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Autant en emporte le vent.

Je viens de terminer la lecture de ce monument, poussée par l’envie qu’avait insufflé en moi la critique brûlante de Miss Texas. Jamais une critique ne m’avait VRAIMENT donné envie de lire un livre. Et comme un exemplaire prenait la poussière dans ma maison, c’était l’occasion !

Je ne connaissais rien à l’histoire. Rien à l’histoire du livre, rien à l’histoire des personnages, rien à l’Histoire tout court. La guerre de sécession, tout ça … Je ne savais même plus (je me souviens quand-même qu’on en avait parlé à l’école, mais il ne m’en restait rien) que c’était l’abolition de l’esclavage, ni à quelle période ça se situait exactement (#inculte). D’après la critique de Miss Texas et de ce que j’avais pu entendre ailleurs, je m’attendais à un livre vraiment plein de racisme … Effectivement, mais pas que !

Les premières pages, un peu ennuyantes.

J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le livre. Les 300 premières pages m’ont parues longues, sans grand intérêt. On suit une Scarlett adolescente qui ne fait pas grand chose de ses journées et qui pense toujours à la même chose. Je dois mon salut à la superbe plume de Margaret qui a si bien su décrire les lieux de l’action, d’une importance capitale pour la suite. Je m’y croyais. Je voyais la demeure au style colonial, la terre rouge et les champs de coton. Je ressentais sans aucun effort les liens entre les personnages et l’ambiance de ces années. J’étais immergée. Sans y prendre garde, même en m’ennuyant du sort et des préoccupations si plates de Scarlett, je ne pouvais pas arrêter ma lecture.

Puis Scarlett rencontre Rhett. Scarlett subit la guerre. Scarlett se bat pour survivre, peu importe les pertes qu’elle doit vivre, et le prix de ses choix.

Tara, le noeud du récit.

J’ai d’abord été bouleversée par l’attachement sans faille de Scarlett à sa terre natale. Tara, sa maison. Ce besoin qu’elle avait d’y retourner sans cesse, la souffrance qu’elle ressentait d’en être séparée, l’énergie qu’elle mettait pour la relever coûte que coûte, son incapacité à s’en défaire et à accepter qu’elle appartienne à des étrangers. Tout cela a fait remonter des sentiments enfouis en moi. Ma Tara à moi, je croyais en être détachée désormais, mais c’est faux. J’ai le même lien avec cette terre que Scarlett avec la sienne. Je me figurais que si mes parents s’en séparaient, je l’accepterais sans soucis. Je me figurais que quand ils mourront, je n’aurais pas de gêne à l’idée de la revendre. La bonne blague ! Je suis viscéralement attachée à ma Tara, ça ne s’explique pas et ça peut pousser à des décisions insensées. Je l’ai compris désormais, et comprends d’autant mieux certains choix qui m’entourent.

Tara, c’est aussi le souvenir d’une époque bénie. Tara cristallise les espoirs, les déconvenues, une époque révolue, une histoire familiale … Mais surtout la Résistance. Coût que coûte, Tara survivra et les murs blancs ne cesseront jamais de s’élever au loin.

Paternalisme et féminisme.

Ce qui m’a marqué ensuite, c’est le paternalisme avec lequel est traitée Scarlett. Les autres femmes sont traitées de la même façon, à la différence près qu’elles ne voient pas le problème. Les autres femmes, plutôt que de prendre Scarlett en exemple, la fustigent et lui tournent le dos. On est d’accord pour dire que Scarlett n’est en soi pas un superbe exemple à suivre. Elle ne réfléchit qu’à ses propres intérêts et ferait n’importe quoi pour amasser de l’argent et se sentir en sécurité. Mais elle se bât. Elle se pose en personne et comprend très bien qu’elle vaut autant (si ce n’est plus) qu’un homme. En cela, c’est un féministe acharnée. Elle mène ses affaires et ne sera pas assez sage pour préférer crever de faim plutôt que de compromettre son statut de « femme du monde ».

Le paternalisme de l’oeuvre m’a mise en rage, sans doute parce que c’est un combat que j’ai mené bon train et qu’à moindre mesure, je me suis retrouvée dans les situations que Scarlett devait subir. Elle se fait agresser dans la rue et on lui dit qu’on l’avait prévenue, que c’est de sa faute ! On l’insulte parce qu’elle montre qu’elle sait compter et qu’elle est intelligente. On la dénigre et on lui prête les traits de caractère d’une marâtre parce qu’elle gère ses affaires elle-même. On plaint son mari de son comportement, on la dit sans coeur parce qu’elle ne respecte pas assez les périodes de deuil … Bref, c’est insupportable. Ce qui est encore plus insupportable, c’est que se sont les femmes les plus dures avec elle. C’est bien trop réel pour que ça ne me soulève pas.

Scarlett ou la Force de vivre incarnée.

Scarlett est dotée d’une force à toute épreuve. La vie ne l’épargne pas mais elle s’agrippe avec l’âpreté des désespérés qui ne veulent pas crever et qui se relèveront même s’ils n’ont plus de jambes pour le faire. Elle est vraiment impressionnante et m’a émue plus d’une fois par sa dureté horrible mais nécessaire à sa survie. Elle impose le respect. Elle est pleine de névroses, ne guérit jamais psychologiquement parlant, mais reste en vie et solide comme un roc. Ce trait de caractère, je le côtoie en ma belle-mère. C’est une leçon que rien ne peut égaler. J’aimerais me dire que je suis aussi forte et que face à de tels évènements, je saurais en faire autant. Cette résilience, ce courage, c’est … Impressionnant.

Scarlett a peur, mais elle n’hésitera pas si sa vie ou celle de ses proches en dépend. Elle s’opposera, elle se retranchera dans la bassesse la plus totale, n’hésitera pas une seule seconde à tuer pour survivre. Elle se serait vendue si elle n’avait plus eu le choix.

Le racisme.

Est-ce que l’oeuvre est raciste ? Oui. On ne peut pas le nier, bien que je m’attendais à des choses plus dures encore (on me l’avait présenté comme le diable en personne, pour ma défense !). Ce qui m’a le plus soulevé le coeur, c’est la façon dont Scarlett envisage et traite Prissy en pleine guerre. C’est rudement dur à avaler, ça laisse un sale goût dans la bouche. La pauvre Prissy est maltraitée d’une façon … Physique, psychologique … Sans parler du fait que l’auteure du livre elle-même n’aime pas le personnage et le fait sentir. C’est saisissant. Ca donne envie de vomir. 

Il y a aussi le racisme ambiant, les mots qui tapent comme « négresses » ou les multiples comparaisons avec les singes. L’idée que les noirs ne peuvent pas se débrouiller seuls, sont toujours des enfants, sont fainéants, sentent mauvais et j’en passe ! C’est violent. Mais je n’ai pas trouvé que les personnages noirs étaient tous creux, au contraire ! Mama, Pork, Dilcey, oncle Peter … Je les trouve superbes. Quant au fait que de nombreux affranchis choisissent de rester avec leurs maîtres, je trouve ça tout à fait logique et pense que c’est en partie vrai. Parmi tous les affranchis, nombreux sont ceux qui ont dû adorer leur liberté, mais certains ont dû préférer garder leur vie d’avant. C’est un changement bouleversant pour les populations. Mais c’est clair qu’à aucun moment on ne lira que des blancs se sont mal comportés avec des noirs, ni que l’esclavage est une mauvaise chose. On ne lira jamais que les noirs s’en sortent bien sans qu’on leur tienne la main, ni qu’ils deviennent des personnes « respectables ».

Quant au Ku Klux Klan … Et bien le livre donne un nouveau regard sur sa création et les exécutions. Ca n’a rien d’excusable, c’est assez affreux de se rendre compte que des personnages qu’on aime en ont fait partie. Mais du coup, on comprend mieux. On comprend mieux comment on peut en arriver à des extrémités pareilles. Moi qui ai une tendance naturelle à toujours me mettre à la place des autres avant de condamner, j’ai été servie. Ca ne m’empêchera pas de détester le Klan, mais au moins, j’aurais compris d’où il a émergé.

Les enjeux politiques et la guerre.

La guerre. Avant, pendant, après. J’y étais. J’avalais les pages avec puissance et impuissance. Tout au fond de moi, quelque chose pleurait, se manifestait pour me dire « Tu l’as vécu ! ». C’était particulièrement étrange. Sans doute que toutes les guerres se ressemblent. J’ai ressenti avec une telle finesse tous les aspects de la guerre … Franchement, toutes mes cellules vibraient, je comprenais tout. J’ai fini par me demander comment c’était possible que ça me parle tant. Ca allait au delà de l’empathie. Je n’ai toujours pas la réponse, c’est peut-être juste un tour que me joue mon hypersensibilité. Je n’ai pas réussi à mettre les barrières que je mets habituellement entre le récit et moi pour me protéger. Il m’a emportée. J’étais comme en plein océan, à la merci des vagues, des orages, et des prédateurs en dessous de moi. Désespérée et paniquée.

C’était aussi vraiment intéressant de ressentir les enjeux politiques de l’intérieur et du côté des « méchants ». J’ai beaucoup apprécié être du mauvais côté tout au long du récit. C’est grâce à ça qu’on comprend qu’il n’y a rien de tout noir ou tout blanc. Dans ce livre, tout n’est pas à prendre pour vérité, c’est un point de vue. Un point de vue qui donne du grain à moudre. Qui étaient vraiment les méchants, les gentils ? Qui n’était pas là pour profiter de la situation, qui voulait vraiment le bien d’autrui et la liberté des noirs ? C’est loin d’être évident.

En tout cas, comme à chaque guerre, aucun parti n’a fait dans la dentelle. Et de chaque côté, un tas d’innocents en a subi les conséquences sur plusieurs générations. Ca me scandalise et me terrifie. Ca me rend folle de penser que les guerres n’ont toujours pas cessé et que potentiellement, j’en vivrais une un jour.

Les deuils.

Je ne vais pas vous dire qui est mort, mais il y aura des morts. Et on a droit à toute la palette des réactions face au deuil. Le plaisir d’être débarrassée de quelqu’un de gênant, l’indifférence, la résignation, l’habitude, la douleur sincère refoulée pour ne pas sombrer, la colère et la haine, l’acceptation, la trouille quand on comprend qu’on va perdre la dernière colonne de son temple … C’est riche en émotions. Sortez-les mouchoirs, ça ébranle.

Sur cette partie-là, je n’ai pas eu d’autre choix que de m’écarter du récit, sans quoi ça aurait été insurmontable. Ca m’aurait trop remuée. Alors j’ai mis une plaque de glace entre les pages et moi. Pour ne pas pleurer et ne surtout pas ressentir une violence des sentiments pareille. Je ne voulais pas revivre le deuil atroce et douloureux alors … C’était ma parade. Je digère déjà la guerre, on va s’arrêter là !

L’histoire d’amour.

En voilà une que je ne suis pas prête d’oublier. De nombreuses personnes la trouvent sublime, moi je la trouve triste à pleurer. Quel gâchis ! Heureusement, la fin reste ouverte à ce sujet, mais enfin … Ca m’a démontée.

Mais qu’ils sont cons !! Tout autant qu’ils sont : Scarlett, Ashley, Rhett … Pardonnez mon langage, j’ai achevé la dernière page du livre hier soir, avant de m’endormir. J’ai de quoi ruminer. Un gâchis pareil, ça me met en colère, ça me donne envie de hurler ! Comment faire simple quand on peut faire compliqué et se gâcher la vie pour ne pas perdre la face. Ca me désole. Ca m’énerve à un point … Ils avaient tout pour être heureux. TOUT. Mais l’orgueil, le besoin impérieux de faire plier l’autre avant soi aura eu raison de la meilleure partie d’eux-mêmes.

Je n’en dis pas plus, voyez par vous-même.

Mélanie et Ashley.

Ah Melly … Si Scarlett et Rhett sont les meilleurs anti-héros que j’ai croisé dans ma vie, Melly est la plus belle âme qu’il m’ait été donné de rencontrer en littérature. Je suis amoureuse d’elle. Elle est parfaite. J’aimerais être elle, lui ressembler, avoir ses traits de caractère. Sincèrement. Melly est … Epoustouflante. Elle m’a soufflée par tant d’amour et de bonté manifestée. Je me suis attachée à elle comme à nul autre personnage dans le livre, et ce dès de début.

Ashley est aussi un personnage qui m’a beaucoup plu. J’ai retrouvé chez lui mon grand-père, sa nostalgie, son désespoir, sa tristesse, sa résignation, son désir … Bref, son incapacité à vivre dans un autre temps que celui dans lequel il a grandi. Sans compter ses réflexions et son amour de la littérature et de la musique. Un être attachant et très bien construit.

Ces deux personnages étaient un refuge pour moi, dans cette oeuvre pleine des tares de l’humanité. Ils insufflaient l’espoir, bien qu’on nous fasse comprendre qu’ils ne pourraient pas résister.

Suivre les personnages sur plus de 10 ans.

Avec Autant en emporte le vent, j’ai saisi ce qui me fait vibrer dans les histoires. Le parallèle a été vite fait avec Downtown Abbey, série télévisée que j’ai encore plus adoré. Ces deux oeuvres ont en commun qu’on suit les personnages sur toute une tranche de vie, voire sur toute leur vie. On les suit dans leur quotidien le plus banal, et c’est comme ça qu’on leur donne corps. Pour moi, les personnages de Downtown Abbey et d’Autant en emporte le vent sont aussi vivants que vous et moi. Je les aime, je les connais, je les comprends, j’ai du chagrin pour eux. Et ils me manquent.

Downtown Abbey, c’est peut-être 6 mois de ma vie, tous les soirs. Autant en Emporte le vent m’a tenue en haleine un mois et demi. Il fallait bien ça pour avaler les 1400 pages ! Mais je ne doute pas que Scarlett et Melly vont me hanter pendant des mois encore. On sera peut-être étonné que dans tout ça, je n’évoque pas Rhett Butler. Et bien … Rhett ne m’a pas fait forte impression. Je l’ai saisi dès le début. De fait, il n’avait rien d’impressionnant ni de spécialement étonnant. C’est lui qui fait avancer le récit, c’est vrai, mais il ne m’a pas soulevée plus que ça.

Le mot de la fin :

Voilà un bien long article pour évoquer un livre ! Je ne pense pas que quelqu’un en soit venu à bout, mais peu importe. Si vous êtes encore là, sachez que j’en avais besoin ! Je pense que je vais visionner le film, pour voir ce qu’il sélectionne, comment il met en scène une telle Vie. Peut-être même la comédie musicale, tiens. Cependant, rien n’égalera l’oeuvre originale, j’en suis sûre.

L’avez-vous lu, ce livre ? Vous a-t-il fait un fort effet ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

Je ne peux que vous encourager à vous lancer dans cette lecture, quand bien même vous risquez d’en souffrir. Comme le disait Miss Texas, c’est un chez d’oeuvre monumental.

… Incroyable … !

Semer un peu de magie et de poésie dans le quotidien.

14 commentaires

  • Nymeria

    Livre lu il y a un an environ, et il m’a beaucoup marquée…
    Je le décrirais comme une fresque. Avec tout le panel des personnages, l’intrigue, les émotions, le côté historique… Comme toi je me suis vraiment bien représentée les lieux, je les voyais dans ma tête, quand on lit on se met dans une ambiance géniale.
    Les personnages sont beaucoup des antihéros, et on peut bien réfléchir sur cette oeuvre, qui est… grandiose ?
    J’ai adoré, même si je pensais en commençant le livre que ça allait être ennuyeux. Pas du tout ! C’est lent, mais une bonne lenteur je trouve, dans le sens où on profite, s’imprègne de l’ambiance, des détails du quotidien.
    Je crois que la fin m’a un peu déçue… Comme l’histoire d’amour, j’en attendais plus je crois, alors que dans la majeure partie du roman Rhett et Scarlett se chamaillent. Ashley… je l’ai trouvé un peu fade. Par contre Melly avait une vraie bonté en elle !
    Le racisme m’a désolée, je me demande comment c’est possible de traiter des gens comme ça, même si ça se passe encore de nos jours (malheureusement).

    Ta chronique est très bien écrite et détaillée, j’aime beaucoup ce style de chroniques ! (Plus que « j’ai aimé » ou « nul ») (je caricature)
    Bisou ! 🙂

    • Rozie

      Il est vrai que la fin m’a déconcertée ! J’attendais une réponse pour le rêve, évidemment. Finalement, c’était assez logique et vraisemblable comme fin. Mais en refermant le livre, j’ai pensé « Qu’ils sont cons !!! » La fin m’a mise en colère. Comment peut-on ne pas s’apercevoir de son bonheur, des sentiments des autres et de ses propres sentiments pendant tant d’années ??

      Un adage dit qu’on reconnaît le bonheur au bruit qu’il fait quand il s’en va. C’est une phrase qui me révolte. J’ai toujours été très consciente de mon bonheur. De sa perte parfois, évidemment aussi. Mais je ne peux pas me figurer qu’on vive heureux sans s’en rendre compte et qu’on se prenne une telle évidence dans la figure une fois qu’il s’en va. Ca me dépasse !

      Merci pour ton commentaire. Je divague un peu mais je suis heureuse de pouvoir en parler avec des personnes qui l’ont lu et qui comprennent !

      • Nymeria

        Tu ne divagues pas du tout ! Ta réponse est hyper intéressante 🙂
        Je suis d’accord avec toi, cette citation est un peu « extrême ». Par contre il est vrai que j’apprécie plus certaines petites choses quand je sais que je vais bientôt les perdre, et c’est un peu malheureux je trouve. J’essaie de travailler sur ça. Comme avant mon déménagement, par exemple.

        • Rozie

          C’est humain. En réalité, moi aussi … Les dernières fois ont toujours une saveur particulière, justement parce qu’on a conscience qu’elles ne se reproduiront plus. Et que donc, ce qui nous semblait acquis pour toujours ne l’était pas.

          Les déménagements sont des évènements très particuliers ! Je ne sais pas toi, mais je prends toujours le temps de dire au revoir au lieu. La première fois que j’ai fait ça, c’est quand j’ai dû quitter l’école pour passer au collège. C’était mon premier déménagement !
          Et bien, la dernière semaine d’école, avant les vacances, j’ai arpenté la classe, la cour de récréation que je connaissais depuis 7 ans. J’ai dit mentalement au revoir à toutes les choses : les lieux, les objets, les arbres, les maisons alentours, le terrain de basket … C’était très fort, quand j’y repense.

    • Rozie

      Il n’y a pas de honte à avoir ! Si tu savais le nombre de « classiques » que je n’ai ni vu ni lu, et que je ne compte ni voir ni lire … Je ne suis pas du genre à penser qu’il faille en passer par là pour être cultivé, ni pour apprécier un art à sa juste valeur.

      Mais si un jour ça te tente, je pense que tu risques d’être emportée toi aussi !

  • MissTexas

    Et bien, quelle chronique ! J’ai pris beaucoup de plaisir à la lire car elle m’a replongée dans cette œuvre qui m’a vraiment beaucoup marquée. Ton analyse est fine et détaillée, et je comprends tout à fait le besoin urgent que tu as eu de coucher tes émotions sur le papier, tout comme j’avais eu besoin de le faire dès la dernière page terminée.
    Je suis d’accord avec tout ce que tu as écrit, évidemment. J’ai ressenti plus de racisme que toi, mais je pense que ça vient aussi de ma révolte vraiment forte vis à vis de ce sujet, notamment depuis que j’ai visité de nombreuses plantations et les cases des esclaves au Texas et en Louisiane. Tout comme toi, même si je ne l’excuse pas, j’ai reconsidéré mon point de vue sur la création du KKK. J’avais d’ailleurs commencé à écrire un article sur mon blog à ce sujet, mais je n’ai pas eu le temps de le finir avec le déménagement. Peut être un jour 😉
    Je suis heureuse de t’avoir fait découvrir cette œuvre dont on ne ressort pas indemne (en tout cas pas toi et moi 😉 ) Je suis surprise que ce livre ne soit finalement pas plus reconnu littérairement parlant que ça, car la plume de l’auteur est pour moi une des plus incroyables que j’ai lue. Je le conseille à tout le monde maintenant !
    A bientôt Rozie, bonne fin d’été à toi et merci encore pour cette belle chronique 🙂

    • Rozie

      Vous êtes beaucoup à avoir visité les fameuses cases des esclaves et donc, à ressentir le racisme de l’oeuvre beaucoup plus fort. Forcément, si vous avez pu voir la réalité, le « faux » exprimé dans le livre doit être bouillonnant. Du coup, je vais aller voir sur internet à quoi ça ressemble, tiens !

      J’espère que ton article sur le KKK sortira un jour, ce serait hyper intéressant. Et j’aurais quelqu’un avec qui développer ce point de vue qui pourrait déranger.

      A bientôt, Miss Texas, installe-toi bien à Lisbonne. Tu nous fais rêver à travers tes voyages !

  • nadine

    J’ai vu le film je devais avoir 15 ans ! Donc en 1976/77 !!! Mais je n’ai jamais pris le temps de lire le livre. Tu as eu du courage et tu as été bien inspiré pour écrire cette longue chronique ! Bon dimanche.

    • Rozie

      Si tu en ressens l’envie, seulement :).

      Pour avoir visionné une longue critique du film, je peux dire de source sûre que les deux oeuvres sont bien différentes. On ne porte pas le même regard sur les personnages. Par contre, le racisme est aussi présent dans l’un que dans l’autre. On pourrait s’étouffer avec !

  • maman délire

    moi je suis là !! 🙂 je traîne par ici en attendant de le retour de mes enfants dans quelques heures… j’avais lu la critique de miss texas aussi. ce livre je l’ai lu, mais ça doit faire 25 ans…. du coup j’ai un peu de mal a me souvenir de mon sentiment en le terminant. par contre, le film, j’ai du le voir une dizaine de fois, mais il y a longtemps aussi : il passait tous les ans a noël, et je le regardais avec mes parents… je ne voyais pas tout ça bien sûr. je me souviens quand même de ce sentiment de gâchis comme tu dis, sans doute les dernières fois que je l’ai vu, quand j’étais adolescente… j’ai lu le livre après avoir vu plusieurs fois le film, et ce dont je me souviens c’est que bon nombre de libertés ont été prise avec l’oeuvre originale, évidemment. je ne sais plus exactement quoi, mais il y a des choses bien différentes ! peut être seras tu déçue du coup. je pense que les choses sont ressenties moins fortement. je me souviens aussi de ce voyage il y a 15 ans, ou j’ai visité une plantation du sud des Etats unis, et les cabanes d’esclaves qui allaient avec…. en tout cas ça me donne envie de le relire, et de revoir le film aussi…. 1400 pages, mais quand vais je trouver le temps ?? et je suis comme toi, le jour ou je devrai me séparer de la maison de mes parents, ou j’ai grandi, ça sera très difficile….

    • Rozie

      Toi, tu es toujours là <3 !

      1400 pages, c'est assez énorme oui. Il m'aura fallu un mois et demi, en lisant bien plus longtemps que je ne lis habituellement. Mais tant mieux, ça m'a redonné goût à la lecture, la vraie. Pas celle des 10 pages sur lesquelles je m'endors chaque soir ^^.

      Du coup, j'ai visionné une critique du film longue de deux heures. Mais pas le film ^^. En fait, mon mari avec vu cette critique sur Youtube et a voulu me la partager tant il la trouvait juste. J'ai effectivement pu me rendre compte que pas mal de libertés avaient été prises. Qu'on coupe des scènes et qu'on privilégie des histoires, c'est normal. Par contre, j'ai trouvé très malvenu qu'on change des "détails" dans certaines scènes. Car ces détails n'en sont pas et donnent un regard complètement différent et faussé !

      Je digère encore :).

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