Notes d'Existence

Aider les autres.

Voilà. Comme des millions de personnes dans ce monde, quand je réfléchis à ce que je veux faire de/dans ma vie, il me vient cette réponse : aider les autres. J’ai très très envie d’aider les autres. Ca n’a l’air de rien comme ça, mais vu l’errance dans laquelle m’a plongée cette question – Que souhaites-tu faire de ta vie ? – depuis qu’on me la pose, cette réponse aujourd’hui évidente est un grand pas.

Je n’ai jamais su ce que je voulais faire. C’était particulièrement handicapant pour mon avenir professionnel. Je ne me projetais nulle part. Je ne ressentais aucune envie. Pas d’illumination. J’ai traîné cette incertitude durant toute ma scolarité, craignant le jour où j’aurais à choisir. Je voyais certains amis partir dans des directions précises, d’autres errer comme moi. Quelle angoisse.

Quand il a fallu choisir après le bac dans quelles études me lancer, j’ai choisi la voie de la facilité : suivre ceux en qui j’avais confiance. Pas besoin de le préciser, ce fut un fiasco ! Bien que le domaine m’intéresse sincèrement, je n’avais pas la flamme. Pas le pourquoi, le sens de ce que j’étais entrain d’engager. Donc pas de motivation. Très vite, j’ai tout lâché. L’errance s’est amplifiée, et il s’est passé ce qu’il s’est passé.

Exercer un métier n’avait aucune importance pour moi. J’étais incapable de voir un autre sens derrière le travail que celui de gagner de l’argent et, éventuellement (avec de la chance !), de faire quelque chose de plaisant. Je n’envisageais pas l’utilité d’un travail, ni le bien fondé que peuvent avoir certaines professions sur le monde.

Par chance, je travaille aujourd’hui dans le social, tout en faisant quelque chose de créatif dans des conditions plus que géniales. Je ne vais pas m’étaler sur ma vie professionnelle que je qualifie « de rêve ». Je suis consciente de ma chance (Merci, Bonne Etoile, mille fois Merci !) et ce n’est pas tout à fait le sujet.

J’ai ENVIE d’aider les autres. A fond. De distiller mon positivisme, ma vision de la Vie. De donner. De … D’aider les autres à être heureux comme je suis heureuse. Ca me frustre tellement que mon bonheur ne soit pas un gâteau dont je partage les parts ! J’ai tout ça à l’intérieur de moi et je n’en fais rien.

Enfin, si, j’essaie. Je fais tout ce que je peux pour donner mon amour, ma reconnaissance, ma joie à toutes les personnes que je rencontre au quotidien. Ce week-end, on m’a dit dix fois que je rayonne et que c’est agréable et re-motivant de parler avec moi. Bon … Dit comme ça, ça fait très « moi je », ce n’est pas ce que je veux transmettre ! Ce que je veux dire, c’est que je remarque que dans mon quotidien j’arrive à partager cet éclat que je sens irradier dans mon coeur, cet apaisement et ce positivisme à toute épreuve que j’ai depuis toujours au fond de moi. J’ai la preuve que ça se voit et que ça se ressent. Mais c’est pas assez !

Mon coeur dit qu’il doit y avoir un moyen de transmettre mieux, plus fort, plus direct. Lequel ? Et comment ?

Une reconversion professionnelle ne m’intéresse pas. C’est plus dans l’à côté que ça se passe. Que faire, que faire … J’attends l’illumination. En réalité, j’écris cet article pour me permettre de réfléchir et d’ouvrir des portes. Donc si par la suite, vous ne comprenez plus rien, c’est normal !

Grâce à une superbe personne (merci, merci, merci), j’effectue en ce moment un travail sur ma créativité. Je suis passée par plein de phases différentes depuis le début de ce travail. Jusqu’à la dernière qui était un rejet total de tout ce que j’entreprenais suivi d’un total manque de motivation. Quelque chose clochait. Je crois qu’il me manquait ce truc de me dire « ma créativité existe pour aider les autres. » J’ai beaucoup tourné autour du pot. Je disais que je voulais transmettre, envoyer des choses positives, partager … Non mais en fait, ce que je veux, c’est AIDER LES AUTRES.

C’est ça, le truc qui me motive complètement. Le sens. Le bon mot. AIDER. INSPIRER.

Il y a mille façons de le faire, et je suis justement entrain de recenser tous les modèles que j’ai autour de moi. Pour moi-même m’inspirer de ce qui existe. Je sais ce que je ne veux pas. Je vois ce qui me correspond plus. Ca va m’aider à composer ma propre initiative.

Il y a deux peurs qui subsistent. La première, c’est soûler les gens avec mon bonheur. Ce week-end, on nous a demandé de ne pas avoir l’air trop heureux, car ça attise la jalousie, la rancoeur et la tristesse chez l’un de mes proches. Ca m’a pas mal remuée. Je le sentais venir (c’est une personne qui vit des choses très dures, pas de jugements).

En général, je ne parle de ma vie que quand on me le demande. Je n’étale surtout pas mon bonheur pour éviter d’énerver ceux qui sont moins bien lotis. Je déteste faire de la peine, et encore plus passer pour la nana qui expose grassement sa superbe vie de princesse. Donc je ne partage avec des mots que si on vient me demander comment ça se passe pour moi. Pour faire la conversation, je plonge dans les sujets que me propose mon interlocuteur. J’évite au maximum de prendre des exemples dans mes propres expériences.

Le hic, c’est que j’ai beau me museler, je ne peux pas m’empêcher de sourire, ni d’avoir l’air heureuse,  sereine. Et je ne le veux pas. J’étais donc tiraillée entre ce sentiment que c’est franchement idiot de museler ma joie, et celui que c’est encore plus con de blesser avec. C’est le contraire que je vise !

Ma seconde crainte tourne autour de la légitimité. On va dire que c’est en cours de règlement. L’histoire du Bouddha que nous a partagé Cécile lors de la retraite m’a beaucoup aidée. Mes intentions sont bonnes. N’importe qui pourrait sonder mon coeur et savoir que c’est le cas. C’est aussi simple que ça. Bon, ce n’est pas parce que mes intentions sont bonnes que je peux me déclarer psychologue ou aide soignante, on est d’accord ! Mais pour ce qui est de simplement partager (pour aider), je pense que ça suffit, non ?

Réflexion en cours …

Et vous, comment faites-vous pour accomplir au mieux vos aspirations ? Aider les autres, ça vous parle ? Concrètement, ça donne quoi ?

Semer un peu de magie et de poésie dans le quotidien.

7 commentaires

  • maman délire

    la réflexion qui me vient quand je lis cet article, c’est que par ce blog, tu aides les autres ! tu as partagé tes expériences de vies difficile, tes réflexions sur le bonheur, sur ce qui te rends heureuse, et je pense que ça aide déjà les autres. Quant’aux personnes qui ne veulent pas entendre ke bonheur des autres, c’est difficile, mais si tout le monde cachait son bonheur, le monde serait bien triste ! il n’y aurait aucun espoir !! c’est justement en voyant le bonheur des autres qu’on devrait reprendre de l’énergie !

  • Emeline

    Superbe article Rozie ! Ta réflexion m’inspire beaucoup et alimente la mienne J’ai tendance a penser qu’aider les autres doit passer par un métier mais vraiment non Je ne comprends par contre pas cette idée de cacher son bonheur Il fait du bien à l’univers entier n’en doute pas Bonne réflexion et hâte de savoir ce qui va s’ouvrir à toi 🙂

    • Rozie

      C’est vrai, on peut aider sans passer par un métier ! En fait, on aide au quotidien … On peut tant faire juste avec les personnes qu’on croise dans une journée, c’est magique. C’est comme semer des graines partout autour de soi. Et voir les fleurs pousser tout doucement.

      Je sais que mon bonheur est une bonne chose ! Malheureusement, tout le monde ne s’en réjouit pas. Ce n’est pas grave, il m’est arrivé, moi aussi, de ne pas me réjouir du bonheur des autres donc je comprends. Un pas après l’autre !

  • Marie Kléber

    Je me suis longtemps cherchée alors tes mots me parlent énormément Rozie.
    Pour ma part « aider les autres » était au départ un moyen de ne pas penser à moi – je pensais que ma vie n’avait aucun intérêt, du coup autant rendre service pour en faire quelque chose de beau. Ça ne pouvait pas marcher comme ça.
    Ce qui m’a beaucoup apporté c’est le jour où j’ai remplacé AIDER par ACCOMPAGNER. J’y ai vu une nouvelle dimension. Pour la mise en pratique, et bien je pense que c’est dans l’attitude de tous les jours, dans la créativité mise au service d’autrui, dans un talent que nous développons, dans des partages qui comptent à nos yeux. Et moi qui m’étais posée maintes et maintes fois cette question, je peux dire que je suis heureuse d’avoir un travail aujourd’hui, peut-être très alimentaire, mais qui me permet justement de partager plus librement, d’inspirer les autres sans avoir à me soucier d’argent.
    Mettre son talent au service du monde, à chacun de le faire à sa façon!

    • Rozie

      Merci Marie pour cette réflexion hyper intéressante. ACCOMPAGNER. Ca me laisse de quoi méditer.

      Tu sais, mon travail a beau être aussi parfait qu’il l’est pour moi, il reste alimentaire. Qui a un job qui n’est pas alimentaire ? Je gérerais forcément mon temps autrement s’il n’était pas là. Toutes ces questions sur le travail me laissent perplexes …

      Aider les autres au quotidien. En ce moment, je tire toujours la même carte quand je demande comment faire pour aider mieux : se mettre à disposition. Mettre ses talents à disposition. Ca me fait réfléchir … Chacun le fait à sa façon.

  • Illyria

    Aider les autres concrètement ça donne pour moi rien parce que j’ai vraiment pas le temps ni l’énergie de faire du bénévolat en dehors de mon travail, donc ça donne rien malheureusement… C’est chouette que tu sois autant motivée en tout cas!

    C’est intéressant ce que tu dis sur le travail, je pourrais écrire exactement la même chose, mot à mot. Moi aussi je suis paumée et je n’ai absolument aucune idée de ce qui pourrait m’intéresser. Je fais avec mon job actuel, mais bon c’est pas du tout une passion. Et je ressens pareil, pour moi le travail c’est un moyen de gagner de l’argent, et c’est tout. C’est tout ce que je fais en dehors qui m’épanouit. Et c’est pour les raisons que tu écris que j’ai du mal à comprendre que mon copain vive mal le fait de ne pas pouvoir travailler. Je sais que le travail c’est un facteur d’intégration sociale (mais quand il te laisse rien le temps de faire à côté, j’ai plus l’impression que ça me désintègre qu’autre chose mais bon), mais bon je vivrais tellement mieux sans ce monde du travail…

    Je serais intéressée d’en savoir plus sur le travail que tu fais sur ta créativité! Soûler les autres, de toute façon, quelque soit ton attitude tu soûleras toujours les gens, et la légitimité oui ça se travaille, donc continue à travailler là dessus 🙂

    • Rozie

      Tu sais, je ne fais pas de bénévolat non plus, en n’en ai jamais fait !
      Si je n’avais pas mon travail dans le social, concrètement, on pourrait penser que je ne fais rien pour autrui. Mais es-tu sûre de ça, que tu ne fais rien ?
      Au quotidien, des choses, on en fait … Des gens, on en voit. Et parfois, aider c’est juste sourire et parler un peu ! Juste être qui on est.

      Certaines personnes ont besoin de travailler car c’est à travers ça qu’elles se sentent utiles. C’est peut-être pour ça que ton copain en a tant besoin. On fonctionne tous différemment !

      Je parlerai de ce travail dès que je serai autorisée ;).

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