Les Etats d’Esprit du Vendredi (30.06.17)

Début : 12h28

Fatigue : Je suis crevée. Mon corps, autant que mon esprit, n’arrive plus à s’en remettre. Fatigue chronique, dit le médecin. Due à … ? On ne sait pas ! Espérons que ce ne soit qu’à mon rythme de vie, intense depuis plusieurs mois. Je n’étais plus habituée.

Humeur : Bonne ! Ca ne change pas.

Estomac : Reprise des bonnes habitudes. Je mange une salade de riz avec des légumes frais. Tomates (les premières de l’année, oh joie !), concombre, aubergine, courgette, oignon.

Condition physiqueJ’ai mal. Depuis 6 jours. Mes muscles, au niveau des reins, sont contractés. A tel point que je ne peux pas rester debout plus de 10 minutes. Marcher encore moins. Le voyage à Paris m’a « déglinguée » !

Esprit : Est heureux d’imaginer la journée de demain. La tête de mes parents et de ma soeur découvrant mon nouvel habitât.

Boulot : … Beaucoup de mal à me concentrer et à être efficace. Une collègue ne se sent pas à l’aise. Je ne sais pas quoi faire pour elle, mais il se trouve qu’on fait du covoiturage et qu’elle m’en parle beaucoup. Je me sens un peu prise entre deux feux. Comment l’aider ?

Culture : Glow, sur Netflix. Première saison avalée en trois soirées. On a adoré ! On projette de regarder Okja et Ne t’endors pas. Sans doute ce week-end, avec mes parents. Pas réussi à avancer mon bouquin ne serait-ce que d’une ligne. Découverte de Gael Faye, côté musique, grâce à une collègue.

Penser à : Créer une tête de lit avec des papillons en plastique violet. Réinstaller les étoiles fluorescentes (j’adore !). Laver les murs du couloir. Mais j’hésite à carrément les repeindre.

Avis Perso : C’est grave, d’être complètement déconnectée de l’actualité ?

Message Perso : .. ?

Amitiés : Un couple d’amis vient d’emménager, et de devenir propriétaires. Ils sont sur un nuage, ça me fait trop plaisir de les voir si heureux ! Ils habitent à 5 heures de route. On n’avait jamais eu l’occasion d’aller découvrir la région, faute de temps, parfois d’argent, d’autres fois de santé. Cette fois, c’est possible. On les revoit donc dans une semaine !

Mon amie qui part faire le tour du monde passe par chez moi ! Une semaine. J’ai hâte !

Love : Toujours aussi adorable. Le pauvre, il subit mon irritabilité (conséquence directe de la fatigue !). Heureusement, on en rigole ! Il est génial.

Sorties : Ce week-end, ce sont les autres qui viennent à moi ! Et ça me va très bien. Je donnerais tout pour un mois sans autoroutes, sans mondanités .. Tout !

Divers : Rien ne me vient !

Courses : On dépense, on dépense, on dépense … Un mois chaotique.

Envie de : Solitude à deux.

Musique : Parce que moi aussi, j’ai ri et pleuré devant la vidéo (aaaah, le romantisme !), voici ma préférée ! 😉 Et voilà ! Je viens de le regarder pour la centième fois, et je pleure encore !

Fin : 13h03

Vous souhaitez participer aux Etats d’Esprit du Vendredi, créés par Zenopia et Postman ? Il vous suffit de copier le formulaire et de le remplir à votre envie ! Ensuite, laissez un commentaire sur leurs deux blogs respectifs avec le lien de votre participation, afin qu’ils puissent vous inclure à la liste des participants. Retrouvez le tableau pinterest collectif et la playlist sur youtube.

Un frère en taule.

Son frère avait d’autres valeurs. Il voulait appartenir à un autre monde. Etre fils de Témoins de Jéhovah, c’était pas l’image dont il rêvait.

Il paraît dur mais est aussi sensible que l’eau. Il frappe quand il a mal. Il roule des mécaniques, il est attaché à l’image. Chez lui, ce qui prime, c’est la belle voiture assortie à une belle nana, avec un beau salaire et des vêtements de marque. Lui, ce qui le faisait rêver, c’était les réseaux, les mafias. Il avait trouvé son mentor. Il se voyait déjà loin.

Sa famille ne l’intéressait plus. Toujours ailleurs, jamais présent. Quand il était là, ça gueulait dans tous les sens.

Un jour, la nouvelle est tombée. « Ton frère est en prison. »

Il avait aidé un groupe de malfaiteurs à braquer l’entreprise dans laquelle son père tenait un rôle important. Ils avaient arrêté un camion en pleine nuit, volé ce qu’il transportait, tiré dans le pare-brise, côté passager. Ils se croyaient intelligents. Ils ont tiré pour effrayer le livreur, persuadés qu’ils ne se rateraient pas et que de toute façon, personne ne serait assis à cette place-là.

« Pour combien de temps ?Personne ne le sait. »

Lorsqu’on l’a appris, il était déjà enfermé depuis une semaine. Honteux, il avait prévenu ses amis, mais certainement pas sa famille. L’avocat s’en est chargé. Il fallait bien que quelqu’un le paie.

« Sa petite-amie est enceinte. On peut s’en servir pour le faire sortir plus vite. »

Seconde nouvelle. Deuxième choc. On la connaissait bien, pourtant. Elle aurait pu nous le dire.

Alors … Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?

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Avoir un frère en prison, c’est se demander sans cesse où on a foiré. Dans son rôle de grand-frère, d’ainé. On était proches, gamins. Qu’est-ce qui a changé ? Pourquoi je ne le reconnais plus ? Pourquoi il merde ?

Il s’en était vanté. Il était venu me voir et m’avait raconté le braquage. « Le dis pas à Papa. » Evidemment. On n’allait pas prendre le risque de faire péter la famille. Mais pourquoi me le dire ? Il croyait que tout allait rouler, que sa bêtise ne le rattraperait jamais. Certainement pas deux ans plus tard. Sans doute qu’il a sacrément eu peur ce soir-là. Sans doute qu’il s’est demandé pourquoi il avait ligoté un innocent après l’avoir menacé avec un flingue, après avoir tiré dans son pare-brise.

Et tout ça pour gagner quoi ? Quelques colis sans trop d’importance. Facilement revendables, c’est vrai. Mais le jeu en valait-il la chandelle ?

Il est tombé. Il est en taule pour une durée encore indéfinie, et moi je suis là. Je gère les parents comme je peux. Ma mère effondrée. Mon père en colère. Mes deux autres petits frères déboussolés. J’entends ma mère pleurer tous les jours au téléphone. Elle est comme une plaie ouverte. Elle saigne sans arrêt. La simple évocation de son nom – Adrien – la fait flancher. Elle ressasse. Elle se demande elle aussi ce qu’elle a raté. Elle ne comprend pas pourquoi son fils ne l’a pas inscrite sur sa liste de visites. Pourquoi il ne veut pas la voir alors qu’elle fait de son mieux pour l’aider.

Mon père, on lui en parle tous les jours au travail. « Alors, tu l’as aidé ton fils, à braquer l’entreprise ? » La honte, l’humiliation. Le fardeau. Les gens ont un humour pathétique. Il se bat avec l’avocat pour en savoir plus. Les informations viennent au compte-goutte. Il donne de l’argent, dans l’espoir que son gamin sorte plus vite. Malgré la rancoeur et l’incompréhension, l’amour est là. Mais qu’il est con, son fils. Qu’est-ce qu’il est con !

Moi, je vais fêter mes fiançailles. Je dois expliquer à ma belle-famille pourquoi l’un de mes frères sera absent à la fête. Le jour J, évidemment, tout le monde pose la question. « Mais où est le quatrième ? Vous êtes bien quatre frères, non ? » Ma fiancée a fait ce qu’elle a pu. Elle a prévenu, elle a expliqué en amont. Mais bon. Au moment de couper le gâteau, ma mère a les yeux qui brillent. Son maquillage qui coule.

J’en veux à mon frère. Je le déteste pour ça. Je prépare mon mariage mais mes parents ne pensent qu’à lui. Ils n’arrivent pas à se réjouir pour moi. A chaque fois que je les vois, les préparatifs sont balayés au profit des « nouvelles d’Adrien ». Ils s’énervent encore, ils pleurent, ils soupirent. Ils ne sourient pas. Ils ne sont pas heureux. C’est comme ça depuis toujours. Le garçon sage dans l’ombre de son frère saccageur.

Le jour où je vais dire « oui », mon frère est sorti. Il n’a prévenu personne encore une fois, mais il est dehors. On finit quand-même par le savoir. Il devait être l’un des témoins. Il dit qu’il ne viendra pas. Il se ravise la veille et m’appelle pour me demander l’adresse. Pourtant, aujourd’hui, quand je regarde mes photos de mariage, il n’est pas là. Heureusement, on ne l’a pas attendu. Est-ce que j’ai pensé à lui ? Bien sûr. Tout le monde y a pensé. Et d’autres personnes ont encore posé la question. L’éternelle question.

Il a passé six mois en taule. Six mois chaotiques pour nous. Si je ne doute pas de sa honte ni de sa souffrance, je me demande s’il s’est rendu compte, ne serait-ce qu’une seule seconde, de l’enfer qu’il nous a fait vivre.

Sa petite-amie a souhaité avorter. Elle s’est ravisée. Elle était paumée, seule et perdue. Mes parents l’ont aidée du mieux qu’ils ont pu. Ils l’ont logée, nourrie, blanchie. C’est elle qui ramenait les nouvelles. Elle, la seule inscrite sur la liste des visites.

Il a fallu faire un test de paternité, pour la justice. Le résultat ? … On ne l’a jamais eu. L’enfant a fini par naître. Un autre homme lui a donné son nom, est allé le reconnaître. Un ex. Il est resté près d’elle quelques mois, le temps qu’Adrien sorte. Mes parents n’ont pas compris. Ils ont demandé des explications. Ils se sont heurté à un mur, encore. Elle est partie. Elle n’a plus donné de nouvelles.

Quelques mois plus tard, mon frère a tapé à la porte de mes parents, la queue entre les jambes. Il avait un nourrisson dans les bras. Ma mère a ouvert, et j’ai entendu un enthousiaste « Oh, regarde, c’est Mamie ! » Il a essayé de faire comme si de rien n’était. Il nous a présenté un enfant que nous ne connaissions pas. Il l’a mis dans les bras de ma femme, qu’il n’avait vu qu’une fois, en l’appelant « Tatie ». Ca sonnait faux.

Il avait bien préparé son coup. C’est craquant, un bébé. Ca brise le coeur de ne pas savoir s’il faut qu’on s’y attache ou pas. Reverra-t-on un jour ce petit-fils, ce neveu ? On crève d’envie de le tisser, ce lien. On voit déjà à qui il ressemble, on aime déjà ses grands yeux bleus et son odeur de poupon. Mais on ne sait pas. On ne sait pas s’il est bien son fils. On ne sait pas s’il aura la garde. On ne sait même pas s’il retournera en taule, s’il a purgé sa peine, ou si la justice décidera de le poursuivre encore.

Il aura fallu quatre ans. Quatre ans pour que la plaie se referme un peu. Quatre ans pour que notre famille se reforme. Quatre ans pour que le procès aie lieu et que le verdict tombe.

5 ans avec sursis. Je crois que ça veut dire qu’il ne retournera pas en prison. Aujourd’hui, son enfant à 3 ans et demi. Il forme un couple uni avec la Maman. Contre toute attente, ils se débrouillent bien. Ils reviennent de loin. Ils ont repris leurs études, ils travaillent. Ils vivent chez mes parents. Ils ont bon dos, mes parents.

Je suis Tonton. On adore tous le petit. On se retrouve souvent, tous ensemble, le week-end. Plus de pleurs, plus de cris, plus de colère. De la joie, des rires, de l’amour. Je crois que mon frère a compris. Il a compris qu’il n’a qu’une famille. Il a compris qu’on ne lui tournerait jamais le dos. On aurait tendu la main, encore et encore, jusqu’à ce qu’il la prenne. Il a trouvé sa place.

Voilà ce qu’a vécu mon mari, en tant que frère de détenu. Je retranscris ça avec mes mots, puisque je l’ai vécu moi aussi, à travers lui, et que je sais tout ce qu’il a ressenti. Nous en avons parlé pendant des heures, des jours. J’ai ressenti de plein fouet la douleur de mes beaux-parents, de mes beaux-frères. Et bien sûr, de mon mari. Et vous, avez-vous vécu une situation similaire ? Avez-vous des proches détenus ?

Parce que je suis la femme. 

Aujourd’hui, je vous écrit de la gare TGV de Marne La Vallée, dans laquelle je suis condamnée à attendre une heure de trop. Parce que je me suis trompée de gare. J’étais sûre de moi, j’avais vérifié pourtant. L’erreur est humaine.

Cette erreur nous coûte 80 euros par tête. Nous sommes trois, mon mari, mon père et moi. Nous venons de passer trois jours dans la capitale, intenses et joyeux et nous nous apprêtions à rentrer heureux lorsqu’elle nous a sauté aux yeux.

Il n’y a pas mort d’homme, on va rentrer quand même et garder en tête les bons souvenirs. Mon compte en banque s’en remettra. Ma fatigue aussi. C’est autre chose qui me chagrine, qui m’ordonne d’écrire maintenant sur le clavier de mon téléphone plutôt que d’attendre d’être confortablement installée sur mon ordinateur portable, comme j’en ai l’habitude.

Ce week-end, c’est la deuxième erreur du genre que je commets. Normal me direz vous, je ne connais pas la ville, je n’ai pas eu beaucoup de temps pour préparer ce voyage, et je suis fatiguée. Vraiment fatiguée. Une erreur est donc vite arrivée.

Seulement nous sommes trois. Mon mari, mon père et moi. Nous sommes trois. Et depuis le départ, depuis l’idée même de ce voyage, il n’y a que moi qui m’occupe de la logistique. Des plans, des métros, des réservations, des restaurants, de l’endroit où dormir, et même des choix touristiques.

Au début, je n’ai pas rechigné. C’était leur cadeau de Noël à tous les deux, normal que je gère les résas, puisque c’était une surprise ! Et puis j’ai déchanté. Ils ont eu des mois pour s’en préoccuper, pour m’aider, pour répondre à mes demandes insistantes. « Alors, que voulez-vous manger, visiter, voir ? » Ils n’ont jamais pris la peine de se pencher sur la question. J’ai fini par comprendre ce qui se passait.

Je suis la femme. La seule femme de l’équipe. L’intendante. Celle qui décide et celle qu’on suit docilement parce qu’elle a tout prévu. Parce que c’était logique qu’elle prévoie tout. Et là, je fulmine. Je fulmine de ne pas m’en être rendue compte avant. Et qu’eux ne s’en soient pas rendus compte non plus…

Tout au long du voyage, ils m’ont suivie. Ils ont attendu que je les amène partout, tout le temps. Que je leur dise quoi faire et quand. C’était éreintant d’être seule pour penser à tout en permanence, d’avoir cette pression, dans cette ville immense que je ne connaissais pas mieux qu’eux, sans jamais un soutien de leur part quand ils me trouvaient désemparée devant les panneaux d’indication où l’information que je cherchais manquait. Ils restaient là, penauds et embêtés, s’imaginant peut-être que le Saint Esprit allait m’apporter la réponse comme par magie.

Oui, je suis mauvaise, ce soir. Ils tournent autour de moi pendant que je tape frénétiquement sur mon écran. Heureusement, ils n’ont jamais manifesté de mécontentement face à mes erreurs. Ils m’ont dit que ce n’était pas grave. Ils ont dit « C’est aussi de notre faute, on n’a pas regardé. » Mais pourquoi ?? Pourquoi n’avez-vous pas regardé ?

Je vous ai pourtant responsabilisés, en vous demandant de télécharger les applications des transports, d’utiliser vos GPS, en vous donnant tous vos billets des mois à l’avance, en vous demandant une centaine de fois ce qui vous ferait plaisir, ce que vous vouliez voir, faire ! Vous m’avez sans cesse répondu « Comme tu veux, on te suit, nous. » J’ai bien cru que j’allais vous tuer la dernière fois.

Je vous l’ai fait sentir. Je vous ai expliqué que je n’avais pas à tout décider, j’ai élevé la voix en vous ordonnant de prendre une décision. Et puis rien.  Alors j’ai repris mon rôle de planification. J’ai ré-endossé ce rôle détestable quand on est seul.e à le supporter. J’ai commis une erreur.

Je pensais n’avoir jamais à subir cette satanée charge mentale, surtout en n’ayant jamais d’enfants. Quelle naïveté ! On n’y échappe pas. Mon père a tant l’habitude aisée que ma mère s’occupe de tout qu’il ne lui est même pas venu à l’esprit de réfléchir à ce voyage. J’ai pourtant répété qu’avec ma vie débordante et affolante, je n’aurais jamais le temps de me pencher sincèrement dessus. Je n’étais même pas sensée y participer, au départ !! Je comprends mieux leur insistance.

Oui, je suis mauvaise encore une fois. Vraiment. Ils n’ont jamais pensé à moi de cette façon, je le sais. Mais le résultat est là.

Mon mari n’a aucune excuse. Sa famille fonctionne différemment, et notre couple aussi. Il va m’entendre. Je ne vais pas crier. Je vais lui expliquer en quoi son attitude m’a laissée stressée et affolée, m’a fatiguée, m’a usée, m’a pesé. La première et la dernière fois.

Mon père a de la peine pour moi, je le sens. Ça se lit dans ses yeux à chaque fois qu’il tourne la tête vers moi. Il s’imagine sans doute que je suis dégoûtée, que je me sens coupable, que j’ai l’impression que ça gâche tout. Ce n’est pas le cas. Ce petit incident, ce n’est rien.

Une heure de perdue, 240 euros envolés. Et alors ? Ça arrive. Ça coule comme l’eau, je ne suis plus attachée à tout ça. Mais je le suis aux discriminations, aux injustices, à la sensation désagréable que sur mon sexe pèse des contraintes injustifiées. D’un coup, je me sens emprisonnée, oppressée, opprimée. Le fait que ces sensations soient causées par le comportement sexiste de mon père et de mon mari me gêne plus encore.

La majorité des hommes qui écartent les jambes dans le métro ne sont pas des connards. Ce sont des hommes comme les autres, qui ne se rendent pas compte de ce qu’ils font. Je le sais parce que j’étais toujours entre les deux hommes de ma vie, assise dans les rames. À l’étroit. Pourtant, je vous jure, ils ne sont pas des connards. Ils sont juste habitués à ça. A prendre la place et à voir les femmes serrer les cuisses.

J’ai écarté les jambes comme eux, je les ai bousculés. J’ai dit en riant « Ben ça va, je vais faire comme vous, hein. » Ils se sont vaguement poussés, gênés. « Oui, mets toi à l’aise… » 

Quel constat, n’est-ce pas ? Peut-être la fatigue me pousse-t-elle à ne voir que le négatif. Je n’ai pourtant pas cette impression. Ma rancune est retombée comme le soufflet qu’elle est. On est maintenant dans le TGV, on discute et on rit. Je les aime d’amour. Je vais leur dire. Leur expliquer. Et ils comprendront.

On parle de charge mentale depuis plusieurs semaines, on l’associe à une société paternaliste et le féminisme en fait sa nouvelle cause. Je ne sais pas si ça résume ce que j’ai vécu et ressenti ces derniers jours. Ça y ressemble. Ce que je sais, c’est que j’ai vraiment été obligée à prendre SEULE des responsabilités que je ne souhaitais/pouvais pas porter, malgré de nombreuses demandes pour qu’il en soit autrement. Et vous, avez-vous vécu des situations similaires ? Subissez-vous ce genre de choses au quotidien ? De la part de personnes que vous pensiez loin de tout ça ?

Rêve d’Eté

Je suis une fille de l’été. Une fille du mois d’août. Une naissance de l’orage.

Je suis née alors qu’une pluie battante frappait les carreaux de la maternité. Le ciel craquait alors que ma mère souffrait, les nuages grondaient alors que j’allais bientôt crier.

J’aime la chaleur étouffante, écrasante. J’aime quand le ciel bleu devient menaçant. J’aime l’intensité de ces jours si longs, qui commencent légers et se terminent humides, quand l’atmosphère se tend puis cède soudainement, quand le rideau de pluie tombe lourdement, illuminé ça et là par les éclairs ahuris.

Je ne me sens jamais aussi entière qu’en août. Je ne suis jamais aussi accomplie que les joues tournées vers les nuages, battues comme la peau d’un tambour par les gouttes en myriades.

Quand l’orage bat son plein, je sors le retrouver. Je me glisse sous ses torrents. Je hoquette puis je ris. Je tends les bras, je lève les paumes, je tournoie frénétiquement. L’orage me lave. L’orage me régénère.

Alors que ma mère m’ordonnait de m’abriter, je restais là, fascinée, chaque été sous la pluie féroce.

Je vous propose aujourd’hui mon rêve d’été, une belle idée de Frau Pruno.

Un parfum :

En juin, puis en juillet, je porte des notes fraîches et sucrées. J’aime particulièrement Flower – Kenzo.

En août, puis en septembre, je me tourne vers des odeurs plus capiteuses, plus appuyées. Chloé me correspond assez, Insolence – Guerlain aussi.

Une photographie :

Je ne peux pas vous la montrer ici, hélas. C’est une photo argentique, qui traîne dans les vieux albums de mes parents, à plusieurs centaines de kilomètres de moi. Je dois avoir 6 ans, et ma soeur 3. Nous n’avons pas de piscine à la maison, mais nous avons chaud et adorons l’eau. Mes parents ont donc l’idée de remplir une grande bassine, dans laquelle nous plongeons gaiement, encore et encore. On s’amuse à faire un « tourbillon » collées l’une contre l’autre.

Voici le tableau :

La soirée tombe doucement, nous sommes en août. Une bassine est posée sur l’herbe, les arbres sont verdoyants autour. Dans la bassine noire, une petite fille de 6 ans, toute nue, sourit gaiement à l’objectif, toutes dents sorties. A côté, debout, les pieds dans l’herbe, une autre de trois ans se fait surprendre, elle aussi nue comme un verre, par le flash saisissant.

Une chanson :

Choix difficile, pour ne pas dire impossible, que de n’en retenir qu’une .. !

Répondez-moi – Francis Cabrel. Je devais avoir 12 ans lorsque je l’ai entendue pour la première fois. C’était tendre, doux, et cruel à la fois. Je l’ai chantée tous les soirs de cet été là, a capela, pendant que je marchais sur le chemin qui menait à la maison. La nature se taisait autour, le soleil se couchait, mon chien m’accompagnait, et je me demandais comment faisaient les gens pour vivre dans une maison où il n’y a même pas d’abeilles sur les pots de confiture, même pas d’oiseaux, même pas la nature. Où le ruisseau dort dans des bouteilles en plastique.

Vénus- Alain Bashung, et Suzanne – Alain Bashung. J’ai découvert l’album qui comporte ces deux chansons l’été de mes 16 ans. Elles enveloppaient toutes mes soirées, et tous mes matins, quand je devais me lever pour aller ramasser les abricots des champs alentours. La rosée lustrait mes baskets et me coulait sous les bras quand je tirais sur les branches. Je chantonnais, j’espérais qu’un jour, quelqu’un dise de moi « Elle est née des caprices, pomme d’or, pêche de diamant », je rêvais d’être guidée par la première étoile à éclairer la nuit, puis d’être la Suzanne de quelqu’un.

Paradise – Coldplay. Cette fois, il n’y a pas de raison précise. C’est une chanson que les radios ont passé durant tout l’été de sa sortie. Dans la voiture, les fenêtres ouvertes, l’auto-radio nous invitait au Paradis, alors ma mère, ma soeur et moi, on augmentait le son encore, et on chantait à tue-tête.

Les chansons qui symbolisent le plus l’été « estival » pour moi nous viennent des îles : Trop peu de temps – Nuttea, Angela – Saian Supa Crew, puis Aïcha – Khaled, Maria Maria – Santana et tant d’autres … Je pourrais faire une playlist entière !

Souvenir estival :

Je devais avoir dix ans. Mes parents nous avaient emmenés à la mer, c’était très rare. Nous avons passé la matinée les pieds dans l’eau, à ramasser les coquillages. Je collais mes oreilles contre, comme me l’avait appris mon père.

Nous avons ensuite mangé dans une petite bourgade, sous les parasols tendus. Les touristes frôlaient nos chaises, je sens encore les pavés tièdes sous mes pieds nus.

L’après-midi, mes parents m’ont offert un croc-top. On n’appelait pas ça comme ça à l’époque, mais c’était la grande mode ! Le débardeur blanc m’arrivait au dessus du nombril, un cheval camarguais, blanc, crinière au vent, le décorait. C’était kitch. J’adorais ce vêtement !

Et puis l’autoroute et les bouchons en soirée, alors que nous rentrions. Ca ne nous embêtait même pas, on en riait ! On écoutait la radio, l’info trafic. On chantait. Cette journée est l’une des meilleures que j’ai passé avec ma famille.

Un vêtement fétiche :

Cette jolie robe bleue-nuit, toute en voile. Je l’ai portée pour la première fois il y a quatre ans, lors de notre premier « vrai » rendez-vous amoureux (je ne vous raconterai pas ce qu’on a fait cette nuit là !). Depuis, je la porte souvent. A chaque fois, j’ai l’impression d’être une princesse indienne. Malheureusement, je crois que c’est son dernier été.

Une ville :

C’est cliché, mais Saint Tropez ! Plus particulièrement Grimaud, mais je ne pense pas qu’on puisse la considérer comme une ville … Si ?

Ai-je vraiment besoin d’expliquer pourquoi ? C’est touristique, c’est beau, plein de caractère, on y mange bien, on chauffe entre le soleil et le sable fin, on crapahute les calanques … Les vacances !

Une boisson :

Je n’aime pas l’alcool (mais je suis cool quand même, je vous jure !).  Exception faite pour l’admirable et indétrônable Baume de Venise, version Paul Jaboulet Ainé, s’il vous plaît !

J’adore ce vin blanc. Je ne m’en lasse pas. Il se boit comme du petit lait, particulièrement à cette période de l’année, où il accompagne merveilleusement les apéritifs et desserts.

Une odeur :

Les sardines cuites au barbecue … J’en salive rien que d’y penser ! Je suis une dévoreuse de poisson. Mais alors, les sardines tout justes pêchées, cuites au dessus des braises, sur le port … Un merveilleux souvenir estival de Bretagne. Ca sent tellement fort ! C’est tellement bon ! Mon amoureux n’arrête pas de me dire que je suis un chat, alors visualisez bien le chat qui se lèche les babines. C’est moi !

Voici mon portrait de l’été. Si je devais rajouter la catégorie « Un livre », je penserai tout de suite à : Beach Music – Pat Conroy, Duma Key – Stephen King, et Ensemble c’est tout – Anna Gavalda. Trois « pavés » que j’ai lu trois étés de suite. A chaque fois, c’est mon père qui me les a offerts. Et vous, à quoi ressemble votre été idéal ? Comment rêvez-vous l’été ?

Les Etats d’Esprit du Vendredi (16.06.17)

Début : 18h29

Fatigue : Ca va. Je redeviens stable.

Humeur : Bonne, comme toujours !

Estomac : Chocolat, chocolat, chocolat ! Grosse rechute dans les gâteaux industriels par manque de temps. Je termine le stock, et on repart sur les bonnes habitudes !

Condition physiqueMa nuque est raide. Le reste est ok !

Esprit : Se demande comment il pourrait encore améliorer sa démarche éco/bio/zéro déchet. C’est fou comme ce projet me tient à coeur ! J’adore. Ca me fait du bien d’assainir ma maison, mon mode de vie.

Aujourd’hui, j’ai trouvé une alternative aux éponges (que je lavais déjà plutôt que de les jeter, mais elles ne survivaient pas longtemps), et aux bouteilles d’eau en plastique (on achète encore l’eau de source, mais plus pour longtemps. Vive les objets miracles !).

Boulot : Je travaille ce week-end. Tenue d’un stand. Ca va être sympa ! Et j’espère qu’il y aura du monde, pour ne pas m’ennuyer sur une chaise, seule dans un coin. Repos à partir de mercredi jusqu’à dimanche soir prochain.

Culture : The Leftovers, c’est fini. C’était …. Un gros tortillage de neurones. Une réflexion intense à chaque seconde, et bien après la fin. La réponse globale me va, pas de problème. Dommage que je l’ai devinée quelques épisodes avant la fin ! Mais quelqu’un peut-il m’expliquer ce fameux épisode 7 ? Il parait que les métaphores sont évidentes mais je ne suis pas certaine de tout comprendre. Ornella, si tu me lis .. 🙂

On a donc commencé The Handmaid’s Tale. Très bien réalisé, j’aime beaucoup.

J’ai attaqué le pavé de Wally Lamb, « Nous sommes l’eau ».

Penser à : Hmmm .. Non, ça y est, je suis à jour !

Avis Perso : Le Bon Coin, c’est top, surtout quand on gagne des sous !

Message Perso : J’ai encore rêvé de toi cette semaine. Pourquoi ?

Amitiés : Pas de nouvelles, bonnes nouvelles. Un couple d’amis et sur le point de devenir propriétaire. Une amie est au Canada pour une durée indéterminée. Une autre part faire le tour du monde. Dieu sait qu’elle va me manquer. Heureusement, elle passe quelques jours chez moi mi-juillet, avant de partir <3.

Ma meilleure amie, celle qui est musulmane, attend son troisième enfant. Elle croise les doigts pour que ce soit une fille ! Ca me fait rire. Après, elle ira s’installer au Maroc. Je crois que je vous l’ai déjà dit, ça. Mais ça me travaille. Pas en mal.

Love : Joue beaucoup aux jeux vidéos. Fait toujours trop à manger. M’amuse.

Sorties : Bormes-les-Mimosas nous a fait beaucoup de bien, la semaine dernière. Ce week-end, c’est travail. Jeudi, vendredi et samedi, ce sera Paris avec mon amoureux et mon Papa. On va voir Phil Collins en concert. Et tourister !

On a pas mal de connaissances sur Paris. Le gros dilemme était de savoir si on prenait le temps de les prévenir et de les voir. Ce sera non. Mon père va se sentir bien seul et lésé, si on passe notre temps à boire des verres avec des jeunes qu’il ne connaît pas, alors qu’il préférerait qu’on se crée des souvenirs à trois. Juste tous les trois. Il faut le voir, il est content comme un gamin !

Dommage quand-même. Je ne sais pas quand j’aurais l’occasion de revenir. Ca me gratouille un peu d’être si proche de ces gens, et de ne pas pouvoir les voir.

Divers : Me passer des écrans, téléphone et ordinateur, j’ai du mal. Je rechute ! Aucune astuce ne fonctionne sur le long terme. J’en ressens pourtant clairement l’impact négatif sur ma vie, ma concentration, ma fatigue oculaire. Mais c’est plus fort que moi. Vous faites comment, vous ?

Courses : Alternatives zéro déchet. Biocoop hier, pour refaire le plein !

Envie de : Beaucoup de musique.

Musique : Simple Mind – Don’t you.

Fin : 19h03

Vous souhaitez participer aux Etats d’Esprit du Vendredi, créés par Zenopia et Postman ? Il vous suffit de copier le formulaire et de le remplir à votre envie ! Ensuite, laissez un commentaire sur leurs deux blogs respectifs avec le lien de votre participation, afin qu’ils puissent vous inclure à la liste des participants. Retrouvez le tableau pinterest collectif et la playlist sur youtube.