Les musiques de ma vie.

Oui, j’ai dit que je partais pour un mois, mais j’avais aussi promis de participer à ce joli challenge, alors comme j’en meurs d’envie, je ne me prive pas ! L’idée vient de Touzazimute, je la trouve excellente !

La musique est une passion chez moi, depuis toujours. Je suis née en chantant, comme le disent si bien mes parents. Promis, je ne vais pas faire ma bobo musico qui n’écoute que des morceaux éclectiques, je sais comme c’est chiant ! Il me faudrait un article pour chaque période de ma vie, je vais avoir des difficultés à faire court. Mais allons-y !

Remettons-nous dans le contexte ! Je suis née en 1992. Mes premiers souvenirs musicaux commencent par les dessins animés. J’avais entre un et deux ans quand ma mère m’a fait découvrir Casimir et l’île aux enfants. Je vous épargne le lien Youtube, mais aujourd’hui encore, je connais le générique par coeur ! « Voici venu le temps dans rires et des chants, dans l’île aux enfants c’est tous les jours le printemps …. »

Je suis ensuite passée par les Disney, et bien que j’en ai vu très peu en comparaison de mes copains nés dans les années 90, j’ai regardé environ 150 fois le Roi Lion et Pocahontas !

L’enfance, c’est aussi les Minikeum’s (Mélissa, non ne pleure pas, whowhowho …), le générique de Pokemon (Attrapez-les tous !), et Jean Noël le petit sapin pour Noël (oui, je sais, personne ne connaît ce dessin animé et son générique qui me tirent encore les larmes !).

L’enfance, c’est aussi le radio-cassette que je subtilisais à mes parents. Grâce à eux, je suis une grande fan de Renaud (mon père) et de Francis Cabrel (ma mère).

Mes parents écoutaient beaucoup la radio pour mon plus grand plaisir ! Les trajets en voiture étaient donc emplis de Pascal Obispo (Je suis tombé pour elle tulutu, tulututu …), Florent Pagny (Chanter pour oublier ses peines …), Zazie (Zen, restons zen !), Michel Berger malheureusement mort quelques jours avant ma naissance (Je m’en irais dormir dans le paradis blanc …) … Mais aussi de Jean Jacques Goldman qui chantait « On ira » alors que j’entendais « Toubira », et que je croyais que c’était le prénom de la fille dont il parlait !

Avec l’année 2000 est ensuite arrivée la grande période des comédies musicales. Evidemment, mes parents ont succombé sans tarder aux VHS que ma mère, ma soeur et moi regardions en boucle chaque après-midi de libre, pour ensuite rejouer Roméo et Juliette, ou encore Moïse face à Ramsès.

Pour mes 8 ans, à Noël, mon oncle, grand féru de musique lui aussi, m’a enfin offert mon tout premier radio-CD ! Accompagné de mes tous premiers CDs, je cite : le best-of des Enfoirés et quelques compil de son cru.

A partir de là, c’est la débandade ! Je grandis, je suis en plein dans la tranche d’âge visée par Lorie (Ma meilleure amie, je serai là, toujours pour toi …), Alizée (Arrêtez de me dire que le vent a tourné, c’est pas vrai !) et Britney Spears !

Ca dure deux ans environ, jusqu’à ce que je m’intéresse aux chanteuses à voix de la chanson française, pour faire comme les copines des cours de chant ! C’est parti pour Natasha St Pier (Tu trouveras mes blessures et mes faiblesses …), Julie Zenatti (Est-ce qu’on pourrait encore parler de mon sourire ?), Celine Dion (J’ai compris tous les mots, j’ai bien compris merci …), Patricia Kaas, Chimène Badi et j’en passe !

Entre temps débarquent aussi les produits de la Star Academy, Pop Star, La Nouvelle Star … Je suis pré-ado et Jennifer, Nolwenn Leroy, Amel Bent et Christophe Willem ont la part belle sur les ondes !

C’est à partir de là que tout bascule. Evanescence (Wake me up inside !) pointe le bout de son nez en même temps qu’un grand malheur dans ma vie. J’ai mal au coeur, je me sens seule, mais heureusement Kyo est là pour me bercer ! Je dois vous dire que j’ai voué un véritable culte à ces mecs. J’avais 12 ou 13 ans, et je pleurais beaucoup (bon d’accord, énormément) sur leurs chansons tous les soirs. Ils ont joué un grand rôle dans la catharsis de mon âme. Bien sûr, j’étais amoureuse du chanteur et sa tête tapissait mes murs !

J’ai plongé à corps perdu du côté d’Apocalyctica, de Mylène Farmer dont je suis encore aujourd’hui une grande, grande fan, et de tous les chanteurs/musiciens/groupes torturés que je rencontrais. Je portais des jupes en tulle noir par dessus les baggys, je teignais mes cheveux en noir, je portais une croix en argent autour du cou … Bref, j’étais méconnaissable !

Après deux années de torture mentale, je retrouve un peu de gaieté et dois beaucoup de mes découvertes musicales à mes excellents prof de musique de collège et lycée ! Mon prof de collège me fait découvrir Emily Loizeau en troisième. J’ai 14 ans et je deviens une grande passionnée des textes.

Le répertoire français me rappelle à l’ordre et m’enchaîne définitivement aux grands : Jacques Brel (Les vieux ne parlent plus ou alors seulement du bout des yeux …), William Sheller, Léo Ferré (Et l’on oublie les voix qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens …), Bertrand Cantat (Je suis un mannequin glacé avec un teint de soleil !), Charles Aznavour (J’aimerais pouvoir un jour enfin te le dire, te l’écrire dans la langue de Shakespeare …), Alain Bashung, Lynda Lemay et j’en passe et des meilleurs ! Ils me touchent toujours en plein coeur, me font ressentir des émotions à nul autre paraître, me transpercent par tant de vérités en si peu de mots, en de si poignantes rimes. Je m’incline.

A cet instant, je découvre aussi Grand Corps Malade (J’crois qu’les histoires d’amour, c’est comme les voyages en train …) et autres slameurs, le rap et le r’n’b. Contre toute attente, Diam’s réussit à fortement m’ébranler. La colère qu’elle exprime trouve écho en moi, sa tristesse, sa détresse profonde me bousculent vraiment. Sa sérénité aujourd’hui m’emplit d’autant plus de bonheur et de joie.

Mon oreille se pose chez d’autres rappeurs, apprécie surtout les textes et repart. Au lycée, je découvre la musique purement instrumentale. Musique classique mais pas que, j’apprends qu’on peut s’effondrer devant un piano, une trompette, un violoncelle ou une guitare. Dur de n’en choisir que quelques unes !

Entre temps, mon père profite de ma jeunesse pour me faire découvrir Dire Strait, The Red Hot Chili Pepers, The Cranberries, Midnight Oil, Queen, y tutti quanti ! A chaque morceau qui passe et que j’apprends par coeur, il redevient le gosse qui draguait dans les bals populaires. On s’éclate !

J’ouvre la porte des années 80, puis des années 70. J’ai l’impression de déjà connaître tout ça et danse comme une folle furieuse le son à fond dans ma chambre. Je chante Rose Laurens (Africa, j’ai envie de danser !), Les Rita Mitsuko (Et c’est la mort qui t’a assassinée Marcia !), Hervé Christiani (Il est libre, Max !), Pow Wow, Eurythmics, et surtout … Surtout, je chante à m’en péter les cordes vocales Withney Houston.

J’hurle encore cette chanson comme une malade dans mon salon au moins une fois par semaine. C’est comme ça, j’adore ! Après ça, j’ai 18 ans. Je commence à m’intéresser de très près aux comédies musicales, les vraies de vraies, Brodway, tout ça … Et tombe amoureuse de Chicago (la comédie, pas la ville !) !

Bon, je suis sympa, je ne vais pas vous noyer sous un flot de chansons, mais les années 20 et 30 m’emplissent de joie et de bonne humeur. Je deviens taquine, sexy, je rêve de paillettes et de sequins partout sur mes robes ! Le jazz arrive en grande pompe dans ma vie !

D. débarque alors lui aussi et casse tous mes rêves de petite fille. Il me fait cependant découvrir la musique baroque dont il est fan, ainsi que le métal symphonique et le métal japonais. C’est quelque chose ! Et bien que j’en reconnaisse les prouesses, je n’apprécie pas des masses. Donc pas de vidéos. Ca lui apprendra à me maltraiter !

Mes 20 ans sonnent et je ne sais plus quoi écouter. Je suis perdue dans ma vie, ça s’en ressent dans mes découvertes musicales. Je ressasse ce que j’ai écouté jusque là et ne tombe sur aucune perle pendant un long moment.

Je rencontre ensuite mon héros du quotidien, grand amateur de cinéma. Il me refait toute ma culture et me plonge dans les BO. C’est là que je découvre Aladama Monroe et le blue grass, entre autres.

Je découvre des morceaux toujours plus différents les uns des autres et je savoure. Mon amour est tout entier à la chanson française mais j’écoute beaucoup d’autres choses ! J’avoue ne pas être une grande fan de ce qui passe aujourd’hui sur les radios, que je n’écoute quasiment plus. Ca m’agresse un peu, cette tendance au tout électronique, ces voix autotunées et ces paroles « directes ». Mais j’aime quand-même beaucoup certains sons !

Je n’ai honte d’aucune de mes lubies musicales ! Tous les morceaux, chanteurs et artistes cités ici, je les écoute encore. Stop à l’élitisme culturel ! On n’a pas à avoir honte de ce qu’on écoute ou de ce qu’on lit. Alors pour la forme ….

C’est cadeau, hahahaha ! 😉

Je doute que vous ayez tout écouté, j’en ai trop mis ! Je vous avais prévenu … Si c’est le cas, félicitations, je reprends l’idée de Maman Délire et vous offre l’apéro si par hasard, vous passez par Sisteron. Maintenant, on peut dire que vous me connaissez bien ;). Et vous, quelles sont les musiques de votre vie ?

Un an de blogging, et après ?

L’année dernière, alors que mon avenir professionnel était tout à fait incertain, je décidais de me lancer dans l’aventure du blogging. Je ne saurais dire comment m’est venue cette idée. J’avais déjà eu mon propre espace web, adolescente, plus pour faire comme les copines que par réel désir de partager le fond de mes pensées. L’aventure n’avait d’ailleurs pas duré bien longtemps, et mes articles avaient rapidement disparu sous le coup de mon besoin de table rase.

Il y a un an, j’avais besoin de parler, de raconter, de poser mes mots sur toutes ces années vécues, ce chemin parcouru ; sur toutes ces peines rencontrées et tous ces plaisirs dégustés. J’avais besoin de faire le point, de m’écouter. De (me) raconter, à moi d’abord, à vous ensuite. Un état des lieux de ma vie, profond, intense, véritable. « Voilà ce que je suis, comment je pense, ce que j’ai vécu et ce à quoi j’aspire. » Je devais me placer face à moi-même, oser regarder dans le miroir, et accepter l’image crue qu’il me renvoyait.

Ne pas gommer les défauts n’a pas toujours été simple. Etre honnête, ne pas mentir, m’a souvent arraché des larmes. J’ai pleuré régulièrement en écrivant. Parfois doucement, d’autres fois à torrents. C’est surtout à moi que je le devais. Cet espace est égoïste avant tout, comme le reste de ma vie. Je le fais pour moi d’abord, pour vous ensuite.

Ne pas améliorer mes expériences était plus difficile encore. Je devais faire la part des choses. Est-ce que je le ressens vraiment comme ça, ou est-ce l’image que je veux donner de ma vie ? Je crois que je n’y suis pas toujours parvenue. C’est humain. On veut donner cette impression de perfection, de force tranquille. On veut dire qu’on y arrive sans soucis, que c’est une évidence. On le fait croire aux autres, on s’en convainc soi-même.

Au départ, j’imaginais cet espace comme l’un des fers de lance contre l’emprise et les violences conjugales. Je voulais plonger dans cette cause à corps perdu. En parler, décortiquer mes années de souffrance, le schéma qui m’y a conduite, et l’autre qui m’a emprisonnée. Autopsier mon bourreau. Donner un message d’espoir. Aider les victimes.

J’ai aussi souhaité raconter mon histoire d’amour en parallèle, mon beau mariage. Avant de me rendre compte que cet instant magique n’avait pas besoin d’être conté si précisément, et que je me foutais bien d’expliquer comment nous avions décoré les lieux, par exemple. Ca me paraissait vide de sens. Sans intérêt. Ce qui me transcendait, c’était l’émotion, les sentiments, les tergiversations de l’âme, le chemin. Pas ces considérations matérielles.

J’ai raconté une partie de mes histoires de famille. Mes blessures les plus profondes. Mes problèmes de conscience. Mon avancée sur la route du bonheur.

J’ai été très étonnée, heureuse et honorée que ma vie intéresse aussi sincèrement autant de personnes. Je ne faisais rien de ce que j’avais appris en école pour fédérer une communauté. Elle est pourtant bel(le) et bien là aujourd’hui. Mes 135 abonné(e)s sur HC, et les quelques autres qui me suivez par d’autres moyens … Vos messages me vont toujours droit au coeur, n’en doutez jamais. Vous me bouleversez. La bienveillance que je ressens dans vos mots est un réconfort précieux. Soyez toujours convaincus que vous touchez mon âme. C’est vrai.

J’aimerais pouvoir vous donner autant. J’aimerais pouvoir tous vous suivre, discuter avec vous, vous rencontrer. Mais vous êtes déjà trop nombreux. Je n’ai pour l’instant rencontré personne IRL. J’espère que ça changera. Mais j’ai eu de belles discussions avec de nombreuses personnes qui se reconnaîtront. A chaque fois, c’est moi qui n’ai plus répondu. Sachez que c’est la fatigue (et le manque de temps) qui parle, et non l’absence d’envie.

Je passe en moyenne une heure à chaque mail que j’envoie, si ce n’est pas plus. Avec l’un d’entre vous, c’était facilement deux (voire trois) ! J’adore ça, et je promets de revenir et de recommencer. Quand mon énergie sera revenue, quand ma vie se sera calmée, quand j’aurais pu assez me reposer et répondu à mes besoins immédiats.

Cette année de blogging m’a beaucoup appris. J’ai découvert des courants de pensée que je ne connaissais pas, auxquels j’adhère petit à petit (ou pas !). J’ai changé. J’ai grandi. Ma façon de vivre s’est vue modifiée en profondeur. Mes valeurs profondes ont repris le dessus. J’ai énormément réfléchi, construit, déconstruit. Je vous dois beaucoup. A vous les blogueur.e.s, à vous les lecteurs.

Il n’y a qu’une mauvaise chose que vous m’avait apportée : l’addiction. Je passe du temps à vous lire, à vous relire, à vous découvrir. Trop de temps. Les soirées sont vite avalées. Je dois apprendre à décrocher, à accepter de rater quelques articles, à les lire plus tard. J’oscille par exemple entre « ça n’est pas grave si je réponds tard aux commentaires », et « il faut absolument que je réponde rapidement ». Autant dire que mes bonnes résolutions ne tiennent pas longtemps !

Quant à la course aux statistiques et aux followers, je l’ai rapidement abandonnée. Aujourd’hui, j’intéresse un peu plus d’une centaine de visiteurs quotidiens. Merci le SEO ! Je ne l’ai réellement appliqué que sur quelques articles mais ça fonctionne, et je suis ravie de voir qu’à chaque fois, les personnes se laissent séduire par un second article qui n’a rien à voir avec ce qu’elles étaient venues chercher. Je ne laisse pas indifférent, et ça me suffit.

Les réseaux sociaux me rebutent clairement. Je n’ai pas le réflexe de poster, d’écrire, de prendre en photo. Je vois très bien l’intérêt fédérateur, le plaisir pour les abonnés, j’y arrive très bien au travail, mais c’est trop pour moi. Devrais-je me forcer un peu pour que ça devienne un plaisir ensuite ? Je n’en suis pas sûre. Ca ne colle pas à mes désirs de vie, je ne souhaite pas les y intégrer. Je vais probablement supprimer les profils du blog, sauf s’ils vous intéressent encore.

Idem pour la newsletter. A quoi bon, pour un blog perso ? Je n’ai pas envie d’entrer dans la vie des gens et de me rappeler à leurs bons souvenirs. Je trouve ça particulièrement intrusif, et je n’ai pas la prétention d’intéresser à ce point. Est-ce que vous aimeriez que je le fasse ? Que je vous raconte d’autres anecdotes en dehors du blog ? Est-ce que c’est important pour vous, les newsletters ? Si vous me dites que oui, je prendrais le temps d’y réfléchir, de créer un format qui me corresponde et dans lequel je prendrais du plaisir. Si ce n’est pas le cas, j’arrête sans me poser de question.

Je ne suis pas certaine de la suite à donner à cet espace. Une partie de moi souhaite le reconstruire, le modifier. Y apporter de nouveaux thèmes qui me tiennent à coeur et dans lesquels j’avance. Une autre souhaite continuer à s’en servir comme d’un journal intime. Maintenant que j’ai retracé les plus grandes lignes de ma vie, écrire au présent, à ce que je ressens sur le moment. Une autre encore voudrait s’en servir comme d’un tremplin, un challenge, et tenter quelque chose de plus carré, de plus spécifique, de plus … Lu (dans le sens où j’aimerais bien savoir de quoi je suis capable, de mener ma petite entreprise). Enfin, une dernière, plus en retrait, se demande s’il ne vaut pas mieux arrêter là, passer à autre chose, comme si le blog avait déjà rempli sa tâche et que je n’en avais plus besoin.

Je paie 24 euros par mois pour cet espace. Mon webmaster est génial et je sais qu’avec lui, je suis en sécurité. Mais est-ce que ça vaut le coup de dépenser 288 euros par an pour ça ? Ce grand « ça » que j’adore … Je ne suis pas sûre. Je sais que je pourrais m’en sortir pour 1, ou 2 euros par mois. J’oscille entre qualité et sécurité, et quasi-gratuité et « incertitude ». Je ne sais pas.

Ca sonne comme un au revoir. Peut-être que oui, peut-être que non. Quoiqu’il en soit, je vais prendre un mois de pause. Tous mes anciens articles seront disponibles, je répondrais à vos mails, demandes et commentaires avec plaisir. Mais je ne publierais rien avant la mi-août. Peut-être que je reviendrais avec un article d’adieu. Peut-être que tout aura changé mais que je continuerai. On verra !

Vous avez tout lu ? Merci mille fois ! Ce que fait que cet espace existe, c’est vous. C’est pourquoi je vous demande de me donner votre avis :). N’hésitez pas à répondre au questionnaire pour m’aider et m’aiguiller ! Je vous souhaite de merveilleuses vacances estivales !

 

L’éternel chagrin.

Voilà, on y est. Un couple d’amis, le premier, en essais-bébé.

Et ce chagrin qui me prend. Que je voyais venir au loin, depuis un certain nombre d’années, déjà. Comme un revolver auquel je fais face. Une détente qui saute, une balle qui part, droit dans mon ventre. Moi je suis là, face à cette blessure imminente que je ne peux éviter. J’ai déjà mal. C’est comme ça.

Est-ce que je suis heureuse pour eux ? Evidemment. Elle veut des enfants depuis qu’elle est née. J’exagère à peine. Elle a toujours voulu être une Maman jeune. 24 ans, c’est bien.

J’imagine ces moments charnels. J’imagine cet instant incroyable où ils se serrent plus fort. Où ils jouissent. Cet épisode Sacré. Ces secondes que l’on espère fécondes. Ce trouble grave et joyeux que d’initier la Vie.

Je le ressens comme si je l’avais déjà connu. Comme si, dans une vie antérieure, j’avais moi aussi décidé de devenir mère. Comme si j’avais moi aussi été prise de cette ferveur moite, comme si cette fusion des êtres m’avait déjà touchée de plein fouet.

Je pense à mes parents. Au romantisme, à l’amour incommensurable qu’ils ont dû se donner pour que moi, je puisse exister. Alors que j’existais déjà dans leurs coeurs, petite flamme fantastique. A la force des émotions. A ces sentiments que je refuse de rencontrer dans cette vie.

Je ne veux pas d’enfant(s). Ce serait mentir de dire que je suis en paix avec cette décision, qui n’en est pas une, au demeurant. C’est comme ça. Je suis en paix avec moi-même, mais pas face au reste du monde.

J’imagine bientôt mon malaise face à ce ventre trop rond. Cette sensation que quelque chose cloche chez cette femme qui me fait face. Pourquoi ça lui plaît ? Pourquoi le veut-elle ? Et oui, pour moi, c’est vous qui êtes « anormal.e ».

Bientôt, les conversations tourneront autour de cet enfant, de son éducation, de ses progrès, de sa vie. Mes amis vont devenir parents. Ceux qui ne le seront pas encore pourront facilement se projeter dans ce futur proche pour eux. Moi, je resterai sur la touche. Au bord de la route. Incapable de prendre le train en marche.

Je vais encore me sentir seule. A l’écart. Différente. Oser le dire, c’est prendre le risque qu’on me réponde que je l’ai bien cherché, qu’il ne tient qu’à moi d’être normale et de rentrer dans le rang.

Souvent, les nouveaux parents évoquent leurs nouvelles difficultés sociales. Les amis qui ne les comprennent plus, les réflexions qu’ils se prennent souvent. Ils disent qu’ils font le tri. Et que finalement, ce n’est pas si mal.

Je ferai inévitablement partie de ces amis triés sur le volet, alors que je ne le souhaite pas. Je vais m’accrocher. Comme toujours, je vais faire preuve de compassion, je vais essayer de me mettre à leur place, tout le temps. Je ne ferai jamais de réflexion déplacée. Ce n’est pas parce que je ne veux pas d’enfant que je ne suis pas consciente de tout ce que ça implique. Je crois même pouvoir dire « Au contraire ! » C’est parce que j’en suis d’autant plus consciente que je suis sûre d’y renoncer.

Bientôt, j’aurais peur de donner mon avis. D’oser ne pas être d’accord. Je crois que j’en pleurerais, si j’entendais un jour ce genre de phrase. « Tu en parles alors que tu n’y connais rien ! » Bientôt, je serais la nullipare qui écoute les mamans d’une oreille distraite, le regard perdu ailleurs, un vague sourire crispé sur les lèvres.

Je peux vous le dire, j’ai la trouille. J’ai tellement peur.

Peur que ma différence finisse par m’isoler complètement. Peur que mes amis, déjà peu nombreux, se détournent de moi. Peur que ma famille me voit comme la pauvre fille qui n’a pas d’avenir, puisque pas de descendance. Peur que mon mari me quitte s’il est lui aussi un jour mordu par l’envie, le désir, le besoin, de devenir Papa.

Je ne peux qu’être là, à ma place. A me questionner encore un peu plus à chaque grossesse qui poindra dans mon entourage. A ressentir ce « NON ! » violent du fond de mes entrailles, quand j’essaierai, une fois de plus, d’imaginer que ça m’arrive.

Il me faut faire ce deuil. Si j’aime et si je respecte aujourd’hui mes différences, j’ai toujours profondément rêvé d’être normale, de me fondre dans la masse. Petite, j’enrageais de n’être pas comme tout le monde. Adolescente, ces différences s’apparentaient à des failles sismiques. J’en ai vécu, des tremblements de terre. Il me fallait faire ce choix : me conformer ou assumer. Laisser parler ma nature. Malgré le lot de souffrances que ce impliquerait toute ma vie. Etre soi, véritablement soi, c’est un combat de chaque jour.

Je dois faire le deuil de celle que je ne serai jamais. Une femme enceinte, une femme mère. Voir mes cousins devenir parents, c’était déjà quelque chose. Voir mes amis prendre ce chemin, ça me bouscule beaucoup plus. Quand viendra le tour de ma soeur, le sol s’écroulera sous mes pieds.

J’ai peur des étiquettes qu’on me collera sur le front. J’ai peur des réflexions que je vais devoir subir, quand les « Bon alors, vous vous y mettez bientôt ? » seront balayés par les « Tu as fait la plus grosse erreur de ta vie ». J’ai peur de me sentir seule et perdue. J’ai peur de décevoir. J’ai peur de déshonorer mon corps. J’ai peur de faire un doigt d’honneur à la Vie. Et, bien sûr, j’ai peur de regretter. J’ai peur d’avoir 40 ans un jour avec l’envie féroce de pondre. Est-ce que ça peut venir d’un coup, comme ça, sans préambule ? J’ai peur que mon Moi futur me déteste.

Parfois, les choix les plus évidents sont aussi ceux qui font le plus mal. On a beau savoir qu’on est sur le bon chemin, on a beau être intrinsèquement certain qu’on serait plus malheureux encore si on ne s’écoutait pas … On souffre. Je souffre de mon décalage. Je souffre, je crois, de la même façon que toutes les personnes qui font un choix marginal. C’est libérateur et enfermant à la fois, non ? Et vous, souffrez-vous de certains de vos choix ? Vivez-vous cette dualité ?

Les Etats d’Esprit du Vendredi (07.07.17)

Début : 11h40

Fatigue : J’ai dormi profondément cette nuit. J’ai réussi à me lever à 9h sans problème ! J’ai les paupières lourdes, mais ça va.

Humeur : Bonne ! Comme toujours.

Estomac : Céréales ce matin, avec magnésium pour la forme. Il faut que je (re)prenne cette cure sérieusement.

On s’est mis à faire des menus pour la semaine, pour gérer notre budget, mais aussi pour se préparer vraiment à manger, des petits plats qui donnent envie et qui changent ! Ca fonctionne plutôt bien pour une première semaine.

Condition physiqueHmmm … Corps lourd. Tension dans la nuque. Mais toujours rien au niveau des épaules et ça, ça me ravit !

Esprit : Se demande ce qu’il va bien pouvoir faire de cette fichue robe de mariée.

Boulot : Ma collègue est toujours « pas bien ». Je ne sais toujours pas quoi faire pour l’aider. De toute façon, elle ne suit pas mes conseils. Je suis juste une oreille attentive. Elle est en vacances pour une semaine. Je l’aime beaucoup, mais je crois que ça va me faire du bien de ne pas réfléchir à ces « histoires ». Ne vous méprenez pas, je suis très respectueuse de son mal-être. Mais je suis un peu lasse.

Culture : Pas lu une ligne. Promis, ça va changer ! Attaqué Gipsy, série avec Naomi Watts. Mon amoureux n’accroche pas, il trouve ça long et ne voit pas le but. Moi, ça me parle un peu plus, mais c’est vrai que c’est lent ! Visionné Okja. Pas aussi génial que ce à quoi je m’attendais.

Penser à : Trier ce qui est vendable du reste. Faire un bout de ménage.

Avis Perso : Quand tu es une personnalité célèbre et que tu meurs, tu as droit à une cérémonie publique impressionnante. J’ai écouté les discours des fils de Simone Veil. Et je n’ai pas pu m’empêcher de penser que ça manquait de « personnel ». Je veux dire … Bien sûr, ils n’allaient pas dire des choses aussi personnelles devant le monde entier, ça s’entend.

Mais est-ce que la famille n’est pas trop frustrée ? Leur demande-t-on d’axer leurs discours ? Les laisse-t-on libres de dire ce qu’ils veulent ? Ce n’est pas trop dur de ne pas pouvoir avoir une cérémonie « normale » ? Intime ?

Personnellement, ça me peinerait beaucoup. Du coup, je me suis demandée s’ils n’avaient pas fait leur propre cérémonie quelques jours avant, en famille, pour ensuite faire celle-ci, nationale. Quelqu’un sait ?

Message Perso : .. ?

Amitiés : Ce week-end pour une pendaison de crémaillère à 5h de chez nous. Ca fait loin ! Mais ce sera cool. Et ce sera surtout le dernier week-end occupé. (Soulagement).

A partir de mardi, mon amie et son compagnon passent la semaine chez nous pour nous dire au revoir avant de partir faire le tour du globe.

Love : <3 Ces derniers temps, il me parle beaucoup de Dieu, et de tout ce que sa mère lui a dit. Il ne remet pas vraiment en cause sa parole et ça me frustre un peu. Bon, d’accord, beaucoup.

Je lui ai dit que je n’avais rien contre l’idée qu’il y croit (à la Fin du Monde – oui, ça fait secte ! ^^), mais que je ne voulais plus qu’il m’en parle. Je lui ai expliqué que c’était assez angoissant comme idée, et que comme je n’y croyais pas, j’avais l’impression qu’il cherchait à tout prix à me convaincre et que ça me dérangeait profondément.

Bien sûr, il m’a expliqué que ce n’était pas le cas, ni le but. C’est juste que comme il y pense souvent, il m’en parle. Logique. Et comme sa mère lui a donné un ordre de dates proches (ah, vous voulez savoir, hein ! ;)), ça ne fait qu’accentuer sa croyance. Il sait très bien que depuis la nuit des temps, on annonce des dates qui s’avèrent fausses (il est quand-même historien, à la base !), mais il y donne du crédit quand-même. « Au cas où. » 

Moi aussi, je laisse toujours la porte ouverte, mais au cas où quoi ? Si c’est vrai, on ne s’y préparera jamais et on mourra. Ce n’est pas en se préparant spirituellement maintenant que ça changera quoi que ce soit. Je suis persuadée que si Dieu existe, il se contre-fout un peu qu’on connaisse le nom de Jésus ou pas. J’ai peut-être tort, mais s’il ne sauve que les personnes qui lui accordent fois de façon chrétienne … C’est qu’il est juste un homme comme les autres. Un véritable Dieu, plein d’amour, sauverait tous les bons. Absolument tous. Et ne nait-on pas tous bons ? Les erreurs ne sont-elles pas pardonnables ? Bref, je m’égare.

Comment faire pour que ça ne dérape pas ? Jusque là, son passif  TJ n’avait jamais posé de problème entre nous. Là, je sens clairement son « endoctrinement », et ça ne s’efface pas comme ça. Ils ont toujours été habitués à prêcher, alors ils prêchent tout le temps, sans s’en rendre compte. C’est un automatisme, heureusement bien moins marqué chez mon amoureux que chez sa mère.

Sorties : Ce week-end. Après, je reste chez moi pour un temps indéfini.

Divers : Rien ne me vient !

Courses : Juste ce qu’il faut pour la semaine.

Envie de : Calme et de repos.

Musique : Grâce à The Postman, j’ai découvert Sally Folk. Après avoir écouté tout ce qu’on peut trouver sur Youtube, je n’arrive pas à dire si j’aime, ou pas ! Et vous ?

Fin : 12h20

Vous souhaitez participer aux Etats d’Esprit du Vendredi, créés par Zenopia et Postman ? Il vous suffit de copier le formulaire et de le remplir à votre envie ! Ensuite, laissez un commentaire sur leurs deux blogs respectifs avec le lien de votre participation, afin qu’ils puissent vous inclure à la liste des participants. Retrouvez le tableau pinterest collectif et la playlist sur youtube.

La pente glissante.

Il y a quelques jours, un lecteur s’est inquiété pour moi. Un commentaire qui m’alertait, qui tirait la sonnette d’alarme. Qui demandait si je n’entrais pas en dépression.

Cette attention, cette inquiétude, m’a profondément touchée. On ne se connaît pas Val, c’est à peine si je sais si tu es un garçon ou une fille. Je ne connais de toi qu’un pseudo, je sais que tu passes par là parfois. C’est tout. Et pourtant, en me lisant, tu te demandes si je vais bien et tu oses m’en parler. Pointer le doigt là-dessus. C’est une démarche que les proches – mes proches – ne font pas assez. Dire la vérité, par amour. Poser les vraies questions, dans le désir profond d’aider son prochain. Merci.

La dépression, c’est quelque chose que je « connais » chez les autres. Mon père la vit depuis deux ans. D’autres membres de ma famille sont passés par là. Quant à moi … Je suis pour l’instant épargnée.

J’ai vécu ma première période sombre assez jeune. 11 ans. J’étais seule. Mes parents étaient trop absorbés par les problèmes de ma petite soeur, ils étaient trop persuadés que j’étais la plus forte. Je ne leur ai jamais dit. Je n’en ai jamais parlé à personne.

Je me souviens que je pleurais tous les soirs. Je n’avais plus d’appétit. Parfois, je mangeais comme un ogre. Je ne parvenais plus à me lever. Il me fallait plus d’une heure pour réussir à sortir de mon lit chaque matin. Je me trainais. Tout me paraissait sombre, vide. Je ne m’engouais plus de rien. J’appelais au secours à travers mes tenues, toujours plus étranges. J’avais souvent envie de me faire mal physiquement, mais je me retenais.

J’ai mis ça sur le compte de l’adolescence, sur celui du deuil. Tout le monde a vécu cette période torturée, non ? C’est passé comme c’est venu.

J’ai vécu une seconde période trouble, que j’attribue cette fois à l’emprise. Elle a pourtant commencé bien avant. Toute ma vie avait changé, je ne m’y retrouvais plus. J’avais perdu mon meilleur ami, tout mes repères avaient éclatés, j’étais immensément déçue par mes choix. J’étais malheureuse comme la pierre. Je pleurais souvent. Je dormais constamment. Je mangeais énormément. Dès que j’avais un moment de libre, je m’assoupissais. Je me sentais mieux dans mes rêves que dans la réalité. Je dormais pour y échapper, pour que le temps passe plus vite, pour cesser d’être face à cette vie qui me rebutait.

Puis D. est arrivé, et avec lui les cris, les pleurs, l’angoisse, le stress, le manque, l’insécurité, les problèmes, les contraintes. Un cocktail terrible. Je suis fière de ma résilience. Malgré les instants d’intense panique, malgré le manque de sommeil et de nourriture, malgré la sensation d’être épiée à chaque seconde, j’ai tenu bon. Comment c’est possible ? Je ne sais pas. Sans doute que mon corps le savait. Si je tombais, c’était fini.

Ma famille a un terrain psychologique sensible et ce, des deux côtés. La santé mentale, on ne connaît pas ça bien longtemps. A croire qu’il s’agit d’une malédiction. La sensibilité n’a pas que du bon ! Dépressions, phobies, angoisses, névroses, troubles mentaux divers et variés … J’ai encore de nombreuses histoires à raconter !

Pour toutes ces raisons, je suis très attentive aux signaux que me donnent mon corps et mon esprit. Je veux pouvoir les déceler avant de sauter à pieds joints dans la spirale infernale. Aujourd’hui, plusieurs éléments me mettent en garde. Je crois qu’il faut que je m’arrête. Je crois que je suis à deux pas du surmenage.

Ce n’est pas mon travail qui m’épuise, c’est ma vie privée. Et l’épuisement s’accentue. Les journées sont longues. Il m’est devenu vraiment difficile de rester en forme plus de quatre heures de suite.

Mon réveil sonne, je le repousse. Jusqu’au dernier moment. Jusqu’à ce que je sois en retard. Quand je peux ne pas aller au travail, je n’y vais pas. Je me repose sous couvert de « travail à domicile », mais toutes ces journées de vide ne changent rien. Je suis quand-même crevée. Je suis embuée toute la journée. Bien éveillée entre 18 et 21h, mais sans énergie. J’ai faim sans arrêt. Je pourrais dormir une quinzaine d’heures par jour sans que ça ne change quoi que ce soit à mon état.

Je n’arrive plus à me concentrer. Je suis irritable. Ma nuque est raide. Mon acné revient malgré ma bonne hygiène de vie. Bref, quelque chose cloche !

Ce qui est étonnant là-dedans, c’est que je suis heureuse. Je vois toujours la Vie en rose, j’ai toujours envie d’avancer, la motivation est toujours là, je suis pleine d’entrain. Mon âme papillonne. Je ne suis pas triste, je n’ai pas de problèmes, rien qui me chiffonne : j’adore ma vie et les différents environnements dans lesquels j’évolue. C’est frustrant. J’ai envie de chanter, de lire mon bouquin, de cuisiner, d’avancer dans mon travail, d’améliorer mon lieu de vie.

J’ai envie. Mais je ne peux pas. Mon corps n’avance plus. La première étape de ma journée, me lever, me demande déjà une sacrée dose d’énergie que je ne suis pas certaine d’avoir. Comment expliquer ça aux autres ?

Comment expliquer que j’adorerais aller les voir à Cannes, à Brest, à Lille, ou à Valence mais que je ne peux pas ? Que j’ai envie de les inviter chez moi, mais que c’est impossible ? Comment leur expliquer que je n’ai rien de prévu mais que je ne peux pas bloquer ce temps pour eux ? Comment leur faire comprendre qu’à 25 ans, sans aucune raison, je suis aussi limitée – voire plus – qu’à 80 ? J’ai peur de m’isoler. J’ai peur de vexer.

Grâce à l’une d’entre vous (je ne me souviens plus laquelle), une émission sur le burn-out est arrivée jusqu’à mes oreilles. Je ne sais pas si je souffre de ce mal, mais je me suis instantanément reconnue dans sa description. Une femme qui l’avait vécu expliquait tous ces symptômes que je viens de vous énoncer. Mais surtout, elle l’imageait avec des « petites cuillères » :

  • Imaginez qu’une personne normale, en se levant le matin, bénéficie de 100 petites cuillères. Elle en dépense 2 en se levant, 2 en se brossant les dents, 50 durant ses 7 heures de travail quotidiennes, etc … A la fin de sa journée, cette personne dépense ses 2 dernières petites cuillères pour se coucher. Et durant la nuit, elle se recharge de 100 petites cuillères pour repartir le lendemain aussi en forme.

 

  • Une personne en burn-out n’a que 25 petites cuillères pour faire sa journée. Mais elle doit en dépenser 3 pour se lever le matin, soit 1 de plus qu’une personne normale. Ses activités lui demandent plus d’énergie. Si elle ne les réduit pas, elle arrive vite à court. Elle ne peut plus avancer. Elle ne peut plus rien faire DU TOUT. Malheureusement, cette personne ne se recharge pas aussi facilement la nuit. C’est un cercle sans fin.

C’est exactement ce que je ressens aujourd’hui. Je suis sur la pente glissante, j’ai perdu de nombreuses petites cuillères et je n’en ai plus beaucoup pour mener mes journées à bien. Chaque matin, quand mon réveil sonne, je constate que les petites cuillères perdues la veille n’ont pas été remplacées. Je peux encore me lever au prix d’un effort considérable. Rapidement avaler quelque chose pour me requinquer. Mais vivre une journée normale, je ne peux plus.

Je suis allée voir le médecin pour en parler. Ma prise de sang est bonne alors pour lui, je n’ai rien. Il semble avoir cru que je jouais la comédie, sans doute juste pour bénéficier d’un arrêt de travail. Je tombe toujours sur les mauvais, sur ceux qui n’écoutent pas, qui ne me prennent pas au sérieux … C’est fatigant. Je ne voulais pas d’arrêt, le problème n’est pas là. Je voulais être sûre que ça ne vient pas d’ailleurs. D’une tumeur invisible, par exemple ? D’un problème hormonal ? Qu’est-ce qui pourrait causer un tel épuisement ?

Un burn-out « personnel », c’est possible ? C’est la théorie la plus tangible pour le moment. 2017 est l’année la plus chargée (de bonnes choses !) qu’il m’est été donné de vivre. Cela dit, je n’ai pas envie de me réveiller un jour paralysée dans mon lit, incapable de sortir et pleurant tout mon soûl. Pour l’instant, j’ai le moral au beau fixe, ça me sauve. Mais je sais bien que si ça continue, ça entachera mon bonheur. Le seul conseil qu’on m’a donné ? Ralentir. Décliner les invitations. Passer les vacances au calme. Me préserver.

La pente glissante. C’est étrange de se voir glisser. Tout est lisse autour de soi, on ne peut se raccrocher à rien. On sent le sable couler dans les mains, on voit défiler les arbres, mais on ne prend plus racine comme eux. La source a disparu alors que le soleil tape toujours aussi fort. Où peut-on piocher cette énergie ? Comment plante-t-on les pieds dans le sable ?