Notes d'Existence

25 ans, toujours pas envie d’enfant.

L’étau se resserre autour de moi. J’entre dans l’âge où les grossesses fleurissent, où les projets de vie se concrétisent. Jusque là, il ne s’agissait que de cousins, et comme ils étaient tous plus âgés que moi, je me sentais normale (c’est un lapsus, je l’ai remarqué en me relisant : je voulais écrire « tranquille » …).

Je regarde toutes ces femmes autour de moi, tous ces couples qui projettent, qui essaient, qui sont déçus ou heureux. Ce que ça provoque en moi ? Une totale indifférence. Ca ne me fait ni chaud, ni froid. Quand on m’annonce une grossesse, je fais en sorte de me réjouir. C’est feint à demi. Non pas que ça ne me réjouisse pas vraiment – je suis sincèrement heureuse quand les projets de mes proches se réalisent – mais quand il s’agit d’avoir un enfant …

Je m’en fiche. Ca me passe au dessus. On m’annonce quelque chose que je suis incapable de comprendre ou de ressentir alors il n’y a pas d’émotion. C’est le calme plat. Comme si on m’annonçait n’importe quoi d’autre. C’est tellement loin de moi. J’ai l’impression qu’il s’agit d’une coutume issue d’une contrée dont je suis étrangère. Je l’accueille comme une information nouvelle et étrange, bien consciente que n’étant pas née « dedans », je ne pourrais jamais vraiment l’appréhender. Ca ne m’intéresse tout simplement pas, c’est anecdotique.

J’oublie les prénoms des nouveaux-nés. J’essaie de les mémoriser dans la voiture, par ordre chronologique mais rien à faire, ça ne rentre pas. Jahid, Cassandra, Adam, Célia, Aloïs, Matthéo, Aïssia … Je me rassure en me disant que c’est parce que je les vois peu et que je n’ai jamais eu l’occasion de tisser des liens avec eux.

Quand les femmes sont enceintes dans mon entourage, je me pose des questions sur l’expérience en elle-même. J’ai énormément lu sur le sujet. Car je suis une femme malgré tout, et fertile jusqu’à preuve du contraire. Alors si d’aventure le pire devait m’arriver, il faudrait que je sois prête à toutes les éventualités. Je n’aimerais pas avoir à faire un choix sans avoir eu le temps de le mûrir. Ainsi, j’ai mes propres avis et décisions sur l’avortement et l’accouchement sous X, mais aussi sur les différentes façons d’accoucher, d’allaiter ou encore d’élever un enfant.

J’aimerais n’avoir jamais besoin de m’en servir mais c’est là au cas où. J’ai cette mine d’information à portée de main en cas d’urgence. Avec une mère assistante maternelle, autant vous dire que je sais m’occuper d’un nourrisson, d’un bébé et d’un jeune enfant. Je sais ce que je dois faire si demain, je reçois une mauvaise nouvelle.

Mes parents et beaux-parents se sont faits à l’idée. Après cinq ans de vie commune avec l’homme de ma vie, un mariage, une maison et un chien, ils ont accepté que si je reste campée sur ma position, c’est que définitivement, la cause est perdue.

Ils se rabattent sur Indiana. C’est assez fou. Ils l’appellent en riant « notre petit-fils », mais c’est une réalité palpable. Ils le considèrent assez en tant que tel et s’y attachent plus qu’à n’importe quel autre animal de compagnie. Le chiot en profite plus que de raison. Pour être tout à fait honnête, je ne me sens pas sa mère, mais il est évident qu’il comble en moi ce petit besoin de materner qui existe malgré tout.

Je l’aime comme une personne que j’ai adoptée. Je le cajole, j’aime le sentir enfant contre moi et le voir grandir, apprendre sa vie d’animal heureux me réjouit plus que tout. Indiana a changé notre quotidien et y a apporté un immense bonheur. Il est clair que de l’extérieur, on pourrait rire de moi et presque médire. « Elle ne veut pas d’enfant mais vois comme elle se comporte avec ce chien : il est clair qu’elle se ment à elle-même ! »

Je suis sûre qu’ils sont beaucoup à l’avoir pensé. Je me demandais, au début, comment faire pour que le raccourci ne naisse pas mais j’ai rapidement laissé tomber. Je voulais me sentir libre d’aimer cet animal comme j’ai besoin de l’aimer. S’il remet en cause mes paroles pour les autres, je sais ce qu’il en est pour moi.

Si nos parents ne reviennent plus à la charge, avec le reste du monde, c’est différent. Mon cousin me parlait des nuits blanches. On riait. « Je ne sais pas comment tu fais, j’aurais beaucoup de mal ! Tu y passeras aussi ! Pourquoi ça ? Ben, quand ce sera ton tour .. !Ah non, ce n’est pas une obligation, je ne compte pas avoir d’enfant. »

Son visage s’est décomposé. C’est étonnant. Il ne s’y attendait pas, je peux le comprendre. Mais lui qui était si proche de moi, il faisait partie des premiers auxquels je m’étais confiée quand j’ai compris qu’effectivement, je ne pourrais pas m’y plier. Son visage s’est décomposé, donc. Il faisait une chute de 30 étages.

Je ne l’avais vraiment pas vu venir. Quand il a dit que j’y passerai aussi, je n’ai pas compris à quoi il faisait allusion et ma question – « Pourquoi ça ? » – était sans sous-entendu. Sa réponse m’a frappée de plein fouet. J’ai pensé successivement « Pourquoi aurai-je à vivre des nuits blanches, à quoi pense-t-il ? … Mon tour. De faire des enfants. Ah. Oui. C’est vrai. La machine à bébé dans mon corps. »

C’est allé très vite. Son visage a exprimé la déception, l’incompréhension, la tristesse ensuite, pour terminer sur la confusion. Trois petites secondes. J’imagine que mon visage a exprimé exactement la même chose, mais les raisons étaient toutes autres. D’un air grave, il a demandé : « Et ton mari ?! » Sous le coup de la surprise, je n’ai pas su répondre.

Je déteste qu’on me pose cette question. Que s’imaginait-il ? Que je l’ai pris en otage, emprisonné dans cette situation sans lui demander son avis et qu’il ne peut pas en sortir s’il le souhaite ? Le ton ne disait pas « Et ton mari, en veut-il ? », il disait « Et ton mari, comment va-t-il vivre comme ça ?! »

Il y a deux mondes qui se concrétisent en deux collègues (respectivement 3 et 4 enfants). Aux deux, j’ai raconté l’histoire de mon absence de désir. La première l’a complètement intégré et se bat dans les conversations contre les clichés qui veulent me voir devenir mère. La seconde pose sa main sur mon ventre quand je dis souffrir de douleurs et me dit que c’est une bonne nouvelle. Alors qu’elle sait que son geste me donnera des sueurs froides.

Souvent, j’essaie de me mettre dans la peau d’une femme mère, d’une femme enceinte, d’une femme qui désire. Je vois de beaux moments. J’arrive à imaginer les myriades d’instants qui disent oui. C’est très net. Je me concentre là-dessus, et je ressens cette douce certitude. Si elle pouvait parler, elle dirait ceci : « Tu sais que ce n’est pas toi. C’est une belle vie aussi, mais pas la tienne. Ce n’est pas ta place. »

Cette certitude est plus forte que tout. Elle est plus forte que mon profond besoin de plaire, et de faire ce qu’on attend de moi. Plus forte que mon besoin d’être la fille/femme parfaite. Plus forte que ma crainte de perdre l’homme que j’aime. Rien ne peut contrebalancer cette intuition qui dit qu’en enfantant je gâcherais ma vie. Ca ne veut pas dire que je vivrais foncièrement mal, je pourrais être heureuse. On peut l’être tout en ayant fait une monumentale erreur. On peut s’en accommoder. Le mieux reste de ne pas la commettre.

J’ai eu l’occasion de discuter avec ma belle-soeur à ce sujet. De connivence, elle sait de quoi je parle, elle vit avec cette sensation depuis toujours. Elle m’a expliqué la violente perte qu’elle avait subi devant le test de grossesse positif. L’impression que sa vie s’écroule. Anti-avortement, elle a gardé l’enfant. Elle me dit qu’elle doit assumer sa connerie.

Ma nièce est une enfant heureuse, sa mère prend soin d’elle. Mais voilà. « Je n’ai pas l’impression d’être sa mère. Je suis celle qui m’occupe d’elle, celle qui l’instruit, sa grande-soeur. Mais sa mère … Je le suis et en même temps, non. » Elle l’aime plus que tout pourtant, ça se voit. Mais elle regrette quand-même de n’avoir pas pris ses précautions et elle me dit de ne surtout pas céder. Depuis, elle est drastique sur sa contraception, dans l’attente d’une ligature des trompes.

Ca me fait du bien d’être comprise. Ca me rassure également de voir que si jamais mon corps me trompe un jour, une belle vie m’attend aussi. Je trouverais des solutions et m’accommoderais comme elle. Je ferais en sorte que mon enfant soit heureux même s’il n’a pas été désiré, même si l’annonce de sa venue est semblable à un coup de poignard. C’est toute l’ambivalence des sentiments.

Je continue de penser que je ferais tout pour ne pas avoir à le vivre. Quitte à fuir famille et patrie, à tout laisser en plan derrière moi pour reconstruire une vie ailleurs, sans plus penser à cet enfant qui sera sorti de moi et qui vivra quelque part. Je le laisserais à son père, ma famille et la sienne et je disparaîtrais.

Heureusement, je ne suis pas enceinte. Heureusement, j’ai les moyens de tenir ces scénarii loin de moi. Je les repousse jour après jour, mois après mois. Autant de possibilités élaborées pour tenir le choc et m’aider en cas d’accident. Il faut penser à tout. Peut-être bien que je devrais penser à la contraception définitive. Ca me simplifierait la vie. Et vous, comment vivez-vous votre (non-)désir ?

PS : Ce texte n’est pas écrit pour choquer. Il est le simple reflet de mes pensées. Je suis consciente qu’il puisse blesser ou outrer. Sachez que le but n’est pas là.

Semer un peu de magie et de poésie dans le quotidien.

14 commentaires

  • Melgane

    Je pense que peu de gens seront choqués… tu dis ce que tu penses sans jugement des autres, à partir de là…
    Peut-être que je dis ça parce que comme toi je ne veux pas d’enfant… dans un article j’avais même écrit, au lieu de « je ne veux pas être mère », « je veux ne pas être mère ».
    A vrai dire, ça me dégoûte un peu, l’idée qu’il y ait un « truc » dans mon ventre. Quand je l’imagine ça me fait une drôle de sensation… c’est hors de question que j’aie un enfant !… les gens sont surpris… incrédules, aussi. L’air de dire « mais oui, bien sûr… » « t’as le temps de changer d’avis » qu’on me dit. Oui, j’ai le temps. Mais non, je ne vais pas prendre ce temps, je ne vais pas changer d’avis. Une amie m’a plus ou moins fait comprendre que selon elle je changerai forcément d’avis un jour ou l’autre… drôle d’idée ! Mais je n’ai jamais eu de réactions aussi radicales que toi !

    Je ne sais pas si je gâcherais ma vie avec un enfant, mais je ne vivrais pas la mienne, de vie. J’imagine que ça revient un peu au même…
    Quand j’imagine mon futur, il n’y a jamais d’enfant. D’ailleurs, je pense rarement à ma vie perso, quand j’imagine mon futur, davantage à ma vie pro…

    Mais je comprends aussi les personnes qui sont choquées par ce non-désir d’enfant, ou surprises…
    On dit « instinct maternel », et la femme, fertile, qui se doit de donner un enfant à son mari pour perpétrer sa lignée et lui donner des héritiers… c’est dans la droite ligne du rôle familial des femmes depuis… longtemps ! A quoi peut donc bien servir une femme si ce n’est pas pour tenir la maison et changer les couches du petit dernier ? Comment va-t-elle donc occuper ses journées…?! ;P Je pousse le bouchon, mais on n’est pas loin quand même… la femme, tournée vers le soin des autres, se doit d’avoir un enfant… rah lala ! Ben moi, c’est pas d’main la veille… !

    • Rozie

      C’est clairement ça pour moi, Melgane : je ne veux pas être mère. Adopter ne me dérangerait pas à partir du moment où c’est clair pour tout le monde que je ne suis pas la mère et qu’on ne me pensera ni ne m’appellera jamais « maman ». Bon, je n’adopterai pas non plus parce que je n’ai strictement aucune envie de voir ma vie chamboulée … ! Mais si un jour ce besoin de transmission me titille, je pense que je me tournerais vers ça.

      Tout dépend le contexte. Ta famille est peut-être plus ouverte que la mienne à ce sujet. Ici, on en est encore à critiquer une jeune mère parce que c’est son mari qui change la couche à sa place (ma tante en voyant le compagnon de sa nièce faire ….), à dire que c’est égoïste de ne pas prendre le nom de son mari car ce sera compliqué pour les futurs gamins (réflexion qu’on m’a fait de façon très indignée), ou encore à reprocher à une femme de n’avoir pas été assez courageuse pour faire le troisième (celle-là, c’est ma mère qui se l’ai prise dans les dents). Ici on dit que « ça ne sert à rien de vivre si on ne fait pas d’enfant », ou encore que « c’est une vie de malheur » (de la part d’une tante et de ma grand-mère). Autant te dire que si on n’était pas en 2018, je n’aurais pas voix au chapitre ^^.

      Gâcher sa vie, c’est un terme très fort, c’est vrai. Quand je pense ça, c’est pas « ma vie serait de la merde qui ne vaudrait pas le coup » mais plus « ce sera bien mais ça aurait pu être génial et vraiment moi ». C’est assez difficile de poser les bons termes là-dessus …

      C’est vrai, tu n’imagines jamais ta vie perso ? Et qu’est-ce que tu vois dans ta vie pro ?
      Comme toi, je n’ai jamais vu d’enfant, ni de ventre s’arrondir … Ca vient dans mes rêves cela dit, mais à chaque fois c’est l’angoisse. Ou alors au contraire très serein : je rêve que je suis enceinte mais ça n’est pas un problème car le bébé va disparaitre comme par enchantement à l’issue. C’est bizarre ^^.

      Hahaha, comme je te disais, pour l’exemple de ma famille paternelle, tu ne forces pas beaucoup le trait ! Je comprends aussi le choc. D’un côté, il est nécessaire. Il ouvre des portes, d’autres façons de faire ou de vivre. Mais ça m’impressionne toujours.

      • Melgane

        Moi non plus ça ne me dérangerait pas d’adopter à partir du moment où c’est un grand (genre à partir de 10-11 ans (est-ce seulement possible ???) et que c’est, comme pour toi, bien clair pour tout le monde que je suis pas sa mère mais sa « tutrice légale » et qu’il ne va pas m’appeler « maman »… en fait je l’imagine plus comme une action humanitaire pour sauver un gosse et lui donner un cadre mieux que des foyers (et y’a pas besoin d’aller chercher des gosses à l’étranger pour ça) que comme une solution pour assouvir mon instinct maternel et avoir un gosse sans avoir à en faire.

        Effectivement…

        Je vois ce que tu veux dire, je pense. Un peu comme si tu prenais toujours la même direction mais sur un chemin parallèle plus caillouteux alors que tu n’as pas les chaussures adaptées ni assez d’eau dans ta gourde ?

        Nan, jamais… ou dans des scènes relativement brèves, en fait. Je me projette plus facilement dans ma vie pro (telles études, puis tel travail, etc.) que dans ma vie perso.

        • Rozie

          Oui, c’est ça ! Je l’envisage aussi beaucoup comme une BA avec cela en plus quand-même, que j’agrandis ma famille. Exactement comme on l’a fait avec Indiana (notre chien).

          Remarque, j’ai très peu imaginé ma vie perso aussi. Peut-être bien que c’est une constante. Je ne sais pas, je crois que beaucoup d’amis ont toujours imaginé leur vie avec un conjoint et des enfants. Moi … Non. J’imaginais un appartement cosy, éventuellement quelqu’un dans ma vie. Bon, j’avoue, j’imaginais tout à fait un amour passionné ! Mais ça n’allait pas bien plus loin et j’étais incapable de me projeter au delà des débuts d’une relation ou à plus de 30 ans dans ma vie.

  • Ornella

    Je suis toujours extrêmement,t choquée de voir que personne n’accepte ton choix et veuille systématiquement le remettre en question. Et je suis également admirative de ta force anticonformiste. J’en connais des femmes qui ont eu des enfants parce qu’il le « fallait ». Pleins ! Je trouve remarquable celles et ceux qui arrivent à assumer leur non-désir !

    • Rozie

      Je ne sais pas s’il s’agit d’une force anti-conformiste. Je pense que c’est surtout cette sensation de péril grave qui fait que je ne peux PAS fléchir.

  • Elisa

    Personne ne sait à l’avance ce que représente le fait d’avoir un enfant. Il est là le piège, je crois. Il y a des gens qui n’imaginent que le rose et qui du coup sont déçus (oui, ça existe) car l’ampleur de la tâche est quand même colossale et d’autres qui voient tout en noir. Pour ma part, je n’avais rien imaginé, vraiment. C’était juste une envie qui était là, logée dans mes tripes depuis toujours.
    Ce qui est dommage , c ‘est que j’ai de plus en plus l’impression que deux clans sont en train de se former: il y a les pro-enfants et le contraire. Certains de mes amis sans enfants m’ont fait comprendre à l’époque où je suis devenue maman que selon eux, j’avais gâché ma vie en ayant un enfant. Je trouve ça très triste.
    Je crois qu’il n’y a aucun jugement à avoir. Chacun doit pouvoir faire ce qu’il veut/peut. Pourquoi toujours devoir faire son petit commentaire, pourquoi ne pas être plus ouvert à l’avis/envie de l’autre?

    • Rozie

      J’aimerais, comme toi, qu’il n’y ait pas deux clans, c’est ridicule ! Ca vient du manque d’ouverture de certaines personnes. Et je dois avouer que face à ces réactions, j’ai de plus en plus tendance à faire exprès d’être moi aussi mordante. C’est une mesure de protection car au bout d’un moment, je ne peux plus me laisser marcher dessus, ça fait trop mal !

      Mais c’est complètement con de te dire que tu as gâché ta vie en faisant un enfant. On fait ce qu’on veut ! C’est incroyable cette façon qu’on a tous de se projeter sur la vie des autres (je crois qu’on l’a tous déjà fait, sauf qu’en général on n’est pas aussi véhément).
      Tu l’as fait parce que tu en ressentais le désir dans tes tripes, depuis toujours. Ca n’est pas parce qu’on ne peut pas le ressentir, ni vraiment le comprendre, qu’on ne peut pas l’accepter et l’envisager comme quelque chose de profondément bien pour l’autre.

      Bref … Je te rejoins, pourquoi ne pas être plus ouverts aux choix des autres ?

  • Plou

    Personnellement, je suis perdue concernant cette histoire d’enfant.
    J’ai l’impression de ne pas en vouloir et en même temps ça me rend triste de penser ça, car quand j’étais plus jeune, j’en voulais. Et je sais que mon conjoint en voudra, plus tard.
    Mais je pense que ma terreur de l’accouchement joue beaucoup sur cette envie. De même que mon envie de garder mon temps libre !

    • Rozie

      Ce sont deux choses différentes de ne pas vouloir d’enfant, et d’être retenue par la terreur de l’accouchement ou de la grossesse, effectivement ! Tu arriveras sans doute à dénouer ça, avec le temps.

      Ca ne me rend pas triste de ne pas vouloir d’enfant, au contraire ! Ca me rend très heureuse de m’imaginer sans. C’est comme ça que je sais que c’est la bonne voie.

      Quant au temps libre … Je ne peux que comprendre : j’adore le mien, c’est tellement précieux ! Mais je crois que … Il y a des façons d’en avoir avec des enfants aussi, il y a des périodes.

  • Alessia

    C’est dingue, j’ai l’impression de lire tout ce qui se passe dans ma tête… J’ai 25 ans aussi, et je n’ai pas envie d’avoir un enfant. J’en ai lu, des commentaires là-dessus, comme quoi on est des « erreurs de la nature » (la nature ne fait pas d’erreur selon moi, mais soit), que « ça viendra plus tard » (au contraire, j’en voulais quand j’étais petite, et finalement, non), qu’on prend notre mec en otage… Du coup, je ne le dis à personne autour de moi. Quand on nous pose la question des enfants à mon conjoint et moi, je réponds avec sarcasme, ou humour, selon la situation.

    Comme toi, j’ai essayé d’imaginer cette joie d’avoir un enfant, ce que ça pourrait changer en bien dans ma vie, ce que je pourrais lui apporter… et puis j’ai lu « Rien ne peut contrebalancer cette intuition qui dit qu’en enfantant je gâcherais ma vie », et c’est totalement ça. Vraiment.

    On aura beau dire que c’est « égoïste », je n’en suis pas convaincue. Mettre au monde un enfant qu’on n’a pas voulu, dont on n’aura pas envie de s’occuper, ça, c’est ce qui va affecter négativement l’enfant. Se réserver le droit de ne pas en avoir, parce qu’on ne le souhaite pas (et quelle qu’en soit la raison), c’est une décision plus mature qu’elle n’en a l’air.

    • Rozie

      « Des erreurs de la nature », c’est assez violent. Mais ce n’est pas une réflexion qui me choque outre mesure. Disons que ça peut s’envisager et peu importe : on est là malgré tout, alors quoi ? Il faut bien vivre comme on l’entend. On a autant de mérite qu’une personne qui en veut, on est né dans les mêmes conditions. En général, les gens qui pensent ça sont assez extrêmes et pensent des choses pas très nettes sur la communauté LGBT, le féminisme et j’en passe …

      Le « ça viendra plus tard » … C’est vraiment la phrase qui m’exaspère par excellence. Elle est d’autant plus exaspérante qu’on ne peut pas la contrecarrer car on ne sait pas de quoi l’avenir sera fait. Maintenant je réponds ça : « Peut-être, et alors ? Ca ne rend pas mon sentiment et mon avis actuels moins légitimes. »

      Quant à prendre son mec en otage … Personnellement, j’ai averti le mien dès la première semaine. Ca évite les déconvenues. Je lui en reparle très souvent, je le prépare à ça et je le laisse libre de choisir. « C’est cruel de le faire choisir entre votre amour et ce que vous avez construit, et sa descendance. » Et pour moi, ça n’est pas cruel ? On sera deux à être heureux, ou deux à souffrir. Mais dans tous cas, on prend la décision ensemble et on est tous les deux au courant des risques.
      Ca ne regarde personne d’autre que vous.

      On est tous égoïstes. On ne me fera pas croire qu’on fait un enfant par altruisme, c’est faux. On ne fait rien qui ne nous rapportera pas égoïstement quelque chose. On aide les autres aussi pour soi, pour sa morale, pour faire de soi quelqu’un de bien. Et tant mieux ! Il faut être égoïste, dans la vie, je le pense sincèrement. On peut l’être sans écraser les autres, ce n’est pas foncièrement mal.

      Bref … Se réserver le droit de ne pas avoir d’enfant, c’est effectivement une décision mature. Réfléchie. Ressentie au plus profond de soi. Ca se respecte. J’espère que tu es sereine vis à vis de ce que tu ressens, et que personne ne viendra trop t’importuner avec ça. Merci pour ton partage.

  • Marie Kléber

    Il faut écouter ses envies et ses non-envies. Tu es la mieux placée pour savoir ce qui compte pour toi Rozie. Et ton choix, comme tout autre choix, est respectable. Avoir un enfant est un choix pas une obligation.
    Tout le monde juge, plus ou moins, en fonction de son vécu. Quand je dis que je veux pas d’autre enfant, je fais face aux mêmes critiques, interrogations et aux phrases toutes faites du genre « tu dis ça, mais… » / « ne jamais dire jamais » / « tu es encore jeune… ».
    Moi, en ce moment c’est avec le mariage que ça me fait cet effet, je n’arrive pas à me réjouir, non que je sois contre (ou pour d’ailleurs) – comme toi je suis incapable de comprendre ce choix, mais je le respecte (et c’est là toute la différence!)

    • Rozie

      Oui, la pression est la même pour le deuxième, et ensuite le troisième … Pour le mariage également.
      On ne peut pas comprendre toutes les envies, tous les bonheurs, on ne peut pas se réjouir de tout et pour tout le monde. Comme tu le dis, l’essentiel est de respecter.

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