Dis, on a fait l’amour combien de fois cette semaine ?

Draps froissés

J’ai rédigé ce billet il y a plus d’un an. Je me croyais assez libre pour le publier sans problème, mais je n’ai jamais réussi. Après la lecture de l’article de Dounia sur la virginité tardive, je me suis dit qu’il serait peut-être temps que j’assume. Que j’assume d’avoir un appétit sexuel pauvre, que j’assume d’avoir du mal à me faire plaisir sur le plan sexuel-physique (en pensée, ça fonctionne très bien !), que j’assume de ne pas être à l’aise et de me sentir oppressée chaque jour par ma libido « hors-norme ».

Je le sais, rien ne m’oblige à faire l’amour si je n’en ai pas envie. Ca ne serait d’ailleurs pas faire l’amour, mais faire plaisir à mon partenaire en acceptant qu’il me pénètre sans que cela ne me procure de plaisir. Rassurez-vous, ce n’est pas ce que je vis.

Alors pourquoi cette question me turlupine-t-elle ? J’y pense constamment. Sans doute parce que j’ai le souvenir de cette fois avec D. Vous vous en doutez, avec mon héros du quotidien, tout est différent. On ne se fait plaisir que si on en a envie tous les deux. Là où le bat blesse, c’est qu’il en a tout le temps envie et moi .. C’est fluctuant. Je connais des périodes de vide. J’ai peur de ne pas assez le satisfaire. Je crains de le frustrer. Je trouille d’avoir un problème. D’être bloquée. Ou tout simplement de n’être pas très portée sur la chose.

Mon amoureux fait tout ce qui est en son pouvoir pour que je ne me sente obligée à rien. Il ne me harcèle pas, ne me touche pas intempestivement et n’y fait aucune allusion. Il me laisse tranquille et attend patiemment que l’envie me morde. Ca peut parfois prendre deux semaines. Un mois. Ou trois jours. Autant le dire : c’est une véritable torture pour lui et je m’en rends bien compte. Alors je culpabilise. Et si ça empirait ? Si ça devenait un problème entre nous deux ?

Je me fous d’être dans la norme, mais je suis quand-même soulagée quand j’en ai eu envie deux fois dans la semaine. On écrit partout que le sexe est le ciment du couple, qu’il apporte du bonheur, et améliore la qualité de vie des partenaires. C’est vrai. On dit aussi qu’il est sain de le faire régulièrement et que plus on le fait, mieux on se porte. C’est sans doute vrai aussi (?).

Et puis, insidieusement, au moyen de statistiques douteuses, on nous démontre qu’il y a un seuil de distance à ne pas dépasser entre deux fois, qu’atteindre l’orgasme est le but ultime de la chose, que la pénétration est indispensable et surtout, que c’est un problème de ne pas en avoir souvent envie.

Mais souvent comment ? Est-ce que deux fois dans le mois ça passe, ou je suis désormais considérée comme une femme ayant besoin de se faire épauler par un sexologue ? Ma pensée me dicte de m’écouter, d’écouter mon corps et de foutre en l’air tout le reste. Je n’ai pas à ressentir de pression dans ce domaine. Il s’agit de mon intimité après tout, et on est tous différents. Plus j’ai la pression, plus je me bloque.

Si j’étais normale, je me masturberais souvent et j’aimerais ça. J’aimerais aussi beaucoup les cunnilingus, et j’adorerais que mon homme me caresse le sexe. Si j’étais normale, je le ferais environ une fois tous les deux jours. Je ne passerais pas plusieurs semaines sans aucune stimulation clitoridienne. J’aimerais utiliser des sextoy aussi. Bref, je ferais tout un tas de choses que je ne fais pas, et que je n’aime pas spécialement faire. Voilà ce que la société nous donne comme modèle, et ce dès le plus jeune âge.

Je suis une fille très sensuelle. J’adore exciter mon amoureux, j’adore lui plaire, je prends un malin plaisir à attiser son désir. J’aime passer des vêtements attisants, bouger devant lui, lui lancer des regards de braise et le faire fondre avec mes caresses. J’aime jouer ce personnage qui fait partie intégrante de moi. JE SUIS sensuelle. Ce n’est pas pour rien si je ne porte que des robes élaborées au quotidien, si je suis fan de Mylène Farmer, et si je rêve(ais) d’être meneuse de revue dans un cabaret !

J’aime tout ça mais pas spécialement passer à l’acte. Pour moi, le premier ne mène pas forcément au second, ce qui crée des incompréhensions. Je passe rarement à l’acte tout simplement parce que j’en ai rarement envie. Les gestes sensuels me suffisent majoritairement.

Actuellement, je fais l’amour un peu moins d’une fois par semaine, et je n’ai pas envie de me trouver des excuses. Oui, j’ai une vie bien remplie ces derniers temps et je suis fatiguée quand on pourrait le faire. Mais ce n’est pas pour ça que je ne le fais pas. Si j’en avais envie, je trouverais le temps. Je fais l’amour quand vraiment, je sens cette brûlure caractéristique dans ma culotte. Quand mon sexe se lubrifie à la simple évocation du prénom de mon amoureux. Là, oui. Chez moi, ça arrive plus ou moins deux/trois fois par mois.

Avant que je ne « voies le loup » (elle est rigolote, cette expression !), je n’en avais jamais eu envie. Pas une seule fois, en 19 ans, je n’ai eu envie de me toucher ni ressenti quelque chose de spécial au niveau des zones dites érogènes. Je n’avais jamais ressenti de désir sexuel, si bien que j’étais persuadée de faire partie de la caste des asexuels. Il m’a fallu plusieurs mois de pratique pour que mon corps se réveille et que je découvre mes premières sensations. Je le faisais par obligation. Pour entrer dans le moule.

Aujourd’hui, tout est différent. Je tends à ne plus m’obliger à rien. Comme je le disais, mon amoureux est génial pour ça. Il comprend mon faible désir comme je comprends le sien, violent et quotidien. C’est moi qui m’oblige parfois encore. Par crainte de le faire souffrir, de le « castrer », par pression de la société … Les diktats sont pesants, même quand personne n’est là pour « contrôler ».

Alors, qu’est-ce qu’on fait ? 

On arrête de taper « pas envie de sexe » sur Google, et on teste de nouvelles méthodes. Mon problème est le suivant : mon mari et moi n’avons pas le même rythme de désir. Heureusement, plusieurs portes s’ouvrent à nous.

Il peut se toucher. Et regarder des images érotiques. Ca ne me blesse absolument pas. Je m’en fiche royalement, à vrai dire. Je trouve ça relativement normal. Ca ne veut pas dire qu’il m’aime moins, qu’il me désire moins ou qu’ils les trouvent plus belles que moi. C’est juste un support. Je ne trouve pas ça malsain du tout. C’est plutôt beau, l’érotisme, au contraire. Nous étions d’ailleurs allé voir ensemble un cabaret érotique, où des femmes et des hommes de tout âges et loin des clichés de la beauté se mettaient nus en scène devant nous. On avait adoré.

Je peux le toucher, parce que même si je n’ai pas envie qu’il me pénètre, j’aime beaucoup lui donner du plaisir. On peut pratiquer la fellation. Il adore ça et ça tombe bien, moi aussi. On peut se câliner tous nus. On peut se caresser le corps entier. Je prends beaucoup de plaisir aux caresses. J’adore sentir ses mains effleurer mon dos, mes fesses, ma nuque et, suprême douceur, mon crâne. Ca me donne des orgasmes complètement différents de ceux causés par mon clitoris c’est vrai, mais où est le problème ?

Je crois qu’on fait l’amour aussi, dans ces moments-là, non ? Il n’y a pas de pénétration, et alors ? Je ne sens pas vibrer mon pubis, et alors ? Les autres parties de mon corps vibrent quand-même et chez moi, l’orgasme, c’est surtout une question intellectuelle. Je jouis plus par la pensée que par le corps.

Il est désormais admis dans notre société que le sexe ne sert pas seulement à repeupler la planète. Pour autant on pense encore que l’amour se fait au moyen d’une pénétration, ce qui rend les choses très compliquées pour une personne comme moi, au vagin et à la vulve peu sensibles, et au reste du corps très expressif. Et attention, il faut jouir au tout prix ! Ce que j’aime, c’est finalement beaucoup plus ses mains qui me touchent, sa bouche qui m’effleure, son feulement adorable, son odeur particulière et l’impact intellectuel qu’ont sur moi les positions que nous pratiquons, que la pénétration. Je rêve plus d’un amour qui me flingue que d’une fusée qui m’épingle (*musique*).

C’est cette règle obligatoire qui me rend l’acte routinier et qui crève mon désir. La pénétration symbolise la fusion des êtres, elle est l’instant où on ne fait plus qu’un et c’est pour ça que j’aime la pratiquer. Mais elle n’est pas une étape obligée. Tout ce que j’ai cité plus haut peut ne pas seulement servir de préliminaires. Ca peut être aussi ça, faire l’amour.

Je me demande quand-même si je n’ai pas un problème, si je ne le fuis pas au moyen d’une élégante pirouette. Les autres me demandent : « Et ton mari dans tout ça ? Le pauvre, tu le prives de tout le plaisir. » Ah bon ? Il a pourtant l’air d’apprécier que je m’occupe de lui et que je lui quémande des caresses. « Oui mais vous n’allez pas jusqu’au bout, ça doit le frustrer. » Hmm .. Et bien moi ça me frustre de faire tout le temps la même chose alors on trouve un juste milieu. Ne vous inquiétez pas trop pour lui. Jusqu’à preuve du contraire, je ne lui dois rien.

Dans notre société hyper-sexualisée, faire l’amour souvent, voire trop souvent, est preuve de bonne santé. Les hommes doivent prouver qu’ils sont des mâles et les femmes qu’elles sont complètement libérées sur le plan sexuel (mais pas trop non plus). Pourtant, la sexualité est une affaire personnelle. On réagit tous différemment, nous sommes tous légitimes dans nos façons de fonctionner. On n’a pas nécessairement un problème, si ? Et vous, êtes-vous à l’aise sur la question ? Etes-vous dans la norme ? Ou au contraire, vous êtes-vous adaptés face à vos envies ?


29 thoughts on “Dis, on a fait l’amour combien de fois cette semaine ?

  1. delphine Répondre

    Rassure toi tu es tout à fait normale, je pense exactement la même chose que toi. On est pas obliger d’avoir de pénétration pour faire l’amour.

    1. Rozie Répondre

      Exactement ! Mais au delà de la pénétration, toutes ces histoires sur la sexualité sont très pesantes …

      1. delphine Répondre

        Oui c’est vraie. Moi ça me met la pression j’ai l’imite pas envie d’avoir un jour un amoureux. Car j’ai l’impression que tout les hommes pense aux sexe et ça me perturbe.

        1. Rozie Répondre

          Je crois que tous les hommes y pensent, oui, ou presque. C’est normal. Les femmes aussi. Ce qui l’est moins, c’est la pression que la société impose sur la chose.

          Tu n’as jamais vécu de relation ? Avant, quand j’étais moi aussi dans ta situation, je ne voulais pas connaitre ça. Je rêvais de vivre un amour sans sexe. Je n’y pensais jamais, au sexe, sauf dans des moments d’angoisse.

          1. delphine

            J’ai vécu un flirter, on ne ces jamais vu en dehors du lycée.
            je voulais te demander si t’avais reçut le témoignage que je t’ai envoyer par mail la semaine dernière, sur une relation que j’ai vécut avec une de mes professeur.

          2. Rozie

            Je n’ai pas reçu de témoignage mentionnant un amour professeur/élève, non !
            L’as-tu bien envoyé à contact@rozieetcolibri.com ?

          3. delphine

            Je te l’ai renvoyer hier soir

          4. Rozie

            Je l’ai reçu et t’ai répondu !

  2. Peanuts Répondre

    Rhaaaaa ! Ce diktat de la quantité, si on se rapporte sans cesse à ce que devrait être une vie sexuelle épanouie, ça ne marchera jamais… Les sacro-saintes idées comme quoi il faudrait que ce soit ainsi et pas autrement me hérissent !

    On peut aimer quelqu’un profondément sans avoir envie tous les jours de passer à la casserole. La sexualité n’est pas que l’acte sexuel non plus : elle englobe un nombre incalculable de petites choses, faites de quotidien, de baisers, d’allusions, de façon de plaire, qui est unique à chacun, de par son histoire personnelle, familiale, et de couple.

    J’aimerais tant qu’on cesse de vouloir tout cloisonner, calculer, quantifier, qualifier aussi ! Bon sang, chaque couple est unique, chaque personne a ses propres envies, ses propres façons d’aimer, le tout est de communiquer.

    Et puis, les gens changent avec l’âge, ou au contact de personnalités différentes : cela retentit évidemment sur le désir du couple, de façon irréversible.

    Le désir sexuel n’est pas uniquement tourné dans l’acte ou ce qui le précède : il prend aussi racine dans les projets que l’on fait à deux : si les vôtres ne coïncidaient absolument pas, je suis certaine que c’est cela qui précipiterait la fin de votre relation, le fait qu’il irait voir ailleurs, car il ne voudrait pas faire de projets avec toi. Cela reviendrait finalement à être quasiment des colocs plus qu’un couple, des colocs qui auraient parfois des relations sexuelles, parce que soi-disant c’est ça qui est le ciment d’un couple.

    Aussi, je pense qu’un couple ne tient pas qu’avec le sexe, loin de là : le reste est ce qui donne l’amalgame, ce qui fait que ça va tenir à long terme, c’est l’affection que l’on se porte mutuellement, les projets que l’on fait en regardant dans la même direction : avoir une maison à deux, partir en voyage autour du monde, avoir un enfant… ou n’importe quelle autre chose qui vous sera propre. Le sexe ne fait pas tout, il est seulement la cerise sur le gâteau, l’extra, ce qui fait naître une étincelle au-dessus de tout le reste.

    Alors ne plus chercher à calculer tout, à quantifier ou qualifier l’acte : lui ai-je fait assez plaisir sexuellement, l’a t on fait assez souvent ? Basta ! L’essentiel est de toujours être au clair avec ses propres désirs, de ne jamais se forcer, car cela se ressent fortement dans la continuité. Et si l’autre ne tient pas et part voir ailleurs, c’est qu’il ne tenait finalement pas tant que ça à son/sa partenaire, à ce NOUS qui fait, qui cimente un couple, parce qu’il n’y croyait pas assez pour que ça dure jusqu’au bout.

    Voila mon point de vue. Qu’on le partage ou non, je pense que les couples ne sont pas naturellement voués à vivre toute leur vie ensemble malheureusement. Il y aura des moments où ça ira moins bien, et c’est malheureusement là que les risques sont les plus grands de perdre ou voir s’étioler la relation. Redoubler d’efforts, communiquer, c’est ce qu’on nous serine et qui fait tout virer au cauchemar : répondre aux besoins de l’autre, oui, mais jamais au prix de soi-même.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Tout ce que tu dis est très juste !

      C’est aussi pour décloisonner tout ça que j’en parle. Toutes les relations sont uniques, il y a autant de façons différentes de vivre sa sexualité, son désir, son plaisir.

      Les couples ne sont naturellement pas voués à vivre toute leur vie ensemble … D’accord, pas d’accord ? Je crois que là aussi, il n’y a pas de règles. Il me semble que la majorité du temps, il est impossible que les couples soient en phase jusqu’à la mort. C’est très rare, et la logique voudrait que les couples se défassent aussi facilement qu’ils se sont faits.

      Malheureusement, on a créé des lois là dessus aussi, des règles à suivre. Si bien que divorcer est perçu comme un échec, quelque chose de pas normal et de grave. Ca va mieux aujourd’hui, mais c’est encore difficile.

      Je mentirai si je te disais que je n’espère pas terminer ma vie avec mon mari. C’est mon rêve ultime. Qu’on réussisse à s’aimer jusqu’au bout. D’une manière toujours aussi belle. Bien sûr que c’est ce que je veux. Mais je me prépare aussi à ce que ça ne soit pas le cas, et à ce que ça ne soit « pas grave ».

      L’amour, c’est comme l’amitié, comme toutes les relations sociales. Elles ont un début et une fin. On garde très peu les mêmes amis toute sa vie. Pour l’amour, il faut accepter que ce soit la même chose.

      Mais je pense aussi que c’est possible et que des âmes soeurs y parviennent d’une façon vraiment belle. J’y crois <3

  3. Ornella Répondre

    C’est ce qui s’appelle une vraie confession !
    Je pense que le mieux est qu’effectivement vous vous complétiez, vous gardiez un dialogue tous les deux. Moi, je suis plutôt de l’autre côté de la barrière comme je te l’avais dit une fois, j’ai un appétit sexuel assez développé quand je suis en couple, donc j’ai du mal à comprendre que mon partenaire ne soit pas comme moi. Je le vis comme un échec, ou de la déclaration d’un désintérêt, ça me fait souffrir donc je travaille dessus.

    Toujours est-il que je comprends que tu ne sois pas forcément portée sur la chose. On est tous différents. Et tu ne dois pas t’excuser d’être qui tu es.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Heureusement, nous dialoguons très bien et savons parfaitement comment instaurer l’équilibre, même si ça a pris quelques temps !

      Je comprends que ça te blesse. C’est ce qui arrive souvent d’ailleurs. Celui qui a plus envie que l’autre ne comprend pas et souffre de la situation, alors que l’autre ne voit pas où est le problème … Pas évident ! Il faut en parler, travailler pour que ça s’améliore et que ça ne génère pas de mésentente.

      Je suis un adepte des confessions ! 😉

  4. cledsol Répondre

    Je n’ai pas envie de m’étaler sur le sujet pour ma part, mais c’est un sujet qui a été très compliqué pour moi jusqu’à récemment.
    Je peux te dire en tout cas que je comprends ce que tu écris, et que tu as mon soutien!

    On m’a fait lire un livre il y a peu, que j’aurais bien aimé lire plus tôt. Il m’a vraiment intéressée (sur certains points, en tout cas, notamment sur l’impact transgénérationnel sur notre propre vie sexuelle ; sur d’autres points, avec le recul, j’ai été agacée par certaines remarques de l’auteur)
    « Femme désirée, femme désirante » de Danièle Flaumenbaum.

    Du coup, je ne sais pas trop si c’est une bonne idée de te parler de ce livre, alors si jamais tu essayes de le lire, je serais curieuse d’avoir ton ressenti 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci pour ton soutien ! Je te soutiens en retour :). Pas évident, ces questions de sexe, vraiment pas.

      Alors je n’ai jamais lu ce livre, mais il m’a été conseillé (je ne sais plus par qui, d’ailleurs). J’étais allée m’intéresser au résumé, et je ne me souviens plus de quoi, mais quelque chose m’avait froissée et je ne l’ai pas acheté.
      Comme la question est relativement sensible chez moi, j’ai peur d’être facilement blessée ou contrariée, et je vois parfaitement ce que tu veux dire quand tu parles d’agacement !

      L’impact transgénérationnel, c’est assez indéniable. Chez moi en tout cas. Mes parents ne faisaient pas l’amour. Ma mère n’est pas une femme, elle est une mère. Mes grands-mères sont des mères aussi, pas des « femmes ». Mes tantes, idem, à part une ou deux exceptions.

      Mes parents ne nous ont jamais parlé de sexe et étaient bien soulagés qu’on ne leur pose jamais de questions sur le sujet. Les rares fois où j’ai « demandé », mon père m’a dit qu’ils étaient très « naturels ». Pas de sexe buccal ni rien d’autre que le coït, surtout pas d’objets ou de jouets, rien du tout. Le sexe pour faire des enfants, et c’est tout.

      Ca a joué sur moi, c’est sûr. Il faudrait peut-être que je le lise, finalement ! Si je le fais, je viendrais t’en reparler, promis !

  5. l0uanne Répondre

    Merci pour le sujet ! L’espace d’un instant j’ai cru être la seule et que quelque chose ne tourner pas rond chez moi.
    Jt’avoue que au début avec Doudou c’était un peu l’euphorie. J’étais hyper excitée et même 5 jours de règles c’était trop. Puis je suis tombée enceinte, et ma libido à chuté : entre les nausées, les vomissements, la fatigue, le ventre qui prend de la place… les peu de fois ou j’en avais envie les rapports étaient devenus douloureux.
    Quand bichette est née ça s’est pas arrangée, la fatigue et le fait de devoir attendre qu’elle dorme n’a pas aidé.
    Quand on essayer d’avoir le 2éme, c’est moi qui me mettait la pression pour le faire très souvent pour tomber enceinte le plus rapidement possible, mais du coup c’était devenu très mécanique et c’est lui qui a mit le hola.
    Quand il m’a dit qu’il ne voulait plus d’enfant pour le moment, ça a casser quelque chose. Pendant 3 mois j’ai fait un blocage, j’avais plus envie et la fois ou j’ai essayé j’ai fini en larmes.
    Aujourd’hui ça va mieux, mais avec la fatigue, les soucis et le fait de rester cloîtrée à la maison en faisant tout, et lui qui rentre et ne fait rien, ça ne me donne pas envie.
    J’ai essayé de lui expliquer plusieurs fois en comparant à un repas. Si j’ai fait un bon repas, j’ai pas besoin de manger avant un bon moment. Lui en revanche si il a fait un bon repas, il en veux encore.
    Il me met pas la pression, mais quand je dit non, ça le blesse parce que quand son ex disait non, c’est qu’elle avait déjà coucher avec un autre, donc c’est ancrée en lui. Mais bon ça c’est un autre sujet.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Votre parcours a du ébranler votre sexualité, malheureusement.

      Nous au début, on le faisait vraiment souvent aussi. C’était carrément l’euphorie. Quand on se voyait (les 3 seuls mois où on n’habitait pas ensemble), c’était au minimum une fois pour se dire bonjour, une autre pour se dire au revoir. Et quelques unes au milieu.

      Ajoute à ça le fait que je sortais d’une relation horrible où j’étais enchainée .. Après ça, j’étais dans une phase de liberté euphorique, et j’ai tout testé. Mon amoureux n’avait jamais eu de copine fixe donc .. C’était la débandade ! Et puis ça s’est tassé. Il a eu du mal à comprendre et c’est bien normal.

      Nous on fait l’amour pendant mes règles, ça ne nous pose aucun problème. Je n’ai pas mal. J’ai plutôt envie à ces moments-là. Et c’est bien pratique parce qu’au niveau de ma contraception naturelle, c’est pile le moment où je ne crains rien du tout (mais ça s’applique à moi, pas à toutes les femmes, je précise).

      C’est triste, ce que tu dis sur le fait que ça a cassé quelque chose, mais je comprends tellement … C’est « normal », les sentiments et déceptions jouent énormément sur le désir. Ne te force pas. Si c’est pour finir en pleurs, c’est plus traumatisant pour vous deux qu’autre chose. Essayez d’autres sensations en attendant, pour vous « redécouvrir ».

      L’histoire avec son ex … J’imagine le traumatisme. Forcément, c’est pas évident d’être serein pour lui quand tu n’en as pas envie. Pas facile, tout ça !

  6. Escarpins et Marmelade Répondre

    J’ai plein de trucs à dire sur ce sujet Rozie!

    1. Tout d’abord, j’ai écouté une émission à la radio sur France Inter qui traitait ce sujet. Les hommes ont des spermatozoïdes qui se renouvellent chaque jour. Il est donc normal qu’ils aient tous les jours envie de faire l’amour, alors que la femme, elle, n’ovule qu’une fois par mois, et c’est à cette période là que son pic d’excitation est au plus haut. Biologiquement, nous sommes donc réglés différemment!

    2. Tu nous parles de caresses, de fellation: tout cela, c’est bel et bien du désir il me semble! L’acte sexuel ne se limite pas au coït selon moi, mais englobe tout ce que tu as décrit plus haut.

    3. Enfin, il me semble que c’est davantage la qualité des rapports sexuel qui prime sur la quantité: avant d’avoir des enfants, on faisait l’amour beaucoup plus souvent que maintenant, mais par contre, c’est toujours aussi bien (pour moi en tous cas). Je suis sûre que quand je serai plus reposée, que les enfants seront plus grands, on a aura un autre rythme.

    Voilà pour ma modeste contribution sur le sujet!

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je vais répondre à tes points :

      1. Je n’y avais jamais pensé mais effectivement, ça explique pas mal de choses … Et c’est tellement logique ! Autant chez moi je trouvais ça normal d’avoir spécialement envie autour de ma période d’ovulation (c’est impressionnant d’ailleurs, c’est TOUJOURS à ce moment-là), autant je n’y avais jamais pensé chez les mecs. Mais .. C’est tellement normal ! Merci !

      2. Idem, c’est ce que je pense. Et c’est ce que j’ai expliqué à mon amoureux quand au début, il était triste que je le désire moins. Je lui ai expliqué que c’était faux, et prouvé par A+B en lui dictant tout ce qu’on faisait d’autre que le coït, qui était pour moi du désir aussi. Et en fait, pour lui aussi, évidemment. Mais comme on a été élevé avec : Faire l’amour = coït obligatoire, c’est dur de s’en détacher.

      3. Oui, c’est clair, la qualité vaut toujours mieux que la quantité ! Et ça, c’est une règle que j’applique pour tout dans la vie ! Pour ce qui est de l’amour parental, j’ai pas eu le bon exemple. En 18 ans de vie commune avec mes parents, je ne les ai entendu qu’une fois (alors que ma chambre était collée à la leur et mal isolée). Et je suis certaine qu’ils le faisaient vraiment rarement. Mais alors … Vraiment. J’insiste. Du coup, dans ma tête, les parents ne font pas l’amour. Je sais bien que c’est faux, mais j’ai vraiment du mal à associer parentalité et sexualité.

      Merci pour ta contribution, c’est avec plaisir ! 😉

  7. Sweet-things Répondre

    Coucou,
    Joli article et c’est rafraîchissant d’avoir l’avis d’une fille.
    Déjà je ne suis pas d’accord avec toi….
    Quand tu caresse ton homme, lors d’une fellation tu fais l’amour.
    Do’c ton une fois par semaine est sous estimé 😉 et tu te sous estimé.
    Je voulais aussi rebondir sur ta libido et la réalité.
    Peut-être que ton mec ne correspond pas à tes fantasmé.
    J’ai eu la chance de rencontrer Anne, et nous étions complètement alignés côté fantasmes. Nous en avons profite et avons découvert des mondes que je croyais inexistants.
    Tout ça pour dire que tu n’as aucune raison de cul pabiliser 😉
    Il est plus frustrant pour un mec d’avoir une fille qui simule ou se force qu’une qui vit réellement ce qu’elle fait.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Hello ! Bienvenue 🙂

      J’en ai profité pour découvrir ton blog, et je vais suivre tes aventures !

      Oui, pour moi aussi, on fait l’amour quand on pratique d’autres actes que la pénétration. Mais ce n’est pas l’image que donne la société en généra, et c’est ce qui crée le « complexe ». Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. Mais en gros, si on compte les seules fois où on le fait « normalement » .. Il n’y en a pas beaucoup ! Quand on compte toutes les fois (câlins sexuels, fellations …), il y en a pas mal, au contraire.

      Les fantasmes, c’est une autre histoire. Il se trouve qu’aucune personne ne correspond à mes fantasmes, pour la simple et bonne raison que … Je n’en ai pas. Quand je fantasme, les gestes ne changent pas. Je ne fantasme pas de jeux de rôle, de choses « décadentes » où vraiment différentes. Dans mes fantasmes, les seules choses qui changent, ce sont les intentions et les émotions. Du coup, on fait exactement la même chose tout le temps (dans ma tête) mais avec un contexte différent. Tantôt passionné, tantôt tendre …

      Donc pour expliquer ça à mon partenaire, c’est complexe. Je lui dit, j’utilise tous les adjectifs que je connais, mais ça ne peut jamais vraiment coller. Quand il me demande (où que je me demande) quels sont mes fantasmes, dans le sens, choses spéciales qu’on pourrait faire, je n’ai aucune réponse.

      Au début, on a tenté deux-trois choses mais ça ne me plaisait pas du tout. Je croyais que ça me plairait mais en fait, dans la réalité, ça me rebutait totalement. Mais c’était des fantasmes calqués sur ceux que j’avais déjà pu lire ou entendre ça et là, jamais vraiment les miens.

      Mon amoureux colle à mes fantasmes dans le sens où physiquement, il me plait à mourir. Dans le sens où il a toutes les qualités que je rêvais : romantisme, côté « âme soeur », fusionnel, rieur, et un tas d’autre. Il ressemble en tout point à mon fantasme du petit-ami parfait d’adolescente.

      Mais c’est une piste intéressante, je vais gratter ! Merci !

  8. George Smiley Répondre

    Je suis à l’aise sur la question (relativement) parce que comme toi, je pense que c’est totalement personnel et que personne n’a à se justifier sur cette question. Je me fous d’être dans la norme, mais c’est peut être aussi parce que j’ai appris depuis de longues années à ne pas être non plus dans les canons de beauté, ni dans les canons de réussite sociale, et d’être relativement heureuse malgré tout.

    Même si c’est une affaire personnelle, je trouve ton article très intéressant (et profondément intelligent, comme le reste de ton blog !^^) et les commentaires des autres lectrices aussi. Il est clair qu’il y a une énorme pression sur les célibataires (et ce à tout âge), comme le souligne Dounia-Joy. J’y ai succombé quelque fois (se mettre en couple presque à tout prix).

    La pression pour ceux en couple qui couchent « peu » (si je puis m’exprimer ainsi), je la vois aussi, comme Marie Kléber, dans le fait de se dire que l’autre est nécessairement lésé, qu’il faut nécessairement s’accorder à lui, pour ne pas être une mauvaise personne, une frigide qui plombe le moral de tout le monde.

    J’ai un « chemin » qui a commencé très différemment du tien, car quand j’étais jeune, voire très jeune, j’avais un certain feu aux fesses^^ (entre 10 et 14 ans disons) qui me faisait m’intéresser de très près aux garçons, probablement exacerbé par le fait que je regardais beaucoup trop la télé et les films, et que j’étais relativement peu aimée dans ma famille. C’est passé vers 14 ans puisqu’à ce moment là, c’est surtout les complexes qui ont commencé à me tomber dessus (« je suis moche, je suis pas assez bien… » etc) et il m’a fallu plusieurs années pour m’en remettre.

    Maintenant, avec plus de 15 ans de recul, je suis heureuse d’avoir pu conserver en moi cet attrait pur, romantique et sensuel pour la gente masculine, malgré les déconvenues, malgré les complexes et je te rejoins sur le fait que d’autres choses que ce qui est vu comme des actes et des passages obligés sont tout aussi satisfaisants.

    Cela étant dit, je n’ai pas non plus une libido volcanique parce que, comme l’explique Maman Délire, beaucoup d’éléments autres que juste physiques entrent aussi en jeu. Comme toi, en pensées les choses pourraient être volcaniques, mais la traduction dans le monde réel, même avec un compagnon aimant, n’est pas si facile .

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci pour ce joli compliment, qui me fait vraiment plaisir ! 🙂

      Oui, la pression sociale est partout et malheureusement pour moi, je fonctionne complètement « étrangement » au niveau du contact social, quelque soit la sphère (amicale, familiale, amoureuse, pro …). Je suis la nana qu’on qualifie « d’impalpable » et de « lointaine ». La fille qu’on sait pas si elle est timide ou hautaine. Bref.

      Tout ça pour dire qu’à chaque fois que j’ai affaire à une autre personne, je dois me forcer à entrer dans le moule pour être sociable, et socialement acceptée. La pression sociale : avoir des amis, se comporter comme ci, être belle comme ça …

      Effectivement, tu as eu un attrait pour le « sexe » très tôt ! Ca m’impressionne toujours ça. Une amie m’a raconté que petite (elle a compris à 6-7 ans), elle se masturbait contre la balançoire. Elle ne savait pas vraiment ce que c’était mais elle sentait comme ça lui faisait du bien.
      Mon amoureux a commencé les jeux sexuels avant 10 ans, et je trouve ça vraiment étonnant, moi qui n’y ai jamais pensé et qui n’a rien ressenti de physique avant mes 19/20 ans !

      Oui, traduire des pensées qui sont carrément folles dans la réalité, c’est aussi compliqué. Il faut faire comprendre avec précision au partenaire et souvent, c’est un tolé. Parfois, ça marche mais on se rend compte que ça met mal à l’aise. Certains fantasmes doivent aussi rester des fantasmes !

      Merci pour ce partage, merci d’être à l’aise sur la question et d’oser en parler. C’est vraiment agréable et aussi rassurant.

  9. Maman délire Répondre

    Wouhaou ! Et bien tu oses en parler ! Ça fait 3 semaines que j’ai un brouillon qui s’appelle « et la libido dans tout ça ? » Que je me tâte à publier… ça doit être un signe… on aborde pas trop ce sujet dans la blogosphère parentale… bon je ne rentre pas dans les détails comme toi.. moi je suis un peu comme toi, mon en désir que lui, et en 18 ans ce sujet est souvent revenu sur le tapis… il a du mal à comprendre que je n’ai pas autant envie que lui. Mais bien sûr c’est un homme très respectueux donc il ne m’a jamais forcée à quoi que ce soit mais je sais que ça le rend malheureux.. il y a des hauts et des bas.. je suis sensible à la fatigue, il faut que tout aille bien dans la maison… bref je me mets trop de contraintes sans doute.. il y a aussi des croyances « les filles ont moins envie  » ce genre de choses… mais si vous arrivez à en parler tout les deux tranquillement c’est déjà bien ! Le tout c’est de ne pas rester sur des non dit. D’après ce que tu racontes il n’a pas l’air si malheureux.. 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je serai vraiment curieuse de le lire alors !

      Oui, c’est un sujet dont les gens parlent peu en général, et finalement, c’est peut-être ce qui nous desserre.

      Comme toi, je suis sensible à la fatigue et il le sait. Il y a eu des jours (récemment) où j’avais très envie en me levant et tout au long de la journée, mais j’étais tellement crevée en rentrant à la maison que je ne pouvais pas le faire. La fatigue prenait clairement le pas. Et comme toi, s’il y a un truc qui ne va pas, je ne peux pas. Ca peut être la maison en désordre, une lumière allumée au loin mais qui gêne mon regard, ou n’importe quoi d’autre. Il faut vraiment que j’aie l’esprit libre pour apprécier.

      Trop de contraintes, certes. Il faut pouvoir décrocher dans ces moments-là. Oublier le reste. Mais c’est pas évident !

      Beaucoup de gens ont la sensation que si le partenaire n’a pas envie ou moins, c’est que finalement il y a un truc qui cloche (pas assez d’amour, pas assez beau/belle et attirant.e …). Souvent, ça n’a rien à voir et tout va bien. C’est juste que l’envie ne se déclare pas aussi souvent. Je comprends que ce soit dur à comprendre, justement. C’est vraiment dommage que ça attriste le partenaire. Difficile de tout concilier !

  10. Dounia-Joy Répondre

    plus j’ai la pression plus je bloque. moi c’est un peu aussi ça. je me suis mise la pression sur un âge pour le faire et à chaque fois ça n’a pas fonctionné. voir arriver les 30 ans, quelle frustration, alors je me suis mise une pression mais dès qu’il s’agit de rencontrer qui que ce soit, je bloque. parce que j’ai l’impression qu’auj tu rencontres qq’un et hop dans la minute tu dois être dans son lit, j’exagère, mais quand je vois qu’au bout d’une semaine, les gens le font auj, moi non il me faudrait surement plusieurs mois .. voir plus.. et honnetement je sais qu’à 30 ans, à moins de faire ma brigitte macron et de prendre un mec de 16 piges, je vois pas qui je pourrais faire attendre, même un mec amoureux au bout d’un moment, bah oui il est frustré, tu le dis toi même… :s
    Je vais t’envoyer un mail parce que j’ai envie de te poser une question qui peut-être te fera du « mal » ce que je m’excuse d’avance, car ce n’est pas mon but, bref, ne t’inquiètes pas, tu comprendras en la lisant 🙂
    merci en tout cas pour le lien vers mon article et pour avoir publié celui ci. car je te comprends bcp 🙂

    1. marie kléber Répondre

      La première chose que mes parents m’ont dite quand j’ai été en âge d’avoir de potentielles relations sexuelles était « si il tient à toi il attendra ». Sincèrement je ne me vois pas régler ça en une semaine et pourtant j’ai déjà une « expérience » si l’on peut dire. Je sais que le prochain devra être patient. Dans une relation on est deux, il ne faut pas l’oublier. Donc le plaisir doit aussi être partagé. Sinon à quoi bon! Je pense qu’il y a encore des hommes prêts à attendre plus d’une semaine (ou je l’espère!) Dounia.

    2. Rozie & Colibri Répondre

      Ah ça ! Coucher dès le premier soir …. Rien ne t’y oblige. Absolument rien ! Et comme dit Marie, celui qui t’aime attendra. J’aurais dû l’écouter, cette petite phrase !
      Mon premier petit-ami m’a clairement mis la pression là-dessus. Il n’allait pas attendre dix ans, et si je l’aimais, j’en aurais forcément envie rapidement. Logique implacable. J’aurais dû lui répondre « Et si toi tu m’aimes, tu sauras patienter encore le temps qu’il faudra. » Mais je n’étais pas aussi sûre de moi à l’époque …

      Un mec amoureux sera aussi frustré, c’est vrai. Mais, et alors ? Je ne dis pas qu’il faut s’en ficher, il faut que les partenaires s’écoutent. Je ne m’en fiche pas quand mon amoureux est frustré, je le ressens. Mais je décide de ne pas m’obliger à quoi que ce soit, et comme il m’aime, il ne fait rien. Il ne me fait pas de remarques désobligeantes, il ne m’engueule pas, ne me met pas la pression … Bref, un mec normal quoi. Parce que c’est ça la normalité, pas autre chose !
      Ton amoureux se comportera bien avec toi et t’attendra. Et même, il fera tout pour être sûr que tu en as vraiment envie, pour te mettre à l’aise.
      En tout cas, c’est tout ce que je te souhaite.

  11. marie Kléber Répondre

    La phrase qui me choque c’est  » Et ton mari dans tout ça ? Le pauvre, tu le prives de tout le plaisir ». Ca implique qu’une personne est plus importante que l’autre, que le désir de l’une l’emporte sur ce que ressent l’autre.
    Pour moi, c’est une question qu’on se pose à deux, les autres n’ont pas leur mot à dire.
    J’ai envie de te dire que moi c’est l’inverse. C’est ce qui m’a fait perdre tant de repères lors de ma relation avec mon ex mari, j’avais un énorme besoin de son corps, même si ça faisait mal et que je me sentais honteuse et sale après. C’était lié à sa vision de la sexualité. Je n’avais pas ressenti ça avant lui. Et j’espère ne plus jamais le ressenti d’ailleurs.
    J’avoue qu’à certaines périodes, c’est dur pour moi d’être seule à ce niveau là, même si je ne me vois absolument pas assouvir une pulsion instantanée avec le premier venu, comme me le suggèrent des relations.
    Je me suis moi aussi demandée si j’étais « normale ». Et puis j’ai fini par intégrer que c’était mon mode de fonctionnement.
    Tant qu’il y a du respect et du dialogue entre vous et que personne n’en souffre, c’est tout ce qui compte Rozie.
    Merci pour ce partage en tous cas. Je trouve que c’est bien d’en parler même si c’est très intime. Ca permet à chacun / chacune d’avancer et de parfois mieux se comprendre et s’accepter.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est encore très ancré dans les esprits, que les hommes ont plus envie et qu’en le faisant moins ou différemment, on leur inflige une grande souffrance. Encore ce matin, je lisais un article traitant du devoir conjugal « obligatoire ». Dans la loi française, il en est encore fait mention et certains avocats s’en servent pour justifier les violences conjugales …….

      Je comprends que la solitude te pèse à cet égard. Je ne sais pas comment je m’en sortirai de ce point de vue là, seule. Est-ce que mon désir disparaitrait avec mon partenaire ? Aucune idée … L’avenir le dira peut-être (mais évidemment, je ne l’espère pas !)
      C’est à toi de voir. Coucher avec le premier venu pour s’amuser et se « soulager » .. Pourquoi pas, mais il faut être à l’aise et tout le monde ne l’est pas ! Fais-bien comme tu le sens, et ne te force à rien.

      Oui, ça fait du bien de partager ce genre de choses. Vos commentaires me permettent de relativiser. Et si ça peut aider d’autres personnes qui ont les mêmes sensations que moi, c’est chouette !

      Merci pour le partage de ton expérience, Marie !

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