Notes d'existence

2017 : Intense, sublime, parfaite.

Rétrospective. Quels sont mes souvenirs de l’année 2017 ?

Les derniers de l’année 2016 ? Un contrat signé pour trois ans. Un mariage plein de tendresse, qui marque un tournant, qui appelle une année prochaine pleine d’amour. Un Noël en famille auquel on apporte de la joie et des rigolades, une attention pour chacun. Une soirée du Nouvel An dans laquelle j’essaie de trouver ma place. Nouveau chapitre.

Nous sommes en janvier. Nous faisons la route jusqu’à un petit village entre Die et Crest. Nous passons un col, les pins verts, dressés, poudrés de neige, la brume et le soleil. C’est magnifique. Je conduis et j’admire.

Un week-end entre amis, une maison de bois et de pierres. De la musique, des pizzas. Une promenade, une discussion sur une satyre politique que je n’ai pas eu l’occasion de voir. Un couple qui cherche une maison, et nous qui nous regardons et pensons : « Nous aussi, bientôt. »

Ca commence bien. C’est fort en bonnes ondes.

Nous sommes en février. Des recherches sur Le Bon Coin. Les toutes premières. Une première visite que j’effectue seule, qui scelle notre avenir en un lieu. D’autres visites, des histoires de banque et de compromis. Beaucoup d’espoir, on se projette, on prie, on croise tous les doigts pour que ça arrive, pour qu’on ne nous refuse rien. Ca fonctionne.

Nous sommes en mars. C’est oui, la danse de la joie. Nous entamons de profonds changements dans notre façon de vivre. Tout y passe. Tout est remis en question. J’explore un nouveau monde. Quelqu’un me dit : « Vous entrez dans une période charnière de votre vie. » Ca sonne comme une prémonition.

Nous sommes en avril. Les cartons se remplissent doucement. On trie, on jette, on donne, on réfléchit. Le bonheur est si intense qu’il ouvre de nouvelles portes dans ma conscience et me dicte d’aller plus loin. Yoga, méditation, hypnose, cultes, croyances … Je cherche ma place, je sens que je crois, il me faut définir pourquoi, comment, à quoi, qu’est-ce qui m’appelle, ce qui me demande de m’ouvrir.

Nous sommes en mai. Nous déménageons, la fatigue est intense de mon côté. Lors de la dernière visite avant signature, j’ai hâte qu’on en finisse. Ma prédécesseure me noie sous un flot de paroles que je n’écoute plus. Elle est sympa mais si elle dit un mot de plus, je m’écroule.

Les meubles arrivent, je m’affaire, je range, je place, j’aère pour que les lieux changent d’odeur. Je ne tiens plus le rythme, mon corps et mon esprit sont en constante ébullition, mais la joie bat son plein. Ca y est, nous dormons enfin chez nous. Je suis à ma place. 

Nous sommes en juin. Nous participons à une pendaison de crémaillère. Elle me fait du bien, je sens quelque chose revenir, me rassurer. Une bonne dose d’amour en pointillés.

Je donnerais tout pour une semaine de retraite complète. Je sens trop de choses, trop de choses … La Vie se met à m’éblouir, elle m’aveugle. Je ressens soudain le besoin de m’agenouiller, de ployer l’échine, de me soumettre. Je comprends enfin cette soumission-là.

Celle qui n’est pas nommée de la bonne façon parce que « soumettre » est trop mal connoté. Cette douce soumission, empreinte d’amour et de bénédiction. Cette soumission qui accepte de laisser faire, de n’avoir pas d’emprise sur tout.

Nous sommes en juillet. La chaleur est étouffante, je participe à des évènements à droite, à gauche, pour le travail. On décore la maison, on casse du béton. Nous accueillons une vieille amie que je n’ai pas vue depuis longtemps. Sa visite me fait beaucoup de bien. La résonance.

Lorsqu’elle doit me quitter, quelques larmes pleuvent dans ma gorge. Je ne sais pas si je la reverrais un jour. Chaque soir quand je me couche, je comptabilise, j’écoute à quel point je sais que tout doit se passer comme ça. Je suis sur le bon chemin, j’ai confiance.

Nous sommes en août. Je fête mon anniversaire. C’est une journée géniale. Nous sommes en vacances tous les deux, j’attends mon amoureux s’affairer pour me réveiller avec un petit-déjeuner au soleil. Mon cadeau m’attend.

Il y a un avant et un après mes 25 ans. C’est puissant ce sentiment. Comme si les fées qui s’étaient penchées sur mon berceau avaient décidé que je deviendrais femme spécialement cette journée-là. Je suis prête.

Tout est si beau que j’en pleure de joie tous les jours. C’est inexplicable.

Nous sommes en septembre. Sans que j’y prenne garde, l’appel d’une adoption se fait ressentir. Une barrière tombe, je n’ai plus peur de mal faire, de ne pas réussir, de ne pas être à la hauteur. Je ne suis plus triste. C’est derrière moi.

Un adorable chiot est réservé, rendez-vous est pris. Nous nous activons pour que tout soit prêt à son arrivée. Et c’est reparti pour une salve de travaux !

Nous sommes en octobre. Nous faisons la route jusqu’au lac du Verdon. Les champs de lavande ont été coupés, le soleil resplendit, l’effet miroir sur l’eau est à couper le souffle. Nous découvrons un petit animal qui n’a pas peur de nous. Il se love dans mes bras et ne les quittera plus.

C’est une sensation extraordinaire. Nous sommes heureux comme des gamins, un peu impressionnés. « Pourtant ce n’est qu’un chien », diraient les autres. Un chien, et bien plus que ça. On le noie d’amour.

Nous sommes en novembre. Le temps semble enfin reprendre son temps. L’hiver ne s’installe pas. Nous passons les semaines de promenades en soirées cocooning. Nous avons encore tellement de projets à réaliser qu’on ne s’arrête pas de planifier, ça fait à présent partie de notre quotidien.

J’ai du mal à garder les pieds sur terre, comme emprisonnée dans mon mental. Il me kidnappe, ne me laisse plus tranquille, m’éloigne du monde un moment. Mes nuits s’entrecoupent, il me réveille sans cesse. Il m’interdit d’être d’accord avec ceux qui m’entourent et crée des discordes. Je n’arrive pas à l’arrêter.

Nous sommes en décembre. Les fêtes approchent et je n’en reviens pas. Déjà ? Je ne ressens pas Noël cette année, l’ambiance des fêtes ne me touche pas, je suis dans un autre monde, qui n’a rien à envier à celui-là. Une terre plus magique encore, que la neige sublime quand elle tombe.

Je repeins des meubles, je m’amuse. Je pense aux quinze jours qu’il me reste à vivre de 2017. Je vais revoir ma famille, prendre le temps de leur raconter tout ça, à tous. Nous allons accueillir des amis, de nouvelles personnes dans nos vies. Je vais passer les dernières secondes de cette année avec mes amis chez moi. Ca me fait quelque chose de très fort, cette pensée.

J’ai trouvé l’astuce pour poser mes réflexions. Ecouter les chansons de Francis Cabrel. Voilà ce qui m’apaise et qui me reconnecte au monde. Il suffit d’une note. C’est infaillible. C’est drôle, quand on y pense. L’aura de cette musique.

Il se met à neiger juste maintenant, alors que j’écris ces lignes. Quelle paix, ces flocons qui dansent. Décidément, il suffit que je pense pour que le monde me cligne de l’oeil.

J’ai changé. J’ai bien changé. C’est bien la première fois que ça m’arrive, une ouverture pareille. Le coeur qui fourmille de reconnaissance. Le coeur éléphant, le coeur ébahi. La poésie à chaque seconde. La chance de se voir évoluer, se rendre compte qu’on devient la meilleure version de soi. Savourer tout le chemin qu’il reste à parcourir, sans espérer vraiment y parvenir un jour, au bout. Etre simplement heureuse de cheminer.

Alors … Merci.

2017 est l’une des plus belles années qu’il m’ait été donné de vivre. Assurément la plus intense. Pas la plus simple. Peut-être la plus enrichissante. Année charnière. Et pour vous, ça s’est bien passé ?

Semer un peu de magie et de poésie dans le quotidien.

10 commentaires

  • Marie

    Une très belle année Rozie. Et quelques points de rencontre entre nos trajectoires… La soumission dont tu parles, celle qui apaise, les lacs du Verdon que je connais bien, et Cabrel qui m’accompagne depuis bien longtemps.
    Je te souhaite une très belle fin d’année et de très belles fêtes avec tes proches 🙂

    • Rozie

      Merci beaucoup Marie ! J’espère que tu as passé de belles fêtes aussi, et je te souhaite, avec retard, une merveilleuse nouvelle année. 🙂

      Cabrel, c’est vraiment un puits de lumière, dans lequel je peux plonger depuis toute petite. C’est de la magie !

  • Marie Kléber

    Une belle et riche année Rozie.
    2017 a aussi été une année pleine de chamboulements et de chaos – un chaos porteur de vie, d’amour et d’envies aussi.
    Déjà Noël. Moi qui aime cette période, j’en ai été comme dépossédée cette année. Beaucoup de choses à trier, de deuils à faire, d’émotions à lâcher. Ça se fait, pas toujours facilement. Mais je comprends mieux qui je suis et surtout où je veux aller, qui est important dans ma vie et qui je peux laisser partir.
    Affectueuses pensées et profites bien de ces dernières semaines avant 2018.

    • Rozie

      Noël 2018 sera meilleur, sans aucun doute ! Et d’après ce que je lis, c’est un mal pour un bien, beaucoup de choses bougent et se libèrent à l’intérieur de toi, n’est-ce pas ?
      Je trouve ça génial !

      Si je n’en ai pas eu l’occasion, je te souhaite aussi une superbe année 2018, Marie, de tout coeur !

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