Ma méthode de contraception naturelle.

Ladytimer

Vous le savez, je ne veux pas d’enfant. Et je suis mariée. Et on n’utilise pas de « vrai » moyen de contraception.

« Tu es folle. Tu vas faire quoi, si tu tombes enceinte, hein ? C’est super dangereux. Irresponsable. Tu fais n’importe quoi. » 

La contraception, ce n’est pas quelque chose de simple, à l’instar de ce que je pouvais penser au départ. Ma toute première fois (*musique*), je l’ai vécue un matin de printemps. Je ne m’y attendais pas, je tremblais, j’appréhendais. Je me suis laissée faire et ça s’est passé très vite. J’ai eu mal quelques secondes, il a joui, s’est relevé le sourire aux lèvres, est sorti du lit et m’a donné de quoi m’essuyer. « Tu vas voir, ça va couler ! »

Glamour. On n’avait pas utilisé de préservatif. J’ai compris que je devrais prendre la pilule du lendemain et m’en suis procurée une en rentrant chez moi. Je l’ai prise à l’abri des regards, pour ne pas souffrir de discours moralisateurs, et j’ai eu mal. La deuxième fois s’est déroulée exactement de la même manière. Rebelote ! Avec le recul, je me trouve bien bête. Pourquoi l’ai-je laissé faire ?

Pour lui, la solution était toute trouvée : « Tu prendras la pilule, mon ex faisait comme ça. » D’accord. Après tout, c’était simple, non ? J’ai pris rendez-vous avec un médecin généraliste, et suis ressortie du cabinet avec mon ordonnance, assortie d’une brochure répertoriant les différentes autres méthodes de contraception que je n’ai jamais regardée.

Je l’ai prise pendant deux ans, cette pilule, et ne l’ai oubliée qu’une fois. Au début, c’était parfait : je ne souffrais pas, mon acné diminuait et mes règles disparaissaient. Puis mes seins ont commencé à s’alourdir, devenant deux enclumes douloureuses. Ma taille s’est soudainement élargie, et des palpitations m’assaillaient parfois. J’en avais marre.

J’ai lâché la pilule en changeant d’amoureux. D’une pierre, deux coups. Quel soulagement, je retrouvais mon corps ! Mes hanches se sont délestées des poids qui les entouraient et mes seins sont redevenus dociles, j’allais mieux. Mes règles sont revenues avec mon acné, mais le jeu en valait la chandelle !

Mes cycles naturels sont d’une régularité métronomique. J’ai appris à découvrir leurs différentes phases au travers de mes sensations et du fond de ma culotte. Le fonctionnement de ma machine me fascinait, à tel point qu’il m’était impensable de revenir en arrière. Hors de question de la tromper à nouveau avec des hormones. Plus jamais. J’avais besoin de ce retour au naturel. C’était trop chouette de m’apprivoiser, de me connaître enfin.

Dans mon couple tout neuf, la question du contraceptif devenait pressante. Le préservatif, c’est chouette cinq minutes, mais le nu, c’est mieux ! Nous y avons réfléchi des mois ensemble, lui soucieux de ne rien m’imposer, et moi de ne pas contrer son plaisir. Nous ne trouvions pas de solutions. Je ne voulais pas d’hormones et les solutions type capes et spermicides ne nous tentaient pas des masses. Restait le DIU en cuivre, mais les gynécologues refusaient de me le poser.

Alors nous nous sommes débrouillés seuls. Nous avons utilisé le retrait. Oui oui, cette même méthode qui consiste à se retirer avant l’éjaculation. Les premiers mois, c’était l’angoisse à l’approche de mes règles mais nous avons fini par prendre confiance. La régularité de mes cycles m’aidait bien, et j’avais installé une appli sur mon smartphone qui m’indiquait les périodes à risque et celles plus tranquilles. Ca fait trois ans que ça dure. Au début, mon amoureux se retirait à chaque fois. Mais maintenant, nous allons jusqu’au bout pendant ma période d’infertilité : avant mes règles, pendant, et juste après.

Le peu de fois ou j’en ai parlé, on m’a hurlé dessus. Je ne veux pas d’enfant alors prendre un tel risque, pour les autres, ça relève d’une inconscience folle. « Préférer une IVG aux hormones, sérieusement ? » Ai-je dit ça ? Bien sûr que non ! J’ai quand-même réussi à trouver une sage-femme qui acceptait la pose du stérilet. Ca a échoué. Sur le coup, j’étais vraiment déçue, dépitée, dégoûtée.

Et puis je me suis rendue compte que je n’en voulais pas vraiment, de ce stérilet. Je le souhaitais pour qu’on me laisse tranquille pendant cinq ans, pour qu’on arrête de me juger et que je cesse de culpabiliser vis à vis de mon chéri. Culpabiliser de quoi d’ailleurs ? Il jouit à chaque fois mais pas dans mon vagin, vous parlez d’une histoire !

A chaque moyen de contraception son taux d’échec. Je prends peut-être un plus grand risque que les autres, je l’admets. Mais quoi que je choisisse, je suis obligée de prendre ce risque, comme toutes les femmes fertiles que je connais. Je choisis de me faire confiance à moi, et pas à des hormones qui ont des effets négatifs sur ma vie quotidienne. Qu’est-ce que ça a d’inconscient ? Je me repose sur l’étude approfondie de mon corps que je connais désormais par coeur.

Je vais continuer au naturel, comme nos grand-mères, puisque me faire ligaturer les trompes n’est pas une option aux vues de mon jeune âge. Le plaisir de mon ami peut s’évacuer ailleurs sans qu’il ne perde une seconde de félicité, et moi, je suis en phase avec moi-même. Vivre sans contraception en relation sérieuse, c’est possible et pas forcément dangereux. C’est juste un choix.

Cet article n’a pas vocation à promouvoir les méthodes naturelles. Il propose un point de vue différent qu’on n’ose pas souvent exprimer. Alors puisque nous sommes libres, j’en parle. J’ai le droit, n’est-ce pas ?

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26 thoughts on “Ma méthode de contraception naturelle.

  1. Suny Répondre

    J’ai pris la pilule pendant des années (dont quelques années de célibat, donc parfaitement inutilement, si ce n’est les règles régulières et indolores), mais j’ai cessé en grande partie par peur des complications (notamment parce que je fumais).
    Quand j’ai rencontré mon mari, nous avons commencé avec le préservatif puis vite abandonné mais sans solution de remplacement car nous avons vite eu envie de nous multiplier 😀
    Jusque là, mon corps a créé son propre contraceptif à l’insu de mon plein gré, mais maintenant qu’il été retiré, et qu’on va peut-être réussir à procréer, je ne peux pas m’empêcher de me poser des questions sur l’après : revenir aux capotes, bof… Revenir à la pilule, hors de question… Tous les autres modes de contraception de me branchent vraiment pas, hormis la contraception définitive mais je ne suis pas sûre que la ligature soit acceptée si on n’a que 1 ou 2 enfants et moins de 40 ans… Il faudra que je me renseigne !
    Mais bon, ça me stresse d’avance… alors que je n’arrive même pas à concevoir naturellement, c’est con hein 😀

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Si ce n’est pas indiscret, quel était ce « contraceptif naturel » que formait ton corps contre ton gré ?

      La contraception définitive, en théorie, on y a droit une fois majeur(e). C’est sensé être le seul critère. En théorie, c’est le parcours du combattant. En général, les médecins refusent de te le faire si tu n’as pas plusieurs enfants (ou plusiers IVG) à ton actif, et plus de 35 ans … Alors bon. Je n’ai pas eu le courage de me lancer là-dedans. Et avec le recul, je préfère garder mon appareil entier, mon corps fonctionne naturellement avec, je ne veux rien perturber. Je suis une pro-naturel pour tout ^^.

      1. Suny Répondre

        C’était un gros polype qui prenait quasi toute la place (plus un petit qui essayait tant bien que mal de se faire sa place dans son ombre) ^^
        Bon, l’avantage c’est que vu mon âge (en fait j’ai pas 29 ans, mais 32 bien entamés :p), même si j’arrive à faire un, voire deux mioches, je serai plus si loin des 35. J’envisage sincèrement cette option, sans aller jusqu’à enlever des bouts et forcer la ménopause, mais une simple ligature ça me semble pas mal… enfin je verrai, j’en suis pas encore là, si ça se trouve, l’ablation des polypes a endommagé mon incubateur…
        Bisous et bon week-end ! 🙂

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Oui, une ligature c’est suffisant, c’est vrai ! Je ne sais pas pourquoi je n’y pensais plus !

          Des polypes ? Incroyable. Ça pousse vraiment partout ces petites choses !

  2. Emilie Répondre

    Bonjour Rozie, je tombe sur ton article bien après sa publication, mais en le lisant et en parcourant les commentaires me prend l’envie de témoigner… Ma sœur a utilisé cette méthode pour éviter les hormones et le préservatif, et ça s’est soldé par un avortement.
    Bien entendu, il est de la responsabilité de chacun de s’informer des méthodes de contraception, elle a négligé cette étape et l’a payé très cher.
    Mais je trouve ça potentiellement dangereux de publier sur le net ce genre d’article et de commentaires sans préciser que cette méthode nécessite de bien se renseigner sur le cycle menstruel et sur le taux d’échec de la méthode (infiniment plus élevé que les hormones/stérilet/préservatif, de l’ordre de 25% si je me souviens bien). A la lecture de cette page, des adolescentes ou des jeunes femmes mal informées pourraient penser que la méthode naturelle est facile/intuitive et que le risque d’échec, de grossesse indésirable, équivalent à celui des autres méthodes.
    Alors j’apporte ma petite pierre à l’édifice, en espérant que ce ne sera pas mal interprété.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Bonjour,

      Ne t’inquiète pas, il n’y a rien à mal interpréter dans ton commentaire. Mes articles sont là pour instaurer le débat, mais j’avoue ne pas avoir assez réfléchi à l’impact qu’il pourrait avoir sur des jeunes femmes qui pourraient se dire que c’est très facile et intuitif. Ta remarque est constructive.
      Je suis sincèrement navrée pour l’expérience de ta soeur. Personnellement, c’est un risque que j’ai pris en compte, avec lequel j’ai beaucoup réfléchi. Bien sûr, je ne le vivrais pas bien .. Mais c’est un choix en toute conscience que je fais.

      Je me dis que je n’ai pas assez appuyé sur la précision que demande cette méthode. Oui, le site officiel des méthodes de contraception annonce 25% d’échec, mais selon les méthodes naturelles et leurs applications, ce taux diminue drastiquement.

      Dès que j’ai un moment, promis, j’insèrerai un encart en début d’article pour préciser un peu les choses ! Je ne veux pas être la cause d’incidents malheureux.

  3. Escarpins et Marmelade Répondre

    On utilise la même contraception que toi, depuis 8 ans, et tout se passe très bien!

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je suis ravie de le lire !
      Comme quoi, c’est possible et pas si inconscient que ça … 😉

  4. travellingpetitpain Répondre

    Bien dit 😀

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Haha ! Il faut bien dire ce qu’on pense de temps en temps ^^

  5. Pomme Répondre

    On utilise la meme methode. Mon gynéco cest trompé de pillule ne me demande pas comment moi jy connais rien…. et à cause de ca je me suis retrouver a l’hopital pendant un mois parce qu’il cest trompe de pillule ! Jai tellement souffert, jai cru que jallais mourir a cause d’un putain de pillule que jai pris pendant 2 ans. Que jai tout arreté. Jai peur de reprendre des hormones et revivre la meme galere donc cest non ! Je ny touche plus ! Des fois on me comprends pas mais quand je dit que jai faillit mourir la on me dit ha ouais je comprend…. ca ma juste gaché la vie cette merde.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Wahou ! Oui là c’est sûr, on ne peut pas te reprocher d’être inconsciente ! C’est incroyable que ton gynécologue ait pu se tromper et de fait, t’envoyer à l’hôpital ! Complètement normal que tu ne veuilles plus jamais toucher aux hormones. En tout cas, tu as eu du courage !

  6. Marie Kléber Répondre

    Une de mes amies a opté pour ce type de contraception – en relation pendant 5 ans, aucun incident à déplorer (si on peut dire!) – je pense que c’est chacun sa façon de voir le choses…
    J’ai pris la pilule pendant longtemps – sans effet négatif – et je l’ai arrêté sans problème dès que je n’étais plus dans une relation.
    Par contre le retrait, plus jamais, trop de stress ( ou trop de souvenirs douloureux!)

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est vrai, c’est très stressant quand on pratique le retrait à la volée !
      Je pense que si je n’avais jamais eu de soucis avec la pilule, comme toi, je l’aurais gardée plus longtemps, ou alors j’aurais peut-être moins rechigné à la reprendre. Tout est une question de vécu aussi ..

  7. Carry Répondre

    Merci pour ce témoignage, je suis d’accord avec ce que tu dis. Quant à moi, j’ai bientôt 30 ans, j’ai arrêté la pilule voilà six ans. J’utilise une application où j’inscris mes règles et mes ovulations, je sais exactement quand j’ovule (je le sens) et à ces périodes, on utilise un préservatif. Le reste du temps, il est possible que l’homme éjacule dedans sans risque. Enfin voilà, ça marche pour moi, après je sais que c’est un sujet trèès sensible pour beaucoup 🙂 Et je comprends que certaines femmes (ou hommes) ne soient pas tranquilles avec cette méthode.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci pour ta réponse !
      Je comprends aussi que les autres ne le fassent pas, mais pas qu’ils se permettent de me dire que je fais n’importe quoi. Donc sujet sensible, oui, mais bon ..
      Comme toi, je ressens mes ovulations, parfois douloureuses d’ailleurs !
      Nous on n’utilise pas de préservatifs à ces périodes, on se fait du bien autrement ;).

  8. maman délire Répondre

    C’est ton intimité, c’est ton choix ! Clairement les hormones tu as bien fait d’arrêter ! J’ai pris la pilule 15 ans et après mes 2 enfants j’ai décidé de me faire ligaturer. Je revis ! Et comme tu dis, aucune méthode n’est fiable à 100 %.. Même pas la mienne !!

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui c’est vrai .. Même la ligature des trompes n’est pas fiable à 100%. Ca s’est bien passé pour toi ? Pas de douleurs ?

  9. Illyria Répondre

    Oui tu as le droit, mais cette méthode ne m’inspire pas du tout confiance perso. C’est bien que toi tu y trouves ton équilibre et que cela te convienne, mais cela ne me rassurerait pas du tout.
    Par contre ton ex il abuse franchement, c’est irresponsable d’éajculer dans une femme sans prendre en compte ses précautions avant… Vraiment égoïste de sa part, surtout que la pilule du lendemain c’est lourd à prendre, c’est une dose d’hormones super forte d’un coup et ça ne se prend pas à la légère, comme un bonbon…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je comprends complètement que ça n’inspire pas confiance. Ca ne m’inspirait pas confiance non plus au départ, parce qu’on faisait ça dans l’urgence. Maintenant, c’est réfléchi, c’est rodé et très cadré, alors ça roule. Mais comme je le dis, je n’incite personne à le faire. J’essaie juste de sensibiliser les autres pour que les personnes qui font le même choix que moi arrêtent de se faire clouer au pilori !
      Tu as totalement raison pour mon ex, je lui en veux atrocement. Si je pouvais revenir en arrière, je lui ferais bouffer … Je m’arrête là pour rester polie ^^.

      1. Illyria Répondre

        Oui je comprends que tu veuilles partager ton expérience positive, c’est bien de savoir que ça peut être fiable 🙂

        Félicitations au fait, tu es le 2e article du dossier sur le « sans soutien gorge » 😀
        http://www.hellocoton.fr/sortir-sans-soutien-gorge-no-bra-day-g1776

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Merci beaucoup !
          Oui, j’ai vu ça la semaine dernière, je suis super contente !!

  10. l0uanne Répondre

    J’aime pas trop parler de ma vie intime ^^ mais au début on utiliser la méthode du retrait le temps que je puisse prendre une contraception, mais je trouvais que c’était la galère et j’étais pas sereine. J’ai été beaucoup plus à l’aise dès que j’ai pu prendre la pilule !!! Mais là je l’ai arrêter pour avoir le 2éme, mais dès qu’il sera né, je verrai pour un implant, car j’arrête pas d’oublier ma pilule

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci de partager ce petit bout de ta vie intime avec moi, alors ^^!
      Oui, c’est normal de ne pas être serein. Et au début, je ne l’étais pas du tout ! Je flippais vraiment avant que mes règles ne débarquent. Et puis, comme je ne trouvais rien de mieux, j’ai décidé d’étudier mon corps à fond ! Je me suis énormément renseignée et maintenant, j’ai une totale confiance de ma méthode.
      Oui, la pilule, je trouve que c’est lourd à gérer. Avec un implant, tu seras sans doute plus tranquille !

  11. themetis Répondre

    Je te comprends. Moi aussi j’ai abandonné les hormones mais après de nombreuses années…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      On est de plus en plus nombreuses à abandonner les hormones. Une page se tourne doucement dans l’univers de la contraception.

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