Slow cosmétique.

Je ne suis pas sûre que ce que j’appelle Slow Cosmétique soit vraiment ce que c’est en réalité ! Pour moi, la slow cosmétique c’est utiliser moins de produits de beauté, les utiliser moins souvent, et privilégier des produits bruts et bio.

Voilà ce que je mets en place depuis un an et demi maintenant, de quoi faire un petit retour d’expérience !

Il y a plus d’un an, j’utilisais quotidiennement :

  • Une lotion désincrustante pour mon visage
  • Une BB Crème pour couvrir mes imperfections (phase 1)
  • Un fond de teint pour couvrir mes imperfections (phase 2)
  • Un mascara
  • Un labello
  • Un déodorant/anti-transpirant 
  • Un gel douche 
  • Un shampoing (je me lavais les cheveux un jour sur deux)
  • Une crème hydratante pour le corps
  • Une eau micellaire
  • Une crème anti-acné
  • Un dentifrice
  • Une crème hydratante pour les mains

Toutes ces crèmes étaient chacune composées d’une liste bien garnie d’ingrédients en tous genres, avec les noms que vous leur connaissez, incompréhensibles pour qui n’a pas fait chimie en études supérieures !

Je n’ai pas compté, mais je crois pouvoir avancer sans trop me tromper que je faisais absorber chaque jour à ma peau une cinquantaine (sans doute plus, en fait) de composants chimiques différents. C’est fou, non ?! Avait-elle besoin de tout ça, sérieusement ?

N’ayant aucune connaissance dans le domaine, je ne dirais pas que tous ces composants sont mauvais pour la santé. De fait, je n’en sais rien. Mais personnellement, je préfère utiliser un flacon qui ne comporte qu’un ingrédient avec un nom que je comprends, plutôt que des composés intitulés d’une suite de mots étranges, de lettres et de chiffres.

L’idée, c’était surtout de trouver enfin les bons produits pour mon corps. Je me suis mise à penser qu’en réduisant les produits et leurs composants opaques, j’aurais une dernière chance de voir l’état de ma peau et de mes cheveux s’améliorer.

L’idée, c’était aussi de réduire mes déchets, et la salle de bain, c’est vraiment le premier pas hyper simple pour ça ! J’aspirais aussi à trouver des produits qui me serviraient à plusieurs tâches, pour des questions pratiques et de limitation de l’encombrement. Un brin de minimalisme ne fait jamais de mal !

Aujourd’hui, j’utilise quotidiennement :

  • De l’huile de jojoba
  • Du gel d’aloe vera maison
  • Du beurre de karité : des amandes
  • Du savon de marseille : huile d’olive, eau, sel, soude caustique
  • Du rhassoul pour laver mes cheveux (tous les 4 jours) : argile
  • De l’huile essentielle de Palmarosa
  • Un dentifrice maison : argile, bicarbonate, HE de menthe pour l’effet frais

Soit, en tout est pour tout, onze ingrédients différents, tous Bio. Bon allez, douze avec l’eau que j’utilise aussi. Sacré ménage !

Le beurre de karité me sert pour nourrir tout le corps : lèvres, mains, jambes, visage … L’argile lave mes cheveux et mes dents, soigne ma peau. L’aloe vera hydrate peau et cheveux. L’huile de jojoba nourrit et régule cuir chevelu et peau. L’HE de Palmarosa me sert de déodorant si besoin, et d’anti-bactérien multi-usage. Le bicarbonate me sert à … tout et n’importe quoi ! Bref, chaque produit est multi-usage, ce qui est très pratique quand j’en termine un, quand je voyage (je n’en prends qu’un ou deux), ou quand je veux changer un peu.

Concrètement, je pourrais même me passer du savon de Marseille, puisque l’argile lave parfaitement. A voir à l’usage !

Niveau finances, c’est imbattable. Certes, les petits flacons paraissent chers (environ 6 euros pour 30 ml d’huile), mais à l’utilisation, on se rend compte qu’il en faut une quantité minime chaque jour. 3 gouttes d’huile remplace aisément une bonne noisette de crème hydratante. Et c’est sans compter l’amélioration de la qualité de ma peau qui m’a permis, au bout de six mois d’arrêter totalement de me maquiller et d’utiliser des produits anti-acné tous les soirs. Quand on sait qu’un fond de teint coûte 15 euros, une BB crème 8 euros, une lotion désincrustante 4 euros et un anti-acné 10 euros en moyenne, le compte est vite fait !

Comment c’était avant :

Mon visage :

Je considère que j’ai une peau sensible et très réactive.

J’ai de l’acné depuis que j’ai 11 ans, je n’ai jamais réussi à m’en débarrasser. Il y a deux ans, j’en avais 23. Mon visage était très gras au niveau du front, du nez, du menton et des pommettes. Au niveau des joues par contre, c’était l’exact inverse et je souffrais d’une grande sécheresse.

Les zones grasses étaient pleines de petites rougeurs, de boutons plus ou moins naissants. Je n’avais pas tellement de gros boutons, mais sans fond de teint, ce patchwork de couleurs était assez déplaisant, j’avais honte. Vraiment honte qu’à 23 ans, ma peau soit encore celle d’une adolescente. Je désespérais.

Les zones sèches pelaient l’hiver, mais aussi l’été durant les fortes chaleurs. Ca me faisait mal, c’était inconfortable. Elles n’avaient pas une belle couleur non plus.

Je mettais du labello tous les jours de l’année, mes lèvres craquent été comme hiver !

Un désastre que je camouflais comme je le pouvais.

Mon corps :

J’ai la peau sèche au niveau des tibias et mollets. J’avais l’habitude de passer une crème hydratante après chaque lavage.

Il m’arrive épisodiquement d’avoir également des sécheresses sur le ventre, sous la poitrine, sur les avant-bras et dans le bas du dos.

J’ai également les mains très sèches, et j’avais l’habitude de les enduire de crème environ 4 fois par jour.

J’avais régulièrement les ganglions gonflés sous les aisselles, je ne comprenais pas d’où ça pouvait venir. Ca faisait mal quand je levais les bras, c’était très désagréable.

Mes cheveux :

Très gras au niveau des racines. Obligée de les laver tous les deux jours.

Très secs et cassants au niveau des pointes, ils fourchaient beaucoup et poussaient peu.

Comment c’est maintenant :

Mon visage :

Ma routine : Nettoyage au savon de marseille le soir sous la douche. Trois gouttes d’huile de jojoba et un peu de gel d’aloe vera que je fais pénétrer en massant. Rien jusqu’au lendemain soir.

Pour parvenir à ce résultat, j’ai dû me forcer à arrêter le maquillage en même temps que les produits lavants du commerce lambda. C’était très compliqué pour moi parce que je me trouvais absolument hideuse, et c’est peu de le dire. Mais j’en étais persuadée, il fallait en passer par là pour qu’une amélioration se produise, et surtout, il fallait que j’arrête de complexer et que je m’assume complètement, telle que j’étais, avec mon acné.

Je n’ai pas lâché et j’ai réussi. Aujourd’hui, je ne me maquille plus du tout, même plus pour une grande occasion. Je suis tellement mieux comme ça !

Dès les premiers jours, l’amélioration se ressent. Plus de peau qui tire, c’est agréable ! Au fil du temps, ma peau s’est régulée. Je n’avais plus besoin de passer un mouchoir pour ne pas briller (je le faisais plusieurs fois par jour avant – on se dit tout !). Aujourd’hui, je n’ai plus la peau grasse. Elle n’est plus sèche non plus. Elle est juste … Normale !

Mon teint est plus lumineux, j’ai à peu près retrouvé une couleur homogène sur toutes les zones, mes pores se sont resserrés … Hormis quelques petits boutons (impossible, encore à ce jour, d’avoir une peau nickelle), j’ai le même résultat au naturel aujourd’hui, qu’avec ma double couche de fond de teint il y a deux ans. Je m’en suis vraiment rendue compte sur les photos. C’est chouette !

Au niveau de l’acné, par contre, ça a pris beaucoup, beaucoup, plus de temps. Ca s’est vraiment calmé il y a deux mois, quand j’ai commencé à utiliser du savon de Marseille. Je suis passée par une phase de grande désespérance, quand après un an d’efforts, je suis retombée dans une période critique : il en sortait partout tous les jours. J’avais l’impression d’avoir 15 ans de nouveau. C’était tellement injuste !

Il me restait un savon « cracra » que j’avais à coeur de finir pour ne pas gaspiller. Je ne l’utilisais pourtant pas sur le visage, seulement sur le corps. Quand je l’ai terminé, les boutons ont disparu avec lui ! Comme quoi … Les réactions ne se font pas toujours sur les zones appliquées … Depuis, je suis au savon de Marseille, et je n’ai jamais eu une peau aussi belle ! Bon, j’ai toujours quelques copains qui viennent faire signe en période de règles ou d’ovulation. Je crois que je vais devoir vivre avec, je me résigne un peu. Mais le reste du temps, c’est vraiment pas mal. Je crois qu’il n’y a que ceux qui connaissent l’acné qui me comprendront sur ce coup-là, mais c’est un soulagement sans nom !!

S’il y a une leçon à retenir de tout ça c’est : moins tu en mets sur ta peau, mieux elle se porte ! L’eau, ça suffit parfaitement. Un peu d’huile pour la réguler, et le tour est joué.

Par contre, mes lèvres sont toujours aussi sensibles.

Mon corps :

Ma routine : Je me lave au savon de Marseille.

Je n’ai plus besoin de rien mettre du tout. Adieu crèmes hydratantes !

Au début, j’ai simplement remplacé mes crèmes par du beurre de karité brut. Passée la période d’adaptation, je me suis vite rendue compte que je n’en avais plus besoin, chose impossible auparavant.

Je n’ai pourtant rien changé d’autre dans mon quotidien donc je soupçonne les industriels de nous fournir des fausses crèmes hydratantes : elles hydratent en surface, mais sur la longueur, elles dessèchent pour qu’on n’arrête jamais de les utiliser et donc, de les acheter ! C’est peut-être une pure élucubration de ma part, mais je la partage avec vous …

Je n’ai plus de sécheresses intempestives.

En ce moment, c’est l’hiver. Je nourris mes mains une fois par jour au karité. Rien d’autre.

Mes dents n’ont pas changé d’état depuis que j’ai changé de dentifrice : aucune différence. 

Depuis que j’ai arrêté l’anti-transpirant, je n’ai plus de problème ganglionnaire. Je laisse mon corps transpirer. En fait, c’est assez rare, et quand ça m’arrive, je glisse une goutte d’HE de Palmarosa sous chaque aisselle, et les odeurs disparaissent. Cette HE est anti-bactérienne. Je précise qu’il ne faut pas en porter tous les jours. Comme pour toutes les HE, il faut faire des pauses : une semaine sur trois, ou trois jours par semaine. Ce n’est pas un problème pour moi parce que je n’en porte que deux jours par semaine, quand je travaille à l’extérieur.

Mes cheveux :

Ma routine : je lave mes racines grasses entre une à deux fois par semaine.

J’ai d’abord tenté les shampoings solides bio. Un désastre. Je pense que les tensio-actifs sont beaucoup plus concentrés donc plus violents. J’avais de la paille sur la tête, l’impression que ça lavait mal, que ça se rinçait difficilement … Pas pour moi !

Je me suis alors tournée vers le rhassoul et là, miracle ! Ca lave super bien, ça rend les cheveux tous doux, ça les démêle, et ça n’agresse plus mon cuir chevelu. J’en veux pour preuve, je me lave dorénavant les cheveux tous les quatre jours en moyenne. Ca signifie qu’ils régressent deux fois moins vite, donc que mon cuir produit moins de sébum pour protéger. Il n’a plus besoin de se protéger, effectivement, puisqu’il n’est plus agressé par un shampoing !

Je ne lave que mes racines. Depuis que je ne touche plus aux pointes ni aux longueurs (elles ne reçoivent que de l’eau), elles ne sont plus sèches. Elles vont mieux. Elles sont agréables à toucher et elles ne fourchent plus.

D’ailleurs, mes cheveux se sont mis à pousser ! Ils sont plus épais, je trouve leur couleur plus vivante, ils brillent. Plus jamais de ma vie je n’appliquerais autre chose que du rhassoul sur ma tête. JA-MAIS.

Je précise aussi que je n’utilise pas/plus de sèche-cheveux, ni de fer à lisser. Une brosse et un peigne en bois. Un élastique pour les attacher, comme j’en ai encore. Après quoi ce seront des barrettes en bois.

Verdict ?

100% positif, à tous les niveaux. 

Ca demande du temps, de la persévérance, une capacité d’adaptation, l’envie de tester un peu tout pour trouver sa propre routine et ses produits phares, mais ça vaut le coup.

Avant, j’étais persuadée d’avoir hérité de la peau la moins agréable au monde. En fait, je m’en occupais trop, et mal. Si je l’avais laissée tranquille dès le début, je suis sûre que le désastre à rattraper serait moins affolant. Le mieux est de ne rien faire et je suis à fond avec les nouveaux parents qui choisissent de ne laver leurs enfants qu’à l’eau, voire avec un seul et unique savon tout simple. C’est, selon moi (mais je ne suis personne pour juger), la meilleure chose à faire !

Bien sûr, mon acné vient  de tout autre chose. Un subtil mélange entre mes sentiments envers moi-même, ce que je ressens en général, ce que je mange, ce que je bois, l’activité physique que je pratique, les déséquilibres dans mon corps, certains organes qui galèrent à faire leur travail, les hormones … Son amélioration doit aussi venir de toutes ces petites choses que je travaille au fur et à mesure. Il n’en reste pas moins que c’est un sacré coup de pouce !

J’aime beaucoup utiliser des produits bruts. Ils sentent bon. Pas de parfum factice. La bonne odeur de l’amande, de l’olive, c’est un grand confort pour moi, qui y suis sensible. Ils ont une vraie couleur aussi. Une vraie texture. C’est déroutant au début, puis très agréable ensuite ! Ca me réapprend les choses simples de la vie, les cadeaux de la nature.

Ca me libère. Du temps. De l’argent. Des pensées négatives face à mon image.

Ce mouvement participe à celui, plus général, de me calmer sur ma consommation, de la réfléchir, de changer de regard sur moi et le monde, sur les « obligations » qu’on ne remet pas en question. J’adopte des choses simples, qui m’offrent plus de confort et de sérénité. Et vous, niveau cosmétique, vous en êtes-où ? Vous fonctionnez comment ? Ca vous parle ?

Absente.

Mon père m’a envoyé un message hier soir. Il se voulait nostalgique mais bienheureux. Il commençait par : « Ca fait un moment que je ne t’ai pas écrit. Ce n’est pas par oubli ni par manque de temps, mais c’est que ça ne comble pas ton absence. »

Mon absence.

Pour mon père, je suis absente. L’absente.

Il y a tout ce que ça sous-entend. S’il pense que je suis absente, c’est qu’il pense aussi que normalement, je devrais être , avec lui. , c’est là-bas pour moi. Je ne me considère pas comme absente, puisque selon moi, je n’ai plus à être là-bas. Je ne peux pas être absente d’un lieu, d’une situation où je ne suis pas censée être. Vous comprenez ?

Cela me confirme donc qu’il n’a pas changé d’étape, de considération vis à vis de moi. Il considère toujours que je dois être là-bas, là où j’ai grandi, près de lui. Il me considère toujours comme seulement son enfant. Il ne prend pas tout à fait en considération ma part adulte, ma vie à moi, que je construis ailleurs.

Ca me questionne beaucoup.

Je suis partie de la maison à 18 ans. Jusqu’à mes 22 ans, cette notion d’absence entre nous n’existait pas, quand bien même nous passions deux mois sans nous voir. Soit il n’osait pas m’en parler, soit c’est autre chose. Puis je me suis mariée, puis j’ai déménagé loin. Pas si loin en fait, mais largement plus loin que ce que les enfants de la famille osent normalement. C’est comme si j’avais quitté le pays.

Je suis absente de ma place de fille. De la place qu’il avait concocté pour moi, fantasmé des années durant. J’aurais dû habiter à 30 kilomètres de distance, tout au plus. On aurait dû continuer à passer tous nos week-ends ensemble. Il aurait dû avoir le droit de venir me rendre visite dans la semaine, me donner un coup de main régulier pour le jardin ou autre chose. Mais je ne suis pas là. J’ai choisi d’aller juste assez loin, pour qu’il ne puisse pas faire ça.

De mon côté, c’était conscient, à demi. Il fallait que je m’arrache de tout ça. J’ai beaucoup de mal à être la fille de malgré la fierté que je peux ressentir. Je n’ai plus envie de ressentir cette pression que je dois faire les choses comme mes parents se les représentent, surtout parce que je sais que je ne veux pas de ce qu’ils veulent pour moi, et de moi pour eux. Des enfants.

Quand ils envisagent l’idée de vendre pour venir s’installer près de moi, je ne peux m’empêcher de ressentir de la terreur. Le mot est fort, mais cette avalanche froide qui descend le long de mon échine quand ils en parlent, mon visage que j’essaie de retenir de la décomposition, mes membres qui se ferment frénétiquement, mon rire jaune de contenance, ressemblent à de la terreur.

La famille me pose un sacré problème. Les liens m’emmerdent. Je ne veux être la mère de personne, c’est si fort que ça irradie. Je ne veux être l’enfant de personne non plus, la cousine, la nièce, la petite-fille, de personne. Etre la femme de quelqu’un, déjà, ça me dérange un peu. Mais pas trop, parce que ça n’est pas immuable. Quand mon mari s’amuse à m’appeler « Maman » en parlant de moi au chien, j’ai envie de le frapper, de hurler, de m’en aller loin, le plus loin possible. Je déteste ça. Ca me hérisse les poils.

Alors, j’ai un problème, non ?

Il faut bien en avoir un pour ne pas supporter d’être attachée aux autres à ce point là. De ressentir cette violence au fond de moi quand je vois mon indépendance sacrée menacée. Fuir, c’est la seule solution que j’ai. Je ne peux pas couper les liens, ils coulent dans mon corps, ils me font. Mais je peux les étirer assez pour ne plus ressentir leur présence au quotidien.

Je suis persuadée que ça ne vient pas de nulle part. Ca n’est pas seulement moi l’aliénée, c’est quelque chose qui rôde autour de moi, que je ressens depuis que je suis gosse. Quelles histoires portent mon sang et mes aïeux, qui me pèsent tant sans que j’en ai conscience ? Que s’est-il passé quand j’étais petite dont je ne me souviendrais pas (attention, à aucun moment je ne pense à des choses « graves », je sais qu’on a pris soin de moi) ? Qu’est-ce que je me cache à moi-même ? Qu’est-ce qui m’a amenée à me protéger de ma famille ? A souhaiter que mon arbre généalogique ne soit jamais descendant ?

Il y a bien une source. Encore faut-il la trouver.

Alors, comme toujours, j’ai pris un peu de temps pour lui répondre, quelques heures, alors que je le sais, il attendait une réponse dans l’instant, son téléphone tout près de lui. Il a dû être déçu encore une fois. Triste peut-être. Cette pensée m’étouffe. Papa, s’il te plaît, arrête d’attendre quelque chose de moi. N’attends plus rien. Plus rien du tout.

La première fois que j’ai senti ce courant nouveau de l’absence entre nous deux, j’ai tout fait. Je lui ai écrit des mails, je lui ai téléphoné, j’ai insisté pour qu’on rende visite le plus souvent possible à mes parents.

Ca n’a rien changé. Mon absence avait l’air de prendre de plus en plus de place alors que j’étais , autant que je le pouvais. Lui qui la ressentait, il ne faisait rien pour la combler. Il ne venait pas me voir plus souvent, il ne m’appelait jamais et ne répondait pas à mes mails. Alors j’ai lâché cette relation à sens unique. Papa, si tu en veux plus, viens le chercher. Ne me laisse pas patauger comme ça dans ton chemin. Réponds-moi au moins, dis-moi ce que tu veux !

Espérait-il qu’au dernier moment je me ravise et revienne m’installer dans la bonne patrie ? Que je rachète la grange à dix mètres de la maison pour y vivre ?

Je ne pense pas à lui au quotidien. Personne ne me manque. Ni mon père, ni ma mère. Est-ce injuste qu’eux ressentent ça et pas moi ? Suis-je cruelle ? Je me dis que c’est sans doute le lot de tous les parents, à des degrés étalés. Ils ne sont pas absents pour moi. Moi, je le suis pour eux. Mon absence est fondée dans leur réalité. Elle me fait culpabiliser alors même que je n’arrive pas à savoir si j’en suis vraiment à l’origine.

Suis-je vraiment absente ? Si c’est le cas, je le suis avec tout le monde. Famille et amis. Reste à savoir si je dois remettre en cause mon comportement, ma nonchalance.

Ce qui me sépare de la misère.

A force de côtoyer des personnes dont le destin et le confort de vie ont basculé du jour au lendemain, il devient inévitable de remettre sa propre sécurité en perspective.

Cette sécurité est illusoire. Elle n’existe pas. Pour les gens comme moi tout du moins, qui n’ont pas des finances à toute épreuve. Soit, un bon nombre de personnes dans ce monde.

L’idée n’est pas tant d’imaginer les mille coups du destin qui pourraient détruire ma vie, que de prendre le temps de réfléchir à ma condition, au sentiment d’invulnérabilité qui me prend parfois, à son origine, à la pitié qu’il m’arrive de ressentir pour ces gens qui ont tout perdu, à cette idée floue mais persistante qu’à moi, ça ne pourrait jamais arriver.

On est tous plus ou moins conscient que ça peut arriver à tout le monde. Dans la forme. Mais dans le fond, je crois qu’on pense souvent tout bas que non. Il y a forcément une différence entre eux et nous. N’est-ce pas ? Et quand ça tombe, c’est toutes nos croyances, sur soi, sur le monde, qui brûlent.

Enfant, je vivais de très près la précarité de mes parents. Je ne sais pas si ça paraît de l’extérieur, mais j’ai toujours considéré que nous étions pauvres. Mes parents sont pourtant propriétaires et travaillent tous les deux. Mais ils gagnaient si peu, à l’époque, que chaque sortie d’argent était un problème. On serrait les dents de concert. On avait la boule au ventre en sortant du supermarché. Tout était compliqué.

Plus tard, quand j’ai commencé à recevoir mes premiers salaires, quand j’ai pu mettre une belle somme de côté, je me suis sentie particulièrement en sécurité. Invulnérable. Je gagnais juste un peu plus que le smic, mais j’avais l’impression d’être riche. Hormis un loyer à payer chaque mois, et les impôts une fois par an, je n’avais rien à craindre.

Cette année, nous avons acheté. Toutes nos économies y sont passées. Nous nous sommes retrouvés à nu et ce sentiment d’insécurité est revenu sournoisement. J’ai donc établi des comptes précis, si bien que nous épargnons encore une jolie somme chaque mois. Hors cette épargne n’est pas un confort, elle est une nécessité.

Elle sera dépensée en travaux nécessaires pour que nous puissions passer des hivers convenables, acheter une voiture avant que la nôtre nous lâche, payer les taxes en tous genres, et pallier aux imprévus qui sont beaucoup plus courants une fois qu’on a un bien en sa possession. C’est tout un plan sur plusieurs années, qui ne tient qu’à un fil.

Clairement, ça m’effraie.

J’ai l’impression qu’il suffit d’un grain de sable pour que notre situation passe de « convenable » à « critique ». Mon angoisse est intrinsèquement liée à l’argent, si bien que je ne parviens pas à me sentir en sécurité si je n’ai pas plusieurs milliers d’euro de côté.  Et s’il y a bien une chose que je sais, c’est que ça ne sera pas le cas avant 5 ans, minimum !

Je me représente la misère comme une trappe sur laquelle je n’ai pas encore marché. Je me la représente sournoise, elle s’ouvrira pour m’avaler même si je prends toutes les précautions possibles. Je me sens précaire, vulnérable.

Il me semble que j’ai évité cette trappe de justesse, avec D. Ce qui m’a sauvée, ce sont justement mes comptes, mon épargne, mon argent que je résistais à totalement lui offrir, bien qu’il soit parvenu à m’en voler un sacré paquet.

Si j’avais été à zéro, il y aurait toujours eu mes parents pour me recueillir. Mais à l’époque, par honte et par ego, je suis sûre que je leur aurais caché tout ça. J’aurais tenté de m’en sortir seule, et il y a de grandes chances pour que ça se soit terminé en « Rozie, SDF à 20 ans ».

A ceux qui pensent que j’exagère, renseignez-vous, c’est un schéma très classique. Je me souviens particulièrement de ce que je pensais à ce moment-là : « Je dois m’en sortir seule. Je ne peux pas dire ce qui se passe. » Il était question de mon image, de ma réputation, de la seule chose que je contrôlais encore un peu et à laquelle je tenais, de fait, plus que tout. Il était aussi question de déni, phase par laquelle passent toutes les personnes en grandes difficultés.

Bien sûr, il est affaire de résilience et de capacités personnelles à rebondir. Mais il est surtout question d’argent et de conjonctures. Ce qui me sépare de la misère, c’est ma situation financière, mon emploi stable (?), l’absence de problèmes fortuits, et la chance que j’ai qu’on soit deux pour construire une vie.

Toutes les personnes que nous aidons grâce à l’association me le rappellent parfois durement. Je vis des sentiments mêlés : « Quelle chance j’ai ! Que la frontière est mince … » 

Quand je vois la pauvreté de mes grands-parents qui vivent dans un taudis si insalubre – dans lequel ils n’ont même pas l’eau courante (!!!) – qu’on ferait mieux de le brûler. Quand j’entends ma tante nous avouer à demi-mot qu’elle est allée se servir quelques temps aux Resto du Coeur. Quand je vois mon oncle vivoter entre CDDs de moins d’un mois et RSA après 30 ans de carrière. Quand je vois mon amie qui fait vivre deux adultes et trois enfants sur un mi-temps, qui n’a même plus de papier toilette dans ses WC. Quand ma collègue m’avoue qu’elle commence chaque mois avec un découvert de 500 euros.

La misère est partout. Même dans les jolis appartements.

Cette sensation que j’ai connue toute mon enfance, que j’ai ressentie plus fort encore dans mon adolescence, la voilà qui renaît sous ma cage thoracique. Parfois, je pense qu’on est tous pauvres mais qu’on se le cache tous les uns aux autres pour sauver les apparences. Il en résulte que chacun souffre dans son coin de sa condition sociale et financière.

D’autres fois, j’ai l’impression que nous sommes seuls et que personne ne peut comprendre, surtout quand je suis entourée d’amis dont les parents ne sont ni ouvriers ni paysans, et dont les études atteignent ce BAC+5 que j’aurais pu atteindre dans d’autres conditions.

Et bien, j’ose vous le dire. Je me sens pauvre. J’ai du mal à savoir si ça n’est qu’une vue de l’esprit, qu’un sentiment imprégné depuis si longtemps que je ne m’en défais pas. Ou si c’est plus prégnant dans ma vie quotidienne, parce que nous sommes obligés d’être très attentifs à nos finances pour que nos plans suivent. Sans doute un peu des deux.

Souvent, je me demande comment font les autres pour faire des enfants dans ces conditions. Ce n’est pas un jugement. Ca interroge vraiment mes craintes profondes. Peut-être que si j’avais été riche, j’aurais voulu des enfants ?

Quand j’interroge les personnes de l’association sur leurs conditions de vie, ce qui fait qu’elles sont là, en face de moi, aujourd’hui, la comparaison est obsédante. Ce qui me fait penser de plus en plus que non, il n’y a rien, rien du tout, qui me sépare de la misère. Qu’en pensez-vous ?

Les Etats d’Esprit du Vendredi (17.11.17)

… Me faire rire !

Voilà bien longtemps que je n’ai plus participé aux Etats d’Esprit ! Il faut dire que les semaines sont bien remplies ces derniers temps …

Début : 16h48

Fatigue : Présente. Mais il y a du mieux. Depuis la séance de shiatsu, je me réveille bien le matin, comme si j’avais assez dormi.

Humeur : Bonne.

Estomac : Un quignon de pain, et j’ai bien envie de me faire du thé. Celui qu’on a acheté au marché est un vrai délice.

Condition physique : Yoga hier. Un gros travail au niveau des muscles des épaules, qui fait du bien. Le reste est OK.

Esprit : Mon esprit est un océan remué par les vents. Un coup oui, un coup non. Un coup peut-être. Je passe par un tas d’état d’esprit différent en une seule journée, c’est … Impressionnant.

Boulot : J’ai eu l’idée de créer une série sur Youtube. Ils adorent. Du coup, ce sera mon job pour 2018. 12 épisodes. C’est ….. Trop génial !!!!

Lundi, rdv annuel avec le directeur. J’avais un tas de papiers à remplir, je ne l’ai toujours pas fait d’ailleurs. Je ne sais pas du tout ce que je vais mettre, comment faire pour m’auto-évaluer. Dire la vérité, ou pas ?

Culture : On a vu plein de choses ces dernières semaines, mais ce que je retiens surtout, c’est la série Netflix « Captive ». J’étais captivée, c’est le cas de le dire. Je l’ai trouvée si excellente que j’ai envie de lire le bouquin (l’auteure est la même que celle des livres dont est tirée The Handmaid Tales, série tout aussi excellente). J’ai même dit à mon amoureux que je la revisionnerais. Jusque là, ça n’est arrivé qu’une fois !

Lecture : manuscrit.

Penser à : Planter les lavandes demain. Ce sera magnifique l’été prochain. Aller à la braderie de vêtements. Passer à la Poste pour un retour colis.

Avis Perso : J’ai de plus en plus envie de proposer des rendez-vous ici. Je réfléchis à un format novateur et chaleureux.

Message Perso : … !

Amitiés : Je crois que ça va pour tout le monde !

Love : Croule sous les choses à faire. Se fait un sang d’encre pour Indiana.

Indiana : Je l’ai retrouvé ce matin étalé dans l’herbe, dans une position qui ne laissait rien présager de bon. Lorsqu’il s’est approché de moi, j’ai remarqué que ses babines semblaient très grosses. Et puis j’ai compris qu’elles avaient triplé de volume.

Le pauvre chien avait toutes les chairs de la tête qui enflaient, enflaient … Les babines, le nez, les paupières, le front … Moment de panique.

Habituellement plein d’énergie, la fatigue se lisait dans ses yeux. Je n’ai pas réfléchi plus longtemps, j’ai enfilé un jean, j’ai pris son carnet de santé, direction le vétérinaire.

Je me disais : « Il va mourir après un mois chez nous. » J’avais vraiment peur. Ne vous moquez pas, c’était assez effrayant à voir.

Et puis finalement, ça n’était qu’une allergie, probablement due à une piqûre d’insecte. Mais lequel ? Mystère.

Là, ça va mieux. Ca désenfle tout doucement. Il a passé la journée à dormir, à se mettre au chaud, à quémander les câlins. Plus jamais ça !!!

Sorties : Nous avons du monde ces derniers temps. Là, j’aspire à du repos.

Divers : Ce matin, je lisais l’article d’une blogueuse, Angie, qui s’interrogeait sur les heures miroir. Je lui ai écrit que dans ma vie, à chaque fois que j’en voyais beaucoup, c’était quand j’étais perdue mais que je prenais le bon chemin malgré tout. Je pense donc que les heures-miroir sont des signes qu’on m’envoie pour me dire « Tu t’en sors bien, continues. »

Tout à l’heure, le vétérinaire a écrit la date sur le carnet du chien. 17.11.17. Et il a dit : « Tiens, une date miroir ! »

Je n’ai pas pu m’empêcher de sourire jusqu’aux oreilles et de mentalement remercier qui de droit pour ce signe magique. J’étais morte de trouille ce matin, pas vraiment rassurée dans le cabinet, et voilà qu’on me fait remarquer ça comme pour me dire « Tu es perdue, mais tu t’en sors bien. »

Croyez-y ou pas, mais moi, j’adore penser que le monde est magique, poétique, et rassurant !

Courses : Il faut que j’achète ma brosse à cheveux en bois. Et une brosse pour Indiana aussi.

Envie de : Chiner de jolis vêtements pour mes proches demain. Planter les lavandes dans le soleil de novembre (on peut sortir sans veste ni manteau dehors, et on regrette encore d’avoir pris un pull !).

Musique : En ce moment, mon coeur se sert particulièrement à l’écoute de « Tous les cris, les SOS » de Daniel Balavoine. Je ne sais pas, c’est comme si enfin, je comprenais intrinsèquement cette chanson. Après 20 ans d’écoute, je la chante pour la première fois avec …. La « vraie » sincérité. Celle quand tu connais ce qu’on dit.

Fin : 12h30

Vous souhaitez participer aux Etats d’Esprit du Vendredi, créés par Zenopia et Postman ? Il vous suffit de copier le formulaire et de le remplir à votre envie ! Ensuite, laissez un commentaire sur leurs deux blogs respectifs avec le lien de votre participation, afin qu’ils puissent vous inclure à la liste des participants. Retrouvez le tableau pinterest collectif et la playlist sur youtube.

L’enfant que j’étais.

Mon père et moi, à Paris cet été …

J’étais une enfant …

Très sage. J’étais toujours « dans la lune ». Très peu bavarde, timide, mais « grande » chanteuse très tôt. J’obéissais, je ne demandais jamais rien à personne. J’étais si docile qu’à l’école, une autre petite fille m’avait choisie pour être son esclave et que j’ai obéi sans rien dire … Elle me demandait de la porter elle, ou son cartable et ses jouets. Elle me dirigeait complètement. Quand j’y repense, je comprends mieux certains évènements de ma vie !

Je jouais tout le temps seule, je m’inventais un château dans le ventre des lauriers et de nombreux amis imaginaires. J’ai successivement été Pocahontas, Nala (Le Roi Lion), Bloom (Winx Club) et Ondine (Pokemon). En général, je me targuais toujours d’être la rousse du groupe !

J’avais de nombreuses passions. Ca a commencé avec les félins. Je voulais tout savoir d’eux, connaître toutes les espèces dans les moindres détails. J’avais un classeur rempli de photos découpées ça et là, je me faisais des « fiches » (comportement, caractéristiques physiques, lieu de vie …), je me prenais pour un véritable chercheur/explorateur …
J’ai ensuite eu exactement les mêmes manies avec les minéraux. J’en avais une très belle collection et les connaissais comme le fond de ma poche ! Je regrette aujourd’hui d’avoir oublié.

Mes bêtises se comptent sur les doigts d’une main. J’en ai fait peu, mais j’en ai fait des belles !

J’ai coupé un fil électrique (de radio) avec une paire de ciseaux. Et là, vous vous demandez pourquoi je ne suis pas morte ? Les ciseaux étaient doublés de plastique au niveau des encoches pour les doigts … Je me souviens très bien de ce moment. J’étais toute seule, je découpais du papier pour en faire une guirlande et le fil me faisait de l’oeil. Je crois que c’est la seule fois de ma vie où j’ai voulu faire une connerie juste pour la défiance. Où l’appel de l’illicite était plus fort que tout.

Il y a eu un grand éclair bleu dans la pièce, un grand « PAF ! » et beaucoup de fumée. J’ai fermé les yeux. Quand je les ai rouverts, ma mère était devant moi et me secouait comme un prunier pour savoir si j’allais bien. A l’heure actuelle, mes parents ont toujours la paire de ciseaux. Ils sont rouges, et les lames ont fondu. Mythique.

Mon jouet préféré …

Les barbies, évidemment ! Et je n’en ai pas honte !

A la fin, j’en avais une bonne dizaine. Avec la boutique (Barbie vendeuse), toutes les tenues et chaussures et accessoires, la voiture, le « Ken », le bébé et ce qu’il faut pour s’en occuper, et j’en passe !

Ma préférée reste sans conteste ma Barbie-fée. Elle avait des ailes bleues pailletées magnifiques, elle pouvait voler. Je me souviens tout à fait quand je l’ai reçue, la fête de famille, le gâteau, et le moment merveilleux où je l’ai essayée pour la première fois. C’était de la pure magie ! Ca me rend très nostalgique d’y repenser … !

En revanche, je détestais les poupons. Je les avais en sainte horreur, limite si ça ne me donnait pas de l’urticaire (et je n’exagère pas vraiment !). Quand ma cousine m’obligeait à y jouer (c’est surtout que je n’osais pas dire non vu qu’elle ne s’amusait qu’avec ça), c’était le pire des supplices. Qu’est-ce que ça m’emmerdait !

Je me régalais de …

Hahaha, il faut la liste complète ?

J’adooooorais les Chocapic devant les Minikeum’s, sur ma table en plastique rouge, en rentrant de l’école à quatre heure et demie ! Je me ruais comme une folle dans le salon avec mes céréales, c’était tellement génial !

J’étais aussi en pâmoison devant les Kinder Country (précisément), et les tablettes de chocolat blanc, Galak ! Vous savez, celles avec les dauphins ?

En été, j’adorais me faire un « bébé rose » avec les copines. Qu’est-ce qu’on aimait ça, le parasol au dessus de nos têtes ! Si vous ne savez pas ce que c’est, voici la recette : un verre de lait froid dans lequel on verse une bonne dose de grenadine ! On mélange le tout avec une paille et …. Tadaa ! Bonne dégustation, messieurs dames !

Je me suis fait gronder parce que …

J’ai fait semblant d’avoir disparu. Voici le contexte :

Ma mère gardait ma meilleure amie en été. Comme je le disais plus haut, j’étais gentille donc j’étais la suiveuse, et elle, la meneuse ! Sa mère était venue la récupérer. Nos parents étaient très bons amis, si bien que pendant qu’ils discutaient, nous en avons profité pour nous faufiler sous les tombereaux en bois garés dans la vieille étable.

A la fin de la discussion, ils se sont mis à nous appeler. Logique. Et nous, nous n’avons rien trouvé de mieux que de rester cachées et de ne pas répondre. C’était drôle cinq minutes, mais quand j’ai compris qu’ils commençaient vraiment à paniquer, j’ai eu envie de sortir. C’était sans compter mon acolyte qui m’a retenue un bon moment !

J’ai fini par sortir et mon père, dans sa peur transformée en colère, m’a donné un bon coup de pied au cul. C’était la première, et la dernière fois qu’il levait la main (le pied !) sur moi. J’ai vraiment eu mal.

J’entends encore la mère de ma copine lui dire : « Mais non Gilles, la frappe-pas, elle n’a rien fait ! » Pas idiote, elle avait compris à qui je devais ma désobéissance et ma punition …

Je rêvais de …

Devenir chanteuse, clairement. Toute à ma passion pour Mylène Farmer, Christina Aguilera (« Come on over ! Come on over baby … ! »), Britney Spears et quelques autres. A l’époque, il y avait les « 100% » sur une des chaînes du cable. A 21 heures, pendant trente minutes, ils passaient tous les grands succès d’un chanteur/groupe. Il fallait me voir chanter et danser ! Je ne comprenais rien à l’anglais, mais je baraguinais quelque chose d’approchant, c’était drôle !

D’être un être magique aussi. Ca par contre, c’est bien resté et j’y arrive, à ma manière !

Je lisais …

Et bien pas grand-chose, étonnement !

Quand j’ai appris à lire, j’ai voulu dévorer tout ce que la bibliothèque nous proposait. Les histoires à visées éducatives qu’on faisait lire aux enfants m’ont satisfaite quelques semaines et puis … J’ai vite compris que c’était toujours la même chose. Donc, je savais super bien lire mais je ne trouvais rien d’assez intéressant à mon goût (sans vouloir paraître prétentieuse, c’est vraiment comme ça que je l’ai vécu !).

J’empruntais 10 livres par semaine. Je lisais le début dans l’espoir d’y trouver du changement, et puis j’abandonnais. J’ai accroché un moment sur les collections verte et rose et puis … Plus rien.

J’ai fini par croire que tous les livres racontaient toujours les mêmes histoires et je n’ai plus rien lu du tout (il faut dire que chez moi, il n’y avait aucun bouquin !), avant qu’une camarade de classe ne fasse un exposé sur « Métaphysique des tubes » d’Amélie Nothomb.

J’avais 14 ans, elle avait raté son exposé mais piqué ma curiosité. Et là, tout un pan s’est ouvert à moi pour ne plus jamais se refermer !

Si l’enfant que j’étais trouvait mon moi de maintenant …

J’imagine qu’elle serait très fière et hyper admirative !

… Oui, je me lance des fleurs, mais j’ai le droit ! …

Elle trouverait une petite nana qui s’épanouit, qui a une maison magique, qui s’habille avec des robes et des fleurs, qu’a les cheveux longs, un super amoureux, un petit chien incroyable … Qui tisse un lien fou avec le monde, qui « est », pour ses petits yeux d’enfant, un être magique.

Vous aurez compris que je suis très satisfaite de celle que je suis et qu’à aucun moment je n’ai l’impression d’avoir trahi l’enfant que j’étais, ni oublié ses aspirations. Bien au contraire !

Ca, c’est du point de vue de l’enfant, donc.

L’adulte ne dirait jamais à l’enfant qui elle est. Pour garder la surprise et toute la magie (oui, j’y tiens !) qui en découlerait au moment de la redécouverte.

Mais si l’enfant comprenait d’elle-même, alors l’adulte lui dirait qu’elle est géniale et qu’elle le restera ! Elle lui dirait aussi : « Ca ira mieux avec ta soeur, c’est promis. » Elle ne dévoilerait rien d’autre.

Ce serait génial de pouvoir me rencontrer plus jeune ou plus vieille. J’aimerais beaucoup !

Picou, je trouve l’idée de ce TAG « L’enfant que j’étais … » merveilleuse ! Voici ma réponse :). J’adore lire celles des autres, c’est tout particulier. Très chouette !

Et vous, vous participez ? C’était comment, l’enfance ?