Sorcière en Herbe

Cueillette et glanage : la richesse de la nature.

Si je vous dis que chaque jour, vous passez à côté de dizaines de plantes et autres fruits comestibles sans vous en rendre compte, vous me croyez ? Et si je vous dis que dans votre jardin, ou sur votre balcon, se cachent les meilleures plantes médicinales ?

Nous ne manquons de rien. Nous sommes entourés de tout ce dont nous avons besoin. Il suffit de le savoir. De cueillir et glaner. De bien préparer les récoltes. Mais attention ! La cueillette est un art avec des règles précises, à suivre impérativement pour ne pas encourir de risques inutiles, ni mettre en péril la biodiversité.

Dans la forêt, dans nos jardins, dans les parcs municipaux …

… Se cachent des merveilles. Les plantes envahissantes que vous vous acharnez à arracher pourraient peut-être guérir vos maux. Celles aux abords des chemins que vous piétinez allègrement aussi ! Même les fleurs que vous allez admirer le dimanche après-midi … Peut-être qu’elles sont comestibles et qu’elles trouveraient leur place dans votre salade de midi. Leur goût pourrait rehausser vos plats, et leur constitution améliorer votre condition.

En réalité, toutes les plantes (les herbes, les fleurs, les arbres …) sont intéressantes. Elles sont toutes remplies de principes actifs permettant la guérison de tel ou tel mal, ou tout simplement le maintien de la bonne santé en médecine préventive. Bien sûr, il y en a des toxiques. Il faut se former pour les reconnaître, mais aussi pour apprendre à bien les utiliser.

Quand on a pris conscience de ça – de ce pouvoir libre et offert à tous – on ne regarde plus la végétation de la même façon. On détaille tout ce qui nous entoure, on pose les yeux sur toutes les touffes d’herbe et dans tous les feuillages au dessus de nos têtes. On sent, on touche, on goûte. Un monde s’ouvre.

Avec les plantes, on peut manger et se soigner. On peut créer des produits de beauté. On peut aussi s’en servir pour leurs principes magiques, si tant est qu’on y croit. Créer des teintures, des macérats, des tisanes, des infusions, des baumes, des épices, de la poudre, des salades, des parfums, des plats entiers … Bref, des potions de sorcière ! 😉

Les règles de la cueillette et du glanage :

Qui n’est jamais allé ramasser des châtaignes ou des champignons en automne ? Pour les châtaignes, c’est facile, mais pour les champignons, c’est une autre histoire ! Il faut s’y connaître. Ainsi, la règle d’or à toujours suivre :

1. Ne jamais cueillir une plante (un fruit) dont on n’est pas sûr de son identité. Ne jamais l’ingérer sans reconnaissance formelle !

Au début, c’est très frustrant. On n’en connaît pas beaucoup, on est presque sûr mais le doute subsiste. Et bien, tant pis ! On y va pas à pas, en douceur. En réalité, il y a déjà beaucoup de plantes qu’on connaît. Des plantes simples comme les arbres fruitiers, les herbes aromatiques, ou encore les banals pissenlits, orties, pâquerettes, glands de chêne … Vous seriez surpris de tout ce qu’on peut faire avec ça pour commencer !

2. Eviter les plantes qui côtoient des lieux pollués.

Je pense notamment aux abords des routes. Les plantes sont piles à la hauteur des pots d’échappement, et Dieu sait qu’elles en « aspirent » les molécules. On évite donc autant de possible.

On évite aussi les abords de champs qui ne sont pas cultivés en BIO. Je sais, ça en enlève un paquet. Et qu’est-ce que ça me frustre quand je vois toutes les bonnes choses qui poussent dans ces champs ! Mais bon .. Il faut savoir ce qu’on veut.

Ainsi, je cueille et glane en pleine forêt, ou alors dans mon jardin.

3. Eviter les plantes qui ont l’air malades.

Ca part du sens, me direz-vous ! Si les feuilles ont l’air abîmées (mangées, décolorées, avec des « boutons »), on oublie.

4. Ne pas tout ramasser.

Il est très important de ne pas cueillir tout le parterre d’un même spécimen. Les plantes ont besoin de leurs feuilles pour la photosynthèse, sans quoi, elles meurent. Elles ont aussi besoin qu’on leur laisse des fleurs pour être pollinisées et continuer à s’épandre. D’ordre général, on laisse toujours un tiers de la population tranquille. 

On ne récolte que ce qui nous intéresse. Par la peine de prendre les tiges et les feuilles si vous n’allez vous servir que des fleurs !

Ne pas respecter cette règle, c’est prendre le risque de ne plus en retrouver la fois suivante. Ca porte surtout un coup sur l’écosystème qui vous entoure.

5. Ne pas déraciner les plantes.

Laissez toujours les racines en place. Cueillez la plante avec l’ongle de l’index, en serrant la tige entre le pouce et ce même doigt. Les raisons sont les mêmes que le point précédent. Soyez respectueux !

Parfois, ce sont justement les racines qui nous intéressent. Si c’est votre cas, le mieux reste de cultiver la plante dans votre jardin ou sur votre balcon. Vous pourrez en faire ce que vous voulez.

6. Laisser les plantes rares, respecter les consignes de randonnées.

S’il n’y a qu’un seul spécimen (ou deux ou trois), n’y touchez pas. Il arrive régulièrement que des panneaux donnent pour consigne de ne pas cueillir ou arracher les plantes. On respecte.

*

Ca peut sembler drastique, mais il y a de nombreux endroits ou l’on peut ramasser sans être embêté. Je pense notamment aux parterres de pelouse ou aux zones en friches. Si vous savez que la municipalité va tondre ou défricher, n’hésitez pas, servez-vous avant la coupe ! Si vous connaissez des arbres dont les fruits se perdent parce que personne n’ose les ramasser … Allez-y. Si ça n’appartient à personne, ça appartient à tout le monde (je ne vous enjoins pas à voler les fruits dans les champs des agriculteurs, hein, on est d’accord 🙂 ) !

Une fois rentré.e à la maison, la première chose à faire est de bien nettoyer vos récoltes. Faites-les baigner dans un peu d’eau vinaigrée si vous n’êtes pas sûr.e. Après ça, vous n’avez plus qu’à les préparer ! Mangez-les crues, faites-les cuire, faites-les sécher ou baigner dans de l’alcool pour vos teintures … Il y a mille façons de vous en servir. Amusez-vous, régalez-vous !

Pour ma part, je prépare les saisons froides avec la confection de « médicaments » naturels. Autour de moi, j’ai trouvé tout ce qu’il fallait pour apaiser les maux simples (rhumes, angines, infections pulmonaires, fièvre) et mes soucis personnels (SPM, problèmes intestinaux chroniques, foie faiblard). Je vais aussi m’amuser à récolter des figues, des glands, des châtaignes, des champignons, des orties pour les soupes et des feuilles de pissenlit pour les salades, entre autres !

C’est tellement agréable, vivifiant et créatif, comme activité. Je deviens une passionnée et choisis les habitants de mon jardin en fonction de leurs vertus médicinales et de leurs apports énergétiques.

Et vous, êtes-vous un adepte du glanage et de la cueillette ? Le sujet vous intéresse ?

Semer un peu de magie et de poésie dans le quotidien.

14 commentaires

  • Kellya

    Autour de mon immeuble il y a de vieux pommiers et des cognassiers, cette année on a croulé sous les pommes et les voisins les laissaient moisir! J’ai fais plein de compotes (j’en ai meme offert aux amis en l’echange de pots vides), des tartes… sinon on ramasse les champignons avec bonheur (ma maman m’a appris) et l’ail des ours au printemps. Ca fait des années que je me dis que je veux ramasser des orties, et puis je ne me crée jamais l’occasion… une bonne idée pour faire des soupes en automne!

    • Rozie

      Génial, vous faites bien de les ramasser ! Je déteste croiser des arbres comme ça, dont les fruits sont perdus. Heureusement, les oiseaux et autres habitants de la terre se servent aussi.

      J’ai lu un article il y a peu qui vantait l’idée de planter des arbres fruitiers en ville pour que les sdf et personnes pauvres puissent (et tous ceux qui aiment les fruits !) se nourrir. J’ai trouvé l’idée géniale.

      Je vais essayer les orties cet automne aussi. Je suis curieuse !

  • Anne-So

    Je n’ai pas encore beaucoup pratiqué la cueillette sauvage – je le fais surtout au printemps pour ajouter de la variété et de la beauté aux salades ^^ – mais plus par manque de temps que par manque d’envie. Comme tu le dis, c’est tellement agréable de reconnaître les plantes que l’on croise, de savoir ce qu’elles pourraient nous apporter au besoin, voire d’en grignoter une ou deux pendant une balade.
    C’est Dame Ambre qui visait l’achat de « La bible des plantes qui soignent » pendant un temps me semble-t-il ; je ne sais pas si elle en a fait l’acquisition entre temps, mais qui sait, peut-être que ça pourrait t’intéresser comme lecture, apprentie sorcière 🙂

    • Rozie

      Oui, ça m’intéresserait carrément ! Je fais la quête aux livres sur le sujet. Je suis bien contente parce que j’ai en récupéré 4. Deux d’entre eux viennent de chez mes parents. C’est drôle car j’ai passé mon enfance à jouer à côté d’eux (j’ai le souvenir très précis de leurs couvertures) sans jamais me douter qu’ils me serviraient ou m’intéresseraient un jour.

      Ils ont vieilli. Mais avant de servir à mes parents, ils ont servi à mes grands-parents et rien que ça … Ca me fait tout chose de les avoir en ma possession !

  • Nymeria

    Je dois avouer que je ne connais pas grand chose dans ce domaine, mais que ça m’intéresse beaucoup ! Rien que le terme me plait : « glaner ».
    Il m’arrive de cueillir des mûres, des framboises ou des fraises des bois sauvages, j’ai déjà trouvé de la menthe (menthe pouliot – je me promenais et ça sentais très fort la menthe, je ne comprenais pas puis me suis dit que peut-être, c’était dû à cette plante qui ressemblait à de la menthe 😂). Et j’aime bien manger les capucines du jardin de mes grands-parents🙂 !

    Je viens de découvrir ton blog et il me plait beaucoup, tu écris très très bien.
    A bientôt !❤

    • Rozie

      Bonjour Nyméria !

      Et bien, je découvre ton univers également et c’est un vrai plaisir. Merci beaucoup, j’accueille ce compliment avec beaucoup de joie !

      L’univers des plantes est fascinant. Quand on commence, il nous happe et c’est impossible de résister. Il est vrai que « glaner » est un très joli mot. Ca évoque beaucoup de choses. Pour ma part, je l’ai découvert au collège. On nous avait emmené voir un film qui mettait justement le glanage en avant. A l’époque déjà, j’avais trouvé ça très intelligent !

  • Sophie

    Très chouette, ton article !

    Ici on est adeptes des orties, pour faire des soupes, des cakes… Je cueille aussi de l’aubépine pour les tisanes, des mûres pour le plaisir du goûter…

    Tout doucement ma connaissance des plantes s’affine, même si j’ai encore beaucoup à apprendre, mais je trouve ça tellement fascinant et utile de retrouver ce savoir des plantes !

    • Rozie

      Merci Sophie !

      Je vais faire mes premières soupes aux orties cet automne/hiver, j’espère qu’on appréciera !

      Oui, c’est fascinant. C’est magique ! Comme toi, j’ai énormément à apprendre, je débute à peine mais l’ampleur de la tâche est loin de me décourager, au contraire.

  • Céline Dehors

    Je dois dire que pendant notre année en camion, j’avais beaucoup glané. En toute saison 🙂 C’était merveilleux.
    J’ai gardé mon petit regard de cueilleuse, et ma fille n’est pas en reste ! Actuellement, nous nous intéressons beaucoup aux figues, aux mûres, aux fleurs d’hibiscus (pas très gouteuses, mais c’est magnifique dans une assiette, en infusion ça passe très bien aussi) et j’ai déjà repéré deux noisetiers pour la suite.
    Ma grand mère était « sorcière » (je te l’avais déjà dit je crois ?), à chaque fois que je cueille, j’ai le sentiment de partager son regard et son don d’émerveillement.
    Je le fais plus par amour que dans un soucis nutritif ou médicamenteux.

    • Rozie

      J’ai pensé à toi en écrivant ça, et je me suis justement dit qu’avec votre année en camion, vous aviez dû le faire tout le long ! Je t’ai jalousée un instant, du coup.

      Oui, tu me l’avais dit. Peut-être pas en utilisant ce terme là (ma mémoire me fait défaut) mais c’est bien l’image que j’en retenais.

      Il y a beaucoup d’amour dans ces gestes, c’est vrai. J’en parlerai plus en profondeur par la suite. J’adore tellement ça ! Le côté médicinal m’époustoufle. Ca va me demander des années de recherche pour vraiment apprendre à faire les choses bien, mais je me lance le coeur en fête. C’est tellement intéressant !

  • MissTexas

    C’est un domaine que je ne connais pas du tout mais que j’adorerais découvrir ! Pour l’instant je suis en pleine ville, mais quand nous bougerons à la campagne dans un futur plus ou moins proche je me formerai car ça a l’air passionnant !

    • Rozie

      C’est possible en pleine ville aussi ! Il y a des arbres aussi, et des parcs … Un trésor au creux de ta main. Et peut-être même des associations tout près de toi pour t’initier.

      C’est passionnant en effet ! J’en ai pour des années, j’adore tellement ça !

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