impossible. Ca n’est pas viable sur le long terme. Je ne sais pas ce qu’ils s’imaginent …

      Je te comprends. Je n’étais pas tellement fliquée au travail, c’était plus de la pression due à la charge de travail qui m’incombait. Mais peu importe, ça revient au même, c’est un mauvais traitement. Il n’y a rien de mal à passer cinq minutes sur son téléphone perso dans l’après-midi …

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