Ces pensées racistes que j’essaie de réfréner.

Citadelle

Je crois que je ne suis pas raciste. En fait, j’en suis sûre. Je ne suis consciemment pas raciste. Mais souvent, je m’aperçois que ma pensée est pleine d’automatismes stigmatisants. Mes pensées fulgurantes me scandalisent.

Je suis blanche, comme chacun des membres de ma famille. Dans le petit village qui m’a vue grandir, les personnes de couleur étaient rares avant qu’un jour, une famille réunionnaise s’installe dans la maison voisine. J’ai tout de suite adoré Nina : elle avait mon âge et venait de la ville. Son caractère franc m’impressionnait et nous sommes rapidement devenues de bonnes amies. Jamais je n’ai songé à sa couleur de peau. Je trouvais juste amusant que ses paumes soient blanches alors que le reste de son corps ne l’était pas.

Ce sont les autres qui ont façonné mes pensées racistes. Mes parents ne l’étaient pas mais ma grand-mère , avec laquelle j’ai passé beaucoup de temps durant mon enfance, me tenait souvent des propos offusquants. Je ne pensais pas qu’à force de les entendre, ils finiraient par s’inscrire dans mon mode de pensée tels d’affreuses inceptions. « Ne te marie jamais avec un noir hein ! Tu as vu leurs grosses lèvres et leur nez qui s’étale ? On dirait qu’ils ne se lavent jamais ! Et puis ils puent, c’est immonde. » Si si, véridique.

Ma mère tentait souvent de la reprendre, mais en vain. Bien sûr, aujourd’hui, lorsque j’entends de telles inepties, j’hurle ! C’est tout de même incroyable d’avoir une vision de la vie si étriquée ! Oui mais .. Si j’étais honnête avec moi-même, j’oserais avouer que je ne veux pas tomber amoureuse d’un homme noir. Et là où le bat blesse, c’est qu’ils ne me déplaisent pas pour des considérations physiques – après tout, on a tous des préférences à ce sujet – mais parce qu’ils sont noirs, dans le sens sociétal du terme. Les propos répétés de ma grand-mère m’ont marquée à vie et je n’arrive pas (encore) à totalement les déconstruire. C’est un processus inconscient.

C’est horrible. Je me déteste quand, lorsque je croise une femme africaine dans le métro, son accent me renvoie directement à l’idée qu’elle manque d’éducation. Je me frapperais quand, lorsque je suis seule dans la rue à une heure tardive, je crains moins les hommes blancs que les autres. Ca m’horripile d’être capable d’imaginer quelques instants que je porterais moins d’attention à ma nièce métisse parce qu’elle nous ressemble moins. Je sais que c’est faux, je l’aime pareil, mais j’ai peur de moi.

Ce ne sont pas des pensées conscientes, je les refoule toutes parce que je m’en veux d’être aussi laide et ne les ressens qu’une fraction de seconde. Mais c’est déjà trop. En tant que féministe, je mets beaucoup d’énergie à destructurer ma pensée paternaliste et celle des autres au profit d’idées plus libres. Je me dois d’effectuer le même travail pour cette thématique. C’est capital.

Nina et moi prenions le même car pour aller au collège. Un jour, un garçon l’a traitée de « sale métisse ». J’ai vu mon amie d’ordinaire si droite dans ses bottes se décontenancer, ne sachant pas bien comment réagir face à cette insulte grossière. Une vague de rage m’a envahie, je bouillais  : « Et toi, tu crois que t’es mieux avec ta gueule de déterré ?! » C’est ce que j’aurais voulu dire, du haut de mes 12 ans, mais comme elle et le reste des adolescents présents, je me suis tue. J’ai compris ce jour-là qu’elle n’était pas blanche, et ça n’a strictement rien changé entre nous. J’adore cette fille.

Mon cousin est amoureux d’une autre réunionnaise, n’en déplaise à notre grand-mère. Ensemble, ils ont eu une petite fille, et auront bientôt un petit garçon. Régulièrement, mon aïeule nous demande si l’enfant sera « comme sa mère ». L’idée d’avoir un petit-fils coloré la gêne énormément. « Pourquoi il l’a choisie ? » Elle nous parle souvent d’elle comme d’un défaut, un regret, et nous sommes terrassés par son racisme assumé. Mais est-on exempt de tout reproche ?

Ce racisme latent nous est pour beaucoup inculqué par les médias. On nous demande sans cesse de ne pas faire d’amalgame, or l’amalgame n’est pas conscient. Il est évident que je ne pense pas « terroriste » à chaque fois que je croise des musulmans, cependant j’en ai l’image qui s’imprime petit à petit au fond de mon cerveau. Plus on nous parle de fanatiques meurtriers, plus la crainte se fait ressentir. Je ne veux pas être manipulée par les médias ou par la pensée étroite de mes contemporains, mais force est de constater que je n’y parviens pas. Le seul moyen que j’ai trouvé pour remédier à cette fâcheuse situation reste de ne plus regarder la télévision. Fini, le journal de vingt heures.

Nous répétons sans cesse les erreurs de nos aînés : si j’étais né en 17 à Leidenstadt, aurais-je été meilleur ou pire que ces gens (*musique*) ? On a beau nous démontrer l’horreur de la traite des noirs, les camps de concentration et d’extermination, la pourriture qu’engendrent les guerres, nous en sommes encore à nous demander si nous devons accepter sur notre territoire la venue en masse des réfugiés. Ca me révolte ! Je suis révoltée qu’on refuse la sécurité à ces personnes sous prétexte qu’ils vont nous piller et violer nos enfants, mais j’avoue ne pas assez me mobiliser pour qu’on les laisse libres de s’installer. Je ne fais pas entendre ma voix.

Les différences culturelles sont la source de nos mésententes. Souvent, nous ne sommes pas capables de comprendre les actes de l’autre, et il y a du vrai dans l’idée que deux ethnies différentes ne peuvent pas vivre ensemble. Elles n’en sont pas capables si elles refusent toutes deux d’abandonner un peu de leur mode de vie pour en créer un nouveau en commun. Pourriez-vous abandonner vos origines, vos coutumes, votre passé culturel pour en engendrer d’autres au profit de la paix en communauté ? Ne demandez pas aux autres de sacrifier ce que vous ne sacrifierez pas.

Je suis un paradoxe. Je m’identifie comme citoyenne du monde, égale à chaque être vivant sur cette Terre, mais mes pensées intrinsèques trahissent ma grandeur d’âme apparente. Je lutte contre moi-même pour me prouver que je peux être libre de toute idée rédhibitoire, or c’est un travail de longue haleine. Au moins me suis-je rendue compte que ce travail était à fournir, c’est déjà un bon début.

Et vous, où en êtes-vous ? Avez-vous parfois l’impression de vous bercer d’illusions ? La racisme est une plaie parce qu’il s’enracine dans la peur. La crainte de l’autre n’est-elle pas un réflexe primaire d’auto-défense ? On ne peut pas la blâmer, mais on peut l’éconduire, n’est-ce pas ?

Rendez-vous sur Hellocoton !


47 thoughts on “Ces pensées racistes que j’essaie de réfréner.

  1. S Répondre

    Alors je vais contrer le reste des commentaires ici, je t’apprécie beaucoup Rozie, comme on apprécie une personne qu’on lit souvent et à laquelle on s’attache mais je trouve que cet article légitimise le racisme sans même que tu ne t’en rendes compte. Alors évidemment, il y a plusieurs façons d’interpréter un seul texte, visiblement tous les commentaires s’y rapportant sont positifs et elles semblent avoir compris le fond de ta pensée. Je l’ai comprise aussi, mais je la trouve pas moins blessante. Je sais que ce n’était pas ton attention mais l’article me donne la sensation de remuer le chaos plutôt que de clarifier les choses. Ça me dérange de lire quelqu’un qui serait capable d’avoir peur de mon petit frère dans la rue ou de mon père. Sans doute parce que je sais à quel point ces deux là souffrent justement des « pensées racistes » que tu essaies de refréner. Je pense qu’il faut le voir pour le croire, mais lorsque je lis qu’on ne peut pas blâmer des pensées qui vont contre le sens même de l’humanité, j’ai viscéralement du mal avec tes propos. Lorsque tu dis que tu n’auras jamais pu te marier avec un noir ça me fait mal, car si ma grand-mère allemande n’avait pas osé se marier avec un « coloré » (je trouve ce terme très mal utilisé d’ailleurs, un noir est un noir : ce n’est pas un gros mot) alors je ne serais pas là en train d’écrire ces lignes… Je ne peux m’empêcher de me dire que par ce seul exemple, tu es raciste. Lorsque ton cerveau pense automatiquement qu’une personne ayant un accent est forcément mal éduquée, alors là on marche sur la tête… Peut-être que c’est moi qui ait été élevée avec trop de tolérance dû à mes origines mais jamais ça ne me viendrait à l’esprit de relier un accent à un manque d’éducation. Si c’était un accent anglais, penserais-tu la même chose ? Effectivement c’est du racisme, et j’ai de la peine pour tous ces gens qui sont jugés sur la tessiture de leur voix ou leur manière de parler une langue qu’ils ont pris le temps d’apprendre. En se cachant derrière l’éducation et la société, on banalise ces pensées donc pour répondre à ta question SI, il faut blâmer ce genre de pensées. Nous ne sommes pas des animaux, nous n’avons pas à régir nos relations humaines en fonction d’une stratégie de conquête ou de défense. Beaucoup de points m’ont dérangé dans ton article sûrement parce que mon père est noir et ma mère est arabe et que cela me rappelle beaucoup de mauvais souvenirs. Quoiqu’il en soit, je ne t’en veux pas. Chacun est libre de penser ce qu’il pense, et j’admire tout.es ceux/celles qui osent prendre la parole. Je te respecte pour cela mais je ne peux que très difficilement concevoir ce que tu racontes dans certains pans de cet article. Je trouve cela violent. Mais après tout, cette société est violente. J’admire ton courage pour dire ce que tu penses. Et c’est pour cette raison que je continuerai toujours à te lire. Parce que tu parles vrai. Et que ce n’est vraiment pas le cas de tout le monde.

    1. Rozie Répondre

      Bonjour S,

      Déjà, merci pour les sentiments que tu as envers moi et pour ta tolérance : tu continueras à me lire même si mes propos t’ont choquée et blessée. C’est très grand de ta part.

      Ensuite … Je n’ai pas voulu te blesser, ni blesser qui que ce soit et j’en suis profondément peinée. Sincèrement.

      Je ne dis pas qu’on ne doit pas blâmer les pensées racistes (bien sûr que si !), celles que j’ai en l’occurence (si tu savais comme j’en ai honte !). Je dis qu’on ne peut pas blâmer la crainte de l’autre, qui est assez naturelle. Mais ce n’est pas pour ça que cette crainte doit légitimer de telles pensées, horribles, stigmatisantes, et racistes. Ce n’est pas pour ça que je trouve normal de se défendre (de quoi ?) ou de conquérir (au nom de quoi ?). Ce n’est pas pour ça que je trouve normal de craindre l’autre automatiquement d’ailleurs. La confiance, ça s’apprend. Moi, on m’a appris à me méfier, et c’est ce que je déconstruis aujourd’hui.

      Est-ce que je suis raciste ? Dans l’article, je dis que consciemment non, JE NE VEUX PAS l’être. Mais mon inconscient lui … Est beaucoup plus difficile à gérer. Ces pensées que je décris, elles prennent à peine un quart de seconde dans ma tête avant que je ne les refoule à grand renfort de « Mais faut être malade pour penser ça, Rozie, ne répète pas les erreurs de tes aïeuls !! ».

      Je ne dis pas que je ne peux pas aimer un noir, mais que je ne veux pas tomber amoureuse d’un noir. C’est très violent, je te l’accorde. C’est parce que je le sais que je l’ai écrit. Ecrire, c’est ma thérapie. Une fois les mots sortis, les pensées conscientisées, j’arrive à travailler dessus et c’est ce que je fais. Je travaille pour ne plus avoir à penser ça, et ça marche petit à petit.

      Si j’entendais un accent anglais, non, je ne penserai pas la même chose. C’est bien pour ça que je me troue affreuse, que cette partie de moi me scandalise. Tu as raison, j’ai un fond raciste. Le propos de l’article était d’en prendre conscience et de le combattre. Comme ces hommes qui ont des pensées sexuelles en voyant des petites filles. Ils savent que c’est mal, et souvent, ils se battent contre eux-mêmes. Le parallèle peut être un peu gros, mais tu vois ce que je veux dire.

      Mes explications ne pourront pas contrer le mal que je t’ai fait. Pardon pour ça. Je savais que je prenais le risque de faire très mal en écrivant, celui de me faire lyncher aussi.

  2. LeMerlanFrit-Fanny) Répondre

    Je suis pour ma part souvent en mode « insouciante » pour ne pas dire « naïve » à ne jamais imaginer le pire quand je me balade dans la rue. Mais je dois avouer qu’il m’est arrivé d’avoir plus particulièrement peur parfois, en croisant des groupes de racailles surtout, qu’ils soient typés arabes ou non en fait. C’est déjà un préjugé mais à la fois, je rejoins aussi mon conjoint qui n’est pas raciste pour un sou non plus : ceux qui foutent généralement la m**** ou font la une pour des affaires de terrorisme et autres sont souvent typés maghrébins voire revendiquent leurs actes au nom de la religion musulmane… Tout ça n’aide pas !
    Quand mon conjoint était jeune et un peu rebelle à la mode hard rock, il ne se faisait emmerder que par des « arabes » dans la rue, forcément il a maintenant une méfiance accrue vis-à-vis de ces personnes bien malgré lui… Tous ses neveux et nièces sont métisses et il a vécu près de 10 ans en Afrique et notamment au Maghreb donc bon…!

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, je comprends, ça n’aide pas.
      J’ai aussi passé pas mal de temps avec des gens à la mode « hard rock » et ils se faisaient tout le temps emmerder avec des « racailles » aux origines magrhébines … Alors forcément, ils s’en méfiaient comme de la peste, sans pour autant être des racistes dans l’âme.

      Personnellement, dans la rue, je me suis fait emmerder par tous les hommes, blancs ou pas. Mais que je devais prendre le métro à 4h pour aller travailler, j’étais morte de trouille de traverser les immeubles qui m’en séparaient.J’aurais eu moins peur dans un quartier dit « chic » alors que j’aurais pu tomber sur un fou aussi.

      Pas évident toutes ces questions, tous ces jugements, ces stéréotypes … !

  3. Lafilledelencre Répondre

    Ton billet est courageux mais très intelligent … il reflète bien la difficulté de la question de déconstruction.
    Je te souhaite un bon cheminement dans ta réflexion et qu’elle puisse te mener vers toujours plus d’ouverture aux autres.
    On s’y efforce tous et même sans aucune pensée fugace maladroite, ce n’est pas facile tous les jours.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup. Oui, c’est le bon terme, la déconstruction.
      Je fais toujours en sorte de m’ouvrir encore plus. Aux autres, à la vie, à tout ce qui m’entoure. Et j’aimerais me libérer de tout ce qui fait de moi une personne « préformatée » !

  4. Je ne suis pas une poule Répondre

    C’est article drôlement courageux et je dis que celui qui n’a jamais eu ce type de réflexe te jette la première pierre. Contrairement à toi j’ai grandi en banlieue parisienne dans une ville multi-culturelle et beaucoup de mes amies sont « colorée » et pourtant il m’arrive d’avoir des a priori (pas toujours négatifs d’ailleurs). J’imagine que c’est humain, tout simplement.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci !
      C’est vrai, les a priori ne sont pas forcément négatifs. Et c’est humain. Mais ce qui est naturel peut aussi être contrôlé pour que ce ne soit pas au détriment des autres !

  5. Elisa Répondre

    Bonsoir.

    Je suis assez surprise de ton article. Pour être franche, je l’ai au départ mal pris..
    Peut-être à cause du côté raciste étant d’origine Portugaise et Algérienne et étant de religion Musulmane ..
    Cependant, en lisant encore et jusqu’au bout, j’ai commencé à comprendre ce que tu as voulu dire.
    J’ai même pensé que tu avais raison, car moi même je reconnais que les médis nous influencent énormément.
    Et moi-même je ne fais pas forcément ce qu’il faut pour faire entendre ma voix en ce qui concerne les réfugiés..
    Ton article en fera surement réagir plus d’un mais le principal est que tu es sincère avec toi-même..

    Je te souhaite tout de même une bonne continuation..
    A bientôt !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je comprends ce qui a fait que tu as pu mal le prendre, et vraiment, ce n’était pas mon intention.
      J’ai voulu décrire ce que le monde dans lequel j’ai grandi veut faire de moi : craindre les autres, stigmatiser … Tout ce que je déteste !
      Alors je n’ai rien contre les musulmans, ni les personnes d’origine africaine. Rien du tout. Mais je reconnais qu’une part de moi que je ne contrôle pas, et qui me vient sans doute de l’enfance et des discours que j’ai pu entendre petite, est « instinctivement » (ce n’est pas le mot mais difficile d’en trouver un autre) raciste. C’est horrible.
      Je ne veux pas de ça dans ma vie et dans ma personne et c’est pour ça que j’en parle et que je le combats. Parce que sous nos grands airs d’ouverture d’esprit, je suis sûre qu’on est nombreux à ressentir ça. Ca ne dure pas longtemps, à peine une seconde à chaque fois, mais c’est là, malheureusement …

  6. Peanuts Répondre

    Je tiens à t’adresser toutes mes félicitations. Tu es très courageuse de livrer ce genre de réflexion et surtout d’admettre que tu as ce style de pensées, mais que tu les combats durement envers et contre tout. Avoir une amie métisse, une amie différente, par la couleur de peau, par un physique différent, un style de pensée différent, ou par une relation à l’autre différente…. c’est une richesse indescriptible.

    Sinon comme toi, j’ai une sainte horreur des « informations » qu’on voit sur les grandes chaînes… Mais pas que. Les deux endroits qui m’agacent le plus ? En premier lieu les « journaux télé » typiquement nombrilistes, vulgaires, ou qui font la part belle aux terroristes dont on ne devrait même pas parler des « exploits » car c’est tout ce qu’attendent les affreux aux commandes des groupuscules qui les mandatent, ou aux politicards qui passent leur temps à s’envoyer des piques à en veux-tu en voila, et les réseaux sociaux, pépinières de crétins en tous genres qui passent leur temps à se masturber les méninges à coup de « sa va » et autres horreurs syntaxiques en tous genres, sans compter les avis sans aucun intérêt à part tacler un commentaire plus haut juste pour le plaisir de le tacler (donc sans aucun intérêt pour celui qui lira la multitude de bêtises qu’ils pondent à la seconde)…

    Le racisme, on peut le voir transpirer de partout : il est dans un regard, un reniflement, un évitement, un changement d’attitude ou de trottoir…

    Tout réside dans le fait que le racisme naît de la différence : petit/gros/roux/grandes oreilles, ou nez… et j’en passe !

    Le racisme débute dès le plus jeune âge, à l’école maternelle, parfois même dès la crèche ou carrément au sein de la famille, de son quartier, des endroits que fréquentent les parents, les grands-parents, les fratries ou juste les copains ! J’ai vu des gamins rejeter la différence en bloc, quelle qu’elle soit, par des mômes pas plus haut que trois pommes… et quelle que soit leur couleur de peau !

    Rejeter le petit, le gros, le moche, le dérangé ou simplement celui qui a des tâches sur la figure ou des cheveux roux, c’est éminemment humain ! L’être humain devient raciste en rencontrant l’autre, auquel il compare ce qu’il connaît déjà (ou ce qu’on lui a fait connaître comme « normal » ou « naturel ». C’est un comportement qu’il acquiert certes par l’exemple, mais aussi parce qu’on ne lui a pas appris à aller vers ces enfants qui ne leur ressemblent pas : « surtout, ne va pas jouer avec machin, il est mal élevé, sale, la morve au nez… » Et à l’âge adulte, ça donne ce qu’on croise parfois ici et là. Souvent même…

    J’ai vu tant de formes de racisme au travers mes propres différences, lors de mes expériences professionnelles aussi, que je ne m’arrête plus à ceux qui pensent qu’un noir est sale juste parce que sa peau est noire.

    Cela dit, tu fais un constat que nombre de personnes ne feront jamais de toute leur vie, simplement parce qu’elles trouvent ça « normal » de rejeter en bloc ce qui ne leur ressemble pas ! Et rien que pour ça, je salue ton courage de mettre ainsi à nu tes pensées inconscientes aux yeux du Monde. Je te souhaite d’être interprétée dans le sens que tu espérais donner à tes pensées. L’écrit peut être parfois si mal interprété tout comme un regard peut l’être s’il est juste un peu de « travers ».

    Bravo à toi pour ce difficile constat et continue de progresser (mais je ne doute pas que tu sois loin d’être aussi raciste qu’on puisse l’être) !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci pour tous ces compliments ! Je ne sais pas si c’est courageux, mais je sais que l’admettre, et y réfléchir, fera changer ce qui se passe dans mon processus inconscient, hérité de tous les comportements que j’ai pu voir jusque là.
      Dans la vie, je suis très ouverte, à tout et tout le monde. Donc je suis sincèrement persuadée de ne pas être raciste. Mais j’ai ces étranges pensées qui viennent me cueillir et contre lesquelles je lutte.

      Effectivement, on peut reconnaître le racisme partout, dans toutes les petites choses de la vie. Etre raciste, ça va plus loin que de ne pas aimer « les noirs » ou « les blancs ». C’est aussi envers n’importe quelle différence qu’on dénigre à défaut de l’accepter. Ce que tu dis est très juste.

      1. Peanuts Répondre

        Cela pourrait presque être un sujet de philo au bac cette année ! 😉

        1. Rozie & Colibri Répondre

          C’est vrai, ça pourrait !

  7. SweetieJulie Répondre

    Merci d’avoir eu le courage de rédiger un article de ce point de vue-là. J’ai des amies d’origine étrangère, de nationalité française, adoptées. L’une vient de l’Inde, l’autre du Portugal. Je ne les ai rencontrées qu’après les premières années de l’adolescence, je sais qu’elles ont subi des remarques racistes, et j’aurais aimé être là pour les défendre. Mais l’aurais-je seulement fait ? Aurais-je dit quelque chose si j’avais entendu une méchanceté ? Je ne sais pas, peut-être comme toi me serais-je tue. A l’époque…
    Aujourd’hui j’entends mes parents, ou encore mes grand-parents faire des amalgames, tenir des propos qui incitent à la séparation des cultures, au racisme, et je ne peux pas m’empêcher de m’énerver. Nous ne sommes qu’ un, faisant partie de la race humaine à travers nos différences qui nous rendent si riches.
    Ce qu’on a pu entendre, ce qu’on a pu nous répéter restent malheureusement marqués en nous, et il se peut que nos pensées soient influencées par tout ça. Sommes-nous pour autant racistes ? Tu dis que tu adores ton amie, que tu souhaiterais que ta grand-mère ne tienne plus ses propos, que tu aimes précieusement tes neveux/nièces… alors tu n’es pas raciste. Peu à peu, ces « réflexes » qui ne sont que les reflets de ce qu’on a pu te dire, ou de ce que la société et les médias nous disent, disparaitront pour ne laisser place qu’à cette partie de toi qui n’accorde pas d’importance aux différences, qui aime chacun sans les mettre dans des cases, sans les ranger dans des races si ce n’est celle de la race humaine.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci Julie. C’est tout à fait ce que je pense et ce que j’espère. On est une seule et même famille, tous égaux face au monde, à l’univers, à Dieu …
      Moi aussi, j’ai eu des amis de toutes origines que je chéris. Moi aussi, je lutte contre le racisme quand je l’ai en face de moi dans la bouche de mes interlocuteurs. Et je lutte aussi à l’intérieur de moi-même. Pour que petit à petit, ces fractions de secondes n’existent plus.

  8. Marilyn Répondre

    Hello!
    J’avoue que j’ai eu peur en lisant le titre de ton article puis au fur et à mesure, j’ai été agréablement surprise car comme pour beaucoup de commentaires l’ont déjà exprimé, je trouve ça courageux de ta part de te dévoiler ainsi. J’aimerais pouvoir te dire que c’est super naze d’avoir des idées reçues et en même temps, comment pourrais-je t’en blâmer ? Moi-même, n’en ai-je jamais eu ? (je te laisserai deviner la réponse ^^). Je trouve ça très cool que tu entreprennes un travail sur toi-même, c’est la preuve d’une ouverture d’esprit, d’une remise en question des médias, de la société dans laquelle on vit, et personnellement, j’ai toujours valorisé les esprits critiques capables d’admettre leurs « points de faiblesse » et de se remettre en question, tout simplement. Je trouve ça beau et intelligent. Voilà pour mon ressenti !
    Pour aller plus loin dans ta réflexion et dans ton travail, je ne pourrais que te conseiller un film que j’ai vu en avant-première récemment. Malheureusement, il ne sortira en salles qu’à l’automne (d’ici là, il faut guetter les projections privées dans plusieurs villes de France, organisées par la réalisatrice). Ce film s’appelle Ouvrir La Voix, sa réalisatrice, Amandine Gay. Il y est question des rapports des femmes noires françaises à leur identité dans ce pays. Mais sa portée est beaucoup plus large, puisqu’il soulève des questions autour du racisme, de la discrimination et des clichés au sens large du terme, de sorte que tout un chacun peut s’identifier ou en tout cas, s’ouvrir à ce que peut ressentir cet « autre » face à certaines remarques racistes inconscientes. Je suis moi-même Française ET noire (tout à fait compatible !), je me suis retrouvée dans 80 % des situations dépeintes par les témoignantes mais c’est bel et bien à mes amis blancs (ouverts à cette démarche de remise en question que tu inities) que j’en ai parlé en premier, car je pense que ce film les concernes davantage, même si le sujet ne le laisse pas entendre de prime abord !
    Mais c’est que mon message commence à être long dis donc, ^^, je m’arrête ici et te souhaite bonne continuation ! Et si d’aventure tu parvenais à visionner ce film avant sa sortie officielle, je serais heureuse d’avoir ton ressenti sur la question !
    Bises.
    Marilyn

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci beaucoup Marilyn pour tes compliments et ta compréhension de mon article !
      Etrangement, comme je le disais à une autre personne, je ne ressens pas du tout la même choses envers les femmes noirs qu’envers les hommes. Parce que, petite, ma grand-mère ne me tenait ce discours qu’au travers du mariage (et elle n’imaginait pas à l’époque que maintenant, on pourrait aussi se marier entre femmes !). Donc quand je vois une femme noire ou métisse, rien ne me traverse. Sauf si je l’entends parler avec un fort accent africain .. Mais je me reprends tout de suite !

      Mais c’est avec plaisir et interêt que j’irai voir ce film si jamais j’en ai l’occasion avant sa sortie. Et à ce moment-là, je viendrais t’en parler, promis !
      Merci en tout cas de me donner cette piste !

  9. l0uanne Répondre

    Pour les réfugiés, je prend des risques en disant ça mais ce qui me dérange c’est tous les moyens qu’on déploie pour eux, quand toi pauvre français on te laisse trimer… On est un pays en pleine crise économique, ils augmentent les prix de tout, ils nous taxes autant que possible, diminue les aides, le taux de chômage bat des records, les centre d’accueil son débordé l’hiver tellement il y a de SDF et à côté ils accueillent des milliers de gens a qui ils veulent tout offrir …. je trouve ça un peu trop facile perso.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je parlais encore tout à l’heure à des personnes bénévoles qui aident tous ceux qui sont en difficulté (sdf, réfugiés …). Elle me racontait que oui, on accueillait les réfugiés, mais qu’en réalité, on ne déployait pas tant de moyens que ça pour eux. La grande majorité n’a rien.
      On leur donne un logement, c’est vrai, et une carte avec un revenu minimum pour pouvoir vivre. Je comprends que ça mette en colère parce qu’on ne fait pas ça pour « les français ». Mais à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Et sur le terrain, les réfugiés ne sont pas si bien lotis que ça ! Je m’en doutais déjà, mais je l’ai encore plus intégré depuis que je suis dans le social !

      Mais ce que je dis n’est absolument pas une critique de ton avis. C’est mon point de vue face au tien ! Et c’est grâce à l’échange qu’on avance.

    2. Lafilledelencre Répondre

      Lorsque tu dis  » ils accueillent des milliers de gens a qui ils veulent tout offrir  » … tu peux donner des exemples concrets ?
      Il me semble qu’il s’agit là plus de désinformation que d’élements vérifiés non ?

  10. Raphaelle Répondre

    Quel article intéressant…
    Pour la petite histoire, je suis d’origine asiatique, de Corée du Sud plus précisément. J’ai été adopté et qui adoption implique à minima que tes parents soient ouverts sur le monde et ne soient pas « racistes ».
    Mon grand-père paternel ne comprend ni l’adoption (pas le même sang), ni l’origine (asiatique quoi… pas blanc!).
    IL y a de cela 10 ans , j’ai rencontré mon compagnon, d’origine congolaise – élévé en France depuis son plus jeune âge, qui travaille etc… Nous sommes donc un couple asiatico-noir 🙂 et bien mes parents n’ont pas forcément bien réagi. Ils n’imaginaient pas pour leur fille chérie ce genre de compagnon.
    Le racisme est à combattre, mais il est pardonnable chez les personnes agées (comme ta grand-mère). Je ne suis pas certaine qu’un jour on puisse l’éradiquer malheureusement mais j’espère que l’éducation des jeunes générations permettra à tout le monde de vivre « ensemble ».

    Battons nous ensemble pour dépasser les préjugés mais gardons le sens de l’humour.
    Bien amicalement,

    1. Rozie & Colibri Répondre

      C’est étonnant, c’est vrai, que tes parents aient réagi comme ça face à ton compagnon alors que tout indiquait qu’ils étaient « ouverts ». Comme quoi … On a tous des idées reçues, des souhaits, un idéal qu’on a du mal à voir bousculé ! Tu aurais vu la tête de mon père (pourtant pro-homo) quand je lui ai dit que j’aurais tout aussi bien pu tomber amoureuse d’une fille .. !

      Le racisme est-il pardonnable chez les personnes âgées ? En partie, oui. Comme je l’ai dit à quelqu’un d’autre, ses parents lui tenaient déjà ce discours et elle a vécu les guerres, elle a été plongée dans le patriotisme et le nationalisme dès son plus jeune âge … Cependant, elle aurait pu, à un moment donné, remettre tout ça en question.

      Ensemble, on peut beaucoup (et avec humour aussi) ! 🙂

  11. La Petite Culotte Répondre

    « Pourriez-vous abandonner vos origines, vos coutumes, votre passé culturel pour en engendrer d’autres au profit de la paix en communauté ? Ne demandez pas aux autres de sacrifier ce que vous ne sacrifierez pas. »

    Je suis assez d’accord avec le fait qu’il ne faut pas renier sa culture car elle est importante, elle fait partie de notre identité, mais je suis également d’avis qu’il faut s’adapter quand on va vivre dans un pays qui a des moeurs et une culture différentes, parce que je pense que ce n’est pas à nous, qui sommes étrangers dans un pays qui a son histoire, d’imposer ou de tenter de changer les choses. J’ai vécu dans plusieurs pays étrangers, j’ai toujours respecté les us et coutumes. 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je suis exactement du même avis ! Mon paragraphe tendait surtout à dire « Balayez votre porte avant de critiquer les autres ».

      Il faut un juste milieu. Garder son identité, c’est important, mais s’adapter au territoire sur lequel on souhaite s’implanter l’est tout autant. Et le problème, c’est que peut-être que ceux qui s’implantent souhaitent s’adapter mais que nous, on exige qu’ils laissent tout derrière eux et on ne cherche pas à s’adapter à leur venue aussi … Ca ne peut fonctionner que main dans la main !

  12. Aurore Répondre

    C’est très courageux de ta part de parler d’un tel sujet. Beaucoup ne le diront pas mais beaucoup de personnes sont proches de ta situation ! J’ai toujours été quelqu’un de très ouverte, je suis dans un couple mixte et pourtant certaines pensées m’effleurent parfois, surtout depuis les attentats. D’ailleurs comme toi, j’ai pris la décision de ne plus regarder les infos. Ils ont je trouve tendance à beaucoup accentués les clichés, la stigmatisation. La peur de l’autre fait malheureusement partie de l’être humain surtout en période de crise économique et politique comme nous en vivons une actuellement. L’important et d’en avoir conscience, d’y réfléchir pour éviter de faire des choses stupides comme voter extrémistes en Avril 2017.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, je suis certaine qu’on est très nombreux dans ce cas là. Malheureusement.
      Et, je le pense, ne plus regarder la tv est encore le meilleur moyen de lutter ! Ils accentuent effectivement beaucoup, ils stigmatisent et après ils disent « Pas d’amalgames » …
      Tu as raison, il faut en prendre conscience et comprendre que c’est un processus humain mais qu’on n’est pas obligés de le subir et qu’on peut en sortir du positif aussi !

  13. Kariana Répondre

    C’est le genre d’article que j’aime bien lire, parce qu’on a tous un jour ou l’autre fait des généralités ou balancé une expression bien crade.
    Pour ma part j’ai été élevée par ma mère bien raciste (surtout envers les musulmans, je te laisse imaginer sa mentalité actuelle) et j’ai aussi des relents. Par exemple je ne m’étonne pas quand une nana se fait battre par son mari arabe, alors qu’il existe des tas d’arabes sympas et pas violents pour un sou (j’en connais en plus !) et j’ai la généralité facile, comme par exemple « tous mes voisins portugais sont bruyants et irrespectueux, donc tous les portugais sont bruyants et irrespectueux » (surtout pendant les matchs de foot ^^).
    Je sais que je ne devrais pas mais parfois, bah ça fuse tout seul. Je me corrige vite. Je ne sombre pas dans la haine gratuite (je n’en vois pas l’intérêt). Je sais que c’est mal, mais je n’apprécie pas pour autant les Jean-Michel Morale qui se ramènent pour tenter de me dicter ma façon de penser ou me corriger lorsqu’une réflexion m’échappe (ou qui viennent m’insulter de nazie sans chercher à argumenter quoi que ce soit). Je raisonne par moi-même, me corrige par moi-même, et personne ne me dit quoi penser. Je laisse les gens penser comme ils veulent, donc j’estime que personne n’a à me dire quoi que ce soit.
    Après je croise souvent de tels stéréotypes que je suis plus étonnée quand je croise quelqu’un qui sort du lot que quand je croise un cliché ^^

    1. La belle bleue Répondre

      J’avoue que sur FB je joue beaucoup les Jeanne-Michèle Morale sur des pages où les gens déversent leur haine à coups de fautes d’orthographe (ce n’est pas ton cas je te rassure). Alors eux, je me fais un plaisir de me les faire !!! Bon, j’argumente pas non plus des masses, déjà c’est même pas sûr qu’ils comprennent et qu’ils réussissent à aller au bout de 5 lignes, bien écrites en plus. Mais en plus j’ai pas que ça à foutre. Du coup je donne des arguments bateau mais qui fonctionnent toujours, et je finis par le cours d’orthographe du jour, avec le relevé des erreurs, les corrections, et si je suis d’humeur joviale l’explication qui va avec.
      Puis c’est souvent ceux qui défendent la France qui ne savent même pas en utiliser la langue correctement. Je me gausse.
      Bref tout ça pour dire que je fais beaucoup la morale aux gens sur FB 😀 Des gens que je ne connais même pas en plus lol !!!!

      Après, dans la vie de tous les jours, comme les gens que je fréquente connaissent mes idées, ils se retiennent devant moi. Si ça leur échappe, je me contente d’une réflexion, mais sans aller jusqu’à l’agressivité ou l’affrontement (je me vois mal agresser la mère d’une très bonne amie, qui a pourtant dit récemment qu’ « ils » nous envahissaient, là, je me suis contentée de lui répondre que j’avais mangé un excellent couscous au réveillon de Noël looool… en plus c’était vrai 😀 et là elle n’a plus rien dit). IRL, c’est plus de la provoc’ que de la condescendance ou de l’agressivité de ma part !! Mais j’arrive pas à me taire !!! Dans la région où j’habite, les racistes qui considèrent qu’ « ils » nous envahissent sont trop nombreux, et ça me fait chier. La manière dont ils le disent, c’est abject, on dirait que Ménard a pris possession de leur corps, c’est juste hideux à entendre !!!! Je peux pas ne pas répondre à ça, même si je devrais, ça me calmerait lol !!!

      1. Kariana Répondre

        Ma pauvre Marina, j’espère pour toi que tu ne croiseras jamais ma mère, tu t’arracherais les cheveux ^^
        Sur FB je n’interviens généralement pas sur les sujets racisme, c’est un débat sans fin. Là où je ne peux pas m’en empêcher c’est sur les sujets « chômage » ou « revenu de base », ça me sidère toujours de voir que certains croient encore au plein emploi et que si les gens sont au chômage c’est qu’ils le cherchent. J’imagine que tu ressens la même frustration avec les racistes !
        Je t’avoue que par contre je rentre dans le lard des Jean-Michel Morale très vite (même si j’ai tort !) et c’est pas beau à voir 😡

    2. Rozie & Colibri Répondre

      Malheureusement, à Lyon, c’était pareil. Je croisais beaucoup de personnes qui allaient dans le sens des stéréotypes que nous rabâchent les médias. Mais il ne faut surtout pas mettre tous les oeufs dans le même panier. Et quand bien même, ce n’est pas parce que ces gens semblent coller aux stéréotypes qu’on ne doit pas leur laisser une chance ou les respecter …
      Mais j’en conviens, c’est pas évident et souvent, on ne s’en rend pas compte quand on dit des énormités ! Chez moi, ça ne sort jamais en paroles. J’y pense très très vite, et je me dis « Putain Rozie, comment tu peux te figurer une chose pareille ?! » Je m’engueule intérieurement et me reprends, mais je ne fais pas de grosses bourdes. Du moins j’espère !

      Les moralisateurs sont tout de même importants dans notre société, quand ils sont mesurés. Je trouve que ça ne sert strictement à rien de traiter quelqu’un de « nazi » ou de l’insulter pour une mauvaise réflexion. Lui dire « C’est pas cool, ce que tu viens de dire », ça suffit. Tout est une affaire de juste milieu.

  14. La belle bleue Répondre

    J’ai un message pour ton aïeule, est-ce que tu pourrais le lui transmettre avec des fleurs, des coeurs, et une auréole ? « Madame, N’ALLEZ SURTOUT PAS VOTER. Ni en avril, ni en mai. Merci bien. Partez en vacances, ça vous fera du bien, faites-vous les ongles, retapez une voiture, faites de la confiture, faites de la peinture, mais N’ALLEZ PAS VOTER »

    Sinon, pour le racisme, je ne vais pas te dire « haaaaaan mais t’es horrible », tu as été conditionnée pendant toute ton enfance (la période où on est tous des éponges en plus), et en plus par la dame que je veux pas qu’elle aille voter. Et en plus, contrairement aux racistes, tes pensées sont fugaces et non pas permanentes, et en plus tu es consciente que ces pensées sont mauvaises, alors que les racistes pensent que c’est la bible (dans tous les sens du terme… y a qu’à voir les idées politiques de ceux qui foutent leurs gosses dans le privé).

    Perso, j’ai la chance d’être dans une famille où personne n’est raciste (à part le père de mon beau-père, mais je l’ai vu pour la première fois il y a 7-8 ans, j’ai eu largement le temps de me forger une opinion sociétale et politique, sachant que j’ai tout juste 33 ans maintenant). En fait, personne ne s’intéresse à la politique, à part mon père et moi 😉 Mon beau-père et ma mère ne sont jamais d’accord, souvent ils s’engueulent un peu (je vole au secours de ma mère lol) mais sans plus, et il n’est pas aussi extrémiste que son père raciste.
    Et ma soeur est avec un garçon adorable (et mignon) d’origine maghrébine, avec qui ça se passe très bien 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Hahaha ! Je ne sais pas si elle ira voter, mais comme tous les autres, malgré ses pensées stigmatisantes et ouvertement racistes, elle en est libre. Elle en a le droit. A nous autres de nous battre pour que les extrêmes ne passent pas !

      Oui, mes pensées sont vraiment fugaces. Si elles durent une seconde, c’est déjà énorme .. Mais n’empêche, elles sont là et c’est signe d’un problème ! Je n’en veux pas tellement à ma grand-mère parce que, même si je ne légitime absolument pas ses pensées, je les comprends. Elle a grandi avec des parents qui lui tenaient ce discours et elle a vécu les guerres. Elle était petite quand on lui a enseigné le patriotisme et elle n’a jamais remis en question tout ça .. Faut voir ce qu’elle pense des allemands … Pourtant, ils sont blancs aussi ! Bref ..

      Je fais ce travail sur moi. J’ai des amis de toutes les couleurs et de toutes les nations, ça ne m’a jamais posé de soucis et je n’ai jamais eu ce genre de pensées fugaces à leur encontre. Ca vient vraiment quand je marche dans la rue et que je croise des inconnus. C’est fou l’esprit.

  15. Nadège Répondre

    Cette réflexion est vraiment très intéressante. Je n’ai pas l’impression que tu sois raciste, par contre je crois que nous avons tous un certain nombre d’a priori sur les autres (et là je ne parle pas seulement en termes de couleur de peau) et que parfois ces a priori s’invitent dans nos pensées sans qu’on les y invite. C’est déjà bien d’en prendre conscience ! De plus, en ce moment, avec les extrémismes qui montent partout, il me semble que même les personnes les moins racistes du monde ont peur d’être prises en flagrant délit de discrimination (pour une mauvaise blague, un regard trop appuyé ou n’importe quoi d’autre qui pourrait être mal pris par des personnes trop souvent stigmatisées)…

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Oui, on a tous des a priori et il faut en prendre conscience : c’est déjà un grand pas ! Et ce ne sont pas que des a priori qui concernent la couleur de peau .. On stigmatise tous quelqu’un à un moment donné, consciemment ou pas. Ca prend du temps de penser autrement.
      Oui, c’est vrai, j’ai très souvent peur que mes réactions et mes paroles soient mal interprétées. On nous dit tellement de faire attention que j’en viens même à tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de parler … Parfois, je croise des femmes métisses dans la rue et je les trouve magnifiques (c’est souvent le cas d’ailleurs. Etrangement, mon « raisonnement raciste » ne s’applique qu’aux hommes parce que ma grand-mère ne m’a jamais dit de ne pas me marier avec une femme noire). Et bien, j’ai peur de les regarder parce que je me dis « elles vont croire que si je les regarde avec tant d’insistance, c’est par malveillance .. ».

  16. MissTexas Répondre

    C’est un sujet épineux que tu abordes ici et je te trouve courageuse de nous présenter ce que tu as au fond de toi. Ton message soulève beaucoup de questions en moi, puisque je me prône citoyenne du monde, tout en sachant que là, tapies quelque part en moi, se trouvent des idées reçues que je voudrais aussi refouler à tout jamais. J’ai moi aussi une grand mère ouvertement raciste, et je me suis engueulée plus d’une fois à ce sujet là avec elle, allant même jusqu’à ne plus lui parler pendant des mois. Mais parfois, je l’avoue comme toi, j’ai des à priori sur les gens moi aussi, ce qui m’agace profondément… Je comprends vraiment ce que tu as voulu exprimer dans ce message Rozie, merci de l’avoir fait avec autant de sincérité !

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci MissTexas ! Je savais bien que je n’étais pas seule dans ce cas, et qu’au contraire, une majorité de personnes vit ça au quotidien (que ce soit contre les personnes de couleur, les femmes, les pauvres …).
      Mais on essaie de combattre ces pensées stéréotypées, et c’est l’essentiel. L’humain a un bon fond, et je suis persuadée qu’en menant ces réflexions, et travaillant sur soi et en arrêtant de se mentir, on fait avancer les choses !

  17. Marie Répondre

    Il est très courageux cet article. Il pourrait être compris à l’envers et mal interprété. Et pourtant tu as tout à fait raison, nous sommes enfermés bien malgré nous dans nos préjugés. Pour moi, ici, ce n’est ni une question de couleur de peau ni une question de religion (tout le monde est bronzé et tout le monde est musulman hhh), mais plutôt de condition sociale. Inconsciemment, je suis constamment en train de « classer » les gens selon leur situation sociale et du même coup leur niveau d’éducation, et même leur mode de vie! Ça me soule. Je voudrais bien être au dessus de ça. Mais malheureusement, je ne peux pas faire autrement, ne fût-ce que pour savoir quelle langue parler avec qui, vu que ça va ensemble.

    1. La belle bleue Répondre

      Ça me fait pareil, mais avec des gens au style bien défini. Je refrène ces pensées mais j’ai du mal. Quand je croise une personne au style un peu snob, surtout si elle est blonde et avec un serre-tête, je ne peux pas m’empêcher de la regarder de travers en me disant « celle-là, je l’aime pas, j’aime pas sa gueule, elle vote FN… sale raciste ».
      Malheureusement, ce sont souvent des gens de ce style avec cette allure-là que je vois tenter de doubler dans les files d’attente, ou dont je surprends des conversations peu glorieuses dans les queues ou au restau. Et dans la région où j’habite, ces gens-là sont nombreux (trop même), du coup, je fais de moins l’effort de refréner !

      Par contre, je n’ai pas ces a prioris pour les arabes ou les noirs. Je ne me dis pas qu’ils vont m’agresser ou me parler, je n’ai vraiment aucun a priori. Comme on appelle Hamon « Bilal », je pense que si je faisais de la politique, on me donnerait aussi un surnom de ce genre !! 😉

      1. Marie Répondre

        Bilal, c’est le prénom de mon fils aîné! Hhh… Dans l’histoire de l’Islam, c’est un prénom qui symbolise le refus du racisme 😉

    2. Rozie & Colibri Répondre

      Merci. J’espère effectivement que personne ne l’a mal pris !
      Je n’avais pas pensé à la dimension de classe sociale. Je n’ai pas tendance à ranger les gens avec ces critères, mais c’est vrai que ces une façon de penser que beaucoup de personnes ont par automatisme aussi.
      C’est fou tout ce contre quoi on doit lutter au fond de soi-même pour être une meilleure personne … Et la société ne nous aide malheureusement pas …

      1. Marie Répondre

        Je ne voyais pas du tout les choses comme ça non plus, avant d’habiter dans ce pays! Mon père est plombier, tu penses bien que je n’ai pas de préjugés à ce niveau-là à la base! Mais comme je le disais, ne fût-ce que pour savoir si je peux parler français ou si je dois parler en dialecte marocain, c’est automatique. Il faut analyser qui on a en face de soi. Le médecin, le pharmacien, le fonctionnaire parleront forcément français. Mais il y a peu de chance que ce soit le cas du gardien de rue ou du paysan qui vend ses légumes au marché. De même, je sais que la caissière du supermarché me comprendra mais me répondra très certainement en arabe. La fracture sociale, c’est une des choses avec lesquelles j’ai du mal dans ce pays. Ça met à mal mes idéaux d’occidentale.

        1. Rozie & Colibri Répondre

          Je comprends ! C’est un peu ce que je pensais quand je disais qu’entendre une personne avec un fort accent dans le métro me renvoyait l’idée affreuse qu’elle manquait d’éducation … Oui, effectivement, c’est classer les gens selon leurs positions sociales.
          Et ça met à mal tous nos idéaux !

  18. Emeline Répondre

    Merci de parler de ce sujet si délicat. Pour ma part je ne regarde plus les infos non plus. Je suis comme toi persuadée que l’on se fait manipuler. Ils prônent la haine pour que l’on se sente en insécurité. C’est terriblement triste. J’ai parfois moi aussi des aprioris. Mais si j’en prends conscience, alors ils disparaissent. La Gestalt thérapie m’a appris la bienveillance et le respect au quotidien. Je regarde tous les inconnus que je croise différemment aujourd’hui. Encore merci d’avoir oser parler de ce sujet 🙂

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Je t’en prie !
      Je regarde aussi, et je m’efforce à regarder, les autres avec amour et bienveillance. Parfois c’est plus difficile !
      Effectivement, les médias, à force de parler à tout va de terrorisme, nous incite à nous méfier de tout le monde. Soit qu’ils en parlent trop, soit qu’ils en parlent mal. Et notre inconscient fait le reste…

  19. Marie Kléber Répondre

    C’est un article très courageux Rozie – pas facile de dire ouvertement de telles choses surtout dans le contexte actuel. Bien sûr nous sommes toujours plus ou moins influencés par nos proches – les propos que nous avons entendu dans notre enfance. Plus tard c’est à nous de faire le tri.

    Pour ma part, j’ai du mal avec la différence que certains font sur la couleur de la peau. Mais je nuance mon propos parce que dire que certains « étrangers » ne me font pas peur est un mensonge. Une fois, peu après les attentats, je me suis retrouver dans un métro le soir. Trois hommes sont montés – arabes et barbus. Je suis descendue à l’arrêt suivant. Ils m’ont fichue la frousse. Alors qu’ils étaient sûrement comme toi et moi.

    La peur est légitime – l’inconnu fait toujours peur. C’est a nous de dépasser ce premier a-priori et d’accueillir l’autre avec respect / tolérance.
    Les médias ne nous aident pas à relativiser dans ce domaine. C’est donc bien à nous qu’incombe ce travail.

    1. Rozie & Colibri Répondre

      Merci Marie. En le publiant, j’avoue avoir eu peur que mes propos soient mal interprétés. J’espère que ça ne sera pas le cas …

      Oui, c’est à nous de trier et de jeter ce qui ne nous intéresse pas que ce que nous inculque notre environnement et les médias. Mais j’ai bien peur qu’une majorité de personnes ne s’en rendent pas compte. Comprendre qu’un travail est à faire n’est parfois pas évident. Et faire ce travail prend du temps.

      Je comprends ta peur. Malheureusement, j’ai eu la même.

Répondez-moi :

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *