Le travail ?

Choisir un métier, voilà bien quelque chose que je n’ai jamais réussi à faire. La question de l’orientation m’a toujours profondément déroutée. Qu’ai-je envie de faire ? Quel métier je me vois exercer plus tard, tous les jours de ma vie ?

Je n’en avais aucune idée. Je n’ai jamais réussi à en avoir une d’ailleurs. Aujourd’hui encore, si je me pose la question, je n’ai pas réponse phare. Je n’ai jamais su quelle était ma vocation. Je n’ai jamais réussi à me projeter dans un métier.

« Métier » d’ailleurs, c’est un bien grand mot. Je ne l’utilise jamais. Je dis « travail ». Tout simplement parce que je n’ai jamais été formée à un métier mais que j’ai travaillé pour gagner ma vie. Car la différence est là : un métier, tu as fait des études pour y parvenir, tu l’as choisi en âme et conscience, tu as (eu) envie de le faire tous les jours. Un travail, tu le fais parce qu’il faut bien faire quelque chose pour gagner de l’argent et survivre, tu l’apprends sur le tas, il est à la portée de tous ou presque, il ne te plaît pas spécialement. Dans ma famille, je ne connais que des travailleurs.

C’est sans doute en partie pour ça que mes études se sont mal terminées. Dès le départ, je n’avais pas de but précis, je ne voyais aucun horizon. J’ai choisi mon cursus par défaut : j’aimais la matière mais c’est surtout l’idée de ne pas me retrouver seule qui m’a motivée, j’ai suivi mes amis. Je ne voyais pas où ça allait me mener. Ca me barbait. Je commençais à sentir que je n’avais pas ma place dans ce domaine précis, mais je ne savais pas du tout où pouvait se trouver cette place.

J’ai repris mes études quelques années plus tard pour me prouver que le premier échec n’était qu’une erreur. J’ai brillamment réussi ma première année, et puis j’ai arrêté. J’avais eu ce que je voulais, savoir que j’étais encore capable d’être excellente. Mais rien ne m’apparaissait sur mon avenir professionnel.

Un plan de carrière ? Connais pas. Il n’y avait qu’une besogne que je refusais : Mac Donald. L’idée de sentir la frite chaque jour m’était insupportable. A défaut, j’ai senti la pizza, les croissants et le pain pendant quatre ans. Je ne suis pas sûre que ce soit vraiment mieux, mais on a les exigences qu’on peut.

Je me suis accommodée de toutes les tâches que j’ai eu à effectuer. A chaque fois que j’ai intégré une entreprise, il suffisait qu’une perspective d’évolution existe pour que je m’imagine y dresser un semblant de carrière. A contrario, quand je comprenais qu’il n’y en avait aucune et que je n’allais plus rien apprendre, c’était comme signer mon arrêt de mort, je dépérissais.

Aujourd’hui, je me demande donc. J’ai un métier, ou bien je travaille juste ?

Mon activité ressemble en tout point à l’idée que je me fais du métier. Il faut des compétences autres que celles qu’on a déjà naturellement, il y a des responsabilités, et des projets sur long terme qu’il faut mener. Il a un titre, il est complexe, n’importe qui ne peut pas y prétendre (et j’ai une chance incroyable d’en être, au regard de mon parcours !).

C’est très étrange pour moi de penser que j’ai un métier. Un métier dans les doigts. C’est complètement fou ! C’est tellement inhabituel autour de moi que je me sens vraiment privilégiée, et que j’en ai honte. Parce qu’en plus de ça, j’exerce un métier qui me plaît et qui a de nombreux avantages.

Suis-je passionnée par ce que je fais ? Non. Non, pas du tout. Ca n’est certainement pas une vocation, ni une passion. Mais c’est plaisant parce que ça me correspond bien. Il y a de vraies valeurs morales derrière, ça sert vraiment à quelque chose (ce point n’est pas tout à fait exact, car si demain mon métier disparaît, rien ne changera vraiment, cependant je travaille à des fins humanitaires et j’ai un véritable impact), c’est très polyvalent, ça nécessite de l’imagination, ça me permet de créer, j’apprends en continu, et surtout : je suis complètement libre. Je peux faire ce que je veux quand je veux, à tel point que j’ai régulièrement l’impression d’être en freelance, sans les inconvénients.

Etre passionné.e, c’est quand-même quelque chose. L’ai-je été dans ma vie ? Avec le recul, je ne pense pas. Rien ne m’obnubile, mais de nombreuses choses m’intéressent assez pour que j’apprécie de les creuser un jour. C’est peut-être grâce à ça que j’ai la faculté d’apprécier n’importe quel job (tant que j’apprends avec !).

Je ne suis pas hyper impliquée dans mon travail, étrangement. Avant, je mettais corps et âme dans le boulot, je m’arrachais, je donnais tout. Le travail, c’était important, primordial, ça me reflétait. Aujourd’hui, alors que j’ai le poste parfait, mon activité n’a plus tellement d’importance. Je suis contente de faire ça plutôt qu’autre chose (très contente !) mais je n’ai plus cette motivation-là. Ce n’est pas grave si ça n’est pas parfait, si ça prend du temps, ce genre de choses …

Peut-être parce que je n’ai plus l’impression de bosser. Je bulle. Je bulle tout en faisant. Je fais les choses tranquillement, quand je sens que c’est le bon moment pour les faire. Je ne me force plus pour rien, en accord avec la hiérarchie. Une façon de manager qui me correspond, en cela qu’elle me cadre juste ce qu’il faut et qu’elle accepte tout de ma personnalité. C’est comme si j’avais un père plutôt qu’un patron. Il regarde de loin en loin au dessus de mon épaule pour s’assurer que je prends la bonne direction, mais il préfère attendre que je lui rapporte fièrement le fruit de mes idées, tout en confiance, plutôt que de m’empêcher d’explorer un endroit inconnu. Il me laisse me tromper en toute conscience, sans m’engueuler, on prend le risque et ça, c’est quelque chose d’incroyable.

Je viens aux bureaux comme j’irai à la maison. En parfaite quiétude.

J’ai l’impression que je travaille beaucoup plus à la maison. Parce que je fais physiquement les choses, je ressens les courbatures et la fatigue. C’est un autre travail, qui me plaît aussi, puisque je le fais pour nous, notre confort. Ca nous apporte du bonheur. Il y a des gens qui sont usés rien qu’à l’idée de penser qu’il faudra encore faire des travaux chez eux. Jamais tranquilles. Moi, j’aime bien. J’ai une liste longue comme le bras et je sais qu’elle n’aura jamais de fin. J’aime bien. J’adore travailler pour moi.

Qu’est-ce que c’est le travail, finalement, toute notion d’argent mise à part ?

C’est peut-être juste faire. Faire quelque chose qui sert à quelqu’un, ce quelqu’un pouvant être soi. C’est aider ou améliorer, en somme. Est-ce qu’au quotidien, j’aide et j’améliore ? Oui. Je travaille donc, métier ou pas, passion ou pas. Argent ou pas.

J’ai peut-être atteint mon idéal. Je touche assez d’argent pour vivre bien. Je me foutais qu’on m’augmente et je m’en fous toujours. Alors que je gagne sensiblement le même salaire qu’avant. Ce changement d’intérêt pour l’aspect financier vient sans doute du fait qu’avant, je n’appréciais pas assez mon job pour ne pas exiger qu’il soit mieux rémunéré. Il fallait bien que j’en retire quelque chose de mieux. Aujourd’hui, ce qu’est mon job me suffit comme compensation à l’exercer. Alors …

Ce qu’on fait de nos journées, ça a tout de même une sacrée importance. Ces derniers temps, je me pose des questions sur tout ça. J’essaie d’évaluer un peu ma vision des choses, mon sentiment face à mes activités, ce qui a changé … Et vous, quel rapport maintenez-vous avec vos activités, ou non activités, professionnelles ou personnelles ?

Rien de neuf en 2018 ?

Je viens aujourd’hui vous partager une idée, une initiative que je trouve carrément géniale !

Le Défi « Rien de neuf ? »

L’association Zero Waste France (que je découvre en même temps) a choisi cette année de nous lancer un défi d’envergure : ne rien acheter de neuf pendant un an.

Ca paraît dingue ? Et bien, pas tant que ça ! Le but, c’est de (se) sensibiliser, de réfléchir à ses achats et de leurs trouver des alternatives quand d’ordinaire, on irait bêtement trouver son bonheur dans le premier centre commercial du coin.

Il y a mille façons d’éviter un achat neuf, il suffit de se creuser un peu la tête et de regarder autour de soi !

L’association a donc créé un groupe Facebook, auquel on peut s’inscrire pour exposer des problématiques et aider à résoudre celles des autres, en proposant à chaque fois une alternative. On y (re)découvre l’existence des ressourceries, des friperies, des sites de vente d’occasion, des dons, des trocs, le choix de louer plutôt que d’acheter, de prêter ses outils à son voisin, de mutualiser un achat, de fabriquer soi-même avec des matériaux réutilisés …etc.

Rares sont les objets qu’on ne peut pas dénicher autrement qu’en arpentant les vitrines des grands magasins. Qu’on aie besoin de vêtements, de meubles, d’objets de décoration, de livres, d’outils, de matériel de puériculture (ou autre), il y a toujours une solution !

Pourquoi participer ?

Premièrement parce que votre budget vous remerciera ! (L’argument de base qui ne laisse quasiment personne insensible, n’est-ce pas ?) Car acheter d’occasion, peu importe le biais, c’est faire de grosses économies.

C’est aussi trouver des matériaux originaux plutôt que de suivre les tendances imposées, et se créer un univers unique ! Car qui d’autre aura réussi à chiner ce vieux meuble et à le personnaliser avec autant de goût ? Qui portera cette robe incroyable, qu’a plus de 20 ans mais qui paraît neuve, mieux que vous ? C’est toujours en sortant des sentiers battus qu’on trouve la perle rare, ou l’offre à ne pas manquer !

Participer à ce défi, c’est aussi prendre le pas de déconstruire ses habitudes, et de sensibiliser ses proches. C’est découvrir de chouettes structures, des associations, des personnes qui revalorisent des objets dont personne ne veut plus depuis des années.

C’est aussi participer à la réduction des déchets. Plutôt que de jeter les vieilleries de mamie, qui peuvent encore servir et aider de nombreuses personnes dans le besoin, on les donne, on les vend, on les customise et on fait des heureux ! Plutôt de d’acheter un énième T-shirt à H&M qui finira à la poubelle l’année suivante (parce que la qualité n’est pas au rendez-vous !), on évite à celui de la friperie d’à côté de finir de la même façon alors qu’il peut encore servir des années ! D’une pierre, deux coups, c’est pas génial, ça ?

Participer, c’est aussi prendre le pouvoir, donner son avis, montrer qu’on ne veut plus de l’obsolescence programmée, qu’on ne cautionne plus les conditions de travail déplorables, qu’on a en marre du jetable, qu’on leur préfère – et de loin ! – le durable, la qualité et l’éthique. 

Vous pouvez aussi vous inscrire sur le site. Ca permettra à l’association d’effectuer des statistiques et de chiffrer les bénéfices du mouvement tout au long de l’année. Personnellement, j’ai hâte de découvrir les résultats !
L’inscription permet aussi de recevoir chaque semaine un mail retraçant les différentes alternatives envisageables. Ca promet de jolies découvertes.

Et l’économie, dans tout ça ?

Voilà une question qu’on peut se poser : si tout le monde fait ça, est-ce que ça ne sera pas néfaste pour l’économie ?

Selon moi, c’est un faux problème. Si tout le monde fait ça, ça forcera tout simplement l’économie à changer. Et pour qu’elle décide de changer, malheureusement, il va falloir qu’elle y perde avant. C’est toujours comme ça quand il s’agit d’argent.

Est-ce si mal ? La transition sera peut-être un peu rude, mais il ne faut pas perdre de vue qu’au stade où on en est, on est OBLIGE d’entrer en transition. On est OBLIGE de changer drastiquement notre système de consommation. On est OBLIGE de payer nos erreurs passées. Reculer l’échéance ne fera qu’aggraver notre cas, voire celui de nos enfants si on réussit à y échapper.

Ne plus rien acheter de neuf, ça forcera tout simplement les grandes entreprises à trouver de l’argent et de l’emploi ailleurs. Et pour moi, il n’y a qu’un seul ailleurs : le recyclage et la gestion des déchets, l’énergie renouvelable …etc.

Il y a toujours des conséquences. Ce qui est utopiste, ce n’est pas de croire qu’on peut y arriver, c’est de croire qu’on le peut tout en sauvegardant nos privilèges actuels. Enormément d’idées visionnaires sont rejetées à cause de cela, c’est tellement dommage … !

Au quotidien, comment s’y prendre ?

A savoir : les produits alimentaires, cosmétiques, médicamenteux, ne sont évidemment pas concernés. 

Je ne suis pas certaine de réussir complètement ce défi, il s’agit d’un véritable challenge ! Mon dernier achat neuf remonte au 29 décembre 2017, et j’achète régulièrement pour décorer notre nouvelle maison.

Je pense que je vais relever seule ce défi et ne pas inclure mon amoureux dans la partie. Il achète environ une fois par mois quelque chose de neuf et ses recherches sont spécifiques. Il pourrait trouver, je pense, mais je n’ai pas à l’obliger. Ce sont ses petits plaisirs. Je lui soumettrais l’idée néanmoins, et il choisira comment il souhaite s’y prendre !
(Hier, il s’est tourné vers du seconde-main sans que je n’aie rien eu à dire, j’étais stupéfaite. Comme quoi, il avance lui aussi avec moi, c’est génial !)

Il va falloir que j’arrête d’épier quotidiennement les sites de ventes privées. C’est là-bas que j’achète tout ce qu’il nous « faut » pour la maison ! J’ai choisi de me laisser une marge de 5 achats neufs sur l’année. Ils devront tous être mûrement réfléchis, et pourquoi pas français et éthiques !

Il me faudra trouver des idées pour les cadeaux, et je pense que ce sera le plus compliqué ! Pour le reste, voilà comment je m’organise :

  • Vêtements, lingerie, linge de maison : Vinted, friperies
  • Livres et culture : on a un magasin qui ne vend que de l’occasion ici
  • Meubles : LeBonCoin, ressourceries
  • Outillage, ustensiles : prêts (merci BeauPapa !)
  • Décoration : récupération à droite à gauche, en fonction des besoins
  • Gros travaux : là par contre … On est bien obligés d’acheter des matériaux neufs, non ?

Il nous faut des ampoules pour les halogènes extérieurs. Je souhaitais également acquérir un tableau créé à partir d’une de mes photos (type photobox). Il nous faut aussi des poignées de meubles de cuisine et un porte-épices à des dimensions sur-mesure. Je n’ai pas encore d’alternatives ! Des idées ?

Et vous, ça vous tente ? N’ayez pas peur, si vous faites des écarts, ce n’est pas grave. Le but, c’est d’amorcer une réflexion et de nouveaux réflexes !

Je veux créer sans laisser de trace.

Mon grand-père, ces dernières années, s’active pour laisser un trace de son passage. Pour que son histoire perdure après lui. Il rédige ses mémoires (que je vais auto-éditer pour lui faire une belle surprise pour son anniversaire, le format actuel étant manuscrit), et il m’a demandé de l’aide pour pouvoir se filmer. Il veut enregistrer son patois, ses chansons, et sans doute d’autres choses.

Il a fait ça plus ou moins toute sa vie. Rédiger des poèmes (j’ai pu en lire un particulièrement poignant sur ma naissance : je suis sa première petite-fille), tenir des journaux intimes (que j’espère avoir le privilège de lire un jour), peindre des tableaux … etc.

Ca me questionne beaucoup.

Il semblerait que ce soit le lot de tous, cette angoisse que rien de soi ne reste après qu’on disparaisse. Je n’ai jamais compris car moi, c’est tout l’inverse. Ce qui m’angoisse absolument, c’est que tout ce que j’ai fait, dit, pensé, vécu, partagé, ne disparaisse pas avec moi mais perdure un temps indéfini. Je serais vraiment en paix si j’avais la certitude absolue que le jour de ma mort, je disparaîtrais complètement.

C’est difficile à concilier avec mon besoin de créer des choses. Jusque là, je détruisais mes traces. J’enflammais mes journaux intimes quelques mois après les avoir terminés, je supprimais les enregistrements, j’évitais qu’on puisse me photographier (je fuyais les objectifs comme la peste !), je jetais tout ce que j’avais pu écrire ou créer de quelque manière que ce soit. De fait, il existe très peu de preuves de mon existence d’adolescente et de jeune adulte.

C’est pour ça que je ne tiens pas sur les réseaux sociaux. C’est pour ça que je préfère l’incinération à la tombe (j’espère que d’ici 70 ans, on pourra choisir de se faire enterrer sous un arbre, ou quelque chose comme ça, mais sans plaque, sans nom écrit nulle part, juste retourner à la Terre). C’est pour ça que je me plie en quatre pour limiter mes empreintes, mes possessions, mais sans non plus m’empêcher de profiter de la chance qui m’est donnée de vivre.

C’est sans doute en partie pour ça que je ne veux pas d’enfant, car quelle trace plus éloquente qu’une descendance ? J’imagine que ça me vient de cette soif d’indépendance, ce besoin de n’être qu’un électron libre qui vient et qui repart, sans attaches.

C’est ce besoin de table rase qui me retient d’aller plus loin. Selon mon mode de pensée, j’ai déjà fait un gros sacrifice en ouvrant ce blog. Car, même si je le supprime un jour, il subsistera quelque part. Je ne veux pas qu’on se souvienne de moi. C’est comme si on m’emprisonnait ici alors que je n’ai plus aucune raison d’y perdurer. Je ne veux pas qu’on se souvienne de moi plus que de raison, c’est à dire plus loin que la mort de tous ceux qui m’auront croisée.

Donc, c’est un problème d’envergure. Il entrave mes projets personnels. Quand on veut créer, on veut aussi partager, on espère forcément, à un moment donné, être remarqué.e, un peu félicité.e. On espère aussi servir à quelqu’un, aider, et pour cela, il faut accepter de laisser une trace. Bref, on veut partager avec un support.

(Attention, je ne suis pas en train de dire que je me trouve tellement géniale que forcément mes projets marqueront le monde, hein ! Ce n’est pas du tout le sujet, ni ce que je pense !)

Je considère donc que ce qui sort de moi est encore une partie de moi ? Je ne le possède plus, mais il m’est lié. S’il ne disparaît pas, il prend en otage un bout de ce que je suis. Je ne suis alors plus libre de complètement m’envoler.

Je devrais décider de faire avec. Car après tout, c’est déjà le cas, alors à quoi bon m’emmerder à me retenir de faire ce que j’aspire à faire pour tenir une idéologie qui est déjà mise à mal ?

Aujourd’hui, je laisse les gens me photographier. J’ai même eu une période où je le faisais moi-même. Je découvrais l’amour et j’avais besoin de le voir en images pour m’en imprégner, le palper physiquement, et l’exposer aux autres. J’avais besoin de me découvrir heureuse. Ca m’est passé.

Autour de moi, de nombreuses personnes souhaitent photographier, garder des traces des moments de joie, des instants importants, des autres et de soi. Je ne le fais pas. J’ai un chouette appareil photo et je ne m’en sers pas pour ça. Je ne vois pas l’intérêt, en fait. Peut-être le regretterais-je un jour. Je m’en sers pour capter la beauté du monde, c’est une démarche différente (je ne suis pas spécialement douée, mais il m’arrive de tenter la chose !).

Tout ça pour dire que j’envisage d’autres formats pour partager mais que j’ai la sensation que ça me libérera et que ça m’emprisonnera en même temps. C’est très particulier ! Je ne crains plus vraiment de m’exposer plus, mais plutôt de ne plus pouvoir contrôler derrière. Il faut sans doute que j’apprenne à mettre de la distance entre moi, et ce que j’offre de moi aux autres. Pas évident !

Et vous, quelle relation avez-vous avec le contenu que vous générez au quotidien ? Avec ce qui restera de vous une fois que vous aurez disparu ?

Des rencontres cette année ?

Aujourd’hui, je m’installe dans le silence. Il m’avait tellement manqué ! Ca faisait 10 jours, que je n’avais pas vraiment été seule et tranquille, installée dans le calme propice à mon équilibre.

A le dire comme ça, on pourrait croire que j’ai subi ces 10 jours. Absolument pas ! J’ai passé de superbes fêtes de fin d’année. Elles m’ont fait beaucoup de bien, c’était vraiment super chouette ! Voilà des années que je n’avais pas passé un si bon moment en réveillonnant. Décidément, 2017 aura été intense et salvatrice jusqu’au bout !

Quand on s’est mis à faire le décompte tous ensemble, quand on a dansé dans mon salon, j’ai pensé que c’était génial, tous ces gens à cet instant-là, chez moi, heureux, qui remplissaient ma maison de bonnes ondes. Les murs sont chargés partout, j’ai l’impression qu’ils vibrent encore et que, comme moi, ils reprennent doucement leur rythme de croisière.

Depuis le réveillon de Noël, je « fais » ce qui ressemble beaucoup à des insomnies. Cette nuit par exemple, nous étions si fatigués qu’à 21 heures, notre lit nous accueillait. Je me suis endormie à 2 heures du matin.

J’étais crevée pourtant, la migraine (celle qui débarque quand on ne dort plus assez) s’installait, j’avais faim, j’avais soif, et surtout … Le cerveau en ébullition (je pensais à tout et n’importe quoi, frénétiquement). J’ai fini par me relever pour manger un bout, dans l’espoir que la digestion m’assomme. Raté. J’ai tenté de dormir sur le canapé avec Indiana, espérant que son sommeil de plomb et entraîne le mien. Raté. J’ai fini par me recoucher, dans l’attente des bras de Morphée … Cette nuit, je vais tenter l’hypnose !

Aujourd’hui, j’ai l’occasion de voir se réaliser l’un de mes fameux objectifs pour 2018 : la retraite. Il a suffit que je décide fermement, que j’espère absolument, pour qu’on me tende des perches de tous les côtés. Sacré hasard.

Me voilà donc à reluquer une retraite de yoga, de 5 jours, proposée par … Cécile Doherty-Bigara. Vous savez, Le Palais Savant ? Le rêve, en somme. Et pour couronner le tout, elle se déroule en plein mois de juillet, dans le département voisin, au milieu de la forêt et face à la Méditerranée …

Hmmm … Comment exprimer ce que je ressens ? JE CREVE D’ENVIE D’Y ALLER, PUTAIN !!

Le hic, c’est le prix. J’ai fait les comparaisons, et cette retraite est dans les prix. Donc, si je veux en faire une (et je le veux VRAIMENT car à ce stade, l’envie a largement cédé sa place au besoin), quelle qu’elle soit, je devais devoir payer une somme similaire pour une durée similaire.

J’ai cette somme, là, maintenant. Or, elle n’est pas censée partir là-dedans, et je culpabilise. Je me dis qu’avec cet argent, on pourrait partir TOUS LES DEUX en vacances alors … N’est-ce pas égoïste d’engager tant de notre argent commun juste pour moi ?

Et si, pour une raison ou une autre, cette somme venait à nous manquer plus tard ? … Bref, vous comprenez le schéma, les milles interrogations culpabilisantes qui se dessinent dans ma tête.

Si j’attends trop, il n’y aura plus de places et je crois que je serais vraiment très déçue. J’en ai parlé à mon amoureux, et comme il est génial, il m’a dit que c’était une idée incroyable et que je ne devais pas me priver de le faire. Il m’a soufflé l’idée d’envoyer un mail à Cécile et de voir si un arrangement était possible (type : je donne un gros acompte, et on étale le reste jusqu’en juillet).

Je n’ose pas (bon, j’ai fini par le faire … C’est dire !). Je suis dans l’attente. D’une décision de ma part. D’une idée.

Au fond de moi, c’est déjà tout décidé. Il faut juste que je passe à l’action. Que j’ose. Que j’ose poser une semaine rien que pour moi. Dépenser des sous rien que pour moi. Que j’ose partir seule, me mettre face à moi-même, prendre le temps de vraiment poser mon intention sur moi. Rien que de l’écrire, ça me hérisse les poils.

Que j’ose rencontrer 30 personnes inconnues. Que j’ose me dévoiler à elles, complètement, en face à face. Que j’ose pleurer devant elles, peut-être. Que j’ose me faire des ami.e.s.

Que j’ose me libérer définitivement. Passer à l’étape suivante, cette retraite pouvant être l’une des pierres angulaires de mon cheminement. A la simple idée d’y participer, je ressens comme une brise fraîche, légère et puissante à la fois, s’engouffrer dans mon coeur et mes poumons, qui remue tout.

Alors je me dis … Je dépense cette somme. Pour l’instant, elle sera absente de notre épargne. Placée ailleurs. Et jusqu’en juillet, je mets 60 euros de côté par mois en plus, pour rééquilibrer. Ni vu, ni connu … ! Ca paraît pas mal, comme solution, non ?

Mon coeur palpite ! C’est con, mais c’est un grand pas pour moi de faire ça. Comme si j’ouvrais en grand les portes principales de mon château-fort intérieur alors que je ne l’ai jamais fait, parce que je crains tout ce qu’il y a autour. Elles ont été ouvertes un temps, au début, puis fermées à double-tours. Avec cinquante-six serrures.

J’irais dormir sous une tente. Peut-être seule, peut-être avec un.e inconnu.e. Je laisserais mon téléphone éteint, je ne prendrais pas mon ordinateur, ou alors sans possibilité de me connecter à internet. J’apporterais des livres et ma shruti-box. De quoi écrire aussi. Et puis c’est tout.

Ce serait génial, non ?

Dans le même ordre d’idées, vous êtes deux à être emballées par une « réunion blogueuses ». Et si je vous invitais toutes chez moi, l’espace d’un week-end ou d’une semaine ? Il y a de la place et du confort. De beaux sites à visiter. De quoi passer d’agréables moments … Ca vous tenterait, à l’arrivée des beaux jours (je vous rappelle que j’habite près de Sisteron – 04) ?

Voilà ce qui se trame déjà dans mon esprit. Et vous, que feriez-vous à ma place ? Certain.e.s d’entre vous ont déjà vécu ce type d’expériences (retraites, séjour « développement personnel » … etc) ? Qu’est-ce que ça vous a apporté ? Qu’est-ce que ça a changé ?

Je serai ravie que vous me partagiez votre expérience. J’essaie de trouver des témoignages mais je n’ai encore rien lu de très intéressant, comme retour !

Des objectifs pour 2018 ?

S’il y a bien quelque chose que je n’ai jamais fait, c’est me fixer de VRAIS objectifs à accomplir pour l’année suivante. Pourquoi faire ? Je ferai bien ce que j’aurais envie de faire !

L’année dernière donc, j’ai écouté mon amoureux se promettre une énième fois qu’il arrêterait complètement de fumer (il ne fume qu’en soirée, et à vrai dire, c’est rare), et je l’ai vu une énième fois rompre son serment quelques minutes/heures après.

De mon côté, comme d’habitude, je ne me suis rien promis, si ce n’est de continuer à marcher sur le bon chemin. En mars (je crois), j’ai décidé de ne plus dépenser le moindre centime dans un vêtement. Comme je n’avais encore rien acheté, ça pouvait le faire pour 2017. Verdict : Réussi ! Les seules nouvelles pièces de ma garde robe m’ont été offertes ! C’est un petit miracle.

A nous deux, nous n’avions qu’une seule bonne résolution à tenir à tout prix : acheter une maison. C’était d’ailleurs un voeux partagé par 3 couples d’amis, et nous avons tous réussi ! Une bonne chose faite.

Au regard de tout ce que nous avons accompli cette année sans le préméditer, l’envie me prends de lancer les pronostics pour 2018 ! Sans pression, sans réelle nécessité. Pour le plaisir de penser un futur heureux. C’est parti ?

En 2018 … : 

J’aimerais avoir terminé ma cuisine. Avoir tout repeint, avoir tout pensé dans les détails. Etre fière de mes premiers petits travaux menés toute seule.

J’aimerais avoir rafraîchi d’autres coins de la maison aussi !

J’aimerais avoir un chaton. A l’entrée de l’automne.

J’aimerais partir en vacances, quelques jours. Faire du camping. Le plein de nature.

J’aimerais devenir maître dans l’art du Zéro Déchet (c’est pas gagné …) !

J’aimerais faire une retraite de solitude. Et aussi des stages, type 3 jours dans un cercle de femmes, ce genre de choses …. J’en ai TELLEMENT envie ! C’est le budget qui me freine.

J’aimerais créer quelque chose. Je précise : en dehors du travail. J’aimerais faire sortir un « truc ».

J’aimerais rencontrer de nouvelles personnes, inviter, convier de belles âmes chez moi. Pourquoi pas vous, amies blogueuses ? Ca vous dirait ?
=> Je te sens bien chez moi, Ornella. Je t’y vois en fait. En 2018, je veux te voir !
=> Evidemment, toi aussi Myriam, ça n’est que partie remise, hein ? Même mon amoureux a envie de vous rencontrer maintenant.
=> Je pense à toi aussi Sarah.
=> Je pense à vous toutes, en fait !

En 2018, je veux encore plus ressentir la beauté de la Vie. 

Je vous souhaite à tous, sincèrement, du fond du coeur, de terminer cette année avec joie et amour ! Je vous souhaite à tous une MERVEILLEUSE année 2018 !!!

Bonne année !